L’ATOME
Par le nom de corps, nous entendons toute partie limitée et impénétrable de l’espace.
L’impénétrabilité est la propriété en vertu de laquelle deux corps ne peuvent occuper en même temps la
même place.
Tout corps , tel que la pierre, le fer etc. etc. peut être divisé et même réduit en parcelles infiniment petites... . imperceptibles
Si les corps notaient pas composés de particules, seraient-ils soumis à cette loi de divisibilité ?
On peut par opposition diminuer le volume de chaque corps par la pression centripète , c’est à dire de la circonférence au centre.
Est-ce que les corps obéiraient i\ la loi de cette réduction dans leur masse, s’ils n'etaient point composés de parcelles placées à une certaine distance l’une de l’autre ? -
La force, qui maintient ces parcelles, ou molécules d’un corps, qui les attire l’une vers l’autre pour faire un tout ensemble, est appelée en physique attraction. La force, qui cherche à les éloigner, à les désagréger, ou qui
empêche la première à tenir ces parcelles collées une à l’autre, se nomme répulsion. Leur rapport, la prépondérance de l’une sur l’autre dans un cas donné, constitue l’existence du corps, son existence individuelle et par conséquent ses propriétés physiques. Autrement tous les corps seraient de la même densité de la même porosité, de la même compressibilité, de la même sonorité, de la même divisibilité, se fondraient dans une même température etc. etc.
Tandis que nous savons quelle force il faut employer pour réduire un gaz par exemple à l’état liquide et d’autant plus à l’état solide, quelle force il faut employer pour diviser certains corps; tandis qu’il y en a d’autres, comme Peau par exemple qu’il suffit de toucher pour en détacher une parcelle, pour se mouiller.
Nous verrons dans la suite, dans quelles conditions ce qui s’est laissé diviser avec effort, cède ses molécules avec la même facilité comme l’eau, et nous savons qu’il suffit de toucher l’eau avec la main par exemple, pour se mouiller, ou pour en détacher une partie, ou en un mot pour la diviser, daDs quelles conditions ce que nous ne pourions pas amener à l’état liquide passe spontanément à l’état solide .... Je dirai entre parenthèse que l’abaissement et l’élévation de la température dans un corps donné, c’est à dire le réveil de la force répulsive et de l’attraction entre les molécules d’un corps donné explique d’une manière naturelle tous ces phénomènes.
Mais ne devançons pas notre pensée, suivons l’ordre des choses.
Comme les corps different entre eux dans la seule et même propriété appelée élasticité, je citerai comme exemple l’expérience suivante sur une bille d’ivoire et sur une balle de plomb de le même dimension.
Eh bien , si nous jetons avec une force convenable une bille d’ivoire sur une dalle de marbre polie et enduite d’huile, la bille rebondira, en laissant sur le marbre l’empreinte du diamètre de son grand cercle, tout en ne perdant rien de sa forme sphérique avant l’expérience; tandis que la balle de plomb jetée avec la même force et sur la même dalle de marbre bougera à peine et s’aplatira. L’acier à son tour se brisera et ne se laissera pas courber par la puissance de sa trempe.
Qu’est ce que cela nous explique?
Cela nous démontre que l’ivoire dans tout son hémisphère s’est réduit à zéro dans un instant donné et qu’il a repris au même instant sa forme sphérique primitive.
L’ivoire ne nous donne-t-il pas l’exemple de l’élasticité de l’esprit de Napoléon EU?, l’acier ne nous frappet-il pas par l’analogie de sa trempe, avec la trempe du coeur des Mucius S ce vola?!
L’expérience que nous venons de citer prouve de plus, que non seulement les corps simples diffèrent entre eux dans leurs propriétés extérieures, mais bien dans leurs propriétés intimes et profondes, que j’appelerai leurs fonction.
Jusqu’à quel point d’autres causes, mettant de côté le rapport de l’attraction à la répulsion, contribuent à nous faire expliquer une si grande différence entre les corps, ou leurs diversités dans l'univers; jusqu’à quel point ces causes ne font qu’une seule et même force, la suite de ce travail le démontrera.
Quant à la première , ou rapport de l’attraction à la répulsion, la chose est très simple: car s’il n’existait que l’attraction entre les molécules d’un corps donné, comme entre les corps ou molécules sui-generis de l’univers entier— toutes les molécules de ce corps , ou de l’univers se colleraient si hermétiquement l’une à l’autre, que non
PhUotophi* dt U Katar». 4
seulement la diminution du volume des corps serait impossible , vu , que l'attraction réduirait l’univers entier à un point physique , mais que l’univers , ni aucun corps dans cette supposition ne pourrait exister et que toute division des corps, toute désagrégation de leurs molécules serait impossible, par la simple raison de non existence de la force répulsive. Les corps pour le moins dans ce cas seraient tous par exemple, de la même sonorité, etc., ou plutôt, il n’y aurait plus ni sonorité, ni vibrations dans leurs molécules, ni autres propriétés physiques.
Si la répulsion seule existait, les corps ne seraient pas accessibles à nos sens; — nous ne pourrions ni les voir, ni les toucher: Car repoussés dans leurs molécules aux limites de l’infini matériel, leur existence sans bornes serait tout étherée, idéale ... ; il n’y aurait pas d’existence matérielle, il n’y aurait pas de création.
Ce qui se passe d’après cette loi avec les molécules d’un corps donné , quant aux forces qui les maintiennent dans un tout harmonieux, se passe de même, mais sur une échelle immense , gigantesque avec les corps , ou molécules célestes, constituant le système solaire et celui de l’univers.
