CLAUDE BERNARD
Deux questions nous ont frappé dans les importants travaux de Claude Bernard (*): la grande question de la vie et la question de Fàme.
L’illustre physiologiste français ne répond pas à la première question , ne donne pas une définition de la vie ; il explique seulement: que la force de la vie n’engendre rien , ne crée rien ; qu’elle ne crée ni la force élémentaire ou primordiale ni la matière.
La vie, d’après Claude Bernard, arrange seulement les éléments primordiaux de la matière d'une certaine
(*) Rapport «tir le* progrès île la physiologie générale, présenté au ministre de l'instruction ]iul)li<{ue. l'aris, 1869, in 6-vo. Hachette.
manière, qni caractérisé la matière organique et donne la forme ou une morphologie des phénomènes de la vie.
„La matière organique du cerveau , dit Claude Bernard, qui manifeste les phénomènes de l’intelligence dans un être vivant, a autant de connaissance de la pensée et de l’intelligence qu’elle exprime , qu’en a la matière simple du mécanisme d’une horloge des mouvements qu’elle exécute ou de l’heure qu’elle indique (‘J, comme en a le caractère sur le papier de la pensée qu’il exprime.”
,,Dire que le cerveau secrète la pensée, serait la même chose que de supposer que l’horloge secrète les heures ou l’idée du temps. Le cerveau et l’horloge sont deux mécanismes: le premier vivant et le second mort. Le cerveau embrasse virtuellement par son organisation primordiale tous les phénomènes qu’il exprime; mais il a besoin pour cela de conditions."
. „La vie est la cause, la matière est la condition.” «Toutes les manifestations de la vie se composent de phénomènes, empruntés, quant à leur nature au monde cosmique, mais manifestés dans une forme ou dans 1 arrangement particulier de la matière organique au moyeu d'instruments, ou moyens physiologiques propres.”
„Ne pourrait-on pas ajouter, poursuit l’illustre physiologiste: que l’intelligence dont les phénomènes caractérisent la plus haute expression de la vie, existe en dehors des êtres qui eu sout doués, qu’elle existe dans l'harmonie générale et dans les lois générales de l’univers? (p. 223,).”
(') J'ai dit dans la I-rc édition do mon livre en 1 B6B, tjuc le cerveau cat insensible , que la matière simple est insensible , mais que Dieu se sent ut se reconnaît en elle. Que nos idées sur la sensibilité de la matière sont relatives.
J’ai lu avec étonnement cette pensée si hardiment exprimée, ce cri instinctif de l’âme du physiologiste français, frappé par l’analogie quelle présentait avec mes vues quant à l’identité de toutes les forces dans la nature, depuis la force simple jusqu’à l'intelligence, que toutes ne sont qu’une seule et même force; que dans toutes réciproquement est l’intelligence, la raison et l’amour!
J’ai lu, dis-je, cette pensée avec un bonheur inexprimable, croyant que Claude Bernard allait la conduire jusqu’à ses dernières conclusions, mais je me suis trompé; car le savant professeur du Collège de France après avoir reconnu, que la matière est passive et insensible, chose, qui au premier abord semble vraie, et après avoir accordé à r arrangement seul de la matière primordiale une propriété involontaire d’exprimer les phénomènes de l’intelligence (ce qui serait vrai, si Claude Bernard avait ajouté à sa phrase, celle que j’ai formulée dans mon livre, savoir : et de la métamorphose sui generis de ces éléments),' dit à la page 57 du rapport:
„I1 nous répugne de croire que la matière soit douée de la propriété de penser et de sentir.” Le physiologiste français à raison de refuser à la matière pesante la faculté de penser et de sentir; car la matière n’a pas la connaissance de scs actions — Dieu seul se connaît et se sent en elle. Mais le savant professeur reconnaît, que l’intelligence appartient à la force simple ou cosmique, il dit qu’il est seulement une physique et une chimie générale (expression qui porte le germe d’une grande pensée; car il semblerait, que C. Bernard eut deviné que l’intelligence est l’ordre le plus élévé de la force simple), et il repousse la pauvre matière dont il est composé lui-môme et qui brille dans l'éther de la substance grise de son cerveau avec tant d’éclat comme pensée , il admire la matière arrangée d’une
certaine façon , mais il méprise la matière elle-même; parce qu’il ne connaît pas sa parenté avec la force , parce qu’il n’est pas arrivé à la pensée que le verbe ou la matib-e n’est autre chose que la force exprimée, que la matière n’est que la métamorphose de la force, qu’une expression d’un certain rapport de ses deux propriétés essentielles en elles mêmes, quelle n’est que la suite, que la conséquence de la métamorphose de la force dans la création, que la force et la matière sont une suite interrompue, une transformation du même Etre, que la matière est telle par la force qui est en elle et qui fait son essence, qu’elle est pesante par la force, qu’elle attire par la force : qu’elle repousse par la force, que la matière simple est une concrétion en quelque sorte de la force simple, que la matière organique est une expression sui generis dans la création de la force organique, que la matière simple est l'organisme de la force simple et que la matière organique du cerveau de l'homme est l’organe de la pensée, l’organe des facultées intellectuelles, que l'éther, ou matière impondérable, ou fluide subtil et impondérable de la substance grise du cerveau pris au moment de son travail intellectuel ou de s'exprimer en verbe est le lien de l’esprit pur avec la matière et constitue les phénomènes de l'intelligence humaine ou de l’esprit pur matérialisé, qu’il n’est autre chose que l'âme telle, que nous la concevons comme êtres jugeant avec les sens, qu’il est la pensée, que la matière en un mot envisagée sous un point de vue est sensible et est douéé de la faculté dépenser.
Ceci dit sur la force de la vie, Claude Bernard arrive à la force de P intelligence, à l’âme et s’exprime en ces termes :
„Le cerveau est un mécanisme conçu et organisé d’une manière propre à manifester les phénomènes de l’intelligence par la réunion d’un certain nombre de con-
ditions. Si nous retirons une de ces conditions, le cerveau cesse de fonctionner.”
„Les expériences de la transfusion, poursuit-il, faites avec la tète dans laquelle nous voyons apparaître et disparaître successivement et à volonté l’intelligence, nous frappent toujours comme un phénomène extraordinaire, mystérieux...! Mais cela nous frappe parce que nous prenons les causes des phénomènes pour les conditions de ' leurs manifestations. Il serait donc dans l’erreur celui qui croirait que la science conduit à supposer que la matière engendre des phénomènes. La matière n’engendre pas les phénomènes, seulement elle permet par son arrangement
la manifestation des phénomènes de l’intelligence
de Vâme!”
„Pour un physiologiste, qui a une idée nette de la nature , les phénomènes de la vie et le retour de la vie et de l’intelligence.... de l'âme dans le cerveau, sous l’influence du sang artériel , n’a rien d’extraordinaire et de mystérieux; il serait plus surpris si le contraire avait lieu.— Ainsi le cerveau est un organe conçu et organisé de manière qu’il manifeste les phénomènes de l’intelligence par la réunion d’un certain nombre de conditions. Or, si nous retirons une de ces conditions, le sang par exemple, il serait difficile de concevoir , par quel moyen le mécanisme du cerveau pourrait continuer de fonctionner. Mais si nous restituons la circulation du sang, la conséquence ne sera pas moin évidente pour que le cerveau fonctionne de nouveau. On peut, dit le savant physiologiste, comparer ici le cerveau à une horloge dont on aurait retiré une roue et que l’on aurait remis ensuite. Dans le premier cas l’horloge cessera de marcher tandis que, dans le second cas elle recommencera à fonctionner.”
Si C laude Bernard avait rapporté l’expérience de Flourens sur le cerveau, consistant à léser cet organe dans une région déterminée et à entraîner ainsi la cessation immédiate de l’intelligence, avec la guérison de laquelle lésion l’intelligence reparaît, sa théorie n’aurait rien perdu de sa vérité et les comparaisons y gagneraient beaucoup.
Mais ce savant physiologiste compare le sang à une roue d’horloge. Or, la roue dans une horloge est l’élément du mécanisme de l'horloge, tandis que le sang comme l’air sans lequel l’animal ne peut pas vivre et par conséquent, sans lequel le cerveau ne peut pas exister n’est que l'élément modifié du monde extérieur , fournissant à l’organisme des parcelles de la matière nécessaire pour la continuité de sa vie. — Le sang les fournit directement à l’organisme entier, y compris le cerveau, tandis que l'air les charie aux poumons et par l’intermédiaire de cet organe à l’organisme entier, pour remplacer les parcelles trop mûres, ou celles qui à chaque instant comme usées et inutiles sortent de l’organisme et par conséquent du cerveau: procédé de la mutation de la matière dans un organisme vivant, dont la continuité, comme nous avons cherché à l’expliquer en son lieu, constitue la vie et dont la cessation ou la suspension constitue la mort, ou la suspension de la vie, ou une mort instantanée.
Le sang donc, à mon avis, est une condition nécessaire à la manifestation ou à la cessation de l'intelligence ou de la plus haute expression de la vie en tant, qu’elle entretient la continuité de la mutation de la matière de l'organe de l'intelligence, ou en d’autres tenues en tant, qu’elle entretient la continuité de sa vie, en fournissant les éléments primordiaux nécessaires à la restauration continuelle du cerveau, sans lesquels, comme avec la cessation
Philosophie de U Mature. 41
de la respiration, qui met empêchement à ce que l’air arrive aux poumons, la vie s’arrête et avec la vie sa plus haute expression, l’intelligence!
Pourquoi, encore une fois, dans l’expérience du physiologiste français, l’intelligence cesse-t-elle, lorsque le sang se retire du cerveau, et pourquoi reparait-elle, lorsque nous y introduisons du sang artériel? C’est que pendant quelques minutes le cerveau a été privé des molécules nouvelles, nécessaires pour remplacer celles qui venaient d’être éliminées ou restaient à être éliminées dans le moment même; car la continuité de la mutation de la matière du cerveau a été interrompue, que par conséquent la vie avec tous ses symptômes, que les phénomènes de l’intelligence ont été suspendus dans leurs manifestations. Je restitue la continuité de la vie, en rendant à la matière organique du cerveau les éléments dont il a besoin pour la continuité de son existence et les mutations de la matière recommencent, avec elles la vie et avec la vie l’intelligence.
Claude Bernard après avoir posé ainsi la question ne se demande pas, où vivait l’âme au moment de la cessation des phénomènes de l'intelligence, il affirme seulement d’emblée, que l'âme retourne à la force cosmique.
Flourens après avoir fait son ingénieuse expérience, la laisse aussi sans conclusion et dit tout simplement: „qu’on peut enlever, sur un animal, soit par devant, soit par derrière, soit par côtés, une portion assez étendue de lobes ou hémisphères cérébraux, sans qu’aucune faculté intellectuelle soit perdue: que toute l’intelligence subsiste.”
