FORCE
L/homme est pincé dans la nature au centre de l’infini. — 11 voit d’un côté les inondes infiniment petits et de l’autre infiuiments grands. — Tournera-t-il son regard vers le ciel, ou va-t-il examiner la nature au microscope, toujours il sera frappé par l’infini. — La matière même en apparancc finie, lui paraîtra dans l’atome infinie; taudis que l’infinité de la force et de l’idée lui apparaitra finie dans l’iufiuité de la matière.
L’homme est le centre de deux extrêmes de l’infini, ausi bien physique que moral: par sa nature physique il est infini dans son fini matériel; par sou côté moral il est borné par rapport à l’infiui de la Sagesse et de l’Amour suprême, et si en rentrant en lui même il se voit petit et borné, en aprofondissant la nature de son côté immortel, en pénétrant dans l’esprit des générations passées et futures, en s’élevant à sa cause suprême, il se sent infinité puisant son onction daus l'infini du Créateur.
Les lois de la nature émanant de la plus grande Sagesse, impreignées de sagesse, en plaçant l’homme sur la limite des deux extrémités de la nature, de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, voulaient dans leur sagesse primitive que l’homme en expliquant les mondes infiniment petits par des infiniment grands, l’infini par le fini, la matière par la force et la force par la matière arrivât finalement si non à la résolution de ses mystères, du moins à leur intelligence.
Nous répétons depuis l’antiquité les mots force et matière et nous ne connaissons ni l’une ni l’autre.
Avant de donner une juste idée de la matière et de la force au chapitre „Dieu et la nature , autant que les lois de l’unité de la nature le permettent, voyons ce que c’est que la force et quel est son rapport avec la matière.
Il n’ y a rien d’absolu, tout est relatif et conditionnel dans la nature. Le repos et le mouvement sont des choses relatifs, et dépendent de la manière de les envisager. Ainsi, toutes les choses qui nous paraissent le plus immobiles à la surface de la terre, ne sont que dans un rapport relatif. Ce chêne qui est immobile devant nous, cette montagne touchant la voûte des cieux par son sommet immobile depuis des siècles, couverte de neige et de glace pouvons-nous supposer qu’elle parcourt dans une seconde dix fois plus d’éspace que n’ en parcourt dans le même temps un boulet qui sort du canon. Ainsi les arbres, dit Bouchardat, sont en x-epos par rapport aux montagnes et les montagnes sont en repos par rapport au sol et à la masse du globe; mais les arbres et les montagne, sont emportés avec nous dans le vaste orbite de notre planète. — Cependant, en parcourant aussi vite les espaces du ciel nous ne pouvons pas juger de notre mouvement absolu,
car il faut ajouter au mouvement de notre planète celui du système solaire qui emporte dans sou mouvement la terre, comme la terre emporte avec elle tout ce qui se trouve à sa surface; comme elle emporte son air et ses nuages, ses arbres et ses moutagnes.
Les idées de repos et de mouvement, dit très justement le même savant, sont, comme l’idée d’impénétrabilité, des conceptions simples et primitives qui ne peuveut se définir. Le mouvement est absolu ou relatif , selon qu’on le compare à uu espace absolu ou relatif.
Ainsi le repos et l’impénétrabilité des corps sont relatifs. La gravité, ou la pesanteur des corps envisagée de plus près n’est autre chose que l’attraction. Je dirai plus et je tâcherai de prouver, que les forces regardées jusqu’à présent comme entités indépendants, comme forcestypes, commes forces à part, comme l’attraction par exemple, la répulsion, la gravité, la cohésion, l'affinité, l’électricité, le galvanisme, la chaleur, la lumière, la force organique végétale, la force organique animale, ou la force de la vie, l’intelligence et lame, que toutes ces forces sont l’état relatif et conditionnel d’une seule et même force élémentaire, de la force type, envisagée seulement dans les différentes conditions de son être et vue dans les divers degrés de sa puissance, de son développement, de sa métamorphose; ou plutôt dévoilant ses propriétés communes à travers les divers états materiels du monde physique qui permet tantôt à la force de n’être que lumière, tandis que dans d’autres circonstances il permet à cette même lumière de briller comme intelligence.
Avant de nous acquitter de notre thèse de l’unité des forces de la nature, tant simples, qu’ intellectuelles et de leur identité dans le principe; avant de démontrer leur identité avec la matière dans l’atome, voyons comment les
savants ont defini la force et les forces diverses et si dans leurs définitions mêmes, nous n’allons pas trouver le noyau de nôtre pensée.
Aristote considérait la chaleur connue une «jualité „qui réunit les choses homogènes, et qui désunit les choses hétérogènes.” — Toujours l’attraction et la répulsion.
Pouillet donne de la force la définition suivante: ,,1’ar le mot force dit-il, nous entendons des causes diverses qui ont pour but de passer un corps de l’état de repos à l’état de mouvement et les quelles modifient ce mouvement.”
Or, passer un corps de l’état de repos à l’état de mouvement, signifie à notre avis, attirer, ou repousser. — Modifier ce mouvement, veut dire encore diriger ce mouvement, retenir la fougue du mouvement, veut dire en définitive attirer et repousser.