Les corps célestes restent dans le système solaire k une telle distance les uns des autres , qu’ils se disperseraient tous dans un sens centrifuge du soleil à l’infini, s’ils n’étaient maintenus entre eux par l’attraction. Ils retomberaient tous sur le soleil, ou centre de gravité, si cette même force attractive n’était pas douée du pouvoir aveugle de répulsion — si l’attraction, et je me servirai pour la première fois ici de l’expression intime de ma pensée, présidait seule à l’harmonie du système solaire sans la sage modération dans sa fougue illmtiée par la répulsion , qui lui est inhérente, qui la constitue et qui fait son être.— i-
Les corps, dis-je, célestes se disperseraient dans l’éspace, sans la modération, en un mot, de l’attraction dans le système solaire par sa propre répulsion et vice versa.
Or, le rapport de l’une de ces deux propriétés réelles à l’autre daus la même force, ou de la sagesse de l'une à la fougue de l’autre dans leurs tendances extrêmes à tout concentrer ou à tout distendre, à se concentrer ou à se disperser à l’infini, constitue les corps ou les distances d’une précision mathématique entre leurs molécules, comme entre les corps jetés dans l’espace, préside à l’harmonie dans le système solaire et constitue une seule et même force.
Nous voyons par là, que la force attractive n'existe pas et ne peut pas exister isolée, ainsi que la force répulsive ; et comme nous ne trouvons partout que le rapport de ces deux forces et jamais une seule, nous concluons à l’existence d'une force type, douée de deux propriétés réelles qui lui sont inhérentes et qui constituent un entité, un fait primitif et élémentaire un être dans sa nature: comme l’homme, ou comme la plante en constitue un dans son être, savoir : que dans un nombre donné de degrés d’intensité de l’attraction et de la répulsion, la résultante penchera dans un cas du côté de l’attraction, dans un autre cas du côté de la répulsion, que l’attraction par exemple dans un cas sera plus grande que la répulsion et vice versa; en un mot qu’il n’y a pas deux forces, mais qu’il en existe une, dans laquelle la fougue aveugle est modérée par sa raison aveugle, et que la force de l’intelligence, (comme nous le verrons plus loin en parlant de l’unité des forces de l’intelligence) est modérée, retenue, concentrée, resserée, attirée dans ses élans par une raison , qui connaît son moi; que la raison, dis-je, se replie en elle-même, qu’elle se demande à elle-même, quelle s’attire, si je puis m’exprimer ainsi, et que c’est par ce travail intérieur entre les forces
en apparence opposées , que c’est par sa modération dans sa fougue, que c’est par son attraction dans sa répulsion, qu’elle fait une force indivisible et une; que dans la force simple, la sagesse est cachée; tandis que dans la dernière, elle agit tout entière et une, librement et à découvert.
Le R. P. Secchi doute de l'existence de la force tout en parlant de l'unité des forces physiques, lorsqu’il dit: (') „Dans nos études, il nous a fallu recourir aux termes: forces d’affinité, forces électives, forces attractives; expressions, dit-il, qui, à dire vrai, désignent simplement des propriétés occultes, ou cachées de la matière, et malgré la guerre déclarée par nous aux entités scientifiques, (Et pourquoi? La science doit marcher avec la nature et exprimer la nature. En faisant de la force un entité, nous ne manquons pas à la synthèse scientifique, ni à celle de la nature; comme l’unité de l’homme, ou l’unité d’une plante comme être, n’empêche pas la synthèse naturelle de la création; car si la nature a fixé les espèces et les individus , elle ne les a pas fait sortir pour cela de la chaîne commune de l’unité de l’univers), „nous serons contraints encore pendant longtemps, poursuit le R. P. Secchi, à employer les locutions consacrées. Ces façons de parler servent seulement à cacher notre ignorance” (sur la nature intime de la force et de la matière) ,,et pour le dire franchement une fois pour toutes, elle ne sont que la représentation du fait à raide de termes convenus. Inutile de batailler sur ce point avant d’avoir recherché attentivement qu’elle est la constitution de la matière „(h la bonne heure),” et avant d’avoir fixé nos idées sur le point fondamental que voici: en outre de la matière tengible et pondérante, existe-t-il , oui ou non un fluide coopérant aux phénomènes présentés par la matière
(') L'unité des forces physiques. Fans, 1869, p. 156.
commune?” Et plus loin ajoute le P. Secchi. „Le calorique est un mode de mouvement de la matière
Le R. P. Secchi doute de l’existence de la force et nous enseigne que le calorique est un mode de mouvement de la matière , comme il y a quarante ans Humphry Davy ne pouvant pas expliquer de quelle manière le corps est uni à la pensée , défiait toute intelligence humaine de résoudre le problème du rapport de la force avec la matière et par conséquent, à se faire une idée juste de la force et de la matière.
Or, dans notre livre, contrairement aux doutes de R. P. Secchi et de Humphry Davy , provenant de ce qu’il existe réellement une lacune dans la scieuce sur la connaissance de la nature de la force et de la matière, de ce qu’on ne s’est pas encore fait une idée juste de la force et de la matière; non seulement nous concluons en faveur de l’entité de la force, non seulement nous tâcherons de saisir, basé sur l’unité de la loi de l’univers, le rapport de la force avec la matière, mais nous essaierons de donner la vraie signification de la nature intime de la force, comme de la matière et de trancher le problème du rapport de la première à la dernière.
Je reprends la quéstion de la divisibilité des corps 4e notre planète, ou plutôt celle de la philosophie de l'atome.
Or, la physique nous enseigne, que les corps sont susceptibles d’une division mécanique. Avant que la chimie nous ait démontré la limite extrême de leur divisibilité, arrivons au maximum de la divisibilité physique.
Dans ce but, si nous faisons bouillir de l’eau dans une chambre froide et au milieu de l’hiver, la quantité d’eau va diminuer, mais nous apercevrons au dessus du vase, pris pour notre expérience, une quantité de vapeur, ou une masse de molécules d’eau très rapprochées les unes des autres, remplissant l'atmosphère sous forme de nuage.
Si nous répétons la môme expérience au milieu de l’été, ou dans une température élevée, la quantité d’eau diminuera; mais nous ne verrons plus de vapeur au dessus du vase. Et pourquoi?
