SOLEIL
La science n’est pas encore parvenue à connaître la nature intime du corps solaire et n'a pas répondu à la question: qu’est -ce que le soleil; car les astronomes à l’exemple de George Cuvier en Paléonthologie dans les études sur la nature du Soleil , en poursuivant toujours l’étude de ses phénomènes, absorbés dans les détails, quoiqu’ils les aient interprétés d’une manière flatteuse pour l’intelligence , il semblaient toutefois, dans les conclusions générales, oublier leurs rapports avec les loi qui régissent l’univers et que c’est pour cette raison, que leurs conclusions quoique séduisantes , laissent dans leurs contradictions réciproques tant à désirer.
Il ne sera donc pas déplacé de présenter en quelques mots les conclusions de la science tant sous le rapport des phénomènes isolés du soleil, que sous le rapport des
idées qu’elle est arrivée à se faire sur sa nature intime, avant de présenter notre manière de voir dans cette question aussi intéressante que difficile.
Les taches solaires , ses noyaux et ses pénombres , la photosphère du soleil , l’atmosphère nuageuse du soleil, la couronne lumineuse du soleil pendant son éclipse entourant le limbe obscur de la lune, les rayons des gloires et des aigrettes lumineuses de cette couronne irrégulièrement distribuées sur le contour du disque de la lune, les protubérances gazeuses du soleil, la composition de l’ atmosphère solaire et du corps solaire même, à savoir: si le corps solaire est constitué par une masse incandescente liquide ou gazeuse , ou s’il fait un corps sphérique solide, lumineux, ou s’il constitue un corps solide obscur entouré d’une photosphère, sont autant de questions mystérieuses que les astronomes se posent journellement sans en avoir résolu définitivement aucune, ou presque aucune jusqu’à présent, dans le sens surtout d’éclairer et de résoudre définitivement la plus importante d’entre elles, celle de la nature intime du corps solaire.
Or, Fabrieius a découvert en 1611 les taches solaires et leur mouvement apparent.
Galilée qui a le premier démontré que les taches solaires existent réellement et qu’elles ne sont nullement un jeu d’optique ou des taches sur les lentilles des instruments d’observation, comme on le prétendait, voyant, qu’elles changeaient à chaque instant leurs disques et leur position relative sur le disque du soleil, voyant la transformation des groupes de taches dans l’intervalle de leur rotation sur le disque solaire, a conclu: que les taches du soleil sont des uuages suspendus dans l'atmosphère du soleil de différentes dimensions.
Nous avons admis cette théorie des taches solaires de Galilée contrairement à la plus récente théorie de la constitution physique du soleil de Paye , avec cette différence, que nous ne les regardons pas comme nuages, mais bien comme corps solides, ou concrétions de différentes grandeurs et réunis en groupes, comme le plus en rapport, comme nous le verrons dans la suite de notre travail, avec l'unité et la simplicité des lois de la nature ou comme le plus en analogie avec le double mouvement des planètes autour de leurs axes et autour du point central de leurs systèmes respectifs.
Jannsen, Faye, Secchi, le Major Tennant et d’autres astronomes ont conclu des observations faites pendant l’éclipse totale du soleil le 18 août 1868 à Whatonne, à Malaka, à Bornéo, à Guntoor plus ou moins en faveur de l’opinion de Saigey, à savoir: que la matière du corps solaire à cause de sa température dans laquelle aucune combinaison chimique ne peut avoir lieu et à cause de laquelle aucun corps solide ne peut exister en elle, est une immense boule incandescente d’une substance gazeuse. Chose étonnante, que les mêmes physiciens, qui ne peuvent pas concevoir, qu’un composé chimique puisse avoir lieu dans cette température , qu’on suppose n’étre que de 2,500° ( 1 ), que les états solides soient compatibles avec une si haute température, que les corps solides puissent exister en elle, admettent, que dans le corps solaire il se trouvent des métaux en nature comme le fer, le cuivre, le zinc, le nikel; que les mêmes savants ont oublié que la même étincelle électrique qui décompose les
(' ) Le K 1*. Secchi n'admet pas la même température pour le* diverses régions du Soleil.
corps peut déterminer leurs combinaisons, et que la même chaleur qui à l’état latent ou caché, par rapport à la température du soleil, unit les molécules dans des corps donnés de notre planète, puisse, quoique élevé même à 2,500°, dans le soleil constituer l’état relativement normal de cet astre , et être compatible avec l’état solide de son corps.
La science à notre avis, n’aurait jamais pu parvenir à déterminer l'existence de ces corps au moyen du spectroscope dans le soleil, si le noyau de cet astre n'était pas constitué de ces mêmes corps, si ces corps en constituant le corps solaire comme ils concourent à former la terre, ne se volatilisaient pas et ne passaient pas ainsi sous forme d’émanations extrêmement subtiles jusque dans la photosphère du soleil ; s’ils n’existaient pas séparément dans le corps solaire, au lieu de s’y trouvez à l’état d’alliage de gaz incandescent, sorte de matière demi impondérable en ébullition.
Car en supposant que la théorie de la physique moderne sur ce point soit vraie, à savoir: que tous les corps composant le soleil se trouvent à l’état d’alliage de gaz en incandescence, les raies du spectre solaire seraient dans ce cas si non impossibles, du moins très souvent tellement embrouillées, qu’elles ne pourraient pas accuser nettement l’existence de tel ou tel autre corps dans la photospherme du soleil. Aussi Mitscherlich contrairement à Kirchhoff dit avec raison, que la présence de certains corps dans une flamme peut avoir pour résultat d’empêcher la reproduction des spectres d’autres corps, d’éteindre leurs raies principales. Effectivement, quand on imprègne de chloruze de cuivre et d’ammonium la flamme du chloruze de stroncium, la raie bleue de ce dernier métal dis-
paraît, par la simple raison, que ce métal est dans ce moment à l'état impondérable. D'où il résulte , que s’il existait quatorze, ou vingt principes par exemple, dans le soleil, en supposant, qu'ils constituent une masse de vapeur incandescente en effervescence sorte de matière demi impondérable , que nous ne pourrions jamais les retrouver dans le soleil au moyen de l’analyse spectrale.
Le spectroscope dévoile dans chaque endroit et à chaque moment le sodium par exemple, dans l'atmosphère de la terre, quoique notre terre n’est pas un corps plongé dans une étincelle électrique et que le sodium n’y est pas dans une atmosphère gazeuse incandescente.
Saigey ne peut pas comprendre l'existence d'un corps non seulement congelé mais même obscur dans une enveloppe incandescente , quoiqu’il soit de loi en physique, que la température élevée n’exclue pas la compatibilité d’un milieu même de température de glace.
Je me bornerai à rapporter ici une expérience de Faraday, qui va peut être définitivement convaincre les partisans de la théorie de Saigey de leur partialité.
„Il m’a été possible, dit Faraday, de congéler du mercure avec la plus grande facilité dans un creuset d’un rouge feu. J’ai d’abord fait rougir un creuset en platine et je l’ai maintenu a cette température; j’y ai introduit de l’éther, puis de l’acide carbonique solide, et enfin j’ai plongé dans ce mélange à l’état sphéroïdal une capsule métallique contenant environ 31 grammes de mercure, qui s’y est solidifié au bout de deux ou trois secondes. Il a paru très-étrange que du mercure plongé dans un creuset cCun rouge feu ait pu en sortir congelé."
L’expérience qui précède est à peine croyable, dit Bouchardat. Celle-ci l’est moins encore. „On pose sur la
platine d’une machine pneumatique un morceau de brique disposé de telle sorte qu’il ne puisse boucher l’ouverture du conduit destiné au passage de l’air: tout autour de cette brique on étend une couche de bioxyde de plomb très-sec destiné à absorber l'acide sulfureux. Les choses étant ainsi disposées, on fait rougir à blanc un autre morceau de brique dans lequel on a creusé d’avance une cavité égale à la convexité d’une capsule quelconque; cette capsule est placée dans la cavité qui lui est destinée, on y verse quelques grammes d’acide sulfureux enbydre, et le tout est placé sur la brique froide et recouvert du récipient dans lequel on fait le vide le plus rapidement possible.”
„L’acide sulfureux, qui devrait pour ainsi dire faire explosion, ne bout pas il s'évapore lentement comme dans une capsule chauffée à blanc , comme dans le moufle des fourneaux à coupelle; et, chose remarquable , si ton opère par un temps humide, le peu d'eau contenu dans l'air du récipient va se congeler dans le sphéroïde d acide sulfurent, dont il trouble la transparence.”
Je sais qu’il existe des savants, qui refusent de reconnaître la possibilité d’appliquer ce fait à l’explication du grand phénomène céleste qui nous occupe, par cela seul, disent-ils, que ce qui se fait en petit, ne peut se faire dans la nature en grand. En vérité, je ne comprends pas une logique, qui applique les faits de nos laboratoires lorsqu’ils flattent nos vues ou nos théories, et qui les rejette, lorsque nous ne connaissons pas leur vraie portée et leur véritable application. Une minime étincelle d’électricité et une foudre ne s’expliquent-elles pas réciproquement et ne sont -elles pas identiques comme décharge électrique, quoique le premier phénomène soit du domaine
de nos manipulations journalières, tandis que l'autre est un des phénomènes imposants et majestueux de la nature?