Boerhaave définissait ainsi le feu:„un corps sui generis, qui a été crée tel, qui ne peut être altéré en rien et ne saurait être produit de nouveau par aucun autre corps, n 'être changé en aucun autre, et dont les effets sont la chaleur et la lumière.”
D’après Bacon et Newton „la chaleur n'était pas une propriété originairement inhérente aux corps, mais une propriété qui pouvait y être développée mécaniquement.”
Dufay regarde l’électricité, „comme composée de deux fluides, ou de deux éléctricités; l’une résineuse et l'autre vitrée, ou l’une négative et l’autre positive, l’une attractive et l'autre répulsive.1' C’est différent, car cette théorie exprime au moins franchement la chose.
Franklin en donnant la définition de deux éléctricités a savoir: de l’électricité positive et négative , ou de l'attraction et de la répulsion , n’admet pourtant qu’une seule force électrique, „qui serait en elle même une répulsion" ou qui agirait par la répulsion sur elle même et par l’attraction sur les corps pondérables.
Dans la définition de Franklin nous faisons un grand pas en avant. Dans sa définition toutefois, on sent une certaine incertitude dans la seconde moitié de la phrase.
D’après Franklin, chaque corps doit contenir une certaine quantité de fluide électrique dépendant de sa masse et de sa nature, afin qu’il y ait équilibre de l’électricité entre ce corps et tout ceux qui l’entourent, que le frottement par exemple peut augmenter, ou diminuer cette quantité necessaire pour l’équilibre, et le corps est alors électrisé positivement, ou négativement.
Peltier n’ admet ni les deux fluides de Dufay, ni le fluide unique de Franklin. Selon lui, la cause des phénomènes életriques comme celle de la lumière et de la chaleur est une modification du fluide' universel qui remplit l’espace et que tous ses phénomènes ne sont que les degrés différents de même état, que la force est en repos lorsqu’elle ne manifeste rien, ou lorsque’elle est inerte et que par le frottement d'un corps sur un autre on la fait sortir de cet état de léthargie et la mettre en action.
Faraday regarde le magnétisme comme l’électricité en mouvement etc etc (').
Nous voyons déjà par ces définitions que la science a fait quelque pas vers la synthèse.
11 est reconnu d’ailleurs aujourd’hui, que l’électricité, le magnétisme et le galvanisme sont au fond la seule et même force.
„Nous nommons lumière , dit Bouchardat, cause inconnue de la visibilité.”
Cause inconnue !
(') Voyer U Physique île Bouchsrdnt, de Pouitlct, do Ganot et autres . . .
La science après avoir avoué ainsi son ignorance sur la cause de la lumière ajoute: que la lumière se produit d'une infinité de manières, que ses principales sources sont comme on le sait le frottement, ou le choc, l'électricité et les actions chimiques. — Nous savons aussi que les mêmes causes produisent la chaleur et l’électricité. Nous savons en un mot que la chaleur, la lumière, l’électricité, le magnétisme et le galvanisme, sont dus à, un seul même agent, mais dont la science ne donne pas la cause première, car si elle connait l’effet des oscillations des parcelles du fluide impondérable, elle ne connaît ni la nature ni la cause de ce dernier.
Une haute température peut suffire aussi pour produire la lumière et nous savons qu’un corps solide devient lumineux quand il atteint une température de 5 a 600 degrés (Bouchardat). — Nous savons qu'en faisant chauffer le fer jusqu’ à une certaine température, que le fer par le seule fait de l’élévation de sa température, va dabord briller d’une couleur sombre à peine perceptible, qui à mesure de l’élévation de la température en passant par le rouge, l’orange, et le jaune, lorsque le fer arrive au maximum de la température et lorsque toutes les couleurs sont au complet, deviendra enfin de couleur blanche. Ce qui prouve une fois de plus l’identité de ces deux fluides dans leur nature intime, que les différentes couleurs de la lumière ne sont que la métamorphose d’une couleur élémentaire ou d’une cause que nous signalerons plus bas, et que la couleur blanche est la synthèse de toutes les couleurs.
Je dirai entre parenthèse que ce que je viens d’exprimer sur lçs éléments de la lumière et sur leurs métamorphoses, a une grande analogie avec les facultés de l’intelligence: telles que la perception, l’attention, la mémoire, le jugement et la volonté, et que ces facultés d’une intelligence, comme forces, ne sont que les métamorphoses successives d’une faculté intellectuelle élémentaire; car
elles constituent l’intelligence entière et lorsrjuo dans des circonstances que nous rapporterons plus loin une de ces facultés apparaît, la perception par exemple, toutes apparaissent successivement les unes après les autres: ainsi après la percepti ni apparaît l'atlentioit, la mémoire etc, — et lorsque une de ces facultés disparait, toutes disparaissent et l’intelligence entière disparait.
Les physiciens se partagent aujourd'hui entre deux opinions principales sur la nature de la chaleur: celle de t émission et des ondulations (’).
Les uns la regardent comme un fluide matériel extrêmement subtile, impondérable, dont les molécules sont dans un état constant de répulsion, et sont sans cesse projetées dans toutes les directions et à toutes les distances, d’un corps à un autre. Ce fluide , qu’on a nommé calorique, existerait dans toutes les substances, accumulée autour des molécules, en s’opposant à leur contact immédiat. La plus ou moins grande quantité de ce fluide dans un espace donné, serait la cause du froid ou de la chaleur.
