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DE L’IMMORTALITÉ DE L’AME

Nous avons démontré, dans les chapitres précédents, qu’il existe une force élémentaire type de toutes les forces de la nature et que cette force est une fusion de deux propriétés essentielles ou de deux forces tout-à-fait opposées— qu'elle s’attire elle-même dans son moi, qu’elle se concentre en elle-même et qu’elle se repousse au même instant dans son être; qu’elle constitue une éternelle attraction, que nous appelons dans nos passions dii coeur désir, vague tristesse, langueur; qu’elle est une répulsion de soi même, qu’elle est le sacrifice de son moi, qu’elle est l’âme ou l’esprit, dont l’atome comme la création entière est une métamorphose , est la chair.

Nous savons aussi que le degré de la force ne conteste pas sa qualité intime. Car que nous prenions deux ou deux cents éléments de batterie électrique et que nous les fassions fonctionner, ce sera toujours de l’électricité.

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(^ue nous prennions un morceau d’aimant de force à soulever une aiguille ou que nous y ajoutions la quantité nécessaire à soulever une barre de fer, qu’un homme de grande force pourrait à peine remuer, ce sera toujours de l'aimant. — Que nous prenions le sentiment de Pétrarque, l’esprit de Salomon, que nous prenions la force d'affinité qui préside à la composition d’un certain corps et que nous suivions avec la pensée la force, qui dans un corps donné élimine un certain principe pour s’emparer de celui qui est resté abandonné, que nous élevions notre regard aux cieux , et que nous pénétrions par la pensée jusque dans la Sagesse maintenant les mondes dans l’espace, ce sera toujour de la Sagesse dans l’Amour ou de l’attraction dans la répulsion et réciproquement.

La force à mesure qu’elle est dans son repos actif on dans son équilibre, savoir: lorsqu'elle tient deux corps célestes à une certaine distance l’un de l’autre, dans un temps donné dans l’espace ou lorsqu’elle constitue et tient deux atomes dans un corps donné , et semble inactive, et à mesure quelle est en mouvement, savoir: lorsqu’elle crée, ou lorsqu’elle se métamorphose, lorsque nous la réveillons dans un corps donné de son repos actif, lorsqu'elle préside à la composition, ou à la décomposition d’un corps, elle est dans ce cas attraction-répulsive en action , elle est électricité, elle est lumière, elle est force organique, elle est instinct, elle est intelligence , elle est amour et sagesse, elle est âme.

Ainsi donc, tous les phénomènes qui accompagnant la force type dans sa métamorphose en ordres de force de plus en plus élevés jusqu’à l’âme, et toutes les forces comme instinct, amour, sagesse, âme etc., ne sont que les divers degrés de la même force élémentaire simple, ne sont

que la seule et même force, seulement, vue dans les différentes conditions de son être, et saisie dans les divers états de sa métamorphose, ne sont qu'un même être spirituel élevé depuis sa simplicité élémentaire jusqu’à sa plus haute expression de l’âme en Dieu.

Ceci bien gravé dans notre pensée, n’oublions pas, que la force tenant tant d’ordres de forces dans sa puissance ou pouvant par sa métamorphose atteindre tous ses degrés et devenir de force élémentaire âme, par exemple, que la force , dis-je , peut aussi se métamorphoser eu atome , en matière et que toutes les formes et tous les degrés du développement des êtres organisés ne sont que des états à part ou des métamorphoses de divers ordres de la force, savoir: que l'atome est une métamorphose de la force simple, que l’atome organique est une métamorphose de la force organique, qu’un être vivant quelconque n’est qu'une métamorphosé de la force en matière, n’est qu’un arrangement sui generis des éléments de la matière ainsi métamorphosés par la même force; que la force, dis-je, a su exprimer toutes les nuances de ses degrés dans la création, depuis l’atome jusqu’aux cristaux, jusqu’aux plantes, jusqu’aux animaux, jusqu’à l’homme et même jusqu’aux nuances si variées, qui distinguent un individu de la même espèce d’un autre. . .