Parceque les molécules d’eau s’échappant de l’eau bouillante se tiennent au milieu de la température basse l’une près de l’autre, parceque cette température commande le raprochement, parce qu’en hiver par une température basse de l’atmosphère les parcelles s’échappant de l'eau eu contact avec cette froide atmosphère ne leur permettant pas une grande désunion, leur impose au contraire un rapprochement, dont la température de 100° les a fait sortir.
En été, ou dans une température plus élevée, favorisant leur dissémination, qui est la suite de la désagrégation mécanique des parcelles d’eau, ces mômes parcelles se trouveraient si loin les unes des autres, que malgré leur existence dans l’air, nous ne les apercevrions plus. Elles sont si petites, et les espaces entre elles sont si aproximativement grandes, que non seulement nous ne les apercevrons plus comme invisibles en elles-mêmes, mais qu'elles ne nous empêcheront même pas de voir les objets qui se trouvent derrière elles.
Ce qui s’est passé avec l’eau bouillante dans le vase, et avec la vapeur dans l’atmosphère, se passe de même avec les brouillards par les matinées fraîches, ou les froides soirées sur les rivières, sur les lacs, sur les mers et sur les océans, et la cause qui nous expliquait la formation de la vapeur au desus du vase, nous explique la formation des nuages gigantesques et leur disparition dans les espaces. . . .
Suivons toutefois un nuage de notre regard. . . .
Comme il est vite disparu! Et pourquoi? Car réchauffé par le soleil, ou attiré dans uu espace plus
chaud, il s’est distendu dans ses parcelles, parceque ses molécules sont éloignées les unes des autres. Toutes ces molécules séparément prises périssables, invisibles, se sont dissipées dans leur ensemble, elles sc sont retirées pour ainsi dire du champ de notre vision.
Regardons le firmament pur et serein des cieux; tout ù coup un petit nuage s’est dessiné sur son azur et a bientôt pris des dimensions gigantesques, effrayantes! D’où est venu le petit nuage, quelles sont les causes de ses progressions si rapides?
Or, il y a toujours beaucoup d’eau en dissolution, ou pour mieux dire, des parcelles invisibles d’eau suspendues ou nageant dans l’atmosphère, lesquelles attirées dans un milieu d’une plus basse température, ou traversées par un léger souffle de vent ou d’un mouvement de l’air dans, l’espace, vont se rapprocher l’une de l’autre et nous apparaîtront sous forme, d’un nuage naissant. Nous ne voyons pas une mouche dans l’atmosphère, mais que de milliers traversent ensemble l’espace, elles cacheraient le soleil à notre vue et feraient du jour la nuit
En revenant à l’expérience de l’eau, jetons un coup d’oeil sur les croisées de notre logis, dans lequfel l’eau il y a un instant se répandait au dessus du vase sous forme de vapeur et nous la verrons sous forme de rosée couvrir les vitres et puis tomber en gouttes le long de leur surface et reprendre ainsi l’aspect primitif de l'eau employée pour l’expérience.
Faisons tomber la température de l’eau au dessous de O et nous serons surpris que le même liquide, la même vapeur éthérée, que cette rosée, que ces nuages et les gouttelettes imitant la pluie, tombant le long des vitres, nous apparaissent sous forme d’un corps diaphane, dur, extrêmement froid, en un mot sous la forme d’un morceau de glace.
Jetons les yeux sur les vitres de nos habitations au milieu du froid intense de l’hiver et un singulier spectacle va nous étonner. Nous y apercevrons des esquisses d’une parfaite végétation, nous y reconnaîtrons les vraies feuilles de fougère sur un fond d’une cristallisation admirable. . . .
En réfléchissant sur le dernier phénomène, qui ne verra dans la force simple, qui arrange ainsi les molécules d’eau, une tendance à l’organisation? qui ne remarquera dans ces images rappelant les feuilles de fougère, ou la mousse de nos forêts, le premier plan de l’organisation, qui n’apercevra dans les cristaux des tendances vers l’organisation, qui donc en approfondissant ces merveilleux mystères ne verra entre la force simple et la force organique des liaisons intimes et profondes, qui osera contester à ces deux ordres de forces une communauté d’origine ou de principe et d’espèce?
Réunissons maintenant par la pensée les parcelles d’eau éparses dans l’atmosphère suivant la loi de cristallisation et nous verrons de blanches étoiles à formes géométriques de six rayons, avec le centre occupé par une petite lame hexagonale brillante, ne cédant en rien quant à sa légèreté et à sa blancheur à celle du duvet, tomber des hauteurs des cieux — nous verrons la neige tomber sur la terre.
Celui, qui n’aurait jamais vu ni eau, ni glace, ni neige, ni brouillard, ni vapeur, ni nuages; celui qui n’aurait jamais vu de bas-reliefs d’eau cristallisée sur nos croisées représentant si bien les premières ébauches d’une végétation parfaite, voudrait-il croire qu’un seul et même corps peut exister sous tant de formes, qu’il peut exister à l’état solide, liquide et gazeux, sans y comprendre toutes les nuances de formes, dont chacun de ces états est susceptible?
Voyons en quoi consiste la différence d’un de ces états avec un autre.
Or l’éloignement plus ou moins grand des molécules constituant un corps entre elles, l'arrangement de ces mêmes molécules, de l’une par rapport à l’autre, nous résout le mystère de l’énigme entière.
Mais même ici , il y a des lois qu’on ne peut impunément violer.
Ainsi: l’état solide est un état dans lequel les molécules sont les plus rapprochées entre elles, dans les limites toutefois qui n’empéchant pas leur mouvement d’oscillation, ne leur permettent pas un mouvement complet autour de leur axe.