Les autres regardent la chaleur comme résultat des vibrations des moléculessur un fluide infiniment subtile et homogène, élastique, accumulé autour d’elles, appelé éther. Ces vibrations, suivant leur nombre et leur intensité, seraient la Cause d’une témpérature basse ou élevée . Joung, Arago et Frcsnel ont le plus contribué à faire prévaloir cette théorie, malgré que cette théorie en tirant la chaleur de l'éther, c'est-à-dire d'une matière déjà créée, ne donne pas la première cause de la chaleur, car elle n'explique ni la cause ni la nature de l’éther.
(*) Voyez lu 1’liysiqno de Pouiltet, de Bouchnrdut, de Ganot cto cto.
Philosophie do la NaUr*. $
Même chose dans l’état actuel de la science avec la lumière. Les uns n’ont pas cessé de regarder la lumière avec Newton comme une matière extrêmement subtile, impondérable, traversant les corps transparents, impénétrable relativement aux corps opaques, émanant dans toutes les directions des corps lumineux, qui existait en conséquence avant la lumière, puisqu’ elle émet cette dernière. Cette théorie comme nous voyons, ne donne pas la cause première de la lumière.
Les autres n’ admettant pas que la transmission d’un agent matériel puisse avoir lieu à d’aussi grandes distances, soutienent que la lumière est le résultat des vibrations résultant de l’oscillation des molécules constituant un corps lumineux autour du centre de leur équilibre et communiquée aux molécules de 1 éther remplissant l’univers; que ces vibrations se communiquant d’une molécule à l’autre de l’éther, par la voie de l’ondulation, arrivent ainsi jusqu'à l’œil, où en agissant sur la rétine déterminent la sensation qui constitue la vision.
Fr. Arago s’appuyant sur l’analogie de cette hypothèse de la transmission de la lumière par ondulation avec la théorie du son, d'après laquelle le son est aussi transmis à notre oreille par la vibration des molécules d’air et la transmission de cette vibration à travers les fluides et les corps pondérables, a adopté cette théorie de l’ondulation de Descartes, avec Young, Huyghens et Fresnel.
Or, nous avons vu, que la première opinion des savants, celle de l’émission des anciens et, appuyée par Newton, comme forcée d’admettre la préexistence d’un corps lumineux, ou de la lumière dans la production de la lumière, ne donne pas une explication suffisante sur la cause première de la lumière, et ne nous explique ni l origine ni la nature intime de ce fluide.
La théorie des ondulations d’un autre côté tout en expliquant la formation mécanique des ondes et des rayons lumineux, ne donne pas la cause de la première onde, et en admettant dans l’explication de la cause première de la lumière, l’existence de l’éther, d’un fluide, d’une cause déjà existante, dont elle n’explique pa3 la nature, ni la cause première et dans cette seconde opinion ne donne pas de réponse suffisante sur la vraie cause, ou nature intime de la chaleur et de la lumière.
Ainsi la théorie admise par la science actuelle, tout en expliquant le mécanisme des phénomènes de la chose déjà créée, peut seulement en un seul point nous rendre service dans notre travail, touchant la question de la cause première de la lumière et de la thermicité, par l’adoption de l’existence d’un fluide homogène et universel, d’une substance en un mot impondérable, subtile et remplissant aussi bien l’espace, qu’ entourant les molécules des corps, qu’en pénétrant les corps de toute la création; comme aussi par l’adoption de la loi, que la lumière aussi bien que la chaleur, ou la thermicité, sont les fluides de la même nature, qu’ils naissent de la même source, que leur vitesse par exemple et que leur mode de propagation est le même.
Quant à la formation de la première onde lumineuse, je dirai de suite: que de même que l'intelligence, que l’idée se concentre en elle même, s’exprime, se concrète pour ainsi dire en elle même pour se réaliser, pour se rendre palpable et accessible à nos sens dans le verbe, pouvant se passer dans ce travail intime de tout agent étranger, excepté son moi, qui lui est inhérent, qui constitue sa nature; que de même la force simple, ou cosmique, que l’éther de la physique moderne, relativement inerte, étant de la même nature dans le principe que l’intelligence, que l’idée, étant seulement un
degrés plus inférieur, un état inférieur de l’idée dans le domaine de la métamorphose de la force, (comme dotée dans s i nature comme l’intelligence, comme lame, de la continuité de l’existence), s’exprime en elle même et sans interruption depuis le moment de sa création, à savoir: quelle vit toujours, quelle n’a cessé d’agir uu instant depuis la ciéation, que si elle semble ne pas agir, c’est que sou action est seulement masquée à nos sens avec de certaines conditions dans ses rapport avec la matière; qu ainsi donc, h première impulsion de la force pour jnroduire la première onde du rayon lumineux siège dans la force même, dans la continuité de sa vie dans les lois de sa nature; elle gît dans la continuité des moments de sa vie, qu’il suffit en un mot de lever le voile qui masque son action pour nos sens, pour que nous la voyons agir sans relâche depuis l'éternité.