„Mais, que passé une certaine limite, dès qu’une faculté disparait, toutes disparaissent’’
„I1 y a plus, dit-il, on peut conduire l’expérience de manière que la lésion puisse guérir, et les fonctions
renaître. Eh bien encore, dès qu’une faculté renaît, toutes renaissent, l'outseperd, tout venait donc à la fois, tout n’est donc qu'un; l’intelligence est donc une faculté une" (').
Claude Bernard, moins heureux, comme nous l’avons vu, dans le choix du fait, dit d’une manière absolue: „que Pâme retourne à la force cosmique lorsque nous retirons le sang du cerveau — ” quoique la question où était l’àme au moment où le cerv eau était lésé, ou lorsqu’on retirait le sang de sa substance se présentât d’elle même dans le premier comme dans le second cas; puisqu’ une fois le cerveau guéri, une fois que le sang lui est restitué, l’intelligence renaît en lui.
Appuyé sur l’expérience décisive de Flourens, et sans connaître l’opinion de Claude Bernard sur ce point important, j’ai dit dans la première édition de cet ouvrage (a): ,, Blessons le cerveau dans une région donnée et l’intelligence disparaît, guérissons le et l’intelligence renaît” et j’ajoute: „qu’est-ce que le cerveau est devenu, dans sa région lésée? Il est devenu corps simple ou en voie à la nature dite morte; car il n’obéit plus dans ce point qu’aux lois des forces d’un ordre inférieur. Que faisons nous en le guérissant? Nous arrangeons en lui les éléments simples de manière à les élever avec les éléments que nous lui fournissons par la circulation du sang, à l’état du cerveau sain ou à l’état dans lequel le cerveau se trouvait avant d’être lésé; en d’autres termes, que nous élevons la force et la matière dans la région du cerveau lésé à uu ordre plus
(') Flonrens. De la vio et de l’intolligenoe. Paria, 1858, p. 4 B. (2) Zaryg Filorofii Natury, Varsovie, 1868.
élevé, qu’en arrangeant ses éléments primordiaux, nous les métamorphosons, nous les rendons organiques ou de l’ordre de l’organisme du cerveau, nous soutenons les forces organiques restées en combat avec les forces simples, qui, en arrangeant les éléments de la matière fournie continuellement par le saug et en les métamorphosant, rendent au cerveau son état primitif et l'intelligence renaît”
Je me demande, „où était l’intelligence, où était l’âme au moment où le cerveau était blessé?” Et je réponds: „que l’intelligence, que l’âme vivait en Dieu." — Claude Bernard dit: que l'âme retourne à la force cosmique générale, ou à la force qui remplit l’univers. Moi , je dis , „qu’elle vit sur place en Dieu. Car si Dieu est présent partout, si nous trouvons la Sagesse dans chaque point de l’univers, Dieu donc est présent dans le cerveau blessé quoiqu invisible , qu’il est dans l’âme , comme II est dans la force simple à laquelle l’âme s’est trouvé réduite par la voie de la métamorphose rétrograde , qu’il était aussi bien dans le cerveau sain, que dans le cerveau, lorsque ce dernier fut malade, ou réduit à la matière simple.”— Ce qui sanctionne encore une fois de plus la loi que j’ai formulée, à savoir: „que si Pâme peut devenir force simple, si la force simple peut devenir âme, si le cerveau peut devenir matière simple et réciproquement, que la sagesse et l’amour sont cachés dans la pierre, ou dans le monde inorganique, connue dans les forces simples, qui font leur essence, que toutes les forces, depuis les forces cosmiques jusqu’à l’âme sont le développement de la force simple, élémentaire. — Et comme Dieu, dans chacune de ses qualités, est tout entier comme unité indivisible , ainsi la Sagesse suprême quoique à l’état de germe par rapport à nos sens,
bien entendu est visible seulement dans les forces simples et dans la matière simple en tant, que nous les voyons obéir à la loi de la Sagesse et agissant comme des êtres doués de sagesse passive, que Dieu, dis-je, est tout entier dans la pierre , et dans la force cosmique , comme dans la matière primordiale de l’univers !”
L’âme en conséquence ne retourne pas à la force cosmique , ne retourne même pas à Dieu , mais vit sur place en Dieu , capable à tout instant d’apparaitre comme intelligence, comme âme dans le monde physique, ou dans la nature, ce qui dépend de l'arrangement et de la métamorphose des éléments de la matière qui la tient cachée (*).
THÉORIE DE LA CONCEPTION CHEZ LES ÊTRES 0R0ANIÛÜE8 VÉGÉTAUX ET ANIMAUX.
En lisant le rapport de Claude Bernard, tout en ayant les idées arrêtées d’avance, autant qu’il en est encore possible sur les points les plus mystérieux de la création , les faits toutefois simples , communs , et connus dé tout le monde se sont présentés à ma peusée sous un jour nouveau, et ont fait naître dans mon esprit une idée assez neuve, pour que je n’essaye pas de l’exposer dans ce livre.
( 1 ) Dana le chapitre Dieu et la nature, nous reviendrons enoore une fois sur cette importante question.
Je me disais donc en lisant le rapport de Claude Bernard: si je retire le sang de la tète, l’intelligence disparaît, la vie cesse ; si je rends à temps le sang à la tête, au moyen de la transfusion , la vie reparaît et avec elle sa plus haute expression, l’intelligence. Si j’empêche l’air d’arriver au poumon, ou si je ne donne pas à manger à un animal pendant un certain temp, l’animal meurt; si je rends l’air au poumon à temps , ou si je donne à temps de la nourriture à l’animal, l’animal ne cessera pas de vivre. . . Or, en considérant que la vie, et avec la vie l’intelligence reparaissent dans le cerveau , parce que la continuité de la mutation interrompue de la matière s’y trouve rétablie par l’arrivée des éléments fournis par le sang ou par l’air pénétrant dans les poumons par la respiration, parce que le cours de la vie organique du cerveau reparaît, parcequil y reparaît la succession des moments de la sortie de la matière ancienne et usée de l’organisme, et de l’arrivée à sa place de la matière nouvelle, procédé qui, nous l’avons dit, constitue la vie; qu’avec une nouvelle liaison, si je puis m’exprimer ainsi, de ce cours d’incarnation de la matière nouvelle dans l’organisme, la vie reparaît..., en m’expliquant, dis-je, delà sorte des faits que je viens de rapporter, j’ai été amené à résoudre, à mon avis, le mystérieux problème de la conception chez les êtres organiques.
Pour bien faire comprendre ma théorie, je dois rappeler ce que c’est que l'oeuf.
Or, l’oeuf à l’état de mâturité chez les mammifères consiste en une vésicule microscopique, ou en une cellule transparente de Vio V7 de milimètre de diamètre, avec un noyau ou point de matière granuleuse, cristallisée au centre, renfermant à son tour une vésicule transparente
ou vésicule dite germinative (1). Le noyau constitue le centre de la vie de la vésicule , dont cette dernière n’est que l’enveloppe. Chez les oiseaux cette vésicule avec son noyau, ou vitellus et la vésicule germinative occupe à peine un point dans le jaune d’oeuf. — Le reste des parties constituantes de l’oeuf, comme le jaune et le blanc constituent l’aliment de l’embryon futur, ou une matière déposée auprès de lui, où il va puiser les éléments toujours nouveaux pour son développement, éléments qui vont entretenir la mutation de sa matière, ou la vie organique en lui jusqu’à ce qu’il ne sorte de la coquille.
Les graines des plantes sont exactement la même chose que les oeuf des mammifères et des ovipares.
Si nous étudions, comme je l’ai dit plus haut, un embryon aussitôt après sa conception au moyen du microscope, nous apercevrons un mouvement continuel des corpuscules microscopiques dans le sens de l’attraction et de la répulsion; nous apercevrons, si nous continuons cette étude pendant un certain temps sur l’embryon, tant sur la formation de ses enveloppes dans la matrice, que sur la formation du placenta dans la matrice, nous apprendrons que la cellule en passant par diverses phases de son union avec une autre, qu’en se serrant avec elle , que plusieurs systèmes de cellules en se serrant ensemble donnent naissance au tissus et aux membranes de différentes consistances— nous assisterons en quelque sorte au mécanisme de la formation des membranes, des fibres musculaires, des cartilages et même des os, etc.
Je dois encore rappeler que chez les grenouilles le mâle féconde les oeufs sortis de la femelle en les arrosant
(') Membrane vitelline, vitellus et vésicule germinative.
avec le sperme, et que chez les vivipares l'introduction mécanique du sperme dans le vagin suffit pour féconder l'oeuf contenu dans l’ovaire, que la copulation en conséquence a pour but unique l’introduction du sperme aussi près de la matrice que possible; que les zoospermes ou cellules granuleuses vivantes et mûres du sperme sont un élément vivant , parce que soumises à l’action des narcotiques, de la strichnine et d'autres substances toxiques elles sont immédiatement narcotisées, paralysées, ou qu’elles finissent subitement connue foudroyées après quelques secousses convulsives. Que ces spermatozoïdes toujours présents dans le sperme de l'homme, se trouvent chez les animaux seulement au moment du rut: ce qui arrive comme l’on sait une fois par an ; que le sperme qui ne contient pas de ces animaux microscopiques vivants ou de ces vésicules vivantes et à queues (qui ne sont qu’un arrangement organique des granules de la cellule du sperme), n’est pas apte à la fécondation — que ces zoospermes en conséquence constituent de la part du mâle l’élément de la fécondation.
Je dois enfin rappeler un fait qui appartient à M. Coste (*), que le sperme déposé à l’entrée de la membrane de l'hymen, ou à l’entrée du vagin, ou introduit dans le vagin au bout d’une demi heure commence à s’introduire dans la matrice, et en 10 ou 12 heures monte le long des canaux des trompes jusqu’à l’ovaire, par la voie capillaire, ou purement physique, où il s’unit avec l’ovaire , ou plutôt où ses vésicules, mâles entrent par une ouverture imperceptible de la vésicule de l’ovule dans son intérieur et s'unissent avec le noyau cristallisé,
(') Coûte, Ilist. gén. et part, du dévelop. des corps, organisés. Paris, 1859, ton» II, p, 103.
ou centre de l’ovule, — car si cette union, ou la fécondation n’avait pas lieu dans l’ovaire, l’ovule tombée de l’ovaire sur le péritoine n’étant pas fécondé , ne pourrait pas se développer, tandis que nous connaissons des grossesses extra-utérines, qui confirment pleinement ce fait. M. Coste a même trouvé, comme je viens de le dire , les spermatozoaires dans le milieu de la vésicule, ou de l’ovule de la femelle.
L’alliance donc de deux sexes, ou la conception , s’accomplit finalement dans l’ovaire et sous une commune enveloppe de la vésicule-femelle ou de l’ovule.