Chacornac a remarqué la tendance des taches du soleil à former des groupes allongés dans le sens du mouvement de rotation de cet astre; celle dont le noyau est le plus grand, le plus noir et qui persiste le plus longtemps, précède très-souvent une traînée de taches disposées parallèlement à l’équateur solaire. Quand le groupe disparaît par l’envahissement des facules placées à l’arrière, c’est la tache la plus avancée dans le sens de la rotation qui s’évanouit, en dernier lien.
Faye cherche à prouver dans sa théorie, que le soleil est une masse de matière gazeuse incandescente, dont la température est le plus élevée au centre , que les nuages provenant de ce gaz en combustion en passant près du soleil et en changeant leurs formes ne sont autres choses que les taches de Galilée, que l'atVinosphèrc du soleil se compose d’hydrogène et d’oxygène et que les rayons des gloires de sa couronne, comme la photosphère elle-même n’est que la lumière de l’hydrogène en combustion, (Jannsen partage cette manière de voir) que les corps solairs sont composés de principes communs à la terre, existant dans le soleil par conséquent., à l’état de gaz etc., etc.
Kirchhoff reprenant l’hypothèse de Galilée regarde les taches comme des nuages suspendus dans l’atmosphère du soleil. D’autres astronomes soutiennent que les taches ne sont autre chose que des ouvertures de la photosphère; comme si des lacunes pareilles pouvaient exister dans la photosphère du soleil en laissant voir son noyau obscur?
Wilson prétendait que les taches étaient des creux coniques dans le noyau du soleil, ayant le sommet dans le centre de cet astre et la base à sa surface?
Philosophie de U Nature. 55
Kirchhoff considère la partie visible du soleil, celle qui est limitée par les contours du disque et dont la surface forme la photosphère, comme une sphère solide ou liquide, incandescente. Ce noyau dont la température est très-élevée, serait entouré d’une atmosphère très-dense, formée des éléments constitutifs du globe incandescent, que l’intensité de la température maintient à l’état de vapeur.
Faye en admettant toutefois (car tout ceci n’est qu’une supposition plus ou moins logique), que le noyau du soleil est une niasse de gaz d’une température très élevée, peu lumineuse, entourée d’une photosphère lumineuse d’hydrogène en combustion et finalement d’une atmosphère composée d’hydrogène et d’oxygène, et en considérant que les taches solaires se meuvent, qu’elles changent leurs disques sur le disque du soleil et que les groupes de ces taches se transforment dans l’intervalle de leur rotation, il admet que la photosphère du soleil est constituée par une masse de gaz en combustion et considère avec Staney ces taches comme autant de nuages et de tempêtes traversant l’atmosphère du soleil et même comme des tourbillons de feu solaire ou des lacunes ou trouées gigantesques dans sa photosphère, changeant à tout moment de forme et de lieu dans la masse effervescente du gaz en ignition.
11 résulterait de cette théorie que la flamme du gaz incandescent aurait depuis l’éternité la clarté, la pureté, la force, la dimension et la forme invariable du disque de la lumière solaire.
Or, nous ne pouvons pas partager cette manière de voir la nature de la lumière solaire, ni celle de ses taches.
Car, pourquoi ne prendrions nous pas pour un nuage la lune qui disparait de l’horizon non pas tous les mois, ni
tous les quelques jours, mais bien toutes les douze heures, et qui change sa forme à tout instant? Est-ce que le double mouvement auquel tous les corps célestes sont soumis n’explique pas assez clairement et irrévocablement comme je l’ai dit, ces changements dans les taches solaires et dans leurs groupes sans les prendre pour des nuages, ou chose plus extraordinaire encore pour des lacunes dans la photosphère de cet astre, puisqu’il est reconnu, que la grande tache de 1779 resta visible pendant six mois et que Schwabe en observa une en 1840 qui revint huit fois et dont la durée atteignit près de 7 mois, et que Horrox jeune étudiant anglais ( 1 ) en reprenant le calcul de Kepler, sur le passage de Vénus sur le disque solaire, a fixé le moment de ce passage pour le 24 novembre 1639, époque a laquelle Vénus s’est efffectivement présentée sur le disque solaire, comme une tache noirâtre et quelle a mis plusieurs heures à disparaître.
Ainsi l’hydrogène d'après la théorie moderne brûlerait éternellement dans l’atqmosphère voisine du soleil dont la nébuleuse incandescente de fer, de cuivre, de zinc etc.', etc., constituerait le corps. Puis il se formerait de cette combustion d’hydrogène, ou de son union avec de l’oxygène des masses d’eau, qui sous forme de pluie retomberaient continuellement sur la nébuleuse incandescente du corps solaire.
Or, quoique La science soit arrivée à reconnaître à des distances, au moyen du spectroscopc, la nature des principes du corps solaire, qu’elle ait surpris certains faits et les phénomènes qui les accompagnent, quoi-
(') Mort il l’ago de 22 an», consumé pur l’ardeur de son intelligence.
qu’elle ait à son service le télescope de Foucault, le télescope réfracteur de Merz avec son oculaire diagonal , les lunettes des Brunners et d’autres instruments d’une si grande précision, qu’elle a pu reconnaître, dit-elle, des traces de gouttes de pluie imprimées sur le corps solaire (je ne comprends pas que l’on puisse voir des traces de gouttes de pluie sur la surface d’une nébuleuse en effervescence), elle ne soit pas arrivée toutefois jusqu'à la source de la vérité.
En résumé, le soleil, de même que toutes les étoiles d’après les idées généralement adoptées par les astronomes modernes est formé par la réunion successive de la matière en vaste amas, ou des matériaux primitivement disséminés dans F espace sous F empire de V attraction.
Quant aux taches solaires, il y a des astronomes qui les prennent, comme Kirchhoff, pour des nuages de l’atmosphère solaire, d’autres qu’elles sont une espèce de lacunes formées par l’effervescence de la matière gazeuse; les uns supposent que le noyau du soleil est solide, d’autres qu’il est obscur, d’autres que c’est une nébuleuse en incandescence, d’autres qu’il est constitué par une masse dont la température le plus élevée serait au centre, puis d’autres que c’est sa surface qui est la plus chaude et d'autres encore que c’est dans la photosphère que se concentre la plus haute température avec la plus vive lumière du soleil. . . Le seul Galilée jusqu’à ce jour a été, selon nous, le plus près de la vérité, quant à la nature des taches solaires seulement.
Il est vrai que les astronomes contemporains pouvaient mieux et avec plus de précision examiner, au moyen de si puissant instruments mis à leur disposition, des gaz allumés à la surface du soleil, mais est-ce que notre atmosphère animée par l’éblouissante lumière du soleil et
vue à grandes distances ne nous semblerait pas être une niasse de gaz en incandescence? est-ce que les astronomes ont pénétré au moyen de leurs instruments tout puissants d’ailleurs jusqu’au centre du noyau solaire et même ont-ils deviné la nature du feu solaire tout en constatant son existence?
Puisqu’ils ont trouvé de l’hydrogène en prépondérance dans l’atmosphère du soleil à l’oxygène, mais notre atmosphère aussi est composé entre autres d’hydrogène en prépondérance au gaz oxygène, et quoiqu’ils aient trouvé le soleil plongé dans une matière subtile et brûlante de flamme, ils ne sont pas toutefois arrivés à reconnaître la nature intime de ce phénomène!
Quant «à la nature des aigrettes lumineuses et des rayons de gloires on regarde les premières comme tenant au passage de la lumière solaire sur les bords dentelés de la lune au moment' de l’èclipse du soleil, et nous sommes sur ce point parfaitement de l’avis de la science. Quant aux rayons des gloires je les regarde comme des faisceaux de rayons lumineux qui s’élèvent dans certains points plus haut que dans les autres; phénomène qui est inconstant et qui peut à tout instant occuper tantôt un point de la courone solaire et tantôt un autre.
D’où il résulte, que l’astronomie moderne, les hypothèses à part, ne donne pas de réponse définitive non seulement sur la nature intime du soleil, mais encore qu’elle n’est pas d’accord dans l’interprétation des divers phénomènes de cet astre.
Dans les temps actuels, à savoir: en 1870, on n’est pas encore d’accord sur la nature du centre de la terre et les uns supposent, comme au temps d’Humphry Davy, qu’il est à l’état solide et de très basse température, d’autres
qu’il est à l'état liquide et à la température de 4,000° minimum. — Quant à la composition géologique de ses entrailles et même, quant à sa surface, la science n’a pas déterminé les limites des dépôts appartenant à telle ou telle époque et n'est pas arrivée à connaître ses régions polaires et en poursuivant comme partout et toujours les détails pourrait-elle avoir un meilleur jugement sur la nature intime du soleil?
Si donc nous avons pris la plume pour esquisser en quelques mots une théorie nouvelle du soleil, nous l’avons fait dans la conviction , que tous ses phénomènes observés jusqu'à ce jour sont plus simples dans leur nature et qu’ils sont soumis à des lois plus simples que ne l’enseigne l’astronomie moderne.