Frotter un corps avec un autre, veut dire dans mon langage lever le masque à la force, qui, quoique à l’état d’apparente inertie entre deux molécules, n’est pas inerte; puisqu’elle tient ces molécules dans un tout commun et s’y trouve comme nous disons à l’état latent.
11 n’ y a donc pas de forces inertes, de forces mortes, et de forces vivantes. Tout vit dans la nature et agit, ou d’une façon, ou d'une autre, depuis le commencement de la création. D’où il résulte que la cause des oscillations des molécules dans un corps donné, g'tt dans une attciiction répulsive en action permanente ; car, comme nous l'avons vu, ni l’une de ces deux forces, ni l’autre, ne peut exister seule; que leur mariage constitue l’existence de corps par la maintient de leurs molécules dans une harmonie déterminée d’avance; que l’éther qui entoure les atomes et la matière impondérable, donc déjà créée, n’est autre chose que cette attraction répulsive en action; qu’il n’ est autre chose que la force
en voie de métamorphose, ou en action; qu’il n’est autre chose qu’un état qui tient le milieu entre la force et l’atome pondérable, que c’est l’atome proprement dit ou l’atome impondérable, que c’est la première onde en conséquence, ou le premier mouvement de la force dans le monde des sens, et que les ondes suivantes avec les phénomènes de la lumière et de la chaleur, phénomènes qui ne sont que les manifestations de la vie, de la force, ou de la force en action, en mouvement, ne sont que la continuité, ou la suite du réveil jrrimilif de la force en sa source suprême, en Dieu, lors du moment de la création, ou de son réveil vers la création, ou vers le monde des sens, ou de la matière.
Et comme ce réveil dans l’idée est spontané, individuel et embrasse l’idée entière, comme l’idée entière travaille dans un moment donné, — pourquoi la première impulsion dans la force simple, qui remplit l'éspaee ne serait pas générale et n’embrasserait pas la force cosmique tout entière h la fois , dans une direction, ou dans un rayon déterminé? pourquoi ne serait-elle pas commune à un rayon de lumière donné 'et ne serait-elle pas réveillée spontanément et à la fois dans ses deux extrémités opposées?
Ce qui nous explique une si grande vitesse de la «lumière et de la chaleur pour laquelle on ne peut, à la surface de la terre, constater aucun intervalle appréciable, quelque soit la distance, entre l’instant où un phénomène lumineux se produit et celui où l’œil le perçoit Aussi, est-ce aux moyens des observations astronomiques seulement que l’étude de cette vitesse pouvait être logiquement confiée.
Je prends l’exemple suivant. Un télégramme, s’il n’y avait pas de stations, ou de moments d’arrêts dans
le cours de l’électricité, — s'il n’y avait pas de molécules dans la matière du métal qui sert sous forme de fil, de conducteur à la dépêche, que nous regardons comme autant de stations sui generis, ou autant de points d’arrêts, dans le cours de l’électricité (il y a des corps qui coupent le cours de l’électricité en lui faisant une barrière infranchissable, connue les mauvais conducteurs de l’électricité), le télégramme dis-je: traverserait l’univers entier dans un instant. Le moment de l’émission d’un signal, celui de son parcours de l’univers et sa réception, ne serait que l’effet d'un seul et même instant ( *). Même chose avec l'idée, qui, pour un certain nombre de stations, ou d’obstacles, n’est pas toujours d’égale rapidité, ni d 'égale lucidité , et le plus grand de ces obstacles, c’est qu’elle est emprisonnéé dans la matière, ou plutôt qu’elle est emprisonnéé dans un organe matériel dont la plus on moins parfaite organisation est intimement liée avec la lucidité de l’idée, et que tous les cerveaux ne se ressemblent pas, et même que le cerveau du même individu n’est pas le même aujourd'hui qu’il a été hier, qu'il sera demain
Or, ce que nous disions du télégramme, ce que nous venons de dire par rapport à l’idée, s’applique à la lumière et à La chaleur et que si le R. P. Secchi attribue tous les phénomènes de la force, au mouvement de la matière, c’est que la matière comme nous l’avons dit étant un état de la force, étant une métamorphose de la force, exhalant la force, et vivant par la force, se meut et
(') Malgré cos stations, la vitesse tle la lumière est telle, comme nous l’avons déjà dit, <iu’à la surface de la terre ou uc peut lui assigner aucun intervalle appréciable.
oscille par la force; car ce qu’il y a de plus éternel dans la matière, c’est la force: parce que la matière se change et la force élémentaire reste; je dis la force élémentaire, ou l’attraction-répulsive, car les autres forces et le P. Secchi l’a démontré pour les divers ordres, ou états de la force simple, ne sont à leur tour que la métamorphose de cette même cause élémentaire.
Je reviens donc à la question et je dis, que même chose a lieu avec la lumière et avec la chaleur, comme avec l’électricité, comme avec l’idée. Qu’il y a des corps transparents, qu’ il y en a de demi-trensparents et qu’il y a des corps opaques; qu’il y a de bons et de mauvais conducteurs de la lumière, et de l’électricité, ou stations, on entraves, ou points d’arrêt à son cours. Que les corps se composent des molécules, et que ces dernières se composent des atomes qui sont autant de stations. Qu’en calculant la vitesse de la lumière ou de la chaleur, nos formules ne donnent pas la vitesse de la lumière par exemple, mais qu’ elles donnent le nombre des stations et des moments d’arrêt dans son cours en un temps donné. Que la vitesse, je le répète, de la lumière sans ses stations ne connaîtrait ni temps ni espace. Qu’en recherchant la cause de la première onde lumineuse entre les molécules, nous indiquons seulement le moment de l’effacement de la cause qui voilait à nos sens le cours de son action dans une direction déterminée: car, cette action est comme nous l avons dit continue et étèmelle comme la création , et quelle a reçu la première impulsion à l’action du Créateur même, au moment de la création.