Si toutefois l’eau augmente de volume en passant de l’état liquide à l’état solide, il ne s’en suit pas que ses molécules soient moins rapprochées dans la glace que dans l’eau; seulement, que l’eau en se congelant prend beaucoup d’air de l’atmosphère qui se trouve emprisonné dans ses pores. Propriété qui nous explique qu’on peut briser des canons de fusil, et même des canons de bronze, en les remplissant d’eau et en les exposant, après les avoir hermétiquement fermés , à une température qui détermine la solidification de l’eau qu’ils contiennent.
Le remarquable phénomène que présente l’eau en se congelant de dégager la chaleur et d’augmenter de volume s’explique ici quant au dernier en tant, que les quantités minimes d’air dissoutes dans l’eau et emprisonnées de toutes parts par l’état solide de l’eau, se trouvant dans la glace séparées et à l’état libre, puissent reprendre leur volume normal de gaz et par l’augmentation de leur propre volume influer ainsi sur l’augmentation du volume de l’état solide d’eau sur son état liquide.
PbiloeophJe de la Nature. 5
Dans l’état liquide, les molécules constituant un corps sont éloignées l’une de l’autre au point, qu’il leur est non seulement permis de tourner librement autour de leur axe, mais de décrire les courbes, dont les orbites se réduisent à la figure formée par ses molécules voisines.
L’état de gaz est le maximum de la distance entre les molécules d’un corps. Dans cet état les distances sont si grandes et les parcelles constituantes si minimes, que le corps nous échappe du champ de notre vision. Les molécules en rotation continuelle serpentent ici indéfiniment dans l'intérieur du corps, en passant d’une molécule à une autre et ont en un mot un mouvement comparable aux comètes, (Secchi) qui passent d’un système stellaire à un autre.
D’où il résulte, que dans tous les corps faisant partie de l’ensemble de la nature, que dans tous les états dans lesquels un corps quelconque puisse se trouver, les parcelles infiniment petites et imperceptibles qui les constituent n’adhèrent pas les unes aux autres et sont suspendues dans l’espace , oscillent , tournent autour de leur axe et décrivent les diverses courbes comme les corps célestes.
D’après cela la plus minime parcelle d’un corps dans la nature est dans ses atomes le microcosme de l’univers comme l’univers peut être regardé comme sou macrocosme.
Nous avons donc vu, qu’en divisant la pierre en plus petites parties, nous distinguons encore ces parcelles, que nous pouvons les voir et les toucher.
Nous avons vu, qu’on peut ramener l’eau à tel état de divisibilité, qu’elle échappe à nos sens pour reparaître sous forme de vapeur, ou de glace:-— que l'eau par conséquent peut exister à l’état invisible, idéal en quelque sorte, qu’elle peut passer d’un état à un autre, sans rieu perdre de ses propriétés intimes.
Passons à présent de la physique à la chimie, étudions la divisibilité des corps par les procédés chimiques et
nous venons que la limite de ces deux scieuces est toute fictive, que cette lindte n’existe pas en tant que la chimie n’est que la suite de sa sœur aînée dans la science, que la chimie s’occupe des mêmes questions que la physique, seulement elle les traite d’une façon plus profonde, plus ' intime, et plus mystérieuse. Nous verrons plus loin que toutes les science s'enchaînent, que toutes viennent l’une de l’autre, que toutes ne forment qu’un tout solidaire, que lorsque une d’elles forme la base, l’autre fait sa conclusion, ou sa couronne, que l une dépend de l’autre, que l’une ne peut se passer de l'autre, que toutes forment une science, comme les plus diverses parties de la nature et le moins en rapport l'une avec l’autre au premier coup d’œil , ne font q’une seule et même nature.
En parlant de la force nous expliquerons les mystères des combinaisons chimiques, nous dirons en quoi consiste cet intime procédé qui fait qu’un Composé de deux corps donnés, n’a ni les propriétés de l’un, ni de l’autre et qu’il constitue un corps, dans lcquelj les propriétés de . l’une et de l’autre sont profondément altérées.
Ainsi donc si nous soumettons l’eau à la décomposition au moyeu des procédés chimiques, à savoir: par le potassium, le zinc, ou la pile de Volta, nous n’aurons plus la vapeur, ni les parcelles d’eau; mais nous aurons deux corps, — deux gaz invisibles l’un et l’autre doués de propriétés différentes: l’un, si nous y plaçons par exemple un corps brûlant sans flamme, s’allumera immédiatement et brûlera d’un vif éclat — l’autre, bien plus léger que l’air atmosphérique, formant uue propriété qu on utilise pour remplir les balons et les faire remonter aux régions bien hautes de notre atmosphère.
On nomme ces corps, le gaz oxygène et le gaz hydrogène.
On obtiendra un litre du premier , lorsqu’il y en aura deux du second dans une quantité d'eau donnée.
Mais où nous mène tout cela ?
Or, sachons d’abord que les deux principes ainsi obtenus par la décomposition de l'eau, le gaz H et le gaz O, forment des corps à part, comme la pierre et le fer par exemple en font un, chacun de son côté; qu’ils se laissent mesurer à leur tour comme l’eau et la pierre, qu’ils ont leur poids spécifique et qu’ils sont doués des propriétés physiques et chimiques qui leurs sont propres, (ÿue si nous plaçons ces deux mêmes corps dans le même rapport à savoir: si nous plaçons deux litres de gaz H et un litre de gaz O, dans un vase en verre et si nous les faisons traverser par une étincelle éléctrique, ils vont s’unir ensemble et se convertiront en eau, que nous reconnâitrons par la vapeur qui va recouvrir les parois internes du vase et par quelques gouttes d’eau qui se trouveront au fond du même vase.
Nous voyons par cette expérience, que l’eau se décompose eu des principes donnés et que l’on peut obtenir l’eau avec ces même principes — nous voyons que l’eau non seulement se subdivise en parcelles comme corps, mais qu'elle se décompose en principes, ou corps simples.
Si nous prenons un de ces principes, ce principe à son tour est susceptible de la division de sa substance à l’infini.