J’ajoute pour finir, que la conception une fois accomplie, on ne trouve plus de zoosperme dans l’ovule, qu’il y est décomposé, désagrégé dans ses éléments. . . .
Ceci posé, n’oublions pas, encore une fois, la loi de la continuité de la mutation de la matière dans l’organisme, que j’ai appelée la vie; que l’oeuf mûr dans lequel la force de la vie individuelle n’est pas réveillée , dans lequel la matière n’a pas reçu d’impulsion à la mutation va mourir, et que l’oeuf dans lequel nous parvenons à réveiller cette mutation de la matière dans ses éléments primordiaux, dans le sens déterminé de son espèce, que l’oeuf que nous plaçons dans les conditions à recevoir la matière nouvelle nécessaire pour remplacer celle qui doit d’un moment à l’autre l’abandonner comme trop mûre, comme trop usée . . . vivra !
Que les poumons soient privés d’air, l’homme meurt. Je rends à temps l’air aux poumons et l’homme renaît. Le cerveau privé de sang meurt. Je rends le sang au cerveau et le cerveau renaît et avec le cerveau la vie et avec la vie l'intelligence.
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Que l’oeuf ne reçoive pas de sperme , l’oeuf meurt. Je mets l’oeuf en contact avec le sperme et l’oeuf renait. Une fois la mutation de la matière éveillée en lui, une fois la vie individuelle éveillée en lui , il est fécondé , il vivra.
Je m’explique et je dis: comme un des éléments de l’air, l’oxygène par exemple, s’unit avec les globules de sang dans les poumons, les vivifie, les métamorphose pour ainsi dire — comme ces globules de sang, sorte de corpuscules vivants ou d’êtres vivants, pénètrent dans l’organisme par la voie d’assimilation capillaire, se métamorphosent et qui le sait, se subdivisent, se décomposent peut être encore en atomes avant de fixer leurs éléments primordiaux mystérieux et extrêmes dans les divers points de l’organisme pour remplacer les particules qui venaient d’être éliminées: procédé intime et profond de la mutation de la matière, dont la continuité constitue la vie, ou la résurrection continuelle de l’être; de même les éléments de la cellule vivante du sperme, ou les granules (') constituant les spermatozoïdes (2) en pénétrant dans l’ovule, en s’unissant avec les granules de son noyau cristallisé vivant, dans lequel tous les matériaux sont prêts, suffisamment mûrs et n'attendent qu'une première impulsion à la mutation dans leurs éléments pour commencer la vie
'(') Une cellule spermatique est un «mus de granules vivantes. Il y a des cellules qui contiennent une cellule plus petite au milieu (Telles et qui se changent en zoosperme par un arrangement particulier de ses granules.
(2) Un zoosperme n’est pour moi qu’un amas sui gcncris de granules vivantes, serrées et arrangées sous forme a pouvoir le plus facilement et en nombre nécessaire k la fois pénétrer dans la vésicule de Tovule pour s’y désagréger au fur et à mesure.
d’un être; de même, dis-je, les éléments du spermatozoïde ou ses granules entrant dans l’ovule se désagrègent au profit du noyau et commencent ainsi le premier moment de la mutation de sa matière, ou de sa vie. Je penche pour cette manière de voir, car une fois la conception faite et la vie de l’individu commencée, on voit le noyau cristallisé de l’ovule subir des changements divers, se développer autour de la vésicule germinative, qui constitue le foyer d’action, tandis que le spermatozoïde disparaît, qu’il est décomposé ou désagrégé dans ses éléments.
Dans tous les cas, le moment du contact du zoosperme avec le vitellus de l'ovule est le premier moment de la mutation de la matière dans un être nouveau, est le moment intime de l’union de deux sexes et est le moment dans lequel les éléments d’une matière sont venus remplacer les éléments d’une autre matière prêts à la quitter et n’oublions pas que sans cette intervention, notre noyau cristallisé-vivant serait bientôt mort.
Or, la force réveillée au moment du premier contact des éléments qui sont venus remplacer les éléments usés et prêts à mourir dans le noyau de l’ovule (vitellus), la force, dis-je, réveillée dans les éléments du noyau de l’oeuf à cette première mutation de la matière, constitue, à mon avis, le premier moment de la vie de l’individu ou le moment de sa conception.
Le développement successif du nouvel être suit sa marche ordinaire.
Aux questions, pourquoi un seul contact de l’élément du sperme suffit pour réveiller la mutation de la matière dans l’oeuf, pour réveiller sa vie, tandis que les autres conditions sont appelées à la continuer et à l’entretenir jusqu’à la mort de l'individu ; pourquoi une seule aspiration d’air au moment de la naissance du foetus
ne suffit pas pour toute sa vie, je répondrai: que la Sagesse suprême en créant la nature, l’a animée au commencement d’un souffle de vie à tout jamais et que les autres conditions entretiennent; que la fonction de la reproduction a reçu aussi, d’une manière particulière, sa première impulsion au moment de la création et qu’elle la transmet ou répète chaque fois que la vie d’un être nouveau commence: ce qui constitue la continuité de la création. Et comme l'intermittence entre une aspiration d’air et une autre, fait un temps limité, dont la succession constitue la vie de l’individu, de même l’intermittence entre la conception d’un être et celui qu’il produira un jour constitue la coutinuité de la vie de l’espèce. Que sous un certain rapport, cette fonction prise dans une génération donnée, quoiqu’elle s'effectue à de grands intervalles de temps, tous les 20 ans par exemple, est pourtant continue; car avec sa cessation, la suite de la génération du même individu serait interrompue; comme la vie individuelle cesse, lorsque nous arrêtons artificiellement l’accès de l’air au poumons ou du sang au cerveau. C’est pourquoi les deux dernières fonctions ont pour but l’entretien de la vie individuelle ou de la mutation de la matière dans un individu donné, tandis que la première a pour but d’entretenir la mutation de la matière dans la création.
La question de la conception que j’ai essayée d’expliquer au point de vue physiologique, contient encore plusieurs points obscurs, quoique infiniment intéressants et méritant une méditation plus profonde, pour que je n’essaie pas de soulever le voile qui enveloppe la mystérieuse nature de quelques uns d’entre eux.
Nous rangerons dans cette catégorie de points obscurs les questions suivantes: 1° la cause de la différence
des sexes, à savoir: pourquoi il vient au monde tautôt un mâle, tantôt une femelle? ‘2° la question de la naissance des jumeaux ou de la fécondation de deux oeufs à la fois, ou de la fécondation de deux oeufs à des intervalles éloignés ou de la superjetation, 3° la question la plus intéressante peut être, grande et terrible à la fois dans ses conséquences de famille, celle de l’influence qu’exerce l’auteur d’une première fécondation sur les produits des fécondations ultérieures dûs à d’autres pères, ainsi que sur la femelle elle-même et 4° la question d'hérédité ou de l’influence des parents sur leur progéniture tant sous le rapport physique que moral.
La première question me paraît très simple, quoiqu’elle ne soit pas encore résolue, la seconde est plus simple encore, les deux autres auront besoin d une plus longue explication.
Car, si les plus grands embryologistes et certes Coste est à leur tête, considèrent les spermatozoïdes comme des individus organiques et vivants; ces individus donc sont d’eux mêmes doués ou empreints d’un sexe déterminé, pas toutefois dans le sens, qu’ils seraient munis des organes de la génération parfaits comme les animaux supérieurs, vu, que leur organisation est à peine ébauchée et consiste en un arrangement particulier des granules qui composent les cellules du sperme.
Rien ne serait donc plus logique, qu’en donnant la première impulsion à la mutation de la matière de l’ovule pendant la fécondation et en lui cédant de ses propies éléments, ou granules ils ne lui imprimassent le sexe qui leur est propre.
louant aux jumeaux, la chose est encore plus facile. — Car, si l’alliance de spermatozoïde avec l’oeuf pouvait
donner naissance à un nouvel être, cela n’empêche pas à un autre zoosperine de pénétrer dans un autre oeuf et à un autre encore de pénétrer dans un troisième par la voie de l’absorbtion capillaire à travers les tissus de l’ovaire (’). Dans le cas de la fécondation de deux germes à la fois dans le même temps il y aura des jumeaux et s'il se passait plusieurs semaines et même plusieurs mois entre la fécondation d’un oeuf et d'un autre il y aura superfétation.
Quant à l’influence de l’auteur d'une première fécondation sur les produits des fécondations ultérieures dûs à d’autres pères, et de la modification ou de la métamorphose profonde de la mère même, quoique les faits nécessaires pour éclaircir cette question soient difficiles à trouver dans l’espèce humaine, la physiologie comparée nous fournit un grand nombre de documents des plus intéressants et qui tranchent définitivement la question.
Or voici ce que je lis à ce sujet dans la Physiologie de F. A. Longet (2).
„L’étude du croisement des races, chez les mammifères, parait établir que le mâle, qui a eu une fois avec une femelle un coït fécondant, imprime un cachet plus ou moins reconnaissable sur les produits des fécondatious ultérieures de la même femelle, dûs à d’autres mâles. Un des faits les plus remarquables que l’on puisse citer, est celui que rapporte lord Morton. „Uue jument arabe fut fécondée par un couagga, espèce d'âne sauvage de l’Afrique marqué à la façon du zèbre. Après onze mois
( 1 ) Coste. Ilisl. gun. et par. du dévclop. de» corps organises. Paris, 1859, tome II.
(J) Longet Physiologie. Paris, 1869, t. III, p. 822.
et quatre jours , elle donna naissance à un hybride tenant fortement du couagga. La même jument, fécondée les années suivantes par un cheval «arabe, donna, à trou » reprises, des produits dont les formes étaient celles de la race chevaline arabe, mais dont le pelage, rappelait, par des zébrures très-marquées, le couagga, père du premier poulain.”
„I1 est établi, universellement, aux yeux des éleveurs de bétail, de chiens de combat, de chevaux, de race etc., que quand une femelle à été imprégnée une fois par un mâle d’une autre race qu’elle-même, et a porté un hybride, elle est par ce seul fait détruite, altérée, au moins pour un temps, si ce n’est pour toujours. Ainsi, notamment dans le Poitou, où l’on fait souvent couvrir les juments par des baudets, l’observation a appris que les produits nés ultérieurement de ces mêmes juments , fécondées par des chevaux, conservent toujours , dans leurs formes, une infériorité marquée.”
Quant à l’espèce humaine, nous rapporterons un exemple que l’on doit au professeur Simpson d'Edimbourg et qui prouve que cette loi fatale n’exclue pas l’homme même.
„Une jeune femme, dit ce professeur, née de parents blancs avait, du côté de sa mère un frère mulâtre né avant le mariage de cette dernière : or, la jeune femme portait elle-même des marques incontestables de sang noir.”
Des faits de cette nature continue F. A. Longet paraissent être couramment acceptés dans les colonies. . . .