Nous avons vu dans le cours de ce livre que les phénomènes de la lumière et do la chaleur accompagnent toutes les combinaisons et les décompositions chimiques à savoir: que chaque fois que nous déterminons le mouvement dans les atomes impondérables ou dans les éléments extrêmes de la nature constituant les atomes pondérables d’un corps donné, constituant donc leur atmosphère d’éther comme étant parcelles d’éther eux-mêmes, que chaque fois que nous réveillons la force qui coustituc les atomes impondérables et qui les gouverne, chaque fois que nous déterminons le mouvement comme on a l’habitude de le dire dans la force ou dans l’éther qui entoure les molécules, nous aurons toujours les phénomènes de la lumière et de la chaleur, nous disons toujours, car si ses phénomènes ne sont même pas bien sensibles et manquent quelquefois, cela n’empèche pas comme nous le savons, leur
existence réelle, seulement ils sont plus ou moins voilés pour nos sens par certaines conditions.
Ainsi, si nous mettons une partie d’eau avec quatre parties d’acide sulfurique, nous aurons un mélange d’une température de plus de 100° centigrade.
L’antimoine en poudre introduit dans le chlore s’enflamme.
Nous savons ensuite que la flamme est une matière impondérable en action ou plutôt qu’elle est le foyer de la continuité de décompositions et des combinaisons des parcelles fournies par la matière grasse de la bougie, de la mèche et de l’air atmosphérique environnant.
Nous savons aussi que le mélange de deux volumes d’hydrogène et d’un volume d’oxygène allumé, donne une très-faible lumière, dans laquelle si nous plaçons un corps étranger, comme un morceau de charbon ou un morceau de chaux , la lumière à peine visible prendra une si grande force d’éclat que nous ne pourrons la regarder sans en être ébloui.
Laissons une barre de fer dans une atmosphère humide, le fer va se rouiller; son poids augmentera de la quantité d’oxygène de l’eau avec lequel il s’est combiné. La décomposition de l’eau et la formation de la rouille s’opère ici très lentement de manière, qu’elle ne nous permet pas de saisir, ni de constater une moindre élévation de température, quoiqu’il y ait des corps organiques morts qui, pendant leur décomposition lente, brillent la nuit d’une lumière faible et incertaine, tandis que si nous allumons le phosphore dans le gaz oxygène, le phénomène de la plus éclatante lumière va accompagner la combinaison brusque de ces deux corps.
Ainsi donc, une fois les phénomènes de la lumière et de la chaleur accompagnant les combinaisons et les décompositions chimiques, ou les procédés de la force en action, seront très-faibles, puis imperceptibles, ou des plus éclatants; une fois on ne verra que la lumière, une autre fois la température sera celle dans laquelle fond le platine, tandis que la lumière à peine visible deviendra éblouissante lorsqu’on placera au milieu un corps solide convenable. Nous savons en outre que partout où il y a chaleur, il y a aussi lumière, que ces deux phénomènes sont les manifestations relatives et conditionnelles de la même cause — de la force en action.
Nous savons que l’apparition de la lumière et de la chaleur pour nos sens est conditionnelle; puisque la lumière invisible en plein midi sera visible la nuit, car les phénomènes insaisissables quand ils s’opèrent pendant des années, deviennent visibles lorsqu’ils s’opèrent en un instant.
Nous savons (*) , comment la matière au moment de sa décomposition chimique retourne dans l’atome à la force physique ou à son état impondérable, à l’éther ou à la force en action ou à la lumière, à la chaleur, à l’étincelle électrique etc., etc., et que le mouvement qu’exécutent dans cette circonstance les parcelles de cet état impondérable, ou de cet éther sous l’influence de la force qui opère ainsi en elles, se manifeste par les phénomènes de la lumière et de la chaleur.
Nous avons expliqué, que lorsque la force est au moment de son repos, ou de son équilibre dans un corps donné, ou lorsqu’en tenant ses atomes dans un tout donné ,
( 1 ) Voir notre philosopkio de la force.
elle semble ne rien faire du tout et y est comme on le dit à l’état latent, que ses phénomènes lumineux et caloriques sont comme de raison à l’état de repos relatif, et quoique la force et ses phénomènes soient dans ce cas à l'état de repos et cachés, si uous avions toutefois des instruments assez subtils et convenablement appropriés pour voir dans les ténèbres, nous y verrions la lumière briller et la chaleur marquer un certain degré de température, nous y verrions aussi l’éther entourant ou pour mieux dire constituant les molécules des corps en sni generis mouvement, ou oscillant aussi à sa manière, nous y verrions même les atomes composant l'atome pondérable osciller, jmisque la moindre cause les fait sortir de leur repos et les fait vibrer de plus en plus et engendre ainsi les phénomènes de la lumière et de la chaleur invisibles et imperceptibles avant un instant, puisque la moindre cause les sépare et les fait passer à leur état primitif ou impondérable.
Nous avons expliqué par conséquent, que les phénomènes de la chaleur et de la lumière sont des manifestations de la force en action, ou comme le veut le R. P. Sccchi, de la matière impondérable en mouvement et que chaque fois que nous verrons ces phénomènes dif’us ou concentrés, et même invisibles, nous devons conclure qu’il y a de la force en action.
Si après ce que je viens de dire , nous concentrons, au moyen d’une loupe, quelques rayons lumineux, ou même de la lumière diffuse dans le même point, uous venons que la même lumière à peine perceptible à l’état diffus, brillera d’un vif éclat lorsqu’elle sera concentrée.
Or nous voyons avec ces quelques faits, que partout, comme nous le savons déjà oh il y a force en action, les phénomènes de la lumière et de la chaleur accompagnent cette action.
Philoeophie de la Nature. 50
Si maintenant nous attachons deux fils métalliques aux deux pôles de la pile de Yolta et si nous approchons leurs extrémités libres de manière à produire une étincelle électrique, nous apercevrons effectivement une étincelle de feu entre les deux extrémités ainsi rapprochées des deux conducteurs. Ce phénomène par parenthèse, d'uue lumière momentanée, est comme nous le savons la neutralisation de deux principes opposés de la même force, est leur fusion, est l’action, est la force, est la manifestation, la réalisation de la force dans le domaine de la création, est l’expression de la force en elle-même, est la création. Ainsi le moment de l’apparition de la lumière, est le moment du passage de la force en matière, est le moment de la création.
Or, Humphry Davy a remarqué, que si nous plaçons un morceau de charbon entre les extrémités de deux conducteurs de la pile de Yolta et si nous faisons passer une étincelle électrique en travers, que la force et l'éblouissante clarté de l’étincelle.électrique sera dans ce cas égale à celle de la lumière solaire. — En continuant ainsi cette expérience et en faisant passer une étincelle électrique après une autre par le point occupé par le charbon, nous verrons que ce dernier se consumera au bout d’uu certain temps. . .
Pour avoir un courant continu, savoir: aux étincelles si rapprochées, qu'elles ne feraient qu’une lumière continue on a remplacé il y a une vingtaine d’années la pile de Yolta par celle de Bunsen au courant continu, et au lieu de charbon ordinaire Foucault a employé le charbon le plus dur et qui se consume le moins , et il a terndné avec ce charbon taillé en crayon les deux extrémités libres des deux conducteurs. — Or en rapprochant à une distance convenable les extrémités de ces deux conducteurs ainsi
arrangés on a obtenu une lumière continue ayant l’éclat de la lumière solaire. — La chaux en remplaçant le charbon fait apparaître le phénomène de la lumière avec plus d'éclat encore.
Les faits, (pie nous venons de rapporter démontrent, nous le répétons, clairement, que les phénomènes de la lumière et de la chaleur accompagnent toujours la force en action et rccipro<[ueinent. — Ainsi donc, si nous allons décomposer chimiquement les corps, si nous allons opérer n’importe par quelle voie leurs combinaisons, que ce soit par les voies brusques ou lentes ou que ce soit sur une grande ou sur une petite échelle, si nous allons opérer le changement ou provoquer le mouvement entre les molécules constituant les corps, nous verrons que le phénomène de la lumière partout présent, quoique îi des degrés différents, que le phénomène de la lumière, dis-je, sera plus manifeste et plus éclatant lorsque la masse de la force en action sera plus grande , lorsque nous agirons plus promptement, sur une plus vaste échelle et si l’action s’opère entre les corps qui ont plus d’affinité entre eux, moins de certaines conditions le masqueront à nos yeux et plus il sera concentré dans un point.
Si nous réveillons par conséquent, par le plus léger frottement de deux corps l’un sur l’autre, ou par le mouvement que nous déterminons dans les molécules de leurs surfaces, la force de l'état du repos dans lequel elle maintenait ces molécules à l’état de mouvement ou à l’état d'action, et si cet état de la force en action est accompagné des phénomènes de la lumière et de la chaleur, si la phosphorescence accompagne comme phénomène la force en action pendant la décomposition lente ou la pourriture d’un morceau de bois par exemple, ou le détachement de ses molécules l’une après l’autre pendant de longues années,
si le phénomène de la lumière et de la chaleur accompagne les combinaisons entre les atomes mis en jeu quant à la force qui les gouverne, si la force qui tient les atomes dans un corps donné est la lumière et la chaleur cachées qui dans de certaines conditions peuvent briller comme nous l’avons vu avec une force et un éclat de la lumière solaire, qui peuvent être invisibles et visibles par rapport à la force et à l’éclat de la lumière solaire, pourquoi le point central de la concentration des forces du système solaire tout entier, qui embrasse tout et domine tout au moment de leur action qui est continue, pourquoi, dis-je, ce point qui est la résultante de l’action des forces maintenant les corps gigantesques à des distances respectives et maintenant ces mêmes corps d’un système tout entier dans un ensemble harmonieux, ne devrait-il pas être pour nous le point culminant de la plus pure et de la plus éclatante lumière?