Il résulte de tout cela, que la force est un cartain état de la matière et vice- versa et que l'atome, aussi bien qu’un corps simple quelconque, tel qu’un cristal, une plante, un animal, l’homme, la terre, un astre, l’univers est une seule et même chose au fond. — La seule différence consiste ici dans le degré de puissance de la force et de sa métamorphose en matière et dans un certain arrangement des principes primordiaux et organiques de la matière, étant un cer-

taiu état de la force; la seule différence, dis-je , consiste ici en ce que dans un cas la force s’est exprimée dans toute sa simplicitée élémentaire comme dans les corps simples et s’y est manifestée par l’arrangement mystérieux quoique simple de ses éléments primordiaux et qu’elle brille dans l'homme par un arrangement sui generis et une métamorphose de ces mômes particules avec tout l’éclat de l’âme * émancipée qui connaît sou moi dans le Créateur.

N’avons-nous pas vu chez les êtres inférieurs un noyau, un germe de sentiment et de raison, que nous avons appelé intelligence, esprit , âme de ces mêmes êtres?

Ne soyons donc pas orgueilleux comme nous le sommes, inclinons le front devant cette vérité éternelle et nous n’en serons que plus grands; car nous serons plus proche de la Vérité, de Dieu!

N’ayant pas d’autres termes ni d’autres idées que celles qui sont dans la nature, que la nature nous a donnés, nous avons dit, qu’au commencement il y avait une force qui en même temps était matière, ou plutôt nature et qui était douée du pouvoir de se métamorphoser en matière et d’acquérir jusqu’aux nuances dans ses variétés de forme sans nombre.

Nous avons conclu de là, que la force simple, ayant finalement sa source en Dieu, est l’âme du verbe, est la vie, est l’atome, est la matière, est l’univers, est la création.

La matière et la force sont, comme nous l’avons dit, les deux extrêmes de la création: la première, dans l’atome touche à l’idée; l'autre, l’idée, dans l’atome est la réalité, est la création! L’atome fait le passage de l’idée à la matière, est le trait d’union de la force pure avec la ma-

tière pesante. Le mariage de deux atomes ou la création de la matière pondérable est une force exprimée dans la matière est une matière vivante dans sa force.

Il n’y a pas de force morte, il n’y a pas de matière morte, tout vit dans la nature.

La force, comme nous l’avons vu ne peut ni exister, ni même être conçue dans l’inaction absolue, ou dans un repos absolu ; et nous attachons au terme de force l’idée de vie. — Si la force pouvait exister dans uu repos absolu, il n’y aurait ni vie , ni création , il n’y aurait ni homme , ni nature.

La force, ai-je dit, existait en Dieu avant la création du monde.

Force signifie vie, existence, matière, création, signifie Dieu!

Il y a force en tout, et en tout il y a vie, il y a Dieu.

La science a créé, pour sa commodité les termes de repos, de mouvement , de mort et de vie, termes, qui désignent les états relatifs seulement de la vie.

On ne peut donc concevoir une force sans l’existence de l’atome, ni l’atome sans la préexistence de la force.

La force et l’atome, la force et la matière, l'âme et la nature, sont synonymes dans le principe; — car tout signifie existence, vie, immortalité!

Chez un homme juste, qui vit selon, les lois et la dignité de la nature, ainsi que son rang l'exige, le coeur est sage et l’esprit est plein de coeur. — En l’étudiant de près, en l’étudiant intimement, on trouve dans tout son être et

dans toutes ses actions un accord plein d'harmonie. Tout se soutient solidairement en lui et concourt à l’eunoblissement général de son tout harmonieux.

- Il y a pourtant des hommes arrêtés dans leur organisme et qui, l’apparence humaine exceptée, n’ont rien de commun avec notre espèce et tienneut du singe, du chien, du chat, du renard, de l'oie, de la pie, de la vipère; il y en a qui même ne méritent pas d’étre appelés poussière ... qui ne méritent pas comme nous l’avons dit de coucher dans la houe. . ! Dieu a donné à l’homme tant d’exemples d’infériorité et de dégradation dans les êtres inférieurs en l’appelant aux plus hautes destinées, pour ne jamais descendre impunément de la voie prescrite pour son espèce.