Ainsi donc, la théorie du mouvement ondulatoire de Descartes, d’Euler, de Huyghens, deFresnel, de Paye et du R. P. Secchi considérant le mouvement de la matière comme cause première de tous les phénomènes physiques de la
force et de la matière, quoique ingénieuse dans l’explication des phénomènes de la lumière, de la chaleur, de l’électricité, du magnétisme et des forces moléculaires, quoique entre les mains du R. P. Secchi donnant pour la première fois au monde étonné une synthèse des forces physiques regardées jusqu’à ce jour comme entités, comme existences à part, n’est pas satisfaisante pour nous; car elle ne nous donne pas la cause première, ni de la force ni de la matière, ni de la création en fait de force, depuis les forces simples jusqu’à l’intelligence et en fait de la matière, depuis la matière brute jus’qu’à l'homme; car elle ne nous 'donne pas la synthèse de toute la création, car elle ne nous donne pas un mot de réponse sur la nature intime de la force et de la matière, ni sur le rapport de la force avec la matière.
Mais ne devançons pas les faits, suivons le cours de notre idée.
Or, Becquerel prétend et avec raison, que tous les phénomènes de la phosphorescence, ou de la production spontanée de la lumière entre les molécules d’un corps en décomposition lente, sont le résultat de la neutralisation de deux électricités (son expression), qui s'opère entre les molécules dont un corps donné est le théâtre etc.
D’où il résulte, que toute séparation de deux molécules, produit la lumière „qui pour de certaines causes sera une fois visible et une autre fois invisible.”
La phosphorescence que je regarde comme un état particulier de l’électricité serait donc une manifestation lente et continue de l’action de la force présidant à la désagrégation, à la séparation ou à l’union des molécules entre èUes dans un corps donné; que l'attraction dans sa
répulsion en action serait lumière et chaleur ! Pensée
fécondé, que nous tâcherons d’appliquer dans notre philoso-
phie du soleil en tant, connue centre d'un système des corps maintenus dans un tout harmonieux, au moment de l’action de la force qui se concentre dans le point occupé par le soleil et qui est continue.
La physique moderne en parlant en général des causes de la lumière, de la chaleur, de l’électricité, du magnétisme, du galvanisme etc, leur assigne comme sources le soleil, les déc impositions chimiques, le frottement etc...., oubliant, qu’elle n’exprime en beaucoup de mots qu’une seule et même source, ou plutôt qu’elle indique les sources, mais qui philosophi quement parlant ne sont au fond que la seule et même chose.
Car, la force qui préside aux compositions et aux décompositions chimiques entre les molécules d’un corps donné, est exprimée sur une échelle gigantesque dans le centre du système solaire, ou système de corps, ou molécules célestes, occupé par le soleil, et que le fl ottement est la même opération qui se passe entre les molécules pendant les actions chimiques. Une diversité de forme et de langage, l'identité dans le fond de la chose.
L'illustre P. Secchi, par l’analyse des trois ordres de phénomènes, constituant les forces regardées jus |U à présent comme autant d’entités à part, comme lumière, chaleur et électricité, a démontré l'indentité de ces forces, pouvant se réduire, si encore j’ai bien saisi sa pensée, à nue seule cause commune et élémentaire, au mouvement de la matière ('). Fait, qui existait déjà en principe dans l'esprit de Cuvier et de Galilée (2).
(') L'unité des forcea physiques* Paris 1869.
(a) Histoire du progrès de# sciences naturelles.
Pbiloiophia de la 9
Ainsi la science est arrivée à la synthèse des forces simples et nous enseigne, que leur élément, ou cause première est le mouvement.
Examinons, si le mouvement de l’astronome de Rome est l'élément des forces simples, ou s’il n'est qu’un phénomène à son tour de l’élément des forces simples et quel est le vrai élément de la force.
Or, si nous montons dans une voiture, ou si nous entrons dans une nacelle, ni la voiture ni la nacelle ne bougeront de place. Que faut-il pour les mettre en mouvement.?
Que faut-il faire pour leur imprimer un mouvement, pour les faire avancer? Il faut ou les pousser, ou les attirer. Que font les chevaux traînant une voiture ? Les chevaux l’attirent vers eux, par la conceutraction de leur force individuelle, ayant le sol pour point d’appui, ou de repos, ou d’équilibre. Que fait le batelier avec sa nacelle pour avancer sur l’eau? Il s'appuie au moyen de sa rame à une couche d’eau, il se place au moment du repos relatif, ou de l'équilibre de la force et une fois ramassé, ou attiré en lui-même par la coucentraction de sa propre force une quantité de la force surpassant la résistance de la nacelle, par la répulsion en lui-même de cette force du point qui lui servait d’appui, par sa répulsion subite eu ellemême, il donnera un mouvement à la nacelle en avant.