Or, la science est parvenue sur ce point à la conclusion suivante: que si une quantité d’eau donne une quantité de gaz O et deux quantités de gaz H, que dans la plus petite parcelle d’eau que la pensée puisse matériellement concevoir, insaisissable et qu’on ne peut voir même à l'oeil armé d'un microscope il y a encore trois plus petites par-
celles, à savoir: deux de gaz Hydrogène et une de gaz Oxygène.
Chacune de ces trois parcelles constituant la plus petite parcelle d'eau que la pensée seule puisse concevoir, constitue d’après la science actuelle un atome.
La science admet aussi comme atonie toute parcelle^ extrême et indivisible de chaque corps composé de plusieurs principes et comme de raison de plusieurs atomes des corps simples.
Ainsi par exemple d’après les données de l'état actuel de la science deux atomes de gaz Hydrogène et un atome de gaz Oxygène, ou plutôt un atome d’hydrogène et la moitié d'un atome d’oxygène concourent à forme un atome d'eau et constituent finalement une particule élémentaire, un élément d’eau, un atome.
Si nous étudions toutefois de plus près les procédés chimiques et si nous pénétrons le mystère des combinaisons chimiques sans perdre de vue les phénomènes qui les accompagnent nous saurons que lorsque un corps se combine avec un autre, que de même qu' une chenille se change en chrysalide et celle-ci en papillon, que les atomes pondérables les plus superficiels du premier, réveillés dans leur nature intime se métamorphosent, retournent à moitié route à la force, ou à la lumière et à la chaleur, ou à l’état impondérable, ou se divisent en deux atomes impondérables; que daDS cet état se trouvant en vibration d’une vitesse extrême^, ils engendrent les phénomènes de la chaleur et de la lumière, quelque fois visibles et portés à la puissance du feu, ou à une étincelle éléctrique, et quelquefois invisibles, et que dans cette voie en rencontrant les atomes d’un autre corps métamorphosés de la même manière, qui se trouvaient prêts à leur rencontre s’unisent ensemble se neutralisent et forment des atomes pondérables d’un corps nouveau. Que le moment en conséquence du passage d’un
composé a un autre pour un atome est le retour de la matière à la force et de la force à la matière, ou la métamorphose de la force en matière, ou la création.
Je dis que l'atome en retournant à son état normal, ou à l’état impondérable, ou à la chaleur et à la lumière retourne à moitié route seulement à la force, car je ne considère pas la chaleur et la lumière comme forces, comme le fait la physique moderne, mais comme un état intermédiaire entre la force et de la matière, car la force, comme nous le verrons en son lieu est Pâme, ou F esprit (tantôt actif et tantôt passif), ou la vie des forces physiques, telles que la lumière, l'éléctricite, la chaleur et d’autres agents physiques: qui constituent tous comme on le sait d’après Secchi les divers états de la matière impondérable en mouvement et d’après nous les divers degrés de la force physique en action et de là la différence capitale de l'une avec l'autre.
Or, un atome d’après notre manière de voir, est une particule extrême et indivisible de la matière impondérable, ou de l’éther de la physique moderne; il fait donc par là, la plus minime partie matérielle que nous concevons seulement par intuition au moment des compositions et des décompositions des corps, qui hors du moment de ces opérations n’existe pas comme matière. Cet atome, cette parcelle infiniment petite, touchant dans sa petitesse à l'infini, à l’idée, en dehors du moment de la composition entre deux corps, ou entre ses deux molécules, ou atomes pondérables est du domaine de la force. L’existence en conséquence de notre atome est instantanée et s'opère dans le même instant, dans le quel la force sortant de sou état de repos, ou d’équilibre, passe à l'état d’action, de sa métamorphose en matière, à l'état impondérable en mouvement, ou à la chaleur, à la lumière, à l’électricité..., à la matière, à la création; dans lequel moment, en se trouvant neutralisée avec une autre
force réveillée dans un autre corps, ou dans une parcelle extrême d’un autre corps, vient de constituer deux expressions, ou deux rapports de la force en elle même, ou entre ses qualités, ou de sa qualité attractive dans sa répulsion, qui en s'unissant donnent naissance par leur mariage , par leur fusion réciproque, ou par deux atomes isolés de l’éther ainsi constitués, ainsi créés, ou de deux atomes impondérables à un atome composé, ou à la première paire matérielle de la création, ou à un atome pondérable.
Un atome en conséquence d’après ma théorie n’est qu’un instant de la création de l’élément, du type de la matière et qui ne se trouve dans la matière que dans son union avec un autre; un atome, dis-je c’est la plus minime parcelle indivisible de l’état impondérable de la matière, c’est une force exprimée, c’est le verbe incarné , c’est la chair de la jBible, c’est la Création.
L’existence de l’atome se trouve donc placée sur les limites de la force et de la matière, c’est une idée dans le domaine de la matière, c’est une matière dans le domaine de la force. (Quelques philosophes prenaient indistinctement la force dans le sens de la matière et vice-versa\ ce qui n'est vrai que dans un moment donné de la création, dans l’atome. L’union de deux atomes n'est plus une idée mais bien la matière. On ne peut donc plus, comme le faisaient Kant et Leibnitz, prendre indistinctement la force pour la matière et regarder la matière et la force comme choses identiques.
L’atome dis-je n’a qu’un moment d' existence-, il a son existence dans le moment de la métamorphose de la force en matière, ou du passage de la force en action, ou de l’état impondérable, ou de son premier mouvement à la vie, à l’action, ou à la création, à la matière; il a son existence éphémère au moment seulement des compositions et des décomposi-
tions de la matière, au moment de la création d'un corps au moyen des procédés chimiques, et n’est en définitive qu'un état de la force, que la métamorphose de la force, q’une force exprimée.