Il y avait des philosophes qui saisis par cette idée, qui a si souvent visité la pensée humaine, et la prenant à la lettre, ont forgé le conte de la migration de l’àme d’un être dans un autre et ont bâti une doctrine connue dans l’antiquité sous le nom de mciempsy chose. ( 1 )

11 y en avait d'autres, qui avec Kant, confondaient indistinctement la matière avec la force, d’autres, qui prennaient indistinctement la nature pour Dieu. — Spinosa a tué Dieu , la morale et la nature en matérialisant Dieu

(') Flammarion noua enseigne encore aujourd Lui, a l’exemple de Sir llumphry Dawv, que les migrations des âmes des habitants de notre planète ont lieu apres la mort de leur corps et qu’elles passent sur le soleil, sur les étoiles et sur les autres corps de l’uuivcrs, jusque sur les comètes pour recevoir leurs récompenses ou leurs puuitious, tout en prétendant, que la science actuelle conduit tout droit à cette conclusion — Or, non seulement nous ne considérons pas la théorie de Flammarion comme étant la conclusion de l’état actuel de la science, mais nous la prenons purement cl simplement pour anti-scientifique et pour pure création de la fantaisie.

dans la nature! Hegel, créateur du penthéisme, à réduit hardiment Dieu en poussière, en atonies, sans les avoir reliés dans une unité harmonieuse d’existence. . . !

Or tous ces jouets innoflonsifs de la pensée humaine sont ensevelis pour jamais, grâce au bon sens du progrès de la science, dans les cartons du passé. — Tout peut être bien ou mal vu; tout dépend de l'intelligence de la vérité, de la pénétration de ses lois et de la manière de l’envisager.

L’âme ne passe pas d’une planète sur un astre, ni sur une comète, l'âme ne passe pas du corps humain dans le corps d’un animal ou d’une plante, mais l'homme peut descendre en lui-même sans rien perdre quelquefois de son extérieur dans un animal ou dans une plante ( Catalepsie résultant de l'onanisme, démence alcoolique etc.), et peut se dégrader au point de devenir brute, avec les traits de l'homme, une vraie statue — que dis-je, une pierre peut le surpasser dans les sentiments! Avoir nommé Dieu sagesse de la pierre, avoir appelé Dieu amour de l'humble poussière, fouillée indistinctement aux pieds de l’insousiance ou de la stupidité, ne veut pas dire prendre Dieu pour la pierre, ne veut pas dire mettre l’Kternel amour au niveau avec une futile parcelle de la matière. Avoir dit que la Sagesse et l’Amour existe dans la pierre est rendre hommage à l’Etre éternel dans la création, c’est reconnaître la Sagesse dans les forces cosmiques, gouvernant toute la création, constituant l’âme et le germe de la création, dont la création n’est qu’une certaine manifestation, n’est qu’un certain état, qu’un certain changement, qu’une manière d’être.

Le monde physique ou toute la nature est le prisme pour la force, qui en décomposant pour ainsi dire toutes les facultés de cette force les fait ressortir, comme il fait

ressortir les couleurs élémentaires de la lumière dans l’arc-en-ciel.

Toute la force fut au commencement matière ou Verbe, et la matière ou la création a englouti toute la force, ou Dieu.

Depuis le moment de la transformation de Dieu en Nature, ni la force, ni la matière n’ont augmenté; elles vivent éternellement mariées et fondues, se remplacent, se changent sans cesse l’une dans l’autre dans un être, qui est tantôt Dieu et tantôt la création, savoir: qu'elles vivent éternellement, quelles naissent et meurent, pour nos sens; car la mort est un mouvement, est un passage de la matière à la force, est une vie, est une résurrection!

Nous avons dit, qu’au moment des combinaisons et des décompositions chimiques ou de la naissance et de la mort des corps simples, l’atome retournait moitié route à sa source ou à la force physique, que la matière retournait après sa mort à la force physique et cela ne nous étonne pas, quoique cette question posée soit nouvelle et hardie; car c’est physiquement palpable, car c’est évident.