Pénétrés du sens profond de ces faits, tournons maintenant notre regard du côté du soleil par une journée sereine et brûlante d'été; regardons le face à face en plein midi, dardant ses rayons éblouissants de feu; examinons le au moment de son coucher, pâle et blême pendant les courtes journées de décembre et nous serons frappés en voyant comment les conditions au milieu desquelles nous avons vu le même astre ont changé son aspect, comme l’analogie de l'influence des conditions sur les phénomènes du soleil est identique avec les lois prescrites pour la terre. Nous croirions même pour un instant que ce n’est pas le même soleil!
Qu’est-ce que le soleil , cette joie éternelle de toute la création, cette vie de l’homme , ce bonheur et cet espoir de tous les instants de sa vie?
Par le système solaire on entend le groupe (les corps célestes tels que la Terre, la Lune, Mars, Jupiter, Mercure , Vénus etc., etc. , avec tous leurs satellites obscurs et invisibles tournant autour du soleil dans l’espace et dont le soleil occupe le centre. Le soleil dans le système de l’univers est un point mobile, car il est reconnu aujourd’hui que non seulement il tourne sur lui-même, mais quil parcourt avec tous les corps, constituant son système, une orbite autour d’un antre point central, qui à son tour parcourt une voie plus grande encore autour d’un point central et ainsi de suite, peut être jusquà l’infini. . . (,j.
Pour quelle raison tous les corps du système solaire ne se détachent-ils pas du soleil et ne se dispersent-ils pas jusqu'à l'infini de l’espace? pourquoi ne tombent-ils pas sur le soleil et ne se consument-ils pas dans ce vaste océan de feu? pourquoi roulent-ils dans leurs orbites depuis l’éternité en gardant toujours la même distance du soleil? .
Nous avons expliqué, que la cause de cette grande loi siège dans le rapport de l’attraction qui attire chaque corps vers le soleil et de la répulsion qui tend à l’éloigner du centre de son système.
Or, comme nous le voyons par là, la même loi qui préside à l'harmonie entre les corps célestes quant à leur position et leurs orbes respectives gouverne aussi les atomes du microcosme, prescrit les distances d’un
( 1 ) Je crois que les système» stellaires en tournant l'un autonr de l’autre, tournent tous dans le tncinc cercle qui constitue 1 infini en question.
atome à l'autre dans un corps donné, trace les règles de leurs mouvements lorsque les corps qu’ils composent se combinent avec d’autres corps, ou en déterminent la décomposition.
Le soleil est dans son système, comme tout autre astre dans son système respectif le foyer commun des orbites des planètes ('), ou le point dans lequel les forces extraordinaires se concentrent, agissant à de grandes distances et gouvernant des masses gigantesques comme la terre par exemple; il est le point central ou la résultante de ses forces extraordinaires au moment de leur action et comme de raison des phénomènes d'égale puissance de la lumière et de la chaleur savoir: que les phénomènes de la lumière et de la chaleur solaire sont toujours de force égale, d’égale dimension, jamais plus petits, ni plus grands, jamais plus blêmes, ui plus éblouissants.
Los phénomènes de la lumière et de la chaleur solaire sont le témoignage du mouvement réveillé dans la force en action, ou dans l’éther, remplissant le système solaire par les forces, gouvernant tous les corps sous sa dépendance et concentrées dans son foyer.
Le soleil occupe donc le point le plus lumineux de son système et est par sa photosphère le témoignage de l’action Continue des forces maintenant son système entier et concentrées en lui.
La grande étincelle électrique constitue-t-elle le corps solaire, ou en d'autres termes, les atomes constituant son corps sont-ils dans un mouvement tellement accéléré (*)
(*) L'orbite de la terre est elliptique. Ce qui ne nuit en rien n notre théorie.
à cause de leur extrême animation, qu’ils produisent le phénomène de la lumière et de la chaleur solaire, ou ne constitue-t-elle que la photosphère d’un corps sphérique, solide et obscur placé à son centre. Kst-elle aussi éclatante pour tous les points extrêmes de l'univers que pour notre terre ou n’est-elle aussi éclatante que dans son système et peut être n’cst-elle qu’à peine perceptible pour d’autres systèmes de l’univers? Nous penchons pour cette dernière opinion, par la raison: 1° que la plus basse température est compatible avec le feu et 2° que plus nous nous trouvons rapprochés du foyer de l’action de la force qui maintient la terre avec le soleil, plus nous nous trouvons rapprochés de la ligne qui unit le centre de ses deux corps, plus la chaleur et la lumière solaire deviennent intenses et éblouissantes pour nous ; et plus nous nons éloignons de cette ligue, moins cette même lumière et cette chaleur sont intenses; car dans le premier cas, nous nous trouvons au milieu de la force en action, ou de la masse de ses phénomènes lumineux et caloriques qui, rapportés par notre vision au point occupé par le soleil, comme le résultat de toute la lumière et de toute la chaleur qui se trouvent sur toute la ligne sur laquelle nous nous trouvons, et qui mesure l’espace entre notre oeil et le soleil, seront pour nous d’une étonnante puissance — taudis que les mêmes phénomènes lumineux et caloriques pour un observateur placé 'au même instant sur un autre point du globe, tout en tenant compte des causes physiques qui influent sur ces changements, seront à peine sensibles, et seront autres lorsqu’il examinera le soleil à son lever , autres , lorsque le soleil jette ses rayons directement sur sa tète, autres à son coucher et autres quant à son intensité entre les bords et le centre de son disque. Nous penchons encore pour un autre motif pour la manière de voir que
nous venons d'émettre, que justement le corps solaire comme étant placé dans le foyer de la lumière solaire peut à l'exemple du charbon, on de la chaux placée dans l’étincelle électrique de la pile de Bunsen augmenter sa puissance, que la lumière solaire en conséquence sans qu’un corps solide se trouve dans son centre peut n’ëtre qu’une faible lumière quoique toujours d’égale intensité.
L’analyse d’ailleurs spectrale n’a pas trouvé d'or, d’argent ni de platine dans le corps solaire. Pourquoi donc son noyau ne serait-il pas un certain arrangement de ces principes communs la terre, qui sous forme d’un corps de volume extraordinaire, fixé dans sa photosphère non seulement, ne se consumerait pas, mais servirait à rehausser son éclat, tout en permettant une certaine existence à sa surface.
Le soleil restera donc toujours pour nous le centre des forces agissant dans son système et le centre des phénomènes lumineux ou caloriques, qui éclipsera toujours les phénomènes lumineux et ceux de la chaleur de tous les corps de sou système.
Blessons le cerveau avons-nous dit, troublons l’arrangement dans les parcelles primordiales qui le constituent, reculons pour un instant le degré de la métamorphose auquel ces particules sont arrivées dans le cerveau à la matière simple, reculons la force organique et l’organisme même du cerveau à la force simple et l’intelligence ou la force qui était il y a un instant la plus haute expression de la force organique en action dans le cerveau, qui brillait dans le cerveau va s’éteindre.
Décomposons par la pensée tous les organes constituant l’organisme vivant de l’homme, concourant avec une si graude solidarité de rapports au maintien de son tout vivant et harmonieux et l’intelligence qui brillait dans
cette unité vivante, qui était la résultante eu action de toutes les forces gouvernant son être, va s’eteindre pour jamais en lui.
Troublons par la pensée l’ordre et l'harmonie entre les corps du système solaire, et les forces qui président au maintien de cette harmonie, qui lient tout ce système dans le point occupé par le soleil, qui brillent dans ce point avec la lumière solaire, deviendront autant de forces à l’état latent d’un corps quelconque de notre planète et la lumière solaire s’eteindra.
Si nous retirions par conséquent, dans la pensée, du système solaire tout les corps qui le composent et si nous laission le soleil seul à sa place, nous le venions briller de la lumière d’une étoile. — Retiré du point qu’il occupe dans le système de l’univers il serait obscur et plongé dans une nuit éternelle. — Même chose avec tous les astres de l’univers. La lune est obscure et elle sera claire pour nous autant que les rayons solaires vont l’éclairer, ou que la force qui l’attire au soleil va directement agir sur elle. La terre séparée du soleil serait un corps obscur et glacé. — Ainsi les phénomènes de la lumière et de la chaleur solaire sont des phénomènes sut generis, résultant d’une certaine combinaison, d’un certain rapport d’action des forces, sont la résultante de l’action de toutes les forces continuellement actives et concentrées dans le soleil. La lumière et la chaleur solaire sont la vie du système dont le soleil est le coeur et leur plus ou moins grande intensité dépend de ce que nous les observons de la terre; car lorsque, le soleil est à notre zénith , il brille par nous avec le plus d’éclat, parceque ses rayons ont moins de distances et une couche moins deuse d’air à parcourir et lorsqu’il est à l’horizon , ses rayons ayant à par-
Philotopht* de U Mature. 57
courir une distance dix fois plus grande et à traverser une athmosphère beaucoup plus deuse, la lumière solaire nous paraîtra le plus pâle. (’)
Ainsi pour nous, l’organisme du système solaire, comme l’organisme du cerveau, comme l’organisme de l'univers, comme l'organisme d’une parcelle de sang ou de notre corps vivant, vus au microscope, sont des organismes suigetims, ayant leurs forces vitales actives, brillantes dans les uns avec les phénomènes de l'intelligence, tandis que dans les autres elles se manifestent avec les phénomènes de la lumière, ayant leur existence, leurs mouvements, leur circulation, leurs maladies (catastrophes) et comme tout leur commencement, leur existence et leur fin.