L'union de deux atomes ainsi créés par la force, par la concentration momentanée de la force en elle même, si je puis m’ exprimer ainsi, forme un corps, ou plutôt constitue le type, l’élément de la matière avec toutes ses propriétés inhérentes; — c'est la matière conçue dans la force, c’est la force déposée dans la matière et se manifestant dans la matière.
matière donc est force en tant, qu elle est conçue par la force, quelle est l’expression de la force, quelle est dépositaire de la force et quelle est capable d'exprimer tous les phénomènes de la force, quelle est un corps, dont la force est lame, qu elle est l’organe de la force capable de manifester toutes les propriétés inhérentes à la force (’)•
La matière je le répète est l’organisme de la force simple, comme l’organisme proprement dit, fait avec la matière par la force qui lui est inhérente sert d'organisme aux forces simples, organiques, végétales et animales, et à la force de 1 intelligence, à l'âme, à la Sagesse suprême, en tant qu’elle est en nous et qu'elle est cause de toute force de la création.
En parlant de la force nous rendrons la conception de l’atome, ou du principe élémentaire de la création, que nous venons de formuler plus claire et plus palpable — nous démontrerons l’unité de type, ou d’élément matériel
O Voyez leu chapitre» cio mon livre „Philo«ophie de 1» forer. »t Diru «t la Sature."
commun à toute la créatiou, aussi bien pour les corps simples, que pour les êtres organisés, pour les corps de nôtre planète, que pour les inoudes de l'univers. Nous démontrerons l’unité des forces de la création entière depuis les forces simples, comme l'attraction répulsive, jusqu’aux forces de l’intelligence jusqu’ à Dieu!
Nous démontrerons dans cette synthèse de la création, que tous les êtres si différents eu apparence entre eux, comme les plantes, les animaux et les corps inertes, ne sont qu’un seul et même être, avec la différence de degré supérieur ou inférieur de la métamorphose de l’élément type de la matière, de l’atonie, et de l'arrangement plus ou moins compliqué entres ces atomes; que toutes les forces si différentes entre elles à première vue comme la gravitation Newtonienne et l’amour par exemple, ne sont dans le fond qu’une seule et même force; que toute la différence entre elles consiste en ce que l’une et d’un ordre plus élevé que l’autre de la force type pour toute la création, ou de la force élémentaire; que l’une n’est que la métamorphose de l’autre, que toutes ne sont au fond qu'une seule et même force, réduite dans sa plus simple expression à l attraction dans la répulsion.
Mais m’objectera-t-on d’abord: comment un atome qui n’est pas matière pondérable, et dont l’existeuce est si éphémère — comment l’union de non-corps, de la matière qui n'existe pas encore et qui est à l’etat impondérable, comment la réunion, ou le mariage des deux zéro, puisse former la base, l’élément materiel, de la matière proprement dite ?
Je répondrai, que mou atome n’est pas un zéro et comme la durée de l’existence n’ôte rien à la qualité, que son existence quoique paasagère , constitue toujours une existence et est du domaine de la créatiou, ou de la ma-
Phlloiophie d# U Nature. 6
tière, quoique cette matière est impondérable, et puis si notre atome était matière, dans le sens du mot adopté par la science, il devrait avoir toutes les propriétés du corps pondérable, à savoir: il devrait être vibrant, sonore, divisible etc. Et comment peut-il être sonore et divisible? puisqu’ étant le dernier élément de la divisibilité, il n’est pas composé des particules de la matière; puisqu’il est lui même placé sur la dernière limite de la divisibilité; comment peut-t-il se dilater, ou être susceptible de la diminution dans son volume, ou produire un sou, ou se trouver à état solide, liquide, ou gazeux? puisqu' il n’est pas composé de parties, — et puisqu’il fait l'unité élémentaire de tous ces états.
On me dira que mon atome est matière, puisqu'il est impénétrable. Je répondrai, que mon atome est pénétrable en lui même, et que par son union intime avec un autre, par sa fusion avec un autre (expressions qui démentent à l’impénétrabilité), faisant un tout minime de la matière, il constitue le premier couple de la création et qu’ étant alors un fait accompli, exprimant un élément fixé de la matière pondérable, devient alors seulement impénétrable comme matière; que deux atomes de la matière impondérable , ainsi unis l’un à l’autre, forment un atome pondérable , ou noyau élémentaire de la matière avec toutes ses propriétés de la divisibilité: parce qu’il se compose de deux atomes materiels, entre lesquels existe un espace; parce que ces deux atomes oscillent continuellement par la force qui est leur â,tne vivante et peuvent se séparer et retourner à la force au moment de la décomposition des corps et qu’au moment de cette sep&ration et de ce retour à la force, leurs vibrations deviennent tellement rapprochées, la force agit en eux avec une si grande vitesse, qu’ils deviennent étincelle électrique; qu’ils produisent les
phénomènes de la chaleur et de la lumière de l’intensité du feu.
Eh bien, j’essaierai de prouver que même l’impénétrabilité est relative et qu’elle peut ne pas exister. Prenons un homme. Or l'homme comme matière est impénétrable. S’il occupe une place dans un moment donné, un autre homme ne peut occuper cette place daus le même temps.
Que dirons-nous pourtant de ce fait, que, quoique aucun oorps ne puisse occuper en même temps un espace occupé par un autre, que pourtant des milliers de particules extrêmement subtibles, invisibles . entrent dans son économie par la voie de la respiration et de la tjigestion, gouvernent en lui. entrent dans des compositions nouvelles, se métamorphosent, chassent les autres hors de l’économie ... ? Que dirons-nous de cette unité matérielle qui s'appelle homme, de ce laboratoire, de ce théâtre d’une perpétuelle conception en lui-même, de cette succession delà vie et de la mort de la matière, en considérant, que chaque moment de l’union de deux atomes, que chaque moment de l’incarnation d’un atome pondérable en lui et de l'élimination de celui qui était avant lui, est un moment qui dément l’impénétrabilité. — Que dirons-nous de l’homme, que nous ne pouvons mieux comparer qu’à un esprit, à une force déformé humaine invisible, qui entraînant dans son tourbillon de . la vie, une masse incalculable de parcelles de la matière du monde extérieur, maintient chacune d’elles palbables et vivantes, pendant un instant pour la repousser au même instant et la vouer à la mort — qui lui marque sa place dans l’harmonie vivante avec les autres, pour la constitution et le maintien de son existence physique, pour s’en séparer dans le même instant, — qui se fait visible et palpable au moyen de ces parcelles, qui se fait un être vivant, qui s«
fâit modèle de la machine la plus compliquée sur la terre, qui se fait homme, pour disparaître du théâtre de son être à jamais !