Il est donc .évident, ce que prouvent d’ailleurs les observations faites sur les crabes par Coste et de Gerbe, ainsi que celles de Coste sur les oiseaux, qui ont vu chez les premiers des oeufs fécondés en quelque sorte à l’état
de germe et chez la poule pas plus gros qu'une noisette, il est, dis-je, évident, que le sperme après avoir fécondé une ovule mûre à la première copulation, arrive par la voie d’absorbtion aux ovules non développées encore dans l’ovaire et que s'il ne les féconde pas définitivement par anticipation, c’est qu’elles ne sont pas mûres; le sperme imprime toutefois à leurs éléments une direction déterminée.
Que, par conséquent, les ovules des générations futures dans une femelle donnée, étaient en quelque sorte en partie fécondées et que c’est pour cela que fécondées définitivement à l’état de maturité par un autre mâle, elles laissent dans les êtres qui en naissent des traces de la fécondation première incomplète.
„Si, dans l’espèce humaine, dit à ce sujet F.A.Louget et les mammifères, la fécondation exclusivement ovarienne laisse quelques doutes , il ne saurait en être de même en ce qui concerne les oiseaux, les crustacés, et probablement la plupart, des animaux à fécondation interne. Chez eux, le sperme exerce manifestement son action sur l'oeuf dans l’ovaire, et il l’exerce non-seulement sur les ovules dont la maturation est imminente , mais même par anticipation," comme nous venons de le dire, „sur ceux qui. avant de quitter le follicule où ils se forment, auront longtemps encore à y séjourner. Ne pourrait-ou pas trouver dans ce dernier fait l’explication de l’influence, que semblent exercer les auteurs d’une première fécondation sur les produits des fécondations ultérieures, dûs à d’autres pères? Ne pourrait-on pas supposer aussi, non sans quelque fondement, que cette influence, insuffisante pour déterminer le développement, est neanmoins assez profonde pour qu’à la suite d'une seconde alliance, les produits portent l’empreinte d’une paternité mixte?'’
„Mais comment, poursuit Longet, les corpuscules spermatiques arrivent-ils jusqu’à l’.oeuf, malgré la paroi résistante de la vésicule qui le renferme... La seule conjecture que l’on puisse faire aujourd’hui c’est qu’ils sont peut-être entraînés par une sorte d’absorption, ou qu’ils pénétrent à travers une ouverture que les micrographes ont été jusqu’ici impuissants à découvrir. Quoiqu’il en soit, l’admission des spermatozoïdes au sein du follicule qui contient l’ovule est un fait dont les animaux à gestation ovarienne fournissent une preuve irrécusable. Chez les poéciliens, par exemple, l’oeuf fécondé dans la capsule de l’ovaire se développe dans cette capsule, et n’en rompt la paroi qu’ après que l’embrion y est arrivé à terme (*).”
Dans la résolution difinitive de ce quatrième problème, je penche donc du côté de l’opinion de l’illustre physiologiste français; car elle permet aussi de nous rendre compte de l’influence qu’a le père sur la métamorphose profonde de la femmelle, puisqu’elle nous démontre l’influence du sperme sur son organe essentiel, sur l'ovaire. Ce qui nous explique par analogie l’influence des parents sur le physique et sur le moral de leurs enfants, de leurs descendants en ligne directe et indirecte, ce qui nous explique l’influence des parents sur les maladies même organiques de leur progéniture!
Dans la dixième génération vous répondrez pour vos fautes et pour les fautes de vos pères!
La physiologie comparée nous fournit encore un étonnant exemple de la fécondation par l’auteur de la pre-
(') Duvcmoy. Obscrv. pour servir il la connais, du dévolop. île la Poéoilie de Surinam. Comptes rendus do l’Acad. des sciences 15 et 22 avril 1844.
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mière conception non pas de deux, ou de trois ovules dans l’ordre de leur mâturité dans l’ovaire de la femelle , ou de la fécondation incomplète ou par impression, ou par anticipation et qui imprime son cacfiet sur la fécondation définitive par un autre père, mais elle nous fournit encore des exemples de la fécondation de l’ovule du germe femelle qui doit sortir de la femelle qui vient d’ëtre fécondée, à savoir: que le produit, femelle, d’un accouplement donné va produire sans avoir de rapport avec le mâle.
Ce qui nous explique chez les abeilles, ainsi que chez certains insectes que la femelle peut engendrer à l’état vierge ou sans accouplement préalable.
Or, voici ce que je lis à ce sujet dans l’ouvrage d’Emile Blanchard: (')
„Dzierzon, ingénieux observateur de la Sylésie a démontré que la mère, ou reine des abeilles, pond des oeufs à l'état vierge, d’où sans exception naissent des mâles; que cette même reine après l'accouplement avec le mâle pond des oeufs d’où naissent des abeilles ouvrières ou des femelles déjà fécondées , pouvant ainsi produire sans mâle. Cette propriété de reproduction sans le concours du mâle, et à l’état vierge, que l’on nomme parthénogenèse et que possèdent beaucoup d’animaux articulés, semblait ne pas être vraisemblable. Or Sibold, professeur à Munich et le professeur Leuckart à Giessen ont prouvé par des expériences d'une extrême exactitude l’authenticité de ce fait.”
J’ajouterai que la nature qui est toujours la même, je veux dire quelle suit dans tout et toujours la marche
(O B- Blanchard. Métamorphoses, moeurs et instincts des insectes. Paris, 1668, p. 447.
tracée par ses lois éternelles, a jugé convenable de soustraire le genre humain à la règle prescrite pour les abeilles et pour les animaux articulés dans cette circonstance. Ainsi, pour moi, je ne crois pas à la conception sans rapports sexuels préalables dans notre espèce.
Ce fait est d’une haute importance pour tout homme qui pense et surtout pour celui qui s’est voué à l’approfondissement des mystères de la nature!
1)E LTNITÊ DES FORCES S1ÏPI.ES, ORGANIQUES ET DES FACULTÉS rXTEI.I.ECTrEl.T.KS
Toute la création depuis l’atome jusqu’à l’homme, comme nous l’avons vu, n’est que la variété dans l’unité, n’est que le développement successif du même principe élémentaire, de l’atome.
Pourquoi la force considérée dans tous ses ordres si variés, depuis les forces physiques jusqu’aux facultés de l’âme, si intimement liée avec l’unité dans la variété des formes de la création et démontrée pour ses groupes naturels par Newton, Flourens et Secchi, ne serait-elle pas une dans son type, dans son essence spirituelle et ne différerait-elle que par la variété de ses phénomènes?
Ainsi Newton a décomposé la lumière en sept principes élémentaires et par la fusion de ces sept principes il a obtenu la lumière blanche.
La couleur blanche est donc la synthèse de toutes les couleurs.
Ensuite, d'après ma théorie les sept principes de la lumière ne sont que le développement , que le degrés de plus en plus élevé, que la métamorphose de plus en plus élevée d’un principe et dont la cause première consiste en une action, en un tressaillement de la force simple, ou de l’attraction répulsive à l’action, ou à s’exprimer dans ses deux propriétés essentielles.
Il était un temps ou les savants pressentaient comme je l’avais dit, que les forces comme la chaleur, la lumière, l’électricité et le galvanisme n'étaient qu’une seule et môme force (je prends ici les phénomènes des forces pour leur essence), seulement vue dans des conditions différentes et observée dans les différentes phases de leur action. La science exacte a sanctionné déjà la légitimité de ces pressentiments, et ces forces physiques sont regardées aujourd’hui comme une seule et même force, vue seulement dans les diverses phases de son action; que l’électricité est au fond même chose que le galvanisme, que la lumière est chaleur, que la chaleur est lumière etc., etc.
Le R. P. Secchi a démontré dans ces derniers temps que la lumière, la chaleur, le galvanisme et autres agents physiques ne sont qu’une seule et même force; dont le mouvement de la matière serait la cause et dont le mode de mouvement de la matière constituerait toute la différence. — Pour nous l’attraction répulsive en action ou métamorphosée en matière impondérable vivante en est la cause et le principe élémentaire et le degré de cette métamorphose constitue toute la différence de l’une avec l’autre.
Etienne Geoffroy Saint-Hilaire a démontré l’unité de composition pour les animaux vertébrés. D’où j’ai conclu
à l’unité de type des forces qui président à la vie de toutes les variétés de ces êtres, aux fonctions de leur organes et à toutes les nuances de ces fonctions.
Goüthe est arrivé à l’unité de type pour le règne végétal. D'où j’ai conclu à l’unité de type de toutes les forces qui président aux fonctions des organes si divers dans une même plante et qui constituent la vie organique d’une si grande variété de plantes composant le règne végétal.
Puis, j’ai démontré, d’après l’ingénieuse analyse des facultés intellectuelles et des forces organiques de Flourens, que toutes les forces si diverses tant organiques qu’intellectuelles ne sont au fond qu’une seule et même force et qu’elles ne diffèrent entre elles que par le degrés de leur développement ou de leur métamorphose.
Puis, j’ai démontré, que de même que les divers principes de la lumière, ou que les diverses couleurs de la même lumière apparaissent successivement à mesure, par exemple, que l’intensité de la température dans une barre de fer chauffée sera grande, de même dans le cerveau blessé, que nous parvenons à guérir dès qu'une faculté apparaît toutes apparaissent successivement, depuis l’attention jusqu’au jugement, jusqu’à la volonté; qu’il y a donc rapport entre les principes de la lumière et de la succession dans leur apparition ou développement ou métamorphoses et l’apparition successive ou métamorphose d’une faculté intellectuelle en une autre; je dirai plus: je dirai, qu’il y a rapport entre la lumière et l’intelligence. . . !
Ensuite, j’ai cherché à démontrer dans mon livre, que l’instinct et l’intelligence des bêtes et l’âme, ne sont qu’une même force et qu’elles ne diffèrent que dans le degré de leur développement
Puis , j’ai prouvé, que toutes les forces physiques comme la lumière, la chaleur, l’électricité, le galvanisme,
et les forces organiques végétales et animales comme la digestion, la respiration, la circulation, l’instinct qui les préside . . . l’intelligence des bétes et l’esprit de l’homme, sont une même force dans le principe ; car l’âme peut devenir force cosmique, car l’instinct, car les forces organiques peuvent devenir force cosmique, ou physique ou simple. . . J’ai, dis-je, démontré, que toutes ces forces ne diffèrent entre elles que dans le degré de la métamorphose de la force élémentaire; car la force cosmique peut éclater dans la matière simplç avec la lumière de la raison, si nous arrangeons ses éléments primordiaux d'une façon convenable et leur donnons, par exemple, la qualité et l’organisme du cerveau.