Nous ne nous étonnons pas que l’arbre se décompose, qu’il pourit, que le corps humain se décompose et disparaît dans la succession des années comme matière, qu’il retourne comme matière à sa source par la voie de cette décomposition, qu’elle retourne à la force cosmique. . . (*)

(*) Un corps en se décomposant, «lira la chimie grossière ne cesse jamais «l’être matière, seulement, «le visible elle ilevicnt invisible. Nous répondrons, que c’est vrai en tant, que les atomes naissants d’un corps en décomposition n’entrent pas dans «le nouvelles compositions, ■nais qu’une fois combinés avec d’autres atomes ils retournent au moment de cette action, comme nous l’avons dit, h 1 état impondérable ou h la lumière et h la chaleur.

Nous ne nous étonnons pas que l’univers, que toute la création en naissant à chaque instant, en se transformant à chaque instant, étant dans le principe éternellement la même, meure à chaque instant, que la matière meure ou qu’elle se change, on qu’elle se métamorphose, ou qu’elle retourne à sa cause, à la force et que la force vive continuellement immuable, quant à son principe élémentaire. . .

La pensée, que toute la création retournera un jour à son origine, à la force, à Dieu ne nous étonne pas; car tout ce qui avait commencement aura fin. . . Pourquoi donc serait-il si surnaturel que non-seulement l’âme humaine, mais que lâme même des êtres inférieurs remplissant l’univers recouvrit son individualité après la mort de l’être auquel elle appartenait et qu’elle ne retrouvât pas cette individualité tracée d’avance par la Sagesse toute puissante pour l’âme de chaque être et pour chaque type à part dans la force cosmique, qui embrasse les forces simples, comme les forces organiques, intellectuelles et qui est finalement la partie spirituelle passive de la Sagesse, dans la création, qui a engendré l’âme étant encore en Dieu, dans laquelle l'âme se reposait dans le commencement avant de naître ou d'apparaître dans la création; car lame, comme la force cosmique ou Verbe était en Dieu avant la création du monde.

Si des philosophes de notre siècle nous demandaient: „ ... s’y a quelque chose d’indestructible, qui adhère à l’être spirituel après la destruction de nos organes matériels, après la cessation de la vie du corps, quelque chose d’indépendant et d’immortel?” (*), nous leur répon-

( 1 ) Sir Humphry Davy et Flammarion.

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(Irions, que leur manière d’envisager l’immortalité est relative et qu’elle sent le préjugé du passé en cette matière, quelle est sensuelle , que dans le sens de la vraie philosophie ou du moins telle que nous la comprenons , le principe de toute la nature, ou de la force comme de la matière est le même et est immortel; que la matière change et ne meurt pas , que les divers phénomènes de la force changent mais que l’essence spirituelle de la force, que le Dieu de la force, que le Dieu de la matière, que le principe de toutes les forces et par conséquent des âmes des animaux comme de notre âme, que l’âme, ou la vie de toute chose, que le Dieu qui est en nous (’), qui n'est en nous qu’un phénomène, pour nos sens, de la Sagesse éternelle elle-même, que notre âme en un mot, que Dieu qui est en nous et qui n’est que le Dieu en miniature, pour nos sens, du Dieu éternel est éternel, ou que notre âme, ainsi que l’âme des animaux et des plantes et des corps simples est immortelle en Dieu, que tout rapport de deux facultés de la force, n’importe son degré de puissance, que toutes les formules, si je puis m’exprimer ainsi, du principe spirituel de tous les êtres depuis l’atome jusqu’à l’homme vivent en Dieu et sont immortelles, car elles constituent l’infini des qualités de l’Etre Suprême!

Notre pensée quant à l’immortalité de l'âme des animaux n'est pas nouvelle et quoique notre philosophie de la nature nous y a conduit tout naturellement, nous devons mentionner qu’Anaxagore et Pythagore enseignaient encore dans l’antiquité que les animaux ont une âme raisonnable, que Sennert, Valla, A. Citadin, Pasquier, Montaigne,

(') „La raiaon supérieure qui réside dans l’homme est Dieu même." Fénelon: „De l’existence de Dieu, t. I, p. 93.

