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LÀ MÉLODIE

Avec la tonalité, el il faut comprendre sous ce nom le rapport successif des notes entré elles dans un même ton, en même temps que la subordination des tons, nous sommes maintenant en possession de tous les éléments qui constituent la mélodie.

Descendre ou monter au hasard les degrés d'un clavia*, se jouer arbitrairement à travers l'éclielle des sons musicaux^ ne constitue pas une mélodie. Il faut une suite, un enchaînement, une durée façonnée qui forme des figures dans le temps, une ligne pour ainsi dire qui circonscrive l'espace illimité des sons. Certainement, nous éprouvons du plaisir à des accords harmonieux même détachés, sans suite; mais l'oreille, l'appareil nerveux seuls sont flattés. Ces impressions trop vagues, trop indéterminées nous sont bientôt pénibles: il nous faut des foi^mes qui se détachent sur cette étendue, et auxquelles l'esprit puisse s'arrêter. Il nous faut une création plus empreinte d'intelligence humaine, où les lois de la matière dominent moins, une création plus artistiqueenuiimot«

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Dans un paysage aux vastes horizons de plaines, Toeil se perd ne sachant où se prendre. Pour que l'impression soit vive, agréable, pour qu'elle ne s'efface pas, il faut à cette vue une bordure de montagnes, des silhouettes de rochers, en un mot des formes précises qui frappent l'imaginâlion et s'impriment en elle. Par rapport au monde immense des sons, dans cette vibration infinie qui est un des aspects de la matière il faut que l'oreille puisse s'attacher à des formes circonscrites, déterminées, et c'est la mélodie qui les donne.

La mélodie est un assemblage de rhythme et de sons de diverses hauteurs étroitement unis dans le temps, affectant une forme régulière, symétrique, pour ainsi dire architecturale. Toute mélodie se compose en effet au moins de deux parties à peu près semblables quant au dessin, du même nombre de mesures environ, qui s'équilibrent et se font pendant pour former un tout compact, fortement uni. La première partie est comme la thèse, les prémisses et la dernière comme la conclusion: la première partie ne doit donc pas finir sur la tonique, car elle formerait un tout qui se suffirait à luimême, mais elle doit se relier à la suivante par cette nécessité d'une conclusion. Dans l'air naïf qui nous sert de pierre de touche, cette régularité est frappante : la première partie de la mélodie finit à a Je n ai plus de feu» et pour plus de simplicité la dernière partie n'est que la répétition de la première phrase.

La mélodie est le produit essentiel de Tart, delà conception de l'homme, elle n'a nulle part d'analogue dans les choses extérieures, c'est Vidée^ introduite au milieu du vaste monde des sons. L'intelligence humaine fait un choix dans ces formes infinies de la nature, elle les marque de son sceau, elle les façonne régulièrement, elle se

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