Personne toutefois, jusqu’à présent, n’a osé comparer l’amour ou l'inclination, ou le penchant de deux coeurs à une force physique, à l’affinité par exemple, ou à l’attraction répulsive entre les molécules de deux corps simples dans une cornue. Plus d’un savant, en se présentant avec une proposition semblable craindrait d’être tourné en ridicule. Personne n’a eu le courage d’apercevoir dans l’intelligence, et dans la sensibilité des animaux, pas plus que dans une étincelle de feu résultat du choc de la pierre contre l’acier, les différentes facultés de l’âme et du coeur, de la sagesse et de l’amour! Personne n’a vu de germe de l’âme dans une pierre, ni même n’a osé le deviner dans des êtres inférieurs à l’homuie dans la création.
Jusqu’à présent l’homme a regardé les animaux comme des machines, comme des automates sensibles parcequ’ils poussent des cris de douleur sous les coups de sa colère, intelligents parccqu’ils lui sont soumis, il leur accorde l’intelligence innée en leur refousant toute com-
binaison de la pensée et même la connaissance de ce qu’ils font
On serait obligé d’entrer dans un labyrinthe de faits et de citer une infinité de preuves pour soutenir ma thèse. Toutefois ne perdant pas de vue ce que j’ai déjà dit à ce sujet aux chapitres „f instinct et F intelligence, où j’ai raporté les ingénieuses observations de P. Huber et où j’ai cité à dessein tant de faits intéressants et „Funion de trois règnes ” je rappellerai seulement les trois faits qui doivent être toujours présents à l’esprit du lecteur, a savoir: 1° que la Sensitive ( Mimosa Sensitiva) ferme ses feuilles à l’approche d’un corps étranger et qu’une fois chloroformisée elle reste impossible à tout attouchement, 2° que le cristal répare ses angles et ses arêtes endommagées , et 3° que l’âme peut retourner à la force cosmique et que la force physique peut s’élever jusqu’aux sentiments d’amour et d’adoration pour l’Etre Divin. ... Je me bornerai, dis-je, à rappeler ces faits importants au lecteur l’intelligent, avant d’exposer en parlant de Dieu et de la nature et de l'immortalité de l’ame cette mystérieuse question d’une manière décisive, car le cours de ma pensée m’oblige à dire ici quelques mots sur une importante découverte.
Or, E. G. Saint-Hilaire en considérant le fait „que lorsque les deux moitiées d’un individu, ou deux ou plusieurs individus sont en voie de formation et quand la conjugaison a lieu normalement dans le premier cas et par anomalie dans l’autre, qu’au milieu de tous les éléments organiques qui les constituent, chaque homologue se porte vers un homologue ou que l’union s’établit entre -parties similaires. Et qu’on le remarque bien, dit-il, ce n’est pas quelque-fois, c’est toujours. Quand on réfléchit, poursuit-
il à la disposition de l’arbre artériel et de l'arbre veineux, s’accompagnant mutuellement dans toutes les parties du corps et se trouvant en contact sur tant de points, comment ne pas s’attendre à voir cette contiguïté presque constante se changer parfois en continuité? Eh bien! l’a-t-on vu souvent? Non. Quelquefois? Non. On ne l’a jamais vu. Pas un exemple n’est connu de l’embranchement anomal d’une artère aortique sur une veine appartenant au système des veines caves et réciproquement. Toujours un rameau artériel se porte vers une branche artérielle, un rameau veineux vers une branche veineuse, et de même, invariablement pour tous les éléments organiques, de quelque système qu’ils soient, À vers A, B vers B, C vers C, jamais A vers B, ou B vers C.”
E. G. Saint-Hilaire, dis-je, appuyé sur ces faits est arrivé à la découverte: qu’il existe entre les éléments similaires de l’organisme une véritable affinité élective, sorte d’attraction élective et a formulé la loi de l’attraction ou de t affinité de soi pour soi; mais il n’a pas pressenti, que dans un corps si minime que la pensée puisse concevoir, que dans l’atome, que dans la réunion de deux atomes pour constituer le premier couple d’atomes ou une parcelle élémentaire de la matière pesante, que dans tous les ordres des forces, que dans tous les corps de la créations, que dans tous les êtres vivants, que dans les fonctions de leurs organes comme dans leurs actions, etc., etc., il existe toujours la même force cT attraction élective pour soi, ramenée dans sa plus simple expression à t affinité de soi pour soi et que j’ai appelée attraction répulsive; que l’attraction répulsive gouverne les fonctions organique et est la base des facultés de l’âme, comme la Sagesse et l’amour préside aux actions chimiques entre les atomes constituant les corps simples et sont l’âme des forces
simples; que tous les phénomènes de la force sous n’impovtc quel aspect que la pensée se la représente, ne diffèrent entre eux que par le degré de puissance de leur développement ou par leur plus ou moins grande perfection, jusqu’il la connaissance de son moi, jusqu'à la morale, jusqu’à la Sagesse, jusqu'à l’Amour, mais toutes ces forces dans le fond se réduisent à l'attraction répulsive! Et pourtant l'analogie guidée par l'intuition m’a permis d'arriver à la découverte de cette loi commune à toute la création. Car, si la loi de l'identité de principe pour la matière est vraie, elle doit être vraie aussi et pour la force qui en est l’essence.
J’irai plus loin et je dirai, que la matière envisagée n'importe sous quel rapport et vue n’importe sous quelle forme de la nature aussi bien simple ou vivante n’est que l'expression d’un ordre de la force qui lui est correspondant sous un certain rapport dans ses deux qualités opposées en elles-mêmes, quelle n’est qu’une force exprimée dans la force.
Que F attraction répulsive est le type élémentaire , est f essence de toute la création , tant sous le rapport de la force que sous le rapport de la matière, qui en est la métamorphose.
Descartes regardait les animaux d’accord avec l’état de la science, et de l’esprit de son temps comme des automates, ou des machines fonctionnant.
Or, si dans le règne animal on avait compris par la force organique animale, ce que Newton a compris dans les corps simples par la gravitation; si les savants comprennaient la nature comme François Hubcr et Dzierzon ont compris les abeilles, ou comme Pierre Hubcr a com-
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pris les fourmis, la science marchant, sur cette voie, tiendrait déjà son sceptre bien haut! On ne manque pas de matériaux, l'observation a éclairé bien des mystères et a rendu partout les analogies trops saillantes, pour que la science, dis-je, une fois sur la bonne voie ne continue à suivre ses traces à l’avenir.
Ëichat, en physiologie s’était posé le problème de ramener les forces vitales à la loi de Newton sur la force de la gravité et a écrit sou immortelle physiologie générale sans atteindre le but de sa pensée primitive.
Les physiologistes moins prudents que Bichat, peu soucieux de l’observation, l’avaient négligée. La force de la vie entre leurs mains était devenue un entité abstrait et indépendant de l’organisme, de la matière. . . En abondant dans le sens de la tradition, en flattant la routine, ne voulant pas abaisser l'image de Dieu qui est en nous, ils ont rétrogradé la science de quelques siècles, oubliant qu’en marchant avec la vérité dépouillée de préjugés, non-seulement ils n’auraient pas manqué à l’âme, mais ils auraient contribué ii l’élever à son vrai rang et auraient rendu par là un témoignage éclatant de leur hommage à l’Etre suprême.
La vérité ne connaît ni concession ni détours, elle ne veut pas de faux apôtres. La vérité doit être franche et ouverte. Si l’âme est la résultante de l’organisme, si l’âme a créé l’organisme, si ces deux phénomènes si opposés de la force sont solidairement liés entre eux, s’ils ne sont ’ que les manifestations opposées d’une seule et môme cause dans des conditions relatives par rapport à nos sens; quoique je me sois déjà exprimé sur ce point d’une manière décisive, j’ajouterai que, quoique nous ayons conclu, que la force organique et l’organisme sont synonimes, toutefois,
comme la force est mère et créatrice de la matière, il eu résulte, que la force organique a créé en dernier lieu l’organisme, quoique ce dernier engendre la force de la vie et qu’il transforme la force simple en force organique, ou que la Sagesse suprême eu s’exprimant elle-même comme force simple ou comme atome dans la matière simple et par la force organique, qui n’est que son oeuvre et son être, dans la matière organique a crée la matière simple et la matière organique; qu’en arrangeant les éléments de la matière métamorphosés ou élevés à un ordre de plus en plus élevé elle s’est permis à elle-même, transformée en force organique, de manifester ses diverses facultés par cet arrangement et par cette métamorphose des éléments primordiaux, qui sont son oeuvre et son être ; qu’elle a arrangé dis-je, et métamorphosé la matière, de manière à se manifester dans tout 1 éclat de ses plus hautes facultés intellectuelles au moyen de ce singulier arrangement de la matière métamorphosée, et à manifester ses phénomènes dans la création en elle et par elle, ou dans l’organisme et par l’organisme qui est son oeuvre. Nous voyons donc que l’hommage que nous rendons «à la Cause éternelle , en puisant force et matière dans son Etre et en faisant dépendre les manifestations des phénomènes de l’âme de l’arrangement des éléments primordiaux de la matière dans le cerveau, est plus éclatant, que de fouiller, comme par le passé, la matière «à nos pieds et que d’élever l’âme aux unes sans connaître la parenté et les rapports qui lient la force et la matière en Dieu!
L’homme prononce avec mépris le nom de matière , il lui répugne de reconnaître en elle quelque chose de plus qu'il ne l’avait appris des préjugés des siècles.
Le nom de bête est devenu même un terme de mépris dans son langage habituel. Oubliant, qu’il est aussi auimal
que les autres animaux il s’est élevé avec orgueil au dessus de la création. Ne pouvant pas toutefois contester sa parenté avec la bête, qu’il méprise, il a placé son trône au dessus des animaux sans s’apercevoir, que Dieu l’a puni ainsi dans son orgueil même. Car, bon gré mal gré, s’il est à la tête des animaux ou non, s’il est le roi de la création ou non, il est bête et matière comme le plus humble des animaux, comme la plus minime parcelle de la poussière qu’il foule insoucieux à ses pieds.
L’homme foulant tout aux pieds et s’élevant par trop au dessus de la création est bien petit en face de la Vérité eternelle et s’humilie beaucoups aux yeux de cette même Vérité par sa stupidité et par son aveuglement.
Nous avons émis la pensée, que tous les types si nombreux et si variés de l’échelle animale ne sont qu’autant d’arrêts dans le développement organique d’un type élémentaire et dont l’homme fait le modèle du développement et de la perfection. Nous avons, dis-je, émis la pensée, que toutes les variétés des êtres de la création depuis les corps simples jusqu’aux êtres les plus organisés ne sont qu'autant d’hoinmes arrêtés dans les diverses phases de leur développement, depuis l’atome jusqu'au gorille, que les animaux par exemple sont la personnification, dans chacune de leur espèce, dans chacune de leurs variétés, d’une certaine inclination bonne ou mauvaise, d'un élan particulier, de telle ou telle mauvaise passion ou défaut par rapport bien entendu à la pure morale; qu’ils sont 1’ a, b, c pour un homme qui sait réfléchir sur ce qu’il peut devenir, lorsqu’en oubliant sa dignité d’homme il laisse dominer eu lui telle ou telle mauvaise inclination, lorsqu’en faisant dominer en lui tel ou tel autre mauvais instinct il se dégrade en lui-même et devient homme-hyène,
homme- vipère, homme-chat et même, chose étonnante il acquière alors jusqu’aux traits des animaux dont il a emprunté les vices et il porte ainsi gravé sur son front le cachet de la punition de Dieu! N’oublions pas que les amieaux de la grande chaîne de la création sont pour un penseur une grande clef pour comprendre les mystères de la nature!