Le soleil en dernier lieu, est pour nous un corps comme la terre , comme les autres corps de l’univers, obscur, solide, sphérique et très-probablement pas plus chaud que la terre, qu’il est entouré comme la terre d’une atmosphère d’air dont la niasse de la matière impondérable en mouvement ou de la force physique en action comme résultante de l’action de toutes les forces constituant et maintenant tous les corps de son système dans une unité harmonieuse, en imprimant par son action qui est continue le mouvement ou l’action de l’éther de l’espace du système solaire engendre une continuité de phénomènes de la lumière et de la chaleur de ce système qui, concentrés dans le point occupé par le soleil font sa photosphère et comme diffus dans l’espace de son système constituent, je le répète, la lumière et la chaleur diffuses de l’espace du système solaire entier.
( 1 ) Nous reviendrons sur l’explication do la nature do ces ph<5 Domines.
Ainsi il est certain que le soleil a son atmosphère, ses nuages, ses orages, ses pluies etc., qu’il tourne autour de son axe et en même temps autour d’un autre point dans l’univers, que rien n’a diminué de sa substance depuis l'éternité, que sa lumière et sa chaleur constituent son état normal, compatible avec une vie organique, que sa lumière et sa chaleur ne sont jamais ni plus ni moins intenses, que sa seule différence d’avec les corps obscurs ou avec les planètes consiste en ce qu’étant le centre d’un système de corps célestes, concentrant en lui toutes les forces en action de son système, il concentre aussi dans le point qu'il occupe les phénomènes accompagnant cette concentration et que très-probablement, placé au centre de ce formidable phénomène, il y joue le rôle d’un charboD, ou d’un autre corps ayant pour but dans l’intérêt du système entier, de rehausser à distance l’effet des phénomènes caloriques et lumineux de sa photosphère.
Tous les principes des corps que nous trouvons dans le soleil par l’analyse spectrale sont pour nous une preuve, que le corps solaire a une même composition que la terre qu’il n’est pas constitué par une matière impondérable, qu’il n’est pas une masse d’atomes en mouvement, donnant les phénomènes de la lumière solaire, mais, que plongé dans une force eu action , ou fixé au milieu de la matière impondérable, (son essence), en action, il est constitué par des principes pondérables, qui remplissent son atmosphère de feu ou de matière impondérable en action avec ses émanations et plaident même en défaveur d’une théorie, qui regarde le soleil comme un alliage de gaz de quelques principes pondérables en effervescence. Si toutefois on n’y a pas trouvé de l’or ou de l'argent, que cela prouve ou l’insuffisance de l’analyse spectrale, ou que la composition du corps solaire pour de certaines raisons ne l’ait pas permis.
Chaque corps céleste lumineux est le centre d’nn système à part et n’est que la manifestation de la concentration des forces en action de son système. D’où il résulterait que chaque corps céleste est lumineux depuis l’éternité. Où est le point central de tous les systèmes de l’univers , quelle est la puissance sidérale de ce centre des centres? Nous n’en savons rien. . . Nous savons seulement que le mouvement du soleil avec tous les corps de son système qu’on a évalué à plus de 7 kilomètres (une lieue) par seconde se fait dans la direction de la constellation d’Hercule, et que le soleil et les étoiles ont une vie sui geveris. Y a-t-il des êtres vivants sur le soleil? Et pourquoi pas— puisqu’il s'en trouve sur la terre qui roule aussi sur elle-même et se trouve à chaque instant déplacée avec le système solaire tout entier et ne vit en quelque sorte que par la vie des forces du système auquel elle appartient , puisqu’elle ne vit que par l’effet reflexe de la concentration des forces en action du système solaire dans le soleil même, qu’elle ne vit que par une vie empruntée du soleil, puisque d’un autre côté comme nous l’avons dit, la lumière et la chaleur solaire ne sont pas aussi intenses que nos observations sembleraient le démontrer et quelles constituent d’ailleurs un état normal , compatible avec une vie sui geneiis.
Il est vrai que l’état physique et moral des êtres qui vivent à sa surface, comme placés dans des conditions si différentes des nôtres, peuvent ne pas être les mêmes que ceux des êtres vivants sur la terre; peut être même que l’espèce humaine s’il en existe une sur cet astre est plus élevée sous le rapport moral que nous autres d’ici bas; que les hommes ne s’y dévorent pas, qu'ils ne s’y calomnient pas injustement comme nous pour arracher un
morceau de pain à leurs semblables , qu’ils ne s’y exterminent pas , qu’ils s y aiment et vivent heureux et en paix; mais est-ce qu’il y a deux hommes sur la terre qui se ressemblent tant sous le rapport physique, que sous le rapport moral, est-ce qu’il n’y a pas des Christ et des satans, quoique tous les êtres si variés qu’ils soient y sont composés des mêmes principes, et ont une même force type pour base? Quant à la forme des êtres habitant le soleil, est-ce que ces formes ne varient pas aussi sur la terre selon les conditions dans lesquelles les animaux et les plantes y sont placés? — Est-ce que nos poissons par exemple, ressemblent aux plantes ou les oiseaux aux mammifères?! Et puis, la lumière et la chaleur sont comme nous le savons des phénomènes relatifs, nous savons que la plus vive lumière peut être d une très-basse température et qu’une lumière à peine visible peut être de la température qui fond le platine. — Ce qui d'ailleurs est une flamme sur la terre est une lumière naturelle sur le soleil, est l’état naturel, est la lumière et la chaleur latente du soleil, est l'éther du soleil dont les oscillations produisent des phénomènes d’autant plus éclatants, que les forces qui se concentrent dans le soleil, sidérant du soleil, sont d’une puissance plus élveée que ne l’est celle de la force, qui est concentrée dans un atome pesant et qui est cause de la lumière et de la chaleur latente d’un corps quelconque de notre planète.
L’analogie même nous fera dire plus, savoir; que les êtres organiques du soleil sont composés des mêmes principes que ceux qui habitent notre planète; que le soleil comme la terre, comme tous les astres de l’univers, que 1 univers entier est composé des principes communs à la terre, autrement, que ces éléments sont partout et toujours une expression ou une métamorphose d’un certain rapport
de deux principes de la même force type une, pour toute la création, et que ce principe matériel, vivant, de toute la création est Patome.
Nous croyons trouver un autre appui à notre théorie du soleil dans les observations de l’éclipse totale du soleil du 18 août 1868 à Philadelphie.
Or, d’après ces observations ou a constaté, que quelques jours avant l’éclipse du soleil, avec l'abaissement graduel de la température, que quelque chose de lugubre et de sombre remplissait notre planète; qu’au moment de l’éclipse totale ou de l’interposition du disque obscur de la lune entre cet astre et l'observateur, savoir: au moment de la section pour le point occupé par l’observateur, de la force, qui attirait la terre au soleil, que la température de 05° Fahrenheit était tombée pour de certains points à 50° et même à 45° Fahrenheit et comme à Montreal et à Canada au dessous de 0 Réaumur.
On me dira que ce phénomène a été une suite logique de l’interception des rayons caloriques par la lune. Je répondrai que ni les phénomènes de la lumière et de la chaleur solaire, ni par conséquent les rayons ou les faisceaux d’un certain nombre de rayons de cet astre n’existeraient, si la force n’agissait dans le sens de ces rayons ou de ces faisseaux de rayons et si elle ne déterminait pas les oscillations ou le mouvement ou l’action dans les parcelles d’éther qui se trouvent sur cette ligne et dont l’action, dis-je, se manifeste sous forme d'un rayon lumineux. — Si donc la température a baissé à Montréal au dessous de 0 , c'est que la force qui engendrait les phénomènes de la lumière et de la cha-
lenr sur cette ligne a été interceptée. Je dirai mémo, que si toutes les forces qui se concentrent dans le soleil et produisent un aussi formidable phénomène que nous admirons dans cet astre étaient subitement interceptées, que ce formidable phénomène, cesserait d’exister; que la photosphère lumineuse du soleil par conséquent n’est que l’effet de la concentration de toutes les forces qui maintiennent tons les corps du système solaire à des distances données, et qui parce quelles tiennent sans relâche ces corps en question , sont par cela seul en action continue et d’égale intensité.
On a observé aussi que pendant cette même éclipse totale les chiens couraient effrayés dans tous les sens et qu’il manifestaient leur effroi par des hurlement lugubres et des aboiements lamentables, que tout ce qui vivait était consterné et effrayé, que même les hommes pleins d’intelligence et prévenus de ce qui devait arriver étaient inquiets et consternés.
On voit donc par là, que les forces qui gouvernent la terre et le soleil quoique simples, ne sont pas sans analogie avec les forces organiques et même avec la force de l’intelligence , puisqu’elles influent si profondément sur ces dernières — que par conséquent, le changement du système solaire entraînerait à coup sur des changements incalculables dans les forces organiques et intellectuelles des êtres qui habitent notre planète et qu’en modifiant les forces organiques qu’il apporterait de grands changements dans les orgaues et même dans les formes des êtres entiers.