Ainsi, le mouvement n'est pas la cause de la force, mais bien son effet; il est finalement comme nous venons de le voir la conséquence, l’effet de l’attraction dans la répulsion.
Le mouvement n'est pas uu élément, mais un phénomène de la force type, de la force élémentaire, comme la. lumière et la chaleur eu sont chacune à leur manière.
Nous dirons donc que ce n'est pas le mouvement qui est l'élément des forces physiques, mais bien une force que nous appellerons fit traction-répulsive.
Et comme le mot homme ne signifie rien par lui-même mais nous donne l'idée d’un être animé et intelligent; nous voulons qu’on no s’attache pas à l’expression, mais à un fait, à la force, aux qualités de la force que cette dénomination exprime, que l’on considère la force non pas comme un nom, mais comme un fait, comme un être, qui doit avoir son existence.
En écrivant la synthèse de la création je ne serai pas accusé d’être pour les entités, et de créer des entités. .Te dirai donc d’avance que mon attraction-répulsive est un état, qui sans être entité, comme nous le verrons plus loin, fait un entité dans la création; connne l’homme, comme je l’ai déjà dit, comme la plante en fait un, sans empêcher pour cela que la création ne fasse qu’un tout parfaitement un et hannonieux.
Ainsi le mouvement n’est pas la cause première, mais un phénomène de la force en action; Comme la lumière et la chaleur, comme nous les verrons plus loin et comme j’essayerai de le prouver des à présent, n’ont pas pour cause la matière, mais bien la force; que la lumière n’est pas comme le veut le R. P. Secchi une matière eu mouvement, mais quelle est le résultat ou phénomène de l attraction-répulsive en action, ou de la force changée en matière impondérable oscillant par la force: — en d’autre termes que la lumière, la chaleur, l’électricité, le magnétisme etc sont identiques par leur base, qui est la force en action et qu’ils différent par leurs phénomènes autant, que leur cause élémentaire agit au milieu des circonstances diverses du domaine de la matière, autant qu’ils apparais-
sent à nos sens à travers les différentes facettes, si je puis m’exprimer ainsi, île la prisme-nature.
Si le cerveau est lésé comme nous le verrons bientôt, l’intelligence cesse et devient attraction-répulsive , devient forces co •imit] ue\ si les éléments primordiaux du cerveau lésé rentrent en harmonie par leur arrangement et par leurs métamorphoses convenables, l'intelligence apparaît et la force cosmique devient intelligence?
Je m’explique.
La chaleur ne donne pas la lumière, mais désagrège, éloigne les molécules dans les corps, réveille la force latente, et en équilibre, en repos relatif à une action palpable à nos sens, au mouvement; ce mouvement, ce moment de l’action de la force, pour des certaines conditions dépendantes de la matière, sera lumière et pour d'autres conditions, sera chaleur.
Or, je crois que le R. P. Secchi en étudiant ces conditions matérielles conclut à tort que la lumière par exemple, a pour cause le mouvement de la matière. C’est la force qui est dans la matière, qui entoure la matière, qui meut la matière et qui constitue la matière, qui est cause de la lumière et que la lumière comme phénomène dépend de C état de la matière (pie la force lui a imprimée.— llyajecrois dans les conclusions du U. P. Secchi, une confusion de la cause avec les conditions de ses effets.
En d'autres termes, que pour nous, la même force élémentaire en action est lumière, est chaleur, est intelligence et que c’est par l'arrangement et par un certain état de la matière qui n’est que la force métamorphosée, que cette force élémentaire devient une fois lumière visible et une autre fois lumière cachée, une fois intelligence active et une autre fois endormie. 11 ne s'en suit donc pas que la matière privée de force, chose qui n'est pas ad-
missible et qui serait môme incompréhensible, pourrait être susceptible du mouvement, puisque le mouvement, puisque la force n existerait pas, et puis en supposant même que cette matière en mouvement serait chaleur ou lumière ou intelligence, il ne s’en suit pas que la matière, serait t c lément ou la cause première de l'intelligence, lorsqu’elle n’est qu'une des conditions de la manifestation de la lumière, de la chaleur et de l’intelligence.
La force est l’élément de l’atome et par l’atome de la matière; l'atome vient de la force, et n’est que la métamorphose de la force: ce qui fait que lratomc, que la matière agit sur la force et que la force pent agir sur la matière.
La lumière semble au premier abord ne pas avoir de prise sur la matière et ne pas avoir d'influence sur l’éloignement de ses molécules, qu’elle ne peut pas à son tour réveiller l’action dans une force étant dans un repos apparent— qu'elle est sans influence sur les forces organiques et sur l’intelligence!
