DE LA MUSIQUE DITE RELIGIEUSE
Ainsijln'yapasproprementàparlerdemusiquedrama* tique, il y a seulement de la musique accompagnant les paroles d'un draraa En lui-même, Tart musical, ne pouvant pas nettement exprimer à l'intelligence ce qu*eX' priment les mots, ne peut donner à l'auditeur les idées contenues dans une action dramatique. On ne saurait imaginer en dehors des mots ou des gestes de la pantomime, un poème musical ayant un sens. Une symphonie ne raconte pas une action, ne développe pas une passion, ce n*est ni une épopée, ni un drame, ni un roman d'analyse.
Ce que nous venons de dire de la musique qu'on appelle dramatique, s'applique aussi exactement à la musique dite religieuse.
C'est un sentiment très-complexe, très-mélangé que celui qu'on désigne par le nom de sentiment religieux* Il s'y trouve d'abord une certaine tristesse résultant de la conscience des misères de cette vie, une aspiration ardente au bonheur idéal, se traduisant par un élan de l'âme vers l'absolu : puis à cette tristesse qui a comme
dbyGoogk
contraste le mouvement d'élan se joignent en grand nombre des idées de la raison pure, et entre autres principales, celle de Tinfini et celle de la cause, cette loi de l'intelligence qui obligea rattacher tous les phénomènes qu'elle perçoit à une source unique, et qui lui fait mettre, dans un être supérieur les idées de justice, de droit, de moralité, etc., qui sont en nous.
De ces divers éléments* qui constituent le sentiment religieux, la musique ne peut fournir que quelques-uns, mais parmi eux un des plus importants il est vrai, le sublime.
Les sons ont la puissance de nous donner Tidée d'un sublime particulier, celui de la force. Il ne s'agit pour Tari qui veut duper l'imagination de façon à lui faire embrasser d'une vue rapide l'infini, que d'éviter dans les objets qu'il présente à nos sens la trop grande netteté ou la violence de l'impression qui arrêterait brusquement l'intervention de l'imagination et la rendrait inutile. Des sons mystérieux, le timbre étouffé des cors, les bruissements interrompus de l'orchestre, le silence succédant à quelques phrases d'un rhylhmepeu marqué, des accords qui semblent se perdre dans l'air sans se résoudre, exciteront fortement l'imagination spéciale de l'ouïe. Et si après un silence de toutes les voix de l'orchestre, ou après un crescendo habilement ménagé un tutti formidable éclate, nous pourrons éprouver le sentiment du sublime.
Ce n'est pas tout : la musique doit prétendre encore à une autre espèce de sublime : en nous donnant l'idée de l'infini de quantité.
La multiplicité des sons, la variété des timbres de l'orchestre, la diversité des accords, les motifs qui s'entrecroisent, s'enlacent de toutes façons et semblent se poursuivre sans fin, tous ces moyens s'emparent deTimagina-
dbyGoogk