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DE LA GABDE NATIONALE

Dans tou tes les placesde guerre du royaume, l’organisation de la garde nationale devrait y être traitée, non pas d’après le système actuel qui est incapable d’aucune énergie, mais sur des bases qui puissent satisfaire l’amour-propre de ce corps, sous les rapports de la composition et des privilèges qu’elle échangerait contre un service plus réellement militaire, et par cela même , plus honoré.

Sans fouiller ici l’origine et les statuts de la garde nationale, on peut se borner à reconnaître que celte institution, à-peu-près nulle à l’approche de la première révolution, SP ressuscita spontanément en 1789 au profit des idées nouvellesj qu’à la suite des confinétos (le l'Empire, elle retomba dans sa

vieillesse morale, et que, malgré les services qu’elle a rendus à la Restauration, on pourrait dire que maintenant la mode en est passée.

Cependant les guerres d’aujourd’hui peuvent avoir un caractère si menaçant pour l’existence des états; les armées peuvent être si immenses par les coalitions, que celles du royaume peuvent ne pas être toujours suffisantes; ne conviendrait-il pas alors de lui ménager un auxiliaire au moins sur des points et dans des positions où elle pourrait suppléer l’armée en partie, et sans excéder les limites de son institution.

Il est encore dans nos idées françaises que, dans les places de guerre, même quand elles sont attaquées, la garde nationale concourt au service intérieur de la défense. Le Gouvernement doit entretenir et développer cet esprit militaire qui existe particulièrement dans les villes de guerre. C’est là surtout qu’il est ÿnportant de conserver l’institution , en perfectionnant son organisation au personnel et

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au moral. Une juste considération et quelques privilèges feraient remplir les rangs d’une garde nationale qui ne calculerait jamais avec ses services, surtout quand l’honneur français les réclamerait. Voici les bases sur lesquelles je concevrais l’organisation d’une garde nationale utile.

r Je n’y admettrais que les membres des familles payant au moins la cote personnelle;

a" Je la partagerais en vieille et jeune garde nationale: la vieille serait composée des hommes mariés ou âgés de trente-cinq au moins jusqu’à soixante ans. La jeune serait composée des jeunes gens ou célibataires de vingt à trente-cinq ans : à titre de faveur on pourrait y admettre les jeunes gens de dix-huit ans qui auraient terminé leurs études;

3“ La garde nationale ayant le privilège de tenir la tète des troupes réglées , je l’assimilerais à la garde royale pour les marques distinctives des grades; et dans les places de guerre surtout, les capitaines des compagnies,

au moins, seraient choisis parmi les chels de bataillon en retraite, habitant la ville ou la commune ;

4“ ha vieille garde nationale ferait les services et réserves d’honneurs intrà nmros; la jeune serait plus spécialemént employée au service actif;

5® Pour dédommager les gardes nationaux des devoirs que leur imposerait le service fortuit auquel ils sont destinés, on pourrait leur accorder d’abord le privilège du portd’armes gratis; de plus les dispenses du logement des gens de guerre; enfin leur faire remise annuellement du montant de leur cote personnelle dans les impôts. Ces privilèges seraient censés compenser les frais d’uniforme et d’équipement, de même que la perte de temps que leur service pourrait avoir soustrait à leurs occupations;

6“ Tout garde national qui aurait servi pendant un siège ou qui aurait fait campagne et assisté à dix combats, aurait droit à la

pension de retraite de son grade , en comptant son service depuis l’époqife de son inscription sur les contrôles de la garde nationale, pourvu qu’il consentît à y compléter honorablement ses trente ans de service. Telles sont sur la garde nationale, les principales conditions d’une organisation qu’il faut marier incèrement avec nos mœurs, pour la rendre utile, sage et forte pour nos institutions.

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