Ossius, etc., etc., reconnaissent une âme intelligente aux bêtes. Bossuet même en voyant dans l’intelligence des bêtes une certaine volonté d’action prenait les animaux pour quelque chose de plus que les machines de Descartes. Puis Leibnitz (’) est arrivé à la conviction que les animaux ont une âme impérissable après leur mort et voit même dans l’appui de la doctrine de l’immortalité de l’âme des bêtes un puissant avantage en faveur de l’immortalité de nôtre âme. Enfin Flourens en 1865 a publié sa Psychologie comparée (2), quoiqu’il refuse une âme aux animaux. Flourens a écrit sa psychologie comparée et ne reconnaît aux animaux ni âme, ni immortalité et trouve même mauvais que Condillac ait regardé l’instinct pour le commencement du savoir, pour le savoir! (3)

Si donc, nous le répétons, cette vérité que la matière retourne à la force simple ou à son origine, à son immortalité ne nous étonne pas, il n'est pas moins vrai que les êtres organisés n’étant qu’un certain état de la force d’un ordre plus élevé, au moment de leur mort rendent aussi leur force ou leur âme à la masse de la force cosmique, que par conséquent l’àme des animaux de même que notre âme doit être immortelle!

Ce mystère cessera d’en être un , lorsque en nous rappelant les expériences de Flourens avec le cerveau et notre conclusion personnelle à ce sujet, mentionnée dans

(') Lcibnitii. Opora philosophie», p. 205.

(’) Flourens. Psychologie Comparée. Paris, 2-e édition, p. 46. (3) Traité des animaux, ch. V, p. 1 1.

un des chapitres précédents, nous voudrons comprendre sa haute portée philosophique.

Ainsi il y eut un temps où le nègre était esclave et aujourd’hui il est libre. 11 y eut un temps où la femme était esclave et le christianisme la rendre libre. Est-ce que l’aube de la compassion devrait ne plus jamais briller pour les humbles créatures de Dieu, pour nos frères cadets dans la grande oeuvre de la création?

Dieu est dans l’univers, aussi bien que sur la terre, que dans la plus minime parcelle de la création, dans chacune de ses qualités indivisible et toujours présent. 11 remplit donc de son Etre l’espace infini comme chaque point de l’univers.

Ainsi donc la création ou matière et force cosmique, que remplit la Sagesse éternelle révèle cette Sagesse éternelle par des milliers des milliers de ses divers états, de ses êtres organiques, plantes comme animaux, sans en excepter l’homme et toutes les nuances qui le distinguent d’un autre homme en tant, que ces êtres ou ces états sont un prisme plus ou moins parfait, plus ou moins pur, plus ou moins transparent.

Prenons comme grossier exemple un vase en verre construit avec des carreaux obscurs, demi -obscurs et transparents et plaçons une lumière au milieu de ce vase.

Or chaque carreau constituant le vase va nous révéler différemment notre lumière en dehors. — Nous apercevrons la lumière à travers le carreau transparent, nous

ne la verrons plus à travers le carreau obscur! Et parceque nous n’avons pas vu la lumière a travers le carreau obscur s’en suivra-t-il que la lumière n’existe pas? Polissons le carreau transparent à mat, la lumière brillera différemment à travers; réduisons le en poussière et faisons de cette poussière de la pâte de la forme du carreau primitif, nous ne verrons plus de lumière à travers, — rendons à l’arrangement des parcelles de cette pâte son état primitif et la lumière éclatera de nouveau à travers. Et pourtant la lumière était toujours la même dans le vase!

Même chose avec le cerveau. A l’état normal étant un arrangement convenable des éléments de la matière, non-seulement il permet à l’âme de conuaitre son moi en dedans, mais il lui permet de briller en dehors avec les phénomènes de la plus haute intelligence, de génie même; tandis que, lorsqu'il est blessé, lorsqu’il est troublé dans l'arrangement de scs éléments primordiaux il ne révèle plus des phénomènes de l'âme. — L'âme toutefois devraitelle pour cela ne pas exister en lui, devrait-elle ne pas exister dans le cerveau réduit à la matière simple, devraitelle ne pas exister lorsqu’elle a été réduite à la force simple, puisque avec l’arrangement convenable des éléments primordiaux du cerveau elle y apparaît de nouveau comme âme ! ! !