Or, laissant de côté les expériences dans lesquelles la lumière seule suffit pour opérer une combinaison chimique, exemple: le gaze hydrogène et le chlore s’unissent avec détonation sous la seule influence de la lumière solaire et donnent un composé d'acide chlorhydrique ; si je passe sous silence toute la photographie, cette admirable découverte qui est toute basée sur l'influence de la lumière sur la matière: si je passe sous silence les faits dans lesquelles la lumière seule décompose les composés chimiques et comme de raison éloigne les molécules dans un corps donné, y détermine les métamorphoses tant dans la force élémentaire que dans les molécules des corps simples, où la lumière en conséquence appelle la force à l’action; voyons ce que de-
viendrait la nature tout entière organique tant végétale qu’animale sans cet agent modificateur puissant, ou abstraction faite du phénomène lumineux de la force occulte qui pour de certaines conditions de la matière au milieu de laquelle nous la voyons, nous apparait comme lumière et qui apparaîtra dans d’autres conditions comme chaleur, comme intelligence, comme magnétisme, que deviendrait la nature tout entière sans cet ordre de la force simple, qui apparaît à nos sens et vivifie toute la nature sous forme de lumière? Entrons dans un appartement sombre, descendons dans une cave et après y avoir séjourné quelque temps rentrons dans un appartement bien éclairé, ou qu’une matinée claire et sereine nous réveille et nous verrons de quelle accablante tristesse nous sortirons pour passer à une joie pure et enchanteresse, quel sentiment d’espoir et de béatitude ne se réveillera-t-il pas en nous, comme nous nous sentirons libre et joyeux, comme notre intelligence sera fraîche et lumineuse, comme notre corps sera frais et dispos, comme nous sentirons toutes nos forces animées. Le temps serein et clair élève l’àme et convie toutes nos forces à l’action, il réveille dans l'oiseau une béatitude qui se répand en gazouillement mélodieux, il élève le front du sauvage vers le soleil et lui fait honorer le créateur. La lumière excite et réveille visiblement jusqu’aux facultés de l'intelligence, étant en principe mêmç force que l’intelligence. <
L’intelligence n’est pas lumière, la lumière n’est pas chaleur, la mémoire n’est ni instiuct ni jugement, la volonté n’est pas la digestion ni la respiration; la lumière toute fois comme la chaleur, comme la digestion, comme l'intelligence sont les forces de la même espèce en principe, sont dans le principe une attraction-répulsive.
La lumière est une condition sine qua non de la vie des plantes, des animaux et même de toute la création en ce sens qu’étaut un ordre donué de la métamorphose de la force depuis la force type jusqu’à l'intelligence, si cet ordre, si ce degré dans la force manquait, la métamorphose, ou le développement de la progression de la force se trouverait ainsi coupé et il n’y aurait plus de force supérieures, il n’y aurait plus ni forces organiques ni facultés intellectuelles! Toute force dans des circonstances données, peut se convertir par la voie de la métamorphose en une force au dessus d’elle, toute force supérieure n’est que le développement que la transformation de la force inférieure. La nature serait estropiée non seulement si la lumière faisait défaut, mais s’il lui manquait un seul ordre des forces, elle ne pourrait plus exister. — Voyez l’homme, ou une plaute gardée pendant un certain temps dans l’obscurité, quoiqu’on ne peut s'imaginer une obscurité absolue, l’homme sera anémique, bouffi, malade, la plante perdra de sa verte fraîcheur ,
elle sera malade ! La lumière est partout et
toujours, seulement à un degré plus ou moins élevé. Je dirai encore une fois qu’il est même impossible de se figurer par la pensée, la non existence d’un ordre de force quelconque sans la mort instantannée de la nature.
La lumière et la chaleur ne sont pas matière, mais comme phénomènes de la force, elles l’accompagnent dans sa fougue dans l’action, dans la création, dans sa métamorphose, qui dans la nature est continue.
Elles sout donc d’inséparables et intimes phénomènes sui generis des états impondérables, de la matière, elles diffèrent comme je l’ai dit plus haut, entre elles en tant, quelles
se manifestent par différentes faces de la prisme-nature , à travers lesquelles vient avec elles la force élémentaire élevée à tel, ou un tel autre degré de la métamorphose, de la création dans la voie de l’action; le quel procédé, laquelle conception de la force en elle-même pour se métamorphoser en matière, pour se changer par l’atome en matière, est la lumière, est la chaleur, est une itincelle électrique
La lumière n'est pas la chaleur, la chaleur n’est pas la lumière, la lumière n’a pas de température en jugeant la chose d’après ses manifestations. — Puisque toute fois le moihis fuciendi de la chaleur et de la lumière est le même, à savoir: puisque l une comme l’autre sont forces et peuvent réveiller la force à l'action, ou mouvement; étant donc différentes comme phénomènes, elles sont identiques dans le principe. 11 y a donc des conditions dans lesquelles une fois le réveil de la force en elle-même à l’action, ou à la conception, pour se métamorphoser en matière, sera lumière, une autre fois chaleur, une autre fois chaleur et lumière, une autre fois ces phénomènes vont tous ensemble, ou séparément faciliter la digestion, ou les forces organiques, etc; ce qui ne conteste
pas 1 unité de toutes ses forces dans le principe: qu elles expriment la même force de différentes manières et dans différentes conditions.
La lumière, la chaleur etc etc, sont donc des phénomènes du l'état impondérable de la matière, sont des manifestations du fluide infiniment subtil en mouvement, ayant la force pour essence, pour base, pour âme; laquelle en déterminant en lui ce mouvement, enfante les phénomènes en question au moment de se convertir, ou de se
métamorphoser en atome pondérable, ou en matière proprement dite.