Ainsi basé sur l'analogie dans les phases que parcourt le foetus de l’homme depuis le moment de sa couception jusqu’au moment de sa naissance avec les types de L’échelle animale, depuis la cellule organique jusqu’aux poissons, jusqu'aux animaux mammifères les plus voisins de son espèce , je suis arrivé aux lois qui nous enseignent 1° qu’avant d’être hommes nous étions des êtres d’une organisation inférieure; 2° que nous avons un commencement commun avec les animaux tant sous le rapport de la force que sous le rapport de la matière; 3° que nous sommes des êtres comme les animaux seulement plus développés et d’uuc plus parfaite organisation que nos frères cadets dans la nature.
Ces lois nous imposant le devoir de considérer comme frère toute créature appartenant à la grande oeuvre de la création, nous enseignent l’unité dans la variété ou l'unité de l’origine du germe dans la diversité des formes , analogie, que nous saisirons en comparant notre pigeon domestique avec la tourterelle, si nous comparons le chien avec le loup, mais que nous serons bien loin de soupçonner, si nous comparons un poisson avec nu brin d’herbe ou avec un homme par exemple!
Ces lois nous apprennent eu fin, que de même que l’unité de la création physique sous le rapport de la matière est une et constitue un corps un et harmonieux , que
la force malgré les milliers de phénomènes, est une. Que la force est l'essence , le principe , l'âme, l’être même de la matière; que la matière est un certain état de la force, qu’elle est la métamorphose ou la transformation de la force.
Que la force et la matière ne sont au fond que le même être, vu seulement dans ses différents états, que la matière retourne a la force, que la force se change à tout instant en matière, que la matière est le développement de la force dans la création, qu'elle n'est qu’une métamorphose de la force, que la création n'est autre chose que la transformation de la force en matière, que la création est la force exprimée dans la matière, quelle est la matière conçue dans la force, qu'elle est le verbe et la chair de Dieu.
Pour nous la matière est tellement liée avec la force et toutes deux constituent si bien un tout inséparable, que la matière sans force, comme on le supposait jusqu'à ces jours n'est rien, et que la force dans le sens que nous lui donnons dans la nature sans matière n'est également rien; que la force dans la matière et que la matière dans la force sont tout, qu’elles constituent la nature, qu'elles constituent la création.
Leibnitz le plus grand génie moderne, est arrivé à la conclusion, que la force est matière, que la matière est force; que la force et la matière sont une seule et même chose.
La différence de nia manière d’envisager la question avec celle de Kant et de Leibnitz consiste 1° en ce que je suis arrivé à ma conclusion par une voie différente de la leur et qui m'est personnelle, que pour moi la force est même chose que la matière en ce sens que la force est le principe élémentaire de la matière et que la matière en
est la métamorphose; que la force et la matière sont pour nos sens les différents phénomènes du même principe qui est la force et finalement qui est Dieu; que je considère la force comme étant la même chose que la matière dans le moment seulement de la création , ou dans le moment du passage ou de la transformation de la force en matière ou au moment des combinaisons et des décompositions chimiques des corps, au moment de la transformation de la force en atome. Hors le moment de la transformation de la force en matière, de la création, la force est pour nous force, appelée à agir dans la matière, à permettre à la matière d’avoir ses propriétés, et la matière est matière, comme source continuelle de la force et de la manifestation de ses phénomènes!
L’une comme l’autre, la matière dis-je, comme la force, hors ce moment sont pour nous choses toutafait différentes et tranchées, quoique, dis-je, elles soient en rapport tellement intimes, qu’elles ne peuvent ni exister, ni être conçues isolément. La matière constitue le monde physique. La force constitue l’essence, la vie, l’âme de la création. L’état intermédiaire entre la force et la matière, ou celui qui lie la force pure avec la matière pesante, l’état transitoire ou de la trasfonnation de la première en la seconde est déjà une force physique en action ou un état de la matière impondérable, ou un état de la matière pesante non encore définitivement créé.
Or, les phénomènes que produit cette matière impondérable non encore définitivement formée, cet éther, par les mouvements imprimés à ses atomes par la force, ou l'âme qui agit en eux pendant le moment de leur mariage ou de la formation de la matière pesante, constitue comme nous avons vu les phénomènes de la lumière, de la chaleur,
de l'électricité et jusqu’à de l’intelligence. La matière naissante, dont je viens de parler, ou l’étlier (1e la physique moderne dont j’ai donné en son lieu une si minutieuse explication, est donc le lien de la force avec la matière, ou un premier trait de la création, dont l’atome pondérable est la réalisation, ou une matière accomplie et finalement exprimée par l’union des deux atomes proprement dits.
Je fais une comparaison. La glace est toujours de la glace, l’eau de l’eau, l’oxygène et l’hydrogène sont toujours oxygène et hydrogène; quoique la glace soit un certain état de l’eau, l’eau un certain état de l’oxygène et de l’hydrogène, quoique d’une autre part la glace ne soit pas la même chose que l’eau et que l’hydrogène et l’oxygene ne soient pas la même chose que l’eau. Tous ces états sont donc au fond même chose; quoiqu’ils diffèrent beaucoup en apparence entre eux.
Après avoir passé en revue la théorie de la force envisagée sur tous les points de vue possibles et après l’avoir étudiée dans ses divers états, après avoir approfondi les diverses théories de la force, depuis les forces physiques jusqu’à celles qui gouvernent les êtres de la plus parfaite organisation, nous avons assez rapporté de faits, assez étudié leur analogie, nous avons donné une direction assez nette aux conclusions que nous en avons tirées, pour qu’il ne nous restât que peu de chose à dire pour prouver l’existence de l’élément commun à toutes les forces si diverses en apparence.
L’intelligent lecteur devine d’avance, que si tous les groupes naturels de la force ont chacun un élément, une force élémentaire, puisque cette force élémentaire est la même pour tous les groupes de la force, que par consé-
quent, tontes les forces sans différence, de quelque ordre qu’elles fussent, ne sont que la métamorphose de cette même force élémentaire, ou force type de toutes les forces de la création.
Il nous reste donc à prouver l’identité au fond de l’attraction répulsive ou de la force élémentaire avec l’amour.
Or, nous pardonnons le plus à l’amour, parce qu’il est la négation de son moi, de son propre être au profit de l’objet aimé.
L’amour, dit Virey, est la base de la domination de la femme; c’est par lui qu’elle arrive à dominer l'homme; en se réservant la soumission, elle le subjugue par sa faiblesse, de même qu’elle le révolterait par sa force; et lorsqu’elle se retire ou cède, c’est pour reprendre ensuite plus d’empire sur sa victime. Sa douceur fait sa puissance!
L’expression: sa douceur fait sa force, les termes elle cède, elle se soumet pour dominer, prouvent la soumission, l’abnégation de son moi, la répulsion en soi dans la force, qui au fond n’est que l’attraction de l’être aimé pour le posséder, pour s’y incarner, pour le fondre en son moi, pour le gouverner au profit de son moi La soumission ou la répulsion dans son moi est ici l’attraction, la domination, le pouvoir!
L’amour est donc une force répulsive en elle-même relativement à la personne qui aime et elle est attractive par rapport à l’objét aimé; elle est attractive et ce concentre en elle-même pour se repousser en elle-même, pour se sacrifier au profit de la personne aimée. Deux personnes qui s’aiment, se repoussent chacune en elle-même, afin que chacune vivant à part dans le coeur aimé puisse s’attirer
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mutuellement, et ce fondre en un coeur unique , en une âme une, pour que les deux coeurs ne fassent qu'un coeur, pour que les deux moi ne fassent qu’un moi, pour que toutes les deux ne fassent qu’une unité une, ou le premier couple, ou le type de la création nouvelle. Ce qui nous explique la signification de la loi, de F affinité de soi pour soi, ou de Fattraction de soi à soi ou de la répulsion attractive et vice versa, ayant tant d’analogie avec Fafjinité élective entre les éléments similaires de l’organisation et l’attraction intime, comparable aux attractions moléculaires des physiciens et aux affinités électives des chimistes, dont nous avons parlé en son lieu.
Donc la force de l’amour, dont nous saisissons le côté attractif et répulsif aussi bien dans un être pris individuellement, que dans deux êtres qui s’aiment et dont la profonde vérité philosophique est gravée dans l’expression même de notre langue „kochac siç” qui veut dire, s'aimer ou aimer soi-même en aimant l’objet de son amour, ou aimer en soi l’idéal de sa propre pensée, l’oeuvre de son coeur, de son amour, de son âme, inspiré par un objet aimé, donc aimer Fobjet de son amour en sot, nous résout le plus mystérieux problème de la fusion dans une force une, de ses deux éléments opposés, à savoir: de F attraction et de la répulsion.
La vraie sagesse est l’amour. Le vrai amour est la sagesse.
La sagesse aussi bien que l’amour est une fusion de deux éléments opposés de pour et de contre. La répulsion est attraction et réciproquement; car la répulsion n'est force qu'en tant, qu’elle s’attire en elle-même, qu’elle se concentre en soi, qu’en tant qu’elle est attraction, et l’attraction est force en tant, qu’elle se repousse en elle-même: car nous savons, que pour que la force puisse repousser,
il faut qu’elle se concentre préalablement en elle-même et que plus cette concentration ou attraction en soi sera grande , plus grande sera la force de sa répulsion ; qu’en un mot, la force doit être forte pour attirer ou pour repousser. Combien en effet il faut d’efforts, comme il faut se replier en soi-même, ou concentrer ou attirer de la force en soi, pour repousser son adversaire!
Or ces deux qualités de la force, ou propriétés essentielles opposées, qui ne peuvent ni exister, ni être conçues séparément ne font qu’une force une.
La puissance de la sagesse est grande, la puissance de l’amour est grande aussi. La puissance de la sagesse et de l’amour est la plus grande. L’amour sans sagesse n’est point amour, mais folie, mais faiblesse. La sagesse sans l’amour n’est pas la sagesse , c’est une monstruosité qui n’a pas de nom.
Personne n’est capable de calculer la puissance de ces deux facultés de l’âme fondues dans la même âme.
Une puissance pareille ne connaît ni distance, ni temps, ni obstacles!