Où était l’esprit, ou était l'intelligence, ou était l’âme lorsque le cerveau étant lésé est devenu dans le point blessé matière simple? Elle vivait dans la force qui maintenait lis éléments simples de la matière simple du cerveau , elle était dans la force cosmique , elle était dans la Sagesse remplissant l’espace, partout présente, elle était comme nous l’avons dit en Dieu!

L’homme par conséquent, chez lequel la force organique a cessé d’agir, elles lequel les phénomènes de la raison et du coeur ont cessé de se manifester, n’a pas cessé de vivre. — L’intelligence et le coeur sont les dons individuels conçus en Dieu, ayant son être et son existence en Dieu. — Après la mort de l’homme, la raison et le coeur ne meurent pas; seulement, que les matériaux de son organisme, que le prisme à travers lequel ce coeur et cette raison brillaient, étaient nécessaires pour une autre destinée dans le problème de la nature, afin qu’en entrant dans d’autres conditions, ils révélassent d’autres phénomènes de la même force. — Ressuscitez le prisme, et vous y verrez toujours le même esprit à travers. — Où était-il, lorsque le prisme était mort? Il vivait en Dieu!!!

Homme! tu as rendu ta poussière à la terre et à l’air, aux plantes et aux animaux, sans te soucier si un jour changée en marbre ou en pierre précieuse, elle ne brillera pas sur le diadème d’une vièrge au jour de son bonheur, ou si elle n’ira pas revivre sous le ciseau d’un Phidias, ou fixée dans l’aile de l’aigle elle n’ira pas planer fière et heureuse dans les espaces de l’infini, ne t’inquiète pas non plus pour ta sagesse , ni pour tes sentiments , pour ton esprit et pour ton âme! Rien ne sera perdu dans la nature toujours vivante. Rien ne sera perdu dans la Sagesse comme dans l’ame de l’univers , rien ne sera perdu en Dieu ; car tout était en Dieu , tout est en Dieu, et tout retournera à Dieu pour vivre éternellement en Dieu !

Lorsque l'âme par conséquent, qui est Dieu en miniature, dans la création, vivra au sein de l’Eternelle Sagesse, elle connaîtra d’autant mieux son individualité.

Comme toutefois , nous ne sommes que des êtres sensuels et non des esprits purs et que nous ne jugeons les choses que d'après leurs manifestations sensuelles ou matérielles, conséquemment nos idées sur l'âme ne peuvent être que matérielles.— D’où il résulte que l'âme, telle, que nous nous la représentons dans notre corps est matérielle, savoir: que ses phénomènes dépendent d’un certain état de la matière infiniment subtile, qui lie son esprit avec notre matière, qu’elle n’est qu’une espèce de matière impondérable douée de la raison, ayant la raison, ou lesprit pur pour âme, et que Humphry Davy et Flammarion avaient raison de supposer l’âme, comme un être composé d'une matière infiniment subtile et éthérée; seulement ils avaient tort de supposer son essence ou l’âme de l’âme, si je puis m’exprimer ainsi, ou l’âme émancipée de la matière matérielle, de supposer que l'âme au sein de sa source éternelle est matérielle ; car il résulte de leur doctrine que Dieu est un être matériel et qu’ils sont eux- même, matérialistes jusqu’à l’âmé, malgré la subtilité de leur raisonnement.

Ainsi juger de l’âme débarassée des chaînes de la matérialité , juger de l’individualité de l’âme libre et vivante au sein de l’Etemel, par l’individualité de l’âme vivante emprisonnée dans la matière et dont l’arrangement des éléments primordiaux la faisait apparaître tantôt comme âme de la bête, et tantôt comme âme de Dante ou de Newton, de Moïse ou de Jésus-Christ il ne serait

pas rationnel.— Car, si le bonheur d’une âme debarassée des chaines de la matière est grand ici bas, quel ne sera pas son bonheur de participer éternellement aux plus purs trésors d’inépuisable amour et sagesse , lorsqu’elle se verra au sein du Créateur ou de la plus pure Vérité.