Quant à F élément de la force simple, c'est un esprit aveugle, C'est une volonté passive (’), réduite dans sa plus simple expression à t attraction-répulsive] lequel esprit, laquelle volonté passive dans la force simple est active dans l’intelligence, se connaît et s'élève à Dieu, ou au principe actif de l’esprit passif de la force élémentaire, ou simple.
La chaleur et la lumière etc, prises comme entités, sont des états impondérables, intermédiaires entre la force considéré comme esprit et l’atome pondérable, et consitucnt les agents physiques, ou forces physiques, ou la création proprement dite.
Robin a su séparer au moyen de l’iode les rayons lumineux de la chaleur, et allumer avec les rayons de la chaleur le bois daus l’obscurité. Je connais des physiciens qui voient dans ce phénomène une différence tranchée entre ces deux fluides. — Pour moi, ce n'est pas une différence, mais au contraire la plus grande preuve de l'identité de ces deux fluides dans le principe , puisque la chaleur daus certaines conditions peut remplacer, on se transformer en lumière et réciproquement.
Toute température depuis la plus basse jusqu à la plus élevée peut devenir lumière; car au fond elle n’est autre chose que la lumière. — Je dirai même plus; je dirai que partout où on trouvera une température quelconque, qu’il y aura aussi lumière tantôt visible et éclatante, et tantôt cachée ou voilée, ou invisible; que partout où
(') Nous donnerons l'explication de ces termes dans lo chapitre qui traitera la (U finition de la force.
Philosophie de U Nature*
il y a lumière, la chaleur doit exister, et que nous manquons seulement d’instruments assez délicats et sensibles pour apprécier scs degrés — pour voir dans les ténébreux mystères de la nature.
Si je dis en conséquence 2, 3, 10, 50, 5000 degrés au dessus de 0, si je dis 10, 30 degrés au dessous de O, cela reviendra au même, et ne va pas démentir la vérité, car il y a partout lumière!
Une si grande différence entre les forces et une si grande analogie entre elles!
tjuc cette analogie n’ait pas 'servi jusqu’il présent à reconnaître l’unité et l’idendité dans le principe de toutes ces forces, ou états impondérables en mouvement, ou fluides animés, avec une différence dans les phénomènes; qu’elle n’ ait pas servi à reconnaître le principe élémentaire actif commun à toutes ces manifestations si dissemblables au premier abord ?
Peltier et Secchi sont allés loin, mais le dernier a embrassé seulement la lumière, la chaleur, l’électricité, le magnétisme et les forces moléculaire dans sa synthèse, et encore après avoir dit, que ces forces ne sont que des modes du mouvement , il se demande (pag. 156), ,,en outre la matière pondérable existe-t-il oui, ou non un fluide coopérant aux phénomènes présentés par la matière commune?” comme si un fluide et la matière n’étaient pas' matière et comme si la force devait avoir absolument une consistance fluide. — La force comme je l’ai déjà dit n’a rien de matériel, malgré qu’elle ait du pouvoir sur la matière — malgré qu’elle engendre la force physique ainsi que la matière, que la matière en soit la concrétion, la métamorphose
Geoffroy Saiut-Hilaire, comme nous allons le voir bientôt a ramené les animaux vertébrés, malgré tant de
différences dans leur organisation, à l’unité de type: ce qui est déjà un grand pas dans la synthèse de la création.
Mais revenons aux corps simples et aux forces simples.
Or, toutes les propriétés générales, comme la gravité, ou la pesanteur, la divisibilité, la sonorité, la dilatabilité, l’élasticité etc etc se laissent expliquer par l’attraction dans la répulsion, car ils ne sont que l’expression d'un certain rapport de ces deux qualitées de la même force simple entre ses molécules.
Nous savons, que l'attraction entre les molécules des corps solides est si grande, que si nous prenons deux dalles en marbre bien poli et si nous les mettons l’une sur l’autre, ces dalles se colleront si bien ensemble qu'il nous faudra employer une grande force pour vaincre leur adhésion mécanique.
Quant aux corps solides et liquides, cette tendance à s'unir est plus grande encore; car il suffit de plonger un corps solide quelconque dans un liquide pour eu enlever une partie qui y restera attachée.
Les liquides s'unissent entre-eux très-facilement par la voie mécanique. — Tant est grande parais les corps simples la tendance à s’unir entre eux.
Les gaz malgré leur nature centrifuge s'unissent entre eux par le seul contact. — Ils s' unissent plus facilement lorsque nous les ramenons à l’état liquide. Je parle toujours de l'union mécanique qui peut même devenir très-facilement chimique car il suffit par exemple d'éle-
ver la température de l'oxygène et de l’hydrogène, pour qu’ils s’unissent chimiquement et se convertissent en eau.
La cristallisation donne la meilleure preuve de l’attraction naturelle et spontanée entres les molécules en dissolution dans un liquide, appartenant à un corps donné.
Or, h force qui uuit ainsi les corps, unit aussi leurs molécules.
Je ferai toutefois remarquer à cette accasion, que je regarde la force d'affinité, ou celle qui unit les molécules des différents corps simples dans un corps donné, qui au moment des compositions et des décomposition chimiques va abandonner une molécule pour aller à la recherche d’une autre, qui va jusqu a l’arracher à une autre