Tout le mal sur la terre est le résultat de l’inharmonie de ces deux facultés dans l’âme, de l’absence de l’une ou de l’atrophie de l’autre. Toujours et partout trop de spéculation, de calcul, de finesse, de ruse et par cela même absence d’amour et de vraie sagesse; ou trop de coeur et pas assez de réflexion, pas assez de vraie sagesse. . . ! !
Le seul Christ, depuis la création du monde, a réuni en lui-même la plus grande puissance de la sagesse et de l'amour et fut la plus pure harmonie de l’amour et de la sagesse en action.
L’esprit de l’homme, comme je l’ai dit, est une fusion de deux forces opposées en apparence et dont chacune est constituée de deux facultées ou forces opposées, qui au
moment de leur action constituent les divers phénomènes de l’âme ou de l’ intelligence.
Ainsi la même force d’attraction répulsive fondue eu une force une , réside aussi bien dans l'homme que dans un corps simple, seulement elle est ici d’un ordre plus élevé et là d’un ordre moins élevé.
Or, cette sagesse et cet amour toujours actifs dans la même âme, cette expansion et cet égoïsme toujours vivaces dans le même esprit, cette attraction et cette répulsion en combat perpétuel, ou en action tant dans l’âme que dans la force qui gouverne les corps célestes aussi bien que les mondes de l’univers et qui préside à l’union des éléments simples dans un corps simple, est la seule et même force avec la différence de la connaissance de son moi.
Notre âme, si nous rentrons en nous-mêmes, nous explique, qu’il n’y a pas de force répulsive, ni attractive, qu’il n’y a pas de sagesse et d’amour, qu’il n’y a pas deux forces , mais qu’il y règne une force spirituelle, une en elle-même, d’où les facultés les plus diverses prennent naissance pour se fondre à leur tour dans leur source commune, dans l’âme; que la vraie sagesse comme nous l’avons dit, est l’amour, et que le vrai amour est sagesse, que toutes ces deux forces ne font qu’une force.
L’attraction et la répulsion sont deux forces, la sagesse et l’amour sont deux forces. — L’attraction répulsive est une force une ; la sagesse et l’amour sont une force une, car, si la force comme nous l’avons dit n’était que l’attraction sans aucune opposition , elle réduirait la création à un point physique , et il n’y aurait ni la force, ni ses phénomènes , la création n’aurait pas lieu; — si la force n’était que la répulsion sans l’attraction, l'espace de l’uni-
vers ne serait pas assez grand pour embrasser la création continuellement poussée dans sa tendance centrifuge à gagner les limites du néant — L’espace de la création, dis-je, aurait dû être infini et idéal en quelque sorte, pour embrasser sa répulsion sans borne et sans terme. 11 n'y aurait dans ce cas ni force, ni création , ni idée même de la création, il y aurait niant.
Même chose pour la sagesse et l'amour dans l'âme.
L’une ne peut ni exister, ni être conçue sans l’autre, comme un oui ne peut exister sans un non et réciproquement.
Il n’y a donc pas, et il ne peut pas exister deux forces élémentaires à part. Il n’y a pas de force attractive ni répulsive, mais bien une force unique en elle-même pour toute la création ; il n’y a qu’une attraction avec le pouvoir en elle-même de la répulsion.
Or, l’union, ou le mariage de ces deux propriétés essentielles , de ces denx forces opposées, constitue l'unité de la force.
Ce fait nous rappelle la loi que nous avons formulée à savoir: que de même qu'un être organique animal se compose dans le principe de deux moitiés symétriques (de Serres), que le premier couple d’atomes ou l’atome pondérable, que même l'atome proprement dit se compose aussi de deux parties symétriques dans le principe, que la force, que tous les ordres de la force depuis l’attraction répulsive jusqu’à lame ou jusqu’à l’amour, jusqu’à la sagesse se composent dans le principe de deux parties symétriques, quoique opposées sous un certain rapport et que justement cette opposition est le principe moteur comme nous l'avons dit, de toute action, dans la création, et par cela même de la création.
En descendant de l’homme aux animaux nous voyons la force de l’âme devenir intelligence. En descendant de plus en plus cette échelle jusqu’aux fonctions organiques animales, aux plantes et à la matière simple , nous voyons l’âme devenir instinct, force vitale, force simple ou cosmique. En envisageant ensuite l’oeuvre de la force, ou la matière simple, organique végétale et animale, la force simple dans les cristaux se présente déjà comme le premier plan de la force organique; dans les corps organiques végétaux, elle se présente avec les phénomènes de la croissance, de la respiration, de la reproduction, de la vie en un mot sans intelligence et s’éteint pour nos sens connue nous l’avons dit dans les cristaux, pour apparaitre sous forme des phénomènes plus simples plus élémentaires encore dans la chute des corps ou dans l’union des atomes dans un corps donné.
Allons plus loin, frappons une pierre contre une autre et nous apercevrons une étincelle de feu et une parcelle de pierre par terre.
Qu’est-ce que cette étincelle? Qu’est-ce que le feu?
Or, quoique j'aie donné une théorie de l'état impondérable en action ou pris au moment de sa métamorphose, quoique nous sachions que l’atome en action ou en mouvement donne des phénomènes du feu, entrons encore une fois dans quelques détails sur cet intéressant sujet.
Figurons-nous dans ce but une bougie allumée et une soucoupe en porcelaine blanche au dessus de la flamme. Chose simple, dans ce cas nous aurons la flamme eutre la bougie et la suie qui se formera sur la soucoupe, ou entre une matière qui disparait et une autre qui se forme et qu’à mesure qu'il va diminuer de la bougie ou que cette dernière va se consumer, il y aura plus de suie sur la soucoupe de porcelaine.
Le feu sera ici l’état intermédiaire entre la matière disparaissant de la bougie et celle qui vient de se former, sera une masse d’atomes eu action quis par leur union constituaient les atomes pesant de la bougie, sera matière impondérable en action, sera force physique en action, sera lumière et chaleur, sera étincelle électrique, tandis que la matière de la suie formée sur la soucoupe en porcelaine sera la matière nouvellement formée par l’union ou par le mariage des atomes émancipés.
Que sera-t-elle à son tour l’étincelle de feu engendrée par le choc de deux pierres l'une contre l’autre? Elle sera la manifestation d’un phénomène de la force ou de la matière impondérable ou d’une masse d’atomes en action que nous n’avons pas vu lorsqu'ils tennaient la parcelle de la pierre enlevée avant un instant unie à la masse de la pierre,, lorsqu’ils y étaient à l’état caché ou d’union intime ou d’équilibre ou de repos, lorsque mariés les uns avec les autres ils y constituaient les atomes pesants. Cet équilibre une fois rompu par le choc de deux pierres dans une région donnée , les atomes de cette région en repos relatif comme unis les uns avec les autres, ont passé à l’état d’action et se sont présentés à nos yeux sous forme de feu ou d 'étincelle savoir: que les parcelles de cette région de la pierre sont retournées au moment de la séparation de notre parcelle d’avec la masse de la pierre à l'état de matière impondérable en mouvement ou en action et que cet état de la matière impondérable ou de la masse des atomes divorcés s’est présenté à nos yeux à cause de leur action sous forme d’étincelle.
Le feu, ou le phénomène de la lumière et de la chaleur est donc une transition de l’état de repos relatif des atomes constituant la matière impondérable ou l'éther,
à l’état d’action; et comme la force ne peut pas sortir dans la nature de son état de repos ou d’équilibre sans la matière dont elle constitue l’essence, comme l’action de la force est fatalement suivie du retour de la matière qu’elle unit et qu’elle constitue è moitié route à la force pure ou à la matière impondérable en action, comme la matière impondérable par le seul fait qu’elle est en action est aussi en mouvement dans ses parcelles, comme il faut du mouvement à ces parcelles pour que la force qui y agit se manifeste d’une certaine façon , comme justement toutes les conditions sont réunies ici pour que la force se présente sous forme des phénomènes de la lumière et de la chaleur, nous aurons comme de raison le feu, dont la durée et la continuité dépendront de la continuité du procédé qui se passe entre les parcelles du corps en combustion et les atomes d’oxygène de l’air atmosphérique environnant.
La feu est donc le phénomène accompagnant la désagrégation continuelle des atomes constituant la matière ou formant ses atomes pondérables et les tenant les uns avec les autres dans un corps donné. Plus l’action de ces atomes est vive, plus les phénomènes qui accompagnent cette action seront chaleur ou lumière plus ou moins intense.
Les atomes par conséquent ou l’éther dont ils constituent les plus petites parcelles n’entoure pas les molécules des corps comme fluide subtil et incoercible, comme force unissant ces parcelles, mais les constitue et les maintient par l’attraction répulsive, dont il est l’expression on la métamorphose.
Comme la lune, le soleil et les étoiles jetés dans l’espace ne sont entourés d’aucune force, quoiqu’ils se tiennent mutuellement, comme la colle qui n’a pas besoin d’être entourée de fluide étranger pour coler, mais que
cette propriété lui est inhérente et constitue son être, comme les objets placés sur ma table à écrire, ou sur le parquet rte mon cabinet ne sont pas doublés en dessous d’aucune force colante qui les tiendrait à leurs places respectives, mais qu’ils y sont fixés et maintenus par la force qui les constitue, qui constitue leurs propriétées essentielles et entre autre celle de la gravité ou force colante en question, comme le lingot de fer que dix hommes ne peuvent soulever ou détacher de la terre n’a aucune force entre lui et le sol qui l’y tiendrait attaché, mais il y est tenu par la force attractive de tous ses atomes, dont il sont l’expression physique, dont ils ne sont que la transformation ou métamorphose, comme le cerveau n'a besoin d’être entouré d’aucune force pour que son intelligence agisse en lui à distance, phénomène, qui nous offre une analogie de plus entre la force simple et les facultés de l’âme, de même les atomes n’ont pas besoin d’être entourés par une force pour se tenir mutuellement, mais qu’étant une concrétion de la force simple , ils se tiennent seuls au moyen d’elle.
Le feu est donc un phénomène qui accompagne le retour de la matière à la force pure et la transformation de la force pure en matière ou finalement est un phénomène qui accompagne la création, qui par son essence ou par Catome constitue la création.
Et comme toute force simple peut devenir âme et. que l'âme peut devenir force simple ou cosmique, l’étincelle de feu dont nous parlions tout, à l'heure est donc l’essence, est l’âme de la pierre, est son intelligence avengle est constitue sa pesanteur, sa dureté individuelle, etc., est son amour et sa sagesse passive, qui
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élevée au degré de l’intelligence dans l’homme est active ou conuaît son moi. (’)
Tous les phénomènes de la force comme la lumière, la chaleur, l’électricité, la force de la vie, d'intclli-
(') Quant au mode d’action du feu ou d'une oertaine masse d’atomes impondérables en action sur les corps en général, quant au mécanisme de l'augmentation de leur volume ou d'un certain degré d'éloignement des parcelles dont ils sont constitués, quant au change* ment dans leur température et h la transformation du son par exemple en calorique et de co dernier en lumière , le procédé est très-simple.