Je trouve encore la confirmation de ma théorie dans le fait, que plus une région de la terre se trouve éloignée du point de l’action directe du soleil ou de la ligne, qui unit le centre de la terre avec celui de cet astre, plus sa
température sera abaissée et plus l'éclat de la lumière sera diminuée: comme cela a lieu sur une petite échelle la nuit, vu la très-courte durée de cette action et ce dont l’hiver, où le soleil se lève à peine et pendant des mois entiers au dessus de l’horizon, nous offre une preuve des plus remarquables; chose d'ailleurs, que nous connaissons déjà.
Si nous examinons en effet la nature pendant la nuit, nous verrons, que dans ce cas là où la terre est justement attirée par le soleil dans l’hémisphère opposée à celle où nous sommes, l’intelligence s’endort, la vie devient végétale, les calices de certaines plantes se ferment, la vie de tout ce qui existe, en un mot, se ralentit, recule, devient artificielle. . . , la terre se couvre de rosée, l’eau des océans et des mers reflue, baisse, (') la température de l’air atmosphérique baisse, une sombre obscurité couvre l’horison de son linceul d’une mort apparente; tandis, que le contruire a lieu avec l’apparition du soleil sur notre horizon, où tout alors renaît, tout vit, tout s’élève vers les cieux!
( 1 ) Le flux et le reflux de la mer a lieu aux heures du coucher et du lever du soleil, savoir: que la surface d'une uier donnée sc trouvant vers le soir de plus en plus abandonnée par les forces qui la maintenaient dans son niveau pendant le jour, monte et il y a Jiuz de la mer. Mais comme le soleil se lève nu munie temps sur l'horizon opposé et commence à attirer l'hémisphère opposée et ses eaux comme de raison, pour les mettre il leur niveau normal il y aura flux de la mer ou de l’océan dans cette régiou et reflux de notre mer h noua. Je crois entre parenthèse , que les vents qui régnent en automne et au printemps ou que le mouvement do l'air occasionné par l'abaissement de la température de l’atmosphère qui a lieu avant l'hiver et son élévation h l’approche du printomps a aussi pour cause, qu'avec l'hiver l’aotion du soleil se porte sur l'hémisphère opposée h la nôtre et que le retour de cette action vers nous h lieu avec le printemps.
Mais si nous allons plus loin et si nous examinons pendant l’hiver les animaux et les végétaux, se trouvant sur la région de la terre abandonnée ainsi des forces du soleil, qui sont dans cette saison presque toutes portées à l’opposé de la région qui nous occupe et où elles exercent presque toute leur action, nous verrons, que même la vie s’y trouve parfois réduite à un sommeil léthargique, à un engourdissement, pendant lequel certains animaux ne digèrent même plus et s’ils respirent, si la circulation du sang ne cesse pas d’avoir lieu en eux , elle se fait d’une manière extrêmement lente et suffisant tout juste pour empêcher sa coagulation ou sa mort. Quant aux plantes, celles-ci cessent tout à fait de respirer, elles jettent même leurs organes de la respiration, c’est à dire leurs feuilles; alors la circulation ne se fait plus chez elles et elles deviennent à l’état de la matière presque simple. — Que la terre tourne sa région ainsi morte du côté du soleil, que les forces qui l'unissent au soleil commencent à agir de plus en plus directement sur elle, qu’elle ressente l’influence naissante de la lumière et de la chaleur solaire et à mesure que cette action intéressera la région de la terre choisie pour l’observation , à mesure que le printemps y renaîtra, les animaux sortiront de leur engourdissement, ils se réveilleront; leur intelligence revivra , la sève recommencera sa circulation dans les plantes, elles renaîtront; les bourgeons se transformeront en feuilles, en fleurs, en fruits et en nouvelles branches, les plantes reprendront leurs organes de la respiration
La lumière et la chaleur solaire, comme nous le voyons encore une fois, réveillent la force de la vie, font renaître la vie et l’intelligence! Prodige de métamorphose! qui, par parenthèse, nous fournit encore une preuve de
plus de l’analogie entre les plantes et les animaux et de l’influence de la chaleur et de la lumière sur les forces organiques, ainsi que de la transformation des forces simples en intelligence!
Mais la plus grande preuve de toutes en faveur de ma théorie, c’est que les physiciens emploient indistinctement dans leurs études sur la lumière solaire, la lumière électrique pour la lumière solaire et que les résultats obtenus dans les deux cas sont identiques.
Quant à l’avenir du soleil , celui-ci d’après ma théorie est définitivement rassurant. — Car il n’y a pas de cause positive dans la nature, à moins quelques suppositions de causes probables, qui pourraient rompre l’harmonie de son système ou changer la nature des forces et des lois auxquelles elles sont soumises et qui seraient capables de détourner les forces suivant lesquelles les corps célestes sont distribués et maintenus dans l’espace et continuellement attirés vers le point occupé par le soleil.
La lumière et la chaleur solaire comme phénomènes de cette concentration des forces actives dans son foyer, ne cesseront jamais d’après ma théorie de chauffer la terre et de l’éclairer de sa vivifiante lumière, tandis que d’après les théories de Faye, de Kirchhoff et d’autres, qui considèrent le soleil comme une nébuleuse de plusieurs principes en combustion ou comme une combustion d’hydrogène, l’avenir du soleil et de tout son système et comme de raison de la terre , est des plus effrayants ; car il nous menace à tout moment d’un épuisement des matériaux combustibles entretenant la combustion, et de là d’une congélation universelle au milieu d’une nuit profonde ou
d’une mort générale et même d’un changement universel dans l’univers.
Ce qui démontre une fois de plus, que notre théorie est plus en harmonie que les autres avec les lois qui ont l’unité et la conservation pour but.
Ce que nous avons dit du soleil, se rapporte à la lettre à tous les astres ou à tous les soleils du système de la création.
Ainsi donc, les étoiles de toutes les couleurs et de toutes les grandeurs, quoiqu’elles donnent toujours par l’analyse spectrale la combustion de l’hydrogène mélangé avec d’autres principes, et quoique Huyghens attribue la disparition de certaines étoiles à l’extinction de leur hydrogène ou à l’épuisement de leur matériel combustible; les étoiles, dis-je, ne s’éteignent pas, ne s’allument pas mais brillent depuis l’éternité d'une même lumière que notre soleil et qui n’est autre chose que le phénomène de la résultante des forces agissant dans leurs systèmes respectifs.
Quant au phénomène, que les étoiles s’allument et s’éteignent, je me l’explique par leur course dans l’espace — ainsi, lorsqu’elles sont très-éloignées de nous, elles sont invisibles, lorsqu’elles s’approchent de notre système ou lorsque notre système s’approche d’elles, elles commencent à apparaître et à briller comme de raison comme des étoiles de 9, 8, 7, 6, grandeur etc., lorsquelles sont le plus près de nous elles brillent comme les étoiles de 4 grandeur.
Après une période de temps plus ou moins grande comme de 10,000, 50,000, 100,000 ans, en s’éloignant
imperceptiblement de notre système ou notre système en s’éloignant d’elles, ces étoiles apparaissent sur le firmament comme les étoiles de 4im\ 5*"% 6im*, 7*"', 84m% 9im* grandeur et disparaissent Ce qui veut dire, qu’elles ne sont plus visibles même au télescope mais qu’elles ne s’éteignent pas!
Quant au fait qu’il y a des étoiles qui brillent d’une lumière verte, rouge ou bleue, laissant de côté l’hypothèse, que la couleur de la lumière peut dépendre des parcelles de certains corps qui s’y trouvent mêlées, le lecteur intelligent connaissant le fait, que plus la température d’un corps donné, d’une barre de fer par exemple, est élevée , ou plus les vibrations de ses atomes sont accélérées, ou plus ses molécules sont prêtes à se désunir, à se désagréger en leurs éléments extrêmes ou atomes, ou plus ses atomes pondérables sont prêts de leur retour à l’état impondérable, à l’atome élémentaire, à la force physique, plus ce travail se manifestera avec les phénomènes rapprochés de la lumière blanche et moins ce procédé sera accéléré , plus la couleur qui l’accompagnera comme phénomène, sera éloignée de la couleur blanche et sera jaune, rouge, bleue etc., le lecteur dis-je, devine d’avance que la couleur des étoiles dépend, ou de la vitesse plus ou moins grande de leur rotation, ou de la plus ou moins grande activité de la force de leur système concentrée dans les points occupés par elles, et par conséquent, du nombre plus ou moins grand de vibrations des parcelles d’éther qui leur est respectif dans un temps donné.
Ijelui qui a contemplé le firmament des deux pendant une belle nuit d’été a été frappé par l’innombrable quantité d’étoiles, ou de points brillants parsemés sur son azur. En pénétrant du regard plus avant dans cet abîme insondable de l'infini, il a aperçu qu’il y a de plus petites et de plus grandes étoiles, qu'il y en a de plus rapprochées et de plus éloignées de la terre. . . .