Nous parlerons plus en détails de ces admirables mystères de la nature dans le cours de notre ouvrage, pour le moment nous revenons à la question.
Ainsi donc l’atome est inpénétrable, en tant qu’il reste uni avec un autre et forme par cette union un élément de la création. L'atome est la neutralisation de deux électricités, une manifestation, une révélation physique de l’attraction dans la répulsion, une étincelle éléctrique, est la lumière, la chaleur , le premier noyau de la matière, une métamorphose de la force, ( *) la création!
Pour mieux faire comprendre ma manière de voir au sujet de l’atome et du premier couple d'atomes et la rendre plus palpable, je ferai une comparaison. -
L’homme pris en lui même fait une unité, existe. La femme en fait une aussi et est douée d’une existence personnelle et indépendante. L’homme toutefois envisagé devant la loi de la nature, qui à l’existence pour base et pour but, ne fait pas une unité d'existence: car avec la cessation de son existence individuelle, la suite de la création se trouverait arrêtée; car avec sa mort, toute sou existence individuelle et toute celle qui pourrait émaner de lui, serait à jamais interrompue; quoique sans l’homme et sans la femme séparément pris, il n' y a pas l'uuité de l’être, il n’ y a pas l’élément de la création.
( ') Je prend» ici le mut furcc dan» le anus et comine synonyme de U chaleur, de la lumière, de l’électricité etc et en un mot do l’état impondérable, me reaervant do donner en «on lieu une explication plu* intime de la Traie nature de la force.
L’union de l'homme avec la femme, constitue une vraie existence; elle est une garantie de l’existence, car elle constitue une unité élémentaire, ou de type.pour la conservation de son espèce dans la création, car elle constitue un être parfait.
Même chose avec l’atome.
L’atome est et n’est pas matière. 11 est matière, car quoique fluide subtil, impondérable, il concourt à la formation de la matière. 11 n’est pas matière, car comme unité il n’ a pas les propriétés de la matière qui est divisible, sonore etc. etc. — L’union de deux atomes fait l'atome pondérable, ou unité de la matière proprement dite, susceptible de la division, sonore, compressible etc. L’atome impondérable étant l’élément de l’atome pondérable est le type de tonte la création.
Nous sommes donc arrivés au terme de la matière a sa plus minime parcelle indivisible. Nous sommes arrivés à la limite extrême de la matière; où la matière s’échappant à uos sens et à toutes sortes d’investigations physiques entre pour ainsi dire dans le domaine de l’idée, de la force; daus laquelle l'idée est le inrbe, et le verbe est la chaire ; nous sommes arrivés a l’idéal de la matière, nous somme arrivés à l’élément, au type de la création, à C atome.
Comme d’après l’état actuel de la science il existe 65 corps simples, ou élémentaires et comme de raison autant d’élément simples, il y aura aussi 65 particules différentes d’atomes, ou d'atomes pondérables. Ce qui signifierait, que la force élémentaire aurait pu s’exprimer en 65 doubles rapports de sou attraction dans sa répulsion.
Quant à moi, il existe un atome pondérable type, ou principe élémentaire de la matière pondérable et s’il u' y a que quatorze corps élémentaires tels que: l’oxygène , l’hy-
Arogène, le carbone, l’azote, le soufre, le phosphore, le potassium, le sodium, le silicium, le magnézium, le chlore, le fer et le calcium, qui suffisent pour expliquer 1 existence et l 'individualité des milliers des milliers d'êtres organisés et de leurs formes variables, les corps simples, moins riches en variétés et en nombre devraient-ils en avoir jusqu'à 65?
On regardait jadis la terre, le feu, l'air et l'eau comme principes, ou comme corps simples; bien que la chimie moderne en ait trouvé 65 divers.
Ces 65 éléments simples ne pourront ils pas se réduire en un seul et même élément pondérable commun? Si toutefois la nécessité voulait qu’il y en eût absolument 65, cela signifierait ou autant d’expression de la force dans ses propriétés élémentaires, ou que la force a été susceptible d’autant de métamorphoses élémentaires, toujours dans des rapport déterminés de son attraction d’avec sa répulsion.
Les chimistes en assistant à la composition d'un corps, ou à sa décomposition, ne voyant pour toute transition et pour tout état intermédiaire entre la disparition d’un corps et la formation d’un autre, que la suite, ou la succession des points infiniment petits lumineux (et encore pas toujours), trouvant seulement que certains principes ont disparu du corps soumis a la décomposition, que d’autres principes sont restés isolés et qu’ il se formait un corps nouveau doué de propriétés nouvelles, ont conclu: que tel principe se combine avec tel autre, et, a donné naissance à un nouveau composé, dans lequel les propriétés de deux corps ainsi combinés sont profondément et esseutielement changés: — mais la chimie ne nous a point expliqué en quoi consiste cette modification intime et essentielle.
Or je dirai, que lorsqu' un corps s’uuit chimiquement avec un autre, l’oxygène par exemple avec l’hydrogène, que dans le produit qui en résulte il n' y a plus ni oxygène ni hydrogène, quoique par la voie de la décomposition nous puissions retirer de l'eau et l’oxygène et l'hydrogène; mais, que ces deux corps simples, y sont devenus quelque chose, qui pris ensemble constitue l’eau, dans laquelle je dirai pour la première fois, que l'oxygène et l'hydrogène sont métamorphosés, et que l'affinité est un ordre plus élevé de la force que la cohésion, qu'elle en est la métamorphose, et que nous la retrouverons portée à un ordre plus élevé encore dans les forces organiques, ainsi que dans le domaine de l'intelligence et de la raison.