Avant toutefois de donner une explication de ces phénomènes, je dois rappeler, que Newton regardait déjh le feu comme composé de petites parcelles, que Galilée et Huygens prétendaient, quo le feu pénétrait dans les corps sous forme de corpuscules, que les physiciens modernes croient k tort, comme nous venons de le voir, h l'existence d'un fluide subtil, incoercible, entourant les molécules des corps et qui tient ses molécules les unes avec les autres dans un corps donné ; que personne avant nous n’a dévoilé le rapport de la force avec la matière et n’a dit que la matière ou l'atome pesant fût l’intime union ou la transformation de la matière impondérable, fluide , . . , que les atomes impondérables constituent la matière pesante et tiennent ses moindres parcelles par l'attraction répulsive qui est leur essence ou principe élémentaire; que le R. P. Secchi en parlant de la transformation du son en ohaleur et do cette dernièro en lumière, enseigne: que, lorsque les vibrations moléoulaires dans un corps, (u'oublions pas le terme moléculaires, donc dos molécules pondérables et non pas des parcelles d'éther ou du fluide impondérable) sont d'une certaine intensité qqc les corps vibrants nous envoient des bruits de diverse nature, et que lorsque ces vibrations sont éxaltécs, ils leur succèdent des oscillations calorifiques obscures, dont il est très-difficile d’apprécier la vitesse et finalement que l'agitation moléoulaire s'exaltant toujours, la rapidité du mouvement devient telle, que les ondes engendrées impressionnent la rétine et à ce moment apparaissent les radiations lumineuses, Le savant physicien enseigne , ce que nous savons déjh , que les agents physiques sont des modes de mouvement de la matière et il dit formellement que le
gence, etc. , qui étaient regardée comme autant de forces diverses ne sont aujourd’hui pour nous que les phénomènes des divers ordres de la même force en action, qu’autant de phénomènes divers de la création. — Tout dépend,
travail produit par l'intensité des vibrations moléculaires donne la mesure du ton et le degré de la chaleur et de la lumière.
Ceci posé , quant h moi , je suis d'abord de l'avis, que c'est l’action des atomes de la matière impondérable se transformant en matière pesante qui engendre les phénomènes lumineux et caloriques et non pas les vibrations moléculaires des corps et que plus cette aotidn est vive , plus les phénomènes engendrés sont intenses.
Quant au mode d'action du feu sur les corps , l'augmentation de leur volume et <1 autres phénomènes résultant de cette action sur la matière pesante il résulte do ma manière do voir,, que de même, que pendant les décompositions chimiques les atomes les plus superficiels d'un corps, en contact aveo un autre, agissent sur les atomes pesants de sa suporficie, les décomposent en atomes impondérables ou eu force physique en action , les divorcent de leurs moitiées , los rendent libres pour s'unir h eux, leur impriment le mouvement qui se propage h leurs atomes voisins, quo de même que le frottement imprime le mouvemeut aux parcelles les plus superficielles du corps, qui en se communiquant de procho en proche se propage a tous les atomes du corps, que le feu composé d atomes en action ou en vibration oscillatioire d’une extrême vitesse en contact aveo un morceau de fer par exemple, imprime oe mouvement ou cette action aux atomes les plus superficiels du fer, lesquels communiquent ce mouvement aux atomes voisins, s'éloignent les uns des autres dans la limite extrême de l'atome pesant, d’abord sans la destruction de la matière du fer. Ainsi 1 éloignement des atomes entre aux et meme entre les atomes pesants constituant le commencement d'action ou de mouvement, donne les premiers degrés de l'augmentation de température dans le fer et de l'augmentation de son volume. Plus h présent l'éloigncmcnt ou l'action ou le mouvement des atomes sera grand plus leur mouvement vibratoire ou leur action sera vive , le fer sans cesser d'être fer , sern d'une plus haute température, augmentera de volume et brillera d'une couleur plug blanche et plus sidérale. Supposons l'éloigne-
comme nous le voyons , de l’oeil de l’observateur envisageant le même objet sous des conditions et des poiuts de vues différents.
Prenons un homme caché dans une forêt par une nuit obscure, que nous n’eutendions seulement que sa voix; si ce même homme se présente à nous en plein jour dans ses trois âges divers: de l’enfance, l’âge mûr et la décrépitude; représentons nous cet homme à l’état de la nature vierge ou à l’état élevé de l’intelligence de Copernic, ou de Mickiewicz, de Moïse ou de Newton, nous ne contesterons pas que ce sera toujours l’homme , seulement qu’il sera dans les differentes phases de son état organique ou social ou intellectuel. . . Otons une trentaine d'années à un vieillard, nous aurons un homme plein de verve et de raison, ltévcillons par des moyens appropriés l’intelligence assoupie chez un Esquimeau, nous verrons qu’il avait de l'aptitude même aux spéculations intellectuelles d’un ordre élevé.
Même chose avec les phénomènes de la force simple.
On nous objectera, que les phénomènes de la lumière et de la chaleur n’accompagnent pas toujours l’union et la rupture de deux atomes dans un corps donné.
Nous répondrons, que si nous avions un instrument assez sensible pour démontrer l’exactitude de l’existence de ce phénomène, nous serions convaincu qu'il eu est réellement ainsi.
meut entre les atomes impondérables constituant les atonies pondérables du fer poussé jus(|ti'nu divorce Complet, comme cela a lieu pendant les actions chimiques , le fer disparaîtra et deviendra un corps nouveau , un composé nouveau. Quant aux phénomènes du son , je suis d’avis qu’en effet les vibrations des atomes pesants et meme des molécules qui en sont composés sont la cause unique de sa production.
Huraboldt en parlant de la température intérieure de la terre et des phénomènes que cette température produit à sa surface, dit: que si nous avions un instrument assez sensible et assez généralisé, qui pût nous prévenir avec uuc précision mathématique des suites du travail intérieur de la terre à sa surface, nous aurions à chaque instant des nouvelles d’un tremblement de terre, sinon dans un endroit du moins dans un autre de sa sphère.
Ce qu’Humboldt dit des suites de la température interne du globe, s’applique exactement à l’existence de la lumière et de la chaleur non-seulement au moment des actions chimiques des corps, non-seulement au moment du plus léger contact d’un corps avec un autre, mais même à l’état de repos de chaque corps, entre les molécules qui le composent, par le seul motif, qu’il n’y a pas de repos absolu et que la lumière et la chaleur étant les phénomènes de l'action, sont inséparables de l’action; ce qui fait ce fluide éthéré qui constitue chaque atome dans un corps donné, ce qui constitue la chaleur et la lumière latente d’un corps donné, ce qui constitue la force en action entre les molécules composant les corps, ce qui constitue l’existence de la matière simple, ce qui constitue son être et sa vie, ce qui constitue F atome.
Nous réveillons les forces de l’état de repos relatif dans un corps donné par le frottement, mais nous ne les créons pas.
Nous réveillons, nous développons l’intelligence et les sentiments dans l’homme mais nous ne les créons pas!
Demandons d’ailleurs à la chimie, elle nous répondra: que les phénomènes de la lumière et de la chaleur accompagnent, dans la majorité des cas et à des degrés plus ou moins sensibles, toutes les actions chimiques dépendant de la plus ou moins grande affinité des corps entre eux
et de leur nature etc., etc.; qu’il y a des corps qui brillent à froid comme phosphore et que ce phénomène accompagne la composition de ses vapeurs volatilisées avec de l’oxygène de l’air; qu’il y a des conditions dans lesquelles les phénomènes qui accompagnent la force au moment des actions chimiques des corps égalent en intensité les phénomènes de la chaleur et de la lumière solaire; qu’il y a des corps qui se décomposent atome par atome pendant des siècles, qui pourrissent pendant des siècles. — Or, pour apercevoir les phénomènes de la lumière et de la chaleur qui accompagent ce travail lent et insaisissable , pour voir la lumière cachée dans un corps au moment où elle accompagne comme phénomène la force qui tient en repos ses molécules constituantes, pour voir la lumière d'un atome en tenant un autre dans un atome pondérable, il faut être Dieu même! Mystères subtils et élevés, dont il est à peine permis de deviner l’existence par intuition, et pourtant ces mystères ne sont point des mystères, mais bien de la plus pure réalité!
Un corps croît et change d’état à tout instant et nous ne voyons pas cela dans un moment donné. Et, parce que nous ne voyons pas quelquefois la lumière accompagner les décompositions d’un corps, est-ce que la Puissance suprême aurait cessé pour cela d’en éclairer les ténèbres par la lumière de son amour et de sa sagesse?
Toutes les forces dans la nature, de quelque ordre qu’elles soient, comme forces physiques, organiques intellectuelles, comme l'âme ne sont que la métamorphose, que le développement de la force type, élémentaire et qui est lattraction répulsive avec la connaissence de son moi comme dans l’âme de l’homme, ou avec la connaissance de son moi en Dieu comme dans les forces simples et dans les forces orgauiques végétales et en partie animales.
Il existe donc une seule force élémentaire pour toutes les forces de la création et qui n’est ni l’attraction, ni la répulsion, ni la gravité de Newton (qui, comme on le sait encourageait les physiologistes à trouver un ou deux éléments du mouvement), ni le mouvement du R. P. Secchi, mais bien l’attraction répulsive.
Ainsi, puisque l’atome est l’élément type de tous les corps de la création sans exception , puisque l’arrangement et la métamorphose des atomes constituent la diversité incalculable des formes, non seulement de tous les types mais de leurs variétés sans nombre dans la grande chaîne de la création, puisque l’attraction répulsive est l’élément de toutes les forces de la nature sans aucune exception, que tous les ordres de forces dans la création ne sont que les divers degrés de la métamorphose de la même force type, qui est le mouvement "pour le P. Secchi, la gravité pour Newton et pour nous l'attraction répulsive vivante, dont Dieu est le moteur actif extrême ; je dirai plus: lorsque l'atome, lorsque la matière n’est que la métamorphose de la force et que la force n’est que l'élément, la hase de la matière sans aucune exception, on peut proclamer comme loi de la nature, l’unité de F élément pour toutes les forces, comme pour tous les êtres de la création, depuis la matière simple jusqu'à l'homme.
J’ajouterai, que cette loi de synthèse est une loi générale pour toute la création: tant pour les forces, que pour la matière, que pour la force et la matière et que cet élément type de toute la création est le moment de la sortie de la force de son équilibre en Dieu pour p.tsser à l’action, ou le moment du tressaillement de la force en elle -
même pour se changer en matière, qui est l’attraction répulsive vivante, est un être, estime existence avec la connaissence de son moi en Dieu, est Dieu.