LE RHYTHME
dant le bâton du chef d'orchestre peuvent vérifier si le mouvement a conservé sa régularité.
Disons encore, avant de terminer, ce qui concerne la mesure, que sa trop grande symétrie pouvant engendrer la monotonie, doit être parfois interrompue. Les noies pointées qui changent Taccent, les forie^ les piano^ les soufflets qui la modifient aussi, les syncopes, les triolets, les soupirs, sont autant de moyens qui ont pour but de désorganiser cette unité rigide, de relâcher ce tissu souvent trop serré et d'y introduire un peu de cette variété, de cette liberté nécessaire à Tart.
§ 2. ^- Mouvement.
Nous avons vu que le mouvement régulièrement façonné s'appelait le rhythme, nous avons vu aussi que ce mouvement ramené à une régularité générale constituait la mesure, mais la valeur relative des sons étant donnée, il reste encore à déterminer le temps dans lequel ils doivent être émis, ce qu'on appelle le mouvement général du morceau. Vous pouvez chanter Ai« clair de la lune, avec la plus grande lenteur, ou avec la plus grande rapidité, sans rien changer dans les deux cas, ni à son rhythme, ni à sa mesure. AVant donc que d'exécuter un air, il faut que vous en connaissiez le mouvement.
Comme il n'y a pas de vitesse absolue, le mouvement n'est jamais exactement déterminé. Aussi, malgré l'invention du métronome, s'en tient-on habituellement à de vagues indications. Autrefois les mouvements étaient désignés par les noms de certaines danses : le mouvement à* allemande^ de gigue^ de sarabande^ etc. Aujourd'hui que ces danses ont été oubliées, on se sert des vagues dénominations italiennes, lar^OjQniantfi^allegro/presto, etc. Aveq
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iO PHILOSOPBIK m U HUSIQUE.
des mdiçatioos «ussi élastiques, il est certain qu'il y aura toujours autant de façons de comprendre les mouyement:) que de tempéraments particuliers de musiciens. Ce qui est allegro pour un homme du Nord, sera andante pour un méridional : le presto italien eçt autrement vif que celui des Français ou celui des Allemands. C'est un fait dont on peut se convaincra aisément en allant entendre le même opéra à la salle Lepelletier et à la salle Ventadour* 11 y a donc là un champ étendu laissé un peu k l'arbitraire de Texécutant Cependant certains degrés extrêmes sont indiqués par la pâture des choses et ne sauraient être dépassés. Ainsi, dans un air quelconque il faut que la distance qui sépare deux sons différents ne soit pas assez grande pour laisser la place à d'autres idées que celles dos sons qu'on veut faire percevoir à Tauditeur : dans le sens opposé, il ne faut pas que la succession des sons soit plus rapide que la succession même dç nos pensées, sans quoi nous n'aurons plus qu'une $eule impression, nous n'entendrons plus qu'un son confus. Ceci étant posé, on pourrait sans doute déterminer, fi^er au moyen d'ttpe formule le maximum de lenleur de deu3^ impressions sonores, et leur maximum de rapi'^ ditéi Ce n'est qu'une affaire d'expérimentation.
Ce qui indiquera surtout lemouvemeut au musicien, ce sera la nature de la musique elle-même qu'il doit exécu^ \^. Les compositeurs, en général, ont attaché asse? peu d'importauce au mouvement, puisque souvent ils n'ont pas même pris \^ peine de l'indiquer. Beethoven entr^ autres y a presque toujours manqué. Ils ont douQ pen^ que dans une certaine limite c'était une liberté qui devait être laissée ^u tempérament de l'artiste, et à son inspira* tiou du momeut.
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