L’idée que nous aurons alors de l’individualité de notre âme va-t-elle flatter nos idées actuelles sur la nature de l’âme, sur son bonheur et sur ses peines dans la vie future , nous en doutons beaucoup.

Puisque nous traitons notre sujet au sérieux, passons au revers de la médaille.

Or, les phénomènes de l’intelligence, ou sa révélation dans le cerveau, dépendent, comme nous l’avons vu 1°, de l’arrangement des éléments primordiaux du cerveau: loi, que nous avons formulée en 1868 dans notre première édition polonaise, avant de connaître les travaux de Claude Bernard, parus un an après la publication de notre livre; et 2°, du degré de la métamorphose de ces parcelles dans la matière du cerveau: loi , que j’ai formulée pour la première fois dans la deuxième édition polonaise de ma Philosophie de la Nature en 1869.

D’où cette conclusion logique , que, lorsque le cerveau à la suite d’une blessure, ou de sa mort retourne à la matière simple, lorsque les parcelles qui le constituent retournent, par la voie de la métamorphose rétrograde, à la matière simple, et que l’arrangement de ses éléments primordiaux cesse d'être dans les conditions exigées par le cerveau sain et vivant, que l’esprit, que l’intelligence, que l’âme devienne en lui force élémentaire, simple ou cosmique, et que lorsque le cerveau est guéri, l'âme

reparaît en lui, revient en quelque sorte de l’autre monde !

Or, d'après notre manière de voir, la force simple et l’intelligence étant identiques et les mêmes dans le principe, puisque lame peut devenir force simple ou cosmique et que la force simple peut devenir âme dans le cerveau, notre théorie loin de contester l’immortalité de l’âme prouve une fois de plus:

1°, que l'âme est une force élémentaire simple métamorphosée, puisqu’elle peut retourner à la force simple ou devenir force simple;

2°, que la force simple, ou cosmique est âme dans le principe, ou comme nous l'avons dit est sagesse et amour, puisque la force cosmique peut s’élever au degré de l’âme ou au degré de la sagesse et de l’amour;

3°, que l’âme, en un mot, pour nos sens, ou dans la création seulement, est force simple ou intelligence, a une fois la force cosmique et une autre fois l’intelligence pour corps; que hors nos sens, elle est force pure, ou âme de l'âme, ou Dieu qui vit dans la force cosmique comme dans l’intelligence.

4°, que par conséquent, l’âme après la mort du corps en retournant même à la force cosmique ou en prennant le corps de force simple, retourne à la Sagesse ou vit en Dieu son Créateur! Et comme la force simple type de la création une fois devenue âme se connaît, connaît son moi, et en descendant au raDg de la force simple ou cosmique ne perd pas de son individualité, puisque une fois reparue dans le cerveau guéri elle est toujours la même, donc, nôtre âme, en devenant môme force simple ou cosmique, après la mort du corps, est immortelle.

PhllotophJe de 1» Nature. 65

La loi que nous venons de formuler prouve aussi de la manière la plus irrévocable, qu’une pierre a comme force, son immortalité en Dieu, qu’elle a une vie future dans la Sagesse et dans l'Amour éternel; que les plantes de même que les animaux ont aussi leur immortalité.

En résumé, nous considérons la matière ou toute la nature , ou toute la création comme une existence passagère, comme un certain état de la force, comme périssable sous un certain point, comme non éxistante, comme ayant toute son éxistence, tout son être, et son immortalité dans la force.

Quant à la force, nous regardons cette dernière - comme essentielle dans tout et toujours , quoique douée du pouvoir de changer la matière et de se transformer elle- même; nous la regardons comme une vraie et unique existence.

D’où la matière pour nous est périssable, n’est qu’un phénomène passager de la force, qui est éternelle. D’où, une vraie éxistence, un vrai être est la force, est l’âme, est Dieu, comme source de toute force, comme cause d’éxistence, comme force de la nature, comme âme de la Création.

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