Or, comme un atome, comme une molécule, en un mot, comme la matière n'est autre chose comme nous venons de la voir qu’un état, que l'expression sui generis, que la métamorphose de la force; l’atome et la molécule ayant leur source dans la force, agissant par la force, étant pesants par la force, doués en un mot de toutes les qualités de la matière, par la force, qui constitue son être, sont entourés de la force, exhalent, si je puis m’ exprimer ainsi, la force, au moyen de la quelle les atomes sont unis entre eux, comme les planètes, comme les grands systèmes solaires de la création entière.
La même loi de la métamorphose, tant de la force simple, que de la matière inerte, que de la force en matière et vice- versa, qui nous a servi pour expliquer le mode de création du premier élément de la création, de l’atome — qui nous a servi à expliquer les mystères de composition chimiques, s'applique à toute matière organisée et à toute force jusqu’à l'intelligence, comme nous le verrons en son lieu et à la création tout entière.
Si donc les atomes des corps simples, comine le fer par exemple, est autre chose dans le corps humain que du fer chimiquement pur, s’il y est à l’état morphoplastique, s’il y est métamorphosé — si un atome simple peut devenir vivant dans un corps organisé et n’est pas le même dans le corps d’un vieillard, d'un enfant, d’un animal et dans une plante par exemple; pourquoi un atome d’oxygène dans une molécule d'eau 11e serait-il pas métamorphosé? pourquoi un atome de fer dans une molécule de sulfate de fer, ne serait-il pas métamorphosé? pourquoi les atomes conserveraient-ils leurs individualité dans un composé dont les propriétés sont si profondément changées et dans lequel , on n’aperçoit ui fer ni aucune propriété de ce métal à l’état de pureté chimique.
En revenant donc à notre question principale d'où quelques digressions nous ont éloignés, je dirai que si la nécessité voulait absolument qu’il existât jusqu’ à 65 éléments pondérables, simples, divers de la création, ou de la matière; qu’ un élément exprimerait par exemple comme 2 degrés d'intensité d’attraction sur 4 de répulsion, tandis qu’ un autre serait la métamorphose d'un degré d’ intensité d'attraction sur 2 degrés de sa répulsion etc etc. Cette manière de voir m’ est personnelle. Est-ce que les progrès de la science vont sanctionner ma théorie? je n' en sais rien. Je sais seulement qu’011 ne peut ni poser, ni résoudre cette question d’une manière différente.
Lorsque tout dans la nature s’enchaîne et tend vers l’unité commune, lorsque dans les 65 corps simples, la même force simple existe toujours avec ses propriétés invariables d’attraction et de répulsion, avec la différence dans le rapport entre ces deux propriétés, qui constituent
toutes les propriétés de ces corps, pourquoi dis-je et la base de la matière et le type et l’élément pondérable de la matière ne serait-il pas dans tous le môme, tant à la matière qu’ à la force, qui ne diffère de la dernière que relativement à nos sens, comme nous le verrons plus loin.
Sur cent millions de figures humaines composées de quelques données si simples telles que le nez, les yeux, la bouche et le menton, nous avons cent millions de types divers de figures humaines
Le même nuage brillant couleur-d’arc-en-ciel, sera rouge de pourpre, ou nous surprendra par son éclat d’or.... et pourtant rien n’est changé dans ce nuage, toujours les mêmes parcelles d'eau assemblées et surnageant dans l’atmosphère, si ce n’est que le rapport des molécules entre elles, que la position de l’une par rapport à l’autre a changé par rapport au soleil qui les éclaire de ses rayons.
L’eau comme nous l’avons déjà dit se présente tantôt comme glace, tantôt comme vapeur et enfin comme gaz oxygène et hydrogène, et tantôt" elle disparaît à notre vision
Pourquoi donc le seul et même principe élémentaire, pourquoi un atome pondérable augmenté dans son nombre à l’infini, par les combinaisons purement mécaniques, en se groupant par deux, par trois, trois par cinq, un par huit etc. . etc... en se plaçant tantôt en bas, tantôt au milieu etc etc — en admettant une distance plus moins grande entre ces atomes et entre les groupes ainsi composés, ou la puissance de la force nécessaire, pour maintenir ces atomes et les groupes composés avec, — en ajoutant toutes les métamorphoses possibles de l’atome élémentaire et de la force élémentaire dans des combinaisons tertiaires, quaternaires, — pourquoi cet atome dis-je, ne pourrait-il pas nous expliquer
Philosophie de U Nature. 7
les variétés dans les propriétés tant physiques que chimique de nos 65 sorps simples, puisqu’il nous les explique dans l’ordre plus élevé de la métamorphose tantôt simple, tantôt compliqué de tous les êtres organisés; lorsque, comme nous le verrons dans ce livre, toute la création tant végétale qu’animale a pour type, ou principe élémentaire l’atome: seulement, que cet atome est moins organisé dans la plante et plus métamorphosé dans l'organisme humain, qu’il est plus proche de sa simplicité primordiale dans un organe de son être et plus organiquement développé dans l’autre (*).
Mais passons à la philosophie de la force tout en regardant notre théorie de l’atome comme suspendue pour le moment.
(*) Six mois après U publication «le U Ire édition île ce livre , M. Claude Bernard a publié son rapport sur l'état actuet de U physiologie générale, dans le quel- ce éminent savant rapporte le phénomène de l'apparition de l'intelligenee et de sa disparition h l'arrangement de la matière primordiale du cerveau, de crois que lo grand physiologiste français ne s'écarterait pas de la vérité s'il avait ajouté it sa proposition ,,«/ de la métamorphose de ces éléments primordiaux.”
PHm)SOPHIE
<!• la