Si armé d’un télescope il a cherché à pénétrer dans les profondeurs de cet abîme sans bornes il a été surpris, que ce qui l’étonnait lorsqu’il contemplait le ciel à l’oeil nu, n’était que futilité, que néant, en comparaison de la masse infinie de points lumineux sans nombre brillant sur l’immensité de l’espace, il a été ébloui par le nombre infini des étoiles si éloignées de la terre et si rapprochées les unes des autres ... et ce qui l’étonnera encore plus c’est ce tableau de la pluralité des mondes, si dans sa pensée il ajoute à chaque astre autant de sa-
tellites ou planètes obscures tournant autour du soleil ; s’il songe un instant que chaque étoile avec son état-major constitue un système à part, égal par son immensité à notre système solaire et peut être même le surpassant. Celui qui, en ayant devant ses yeux un tableau d’une si étonnante grandeur, a tourné son regard dans la direction de la voie lactée, sur cette fourmilière de soleils jetés comme une bande de sable le long de l’hémisphère de l’espace, et a réfléchi sur l’infinité de ces systèmes solaires ne faisant qu’un vaste ruban de lumière, celui qui a réfléchi sur ce tableau miraculeux embrassant dans son être tous les états dans lesquels la matière est susceptible de se trouver, et toutes les températures depuis la plus basse jusqu’à la plus élevée, ou la nuit obscure fait si heureusement ressortir la clarté éblouissante, ou le repos est marié avec une vitesse inouie, ou la vie de la même matière se manifeste ici avec les phénomènes de la lumière et là avec les phénomènes de l’intelligence. . . ; celui qui a réfléchi sur ces points lumineux, en apparence fixes, qui sont si éloignés les uns des autres qu’ils peuvent se tourner sur eux mêmes et autour d’autres points relativement fixes , en nous rappelant les conditions de l’état liquide et gazeux dans lesquels les parcelles qui les constituent se meuvent librement et vivent selon les lois de l’attraction-répulsive... ; celui qui voit et entend ce mystère dans l’univers, qui l’a admiré dans les mondes d’atomes, dans les mondes infiniment petits, qui l’a contemplé au microscope dans une parcelle d’un corps vivant, dans laquelle se trouvent aussi des petits points plongés dans un liquide qui se tournent et qui parcourent respectivement de grandes distances . . . , ne sera-t-il pas frappé par la pensée de l'analogie, de l'identité même de mondes infiniments grands et
d’infiniments petits? ne lui viendra-t-il pas à la pensée qu'en regardant cette masse de points se mouvants dans l’espace, qu’en regardant cet évènement saisissant par sa grandeur, qu’il voit une parcelle du corps vivant de l’univers, qu’il y admire une parcelle vivante de son organisme infini et dont nous ne sommes avec tout notre système solaire qu'un petit grain do poussière?
Celui qui d'un autre côté a déchiré, le calcul à la main, les mystères des voies et des distances parcourues par tous ces corps célestes, d’après lequel la terre saisie avec la lune dans l’espace parcourt journellement autour du soleil une route de 600,000 lieues et avec ce dernier autour d’un autre astre une distance supplémentaire de 170,000 lieues, et en ajoutant les inflexions de ses orbites dépendantes de l’attraction de la terre dans ce mouvement par les autres astres et des perturbations planétaires qui compliquent encore ce mouvement . . , a mis sur la balance un grand nombre d’agents, qui modifient sa marche dans l’espace, et changent son orbite elliptique en cycloïde etc., etc. , sans jamais nous permettre de deviner la dernière courbe de son orbite . . ; celui, dis-je, qui appuyé par le calcul à réfléchi, que la terre parcourt sans discontinuer l’espace dans son mouvement de rotation autour de son axe en emportant avec elle les individus , les familles, les nations et leurs générations; celui qui a pensé que depuis la création du monde elle n’a pas passé une seule fois par le môme point de l’espace et qu’elle ne se trouvera jamais dans les points qu’elle a déjà parcourus, que dans un jour elle est à quelques centaines de milliers de lieues du point qu’elle occupait hier, que dans un an elle se trouvera éloignée de ce point à quelques centaines de millions de lieues et que dans des siècles elle en sera éloignée
à des millions des milliards de lieues etc., etc., (’) jusqu’à l’infini! qu’en même temps, de même que la terre, tous les systèmes planétaires, tous les systèmes solaires avec les générations qui vivent à leur surface sont soumis à la même loi du mouvement sur les courbes dépendants l’un de l’autre et formant ainsi un enchevêtrement dont nous ne connaîtrons jamais la dernière courbe; que pendant que ces corps célestes roulent ainsi dans l’espace en suivant une marche pleine de régularité et d’harmonie, qu'en même temps tout change continuellement à leur surface, que leurs individus , leurs générations , la forme de ces individus et l’aspect de ces générations , que leur nature interne comme externe, que leur intelligence, que tout n’y est pas aujourd’hui comme il était hier ou comme il sera demain; celui qui a réfléchi sur cette loi générale qui emporte continuellement tout dans ce tourbillon plein d’harmonie d’unité et de vie, dans lequel notre planète joue à peine le rôle d’un atome imperceptible; celui, dis-je, aura une image approximative de la grandeur et de la vie de la nature!
Quelle est la forme, quelles sont les limites de ce corps vivant, composé de tous les systèmes solaires emboîtés les uns dans les autres, nourrissant de myriades d’êtres vivant à la surface des corps qui les constituent, composé par un arrangement harmonieux de tous les états que la matière puisse revêtir, reliant en lui toutes les combinaisons des forces depuis les forces simples jusqu’à l’intelligence dans une unité harmonieuse, dans quelle di-
(■ ) Flammarion. Conclusion & l’ouvrage de Sir Humphry Davy. „Les derniers jours d’un philosophe.” Paris, 1869, I, vol 8-vo.
rection est emporté notre système solaire, quel est le point central de tous les systèmes. . . ?
La voie lactée, cette nébuleuse brillante avec ses myriades de soleils serait-elle une des parties solides de ce géant, un os par exemple ou un muscle dont les autres nébuleuses formeraient d’autres parties constituantes? Ce que nous savons , c’est que le géant vit , que ces parcelles depuis les astres jusqu’aux atomes bougent, oscillent, qu’il est dans les conditions d’un corps vivant dans lequel il n’y a pas de vide, que la lumière qui entoure les étoiles est dans le système de l'univers même chose que la lumière cachée et invisible qui constitue les atômes , quelle constitue la lumière latente de l’univers; que toute cette immensité de l’espace avec tous les corps qui y circulent ne fait qu’une masse harmonieuse vivante , qu’elle est un être vivant aussi bien dans son tout, comme dans ses atomes.
L’espace qui nous sépare des étoiles n’est pas un vide mais bien une masse d’un corps transparant, fluide, dans lequel plongés, nous exécutons toutes nos fonctions, dans lequel nous vivons, et sans lequel nous ne pourions pas vivre : d’abord comme puisant en lui par la fonction de la respiration les éléments nécessaires pour notre existence et puis, comme maintenus jusqu'à un certain point dans notre forme individuelle par sa pression de toutes parts sur notre corps.
Lorsque l’air est calme , nous ne percevons pas son être, nous ne sentons pas sa résistance, il semble au contraire fuir devant nous et ne pas exister; nous oublions plus d'une fois que nous vivons au milieu d’un corps, comme vivent les poissons au milieu d’un élément plus dense que n’est l’air atmosphérique. Si nous nous plaçons
toutefois sur les hauteurs des pyramides d’Egypte, ou si nous suspendons notre regard sur l’océan au moment d’un orage accompagné d’un vent impétueux , nous serons frappés par un spectacle aussi grandiose qu’effrayant. Cet air, dont nous savourons la balsamique fraîcheur, pendant les belles matinées d’été, une fois troublé dans son repos par la fougue de la tempête , enseveli sous le moelleux sable du Sahare des vastes contrées voisines, renverse les maisons, enlève les toits et les troupeaux à de grandes distances, brise les mâts, déracine les chênes séculaires, se joue des navires , remue les mers et les océans jusque dans leurs profondeurs. (')
L’univers, est une masse vivante, est un corps au milieu duquel nous exécutons avec les plantes et les
(') L'air d'après l’hypothèse de Quételet se compose de deux couches: d'une couche qui entoure la terre , dans laquelle nous respirons, et dont la hauteur monte à 7 Va lieues et d'une couche superposée, et qui s’étende h 42 lieues au dessus de la première.
La première couche qui est composée d’hydrogène et de gaz acide carbonique est variable; c'est au milieu d’elle que régnent les vents, les orages , les tonnerres , les éclairs , c'est en elle que les nuages se forment, que les pluies tombent avoc la grêle et les neiges etc., etc. La deuxième calme et invariable, est composée d'hydrogène, et est extrêmement inflammable. C'est dans cette dernière couche d'air que se produisent seulement les phénomènes magnétiques, c'est lit que les étoiles filantes, les aérolitus et les bolides s'enflamment par le frottement contre les parcelles immuables de cette matière subtile en brillant aveo des couleurs si variées, phénomène qui dépend des parcelles de certaines substances mêlées h leur lumière naturelle. Les aérolithes d’après l'hypothèse de Quotclet une fois tombées dans notre atmosphère s’éteignent.— Ce qui n’empêche pas, sans vouloir faire tort h la théorie de ce savant, que nous avons tous vu l’année dernière une aérolithe toute enflammée et brillant de diverses couleurs a traverser notre atmosphère avec la vitesse d’une flèche, h savoir: qu’elle a passé toute enflam-
animaux , comme organismes, des fonctions qui ne sont que des parcelles de la vaste fonction de la vie universelle, l’univers, dis-je, est un être au milieu duquel vivent et fonctionnent tous les corps célestes avec tous ses êtres vivants composés des mêmes principes que leurs frères vivant sur notre planète; dans lequel tous les mondes des mondes avec l’air qui les entoure et qui
remplit les espaces constituent un tout harmonieux et
vivant, dans lequel chaque point matériel, chaque atome, est un être à part ou un point central de son petit système d’atomes, une combinaison de forces à part et solidairement liées avec l’unité de l'univers et ne faisant qu’un tout inséparable avec lui, dans lequel chaque atome, chaque être est un des organes collectifs de l’organisme de l’univers. L’univers se gouverne avec des lois communes à la terre, celles de l’attraction-répulsive, — se connaît dans l’homme et finalement en Dieu.
Jetons un coup d’oeil du haut du Panthéon sur les deux millions d’habitants se promenant dans les rues de la capitale du monde, ils nous paraîtront comme un essaim d’abeilles ou comme une fourmilière d’insectes. Placés sur une planète nous ne les apercevrons plus. Est-ce qu’en suivant des yeux ces petits points noirs qui tout en se mouvaut continuellement changent à peine de place, devinerions-nous combien il y a de fougue, de coeur et d’intel-
mée en quelques minutes la eouohe la plus basse de l'atmosphère de l’Europe centrale, en jetant de distance en distance les anneaux de sa masse qn’on a retrouvés éteints dans nos champs.
Ce qui n’empêche pas, que quoique l'air soit plus dense près des planètes et moins dense h une certaine hauteur, qu’il n’y a pas de vide dans la nature, que partout il y a matière.
ligence dans cet essaim de points imperceptibles, supposerions-nous que la volonté d’un de ces êtres futils a fait ériger un monument des hauteurs duquel en contemplant le néant des choses d’ici bas, nous nous sentons géants en nons-mêines! que cette fourmilière d’hommes-fourmis a reconstruit toute la surface de la terre, qu’elle a pénétré jusque dans ses entrailles, qu'elle est arrivée par l’étude de la formation de ses couches diverses à connaître les lois qui gouvernent l’univers et a arraché à la Sagesse suprême le mystère de son origine , des rapports du créateur avec la création! que les hommes qui ont osé regarder en face leur créateur, deviendront un jour comme matière victimes du sort commun de la création et retourneront dans le néant, pour revivre au sein de l’univers dans leurs enfants, et dans leurs oeuvres, pour revivre un jour dans les oeuvres de leur intelligence.
Nous présumons, que l’intelligence de l’esprit de l’univers est en elle-même une sagesse d’autant plus élevée de l’intelligence de l’homme, que l’univers est au dessus d’une petite parcelle de la création qui s’appele l’homme; que l’univers comme matière fait le corps de la Sagesse suprême, comme notre corps est le corps de notre âme , que l’amour et la sagesse remplissant l’univers , gouvernant l’univers et se comprenant dans l’univers sont Dieu, souverain maître de la création; que Dieu est l’âme de l’univers, que quoiqu'il n’ait pas besoin de ce corps immense pour connaître son moi suprême, qu’il peut toutefois se connaître dans l’univers et par l’organisme de l’univers de même que notre âme émancipée par un singulier arrangement et les métamorphoses des atomes dans notre cerveau arrive à se connaître elle-même; qu’il connaît, dis-je, son Moi par l’univers, qu'il a créé lui-même comme
Sagesse et Volonté dans son amour, qu’il a arrangé et qu’il gouverne dans sa sagesse pour y régner jusque dans l’éternité.
La Sagesse suprême gouverne l’univers, se reconnaît en lui, se manifeste par lui, tandis que F Amour anime la nature et relie toute la création dans une harmonieuse sympathie et dans nne communauté de but.
Sans l’amour, la pierre n’est qu’un corps dur et pesant, le bois est un article de chauffage ou de construction, l’eau est fluide, l’animal est une machine, l'homme est un animal qui spécule sur son prochain, est un monstre; une étoile est un corps brillant à froid, l’univers est un rouage de corps morts tournant continuellement sans but dans l'espace ... est une machine! Sans l'amour il n’y a ni famille, ni société, ni patrie, ni humanité, ni progrès, ni sagesse. Sans l’amour, la nature n’est qu’une image morte sam Dieu!
L’amour vivifie toute la nature. Avec lui une pierre fière de la majesté des colonnes des stalactites avec un diadème de Brabant (*) sur le front, érigée jusqu’aux nues par une main inspirée par le génie, ou vivante dans les statues antiques (2) , transmet les sentiments et la pensée aux générations futures. — Avec lui l’arbre riche de verdure et de fraîcheur embaume la nature toujours renaissante et môle ses parfums à l’harmonie du chant des oiseaux et à l’extase des premiers couples toujours nouveaux dans la création. Avec lui une plante con-
(') Lo style gothiques aveo ses flèches et scs rosaces surpassant en délicatesse les dentelles de Brabant.
(2) Statues de la Vénus de htilo , do Médicis, d’Apollon de Belvéder, le groupe de Laocon etc., etc.
fidente des mystères du coeur dans la calme verdure des édens , le symbole de la pudeur dans le lys, de la modestie dans la violette, des larmes dans le saule pleureur, des regrets douloureux dans le gardien de nos tombes le cyprès funèbre, de l’ardeur sublime du coeur dans la rose rougissante de pudeur. L’amour est la vie de la 'continuité des siècles de la nature.
Avec l’amour, l’eau coulant tranquillement le long du ruisseau touche harmonieusement les petites pierres et calme les blessures saignantes du coeur avec son mystérieux murmure et abrège les moments du désespoir. . . Avec lui, immense dans ses étendues elle emporte le génie de Christophe Colomb, sur ses vagues écumantes, à la découverte du nouveau monde, avec lui en mugissant, effrénée dans ses vagues elle inspire le poëte, effraye les simples d’esprit et pour ceux qui savent comprendre le combat animé des éléments de la nature elle est un imposant spectacle de grandeur! Avec lui la lumière et la chaleur solaire versent la vie et la béatitude dans la création, élèvent la pensée, animent le coeur, sont la vie de l’homme et de la plante. — Avec lui les étoiles et les soleils font courber le front de l’orgueilleux devant le Créateur, avec lui le sage lit dans le étoiles les mystères que les plus puissants télescopes de Ilerschels n’ont point découverts . . Avec lui l’homme vit heureux avec la moitié de son âme, avec sa famille, «avec ses semblables. Avec lui il aime l’humanité et en lui dévoilant les trésors de sa sagesse, il reçoit en échange les dons venant toujours de la même source ... de l'Amour suprême.
L'Amour et la Sagem suprême sont le commencement, la vie et le but de Cunivers.
Que vont devenir maintenant nos convictions d’hier en présence de ces vues, en ce qui concerne le but dans le quel Dieu a créé le monde , comme si Dieu avait créé le monde rien que pour la joie et le bonheur de l’homme, ou pour avoir en lui un témoin de sa toute puissance, comme si notre pauvre terre était le centre moral , et intellectuel de l'univers?
Or , la philosophie appuyée sur la science nous élève au dessus de la sphère de ces enfantillages.
Car , si nous considérons les milliers de spermatozoïdes qui se trouvent dans le sperme de notre espèce depuis la puberté jusqu’à la vieillesse de l’homme et dont chacun peut engendrer un individu à part, si nous pensons à la prodigieuse quantité de cette liqueur perdue à tout instant, si nous réfléchissons à la quantité d’oeufs non fécondés que les femmes pondent chaque mois à l’epoque de la menstruation, depuis leur puberté jusqu'à l’âge critique, si nous pensons aux myriades d’oeufs pondus par quelques espèces de poisson et aussitôt détruits, nous saurons, que si la nature est aussi prodigue en fait d’individus dans une espèce donnée, c’est qu’elle n’a pas les individus mais bien la conservation de l’espèce en vue et que prévoyant la difficile conservation des individus dans l’espèce humaine elle a été si prodigue en moyens pour assurer cette conservation et a permis à l’homme entre autre, de se multiplier à l’infini sans se soucier de la misère de la vie des
individus, de la difficulté très-souvent extrême de leur existence, des maladies et des guerres fratricides qui les déciment, de leurs pleurs, ni de leur bonheur; car les moyens même qu’elle emploie pour les rendre heureux, comme les facultés intellectuelles qui leur avaient été departies, nous semblent en dernier lieu ne servir que dans l’intérét plutôt de l’espèce que des individus.
Si nous considérons maintenant que la nature ne tient pas plus compte des espèces que des individus, car nous trouvons parmi les espèces fossiles 25,000 espèces de poissons ou 25,000 espèces de poissons perdues, sur six mille espèces aujourd'hui vivantes et 40,000 espèces de coquilles perdues etc., etc., etc., nous saurons que la nature protège aussi peu les espèces qu’elle dédaigne les individus.
Tout ce qui semble l’occuper le plus et constituer le but final de son problème, c’est t existence. Se jouant de la forme elle ne s’occupe que de la vie. La vie est le commencement, t essence et le but de la création.
Dieu n’a donc pas créé le monde pour l’homme, mais bien a créé l’homme, comme les soleils des soleils, comme les atomes pour l’unité et l'harmonie vivante de l’univers.
La philosophie actuelle appuyée sur la science admire Dieu dans la nature, admire la Cause Dernière dans les lois qui gouvernent la création, dans les forces simples, dans leurs métamorphoses en matière, dans la matière ainsi vivant par la force, dans les forces organiques, dans les forces de l’intelligence, dans la beauté, l’harmonie et la grandeur de la création , et lui rend le culte divin dans la sagesse et dans l’amour de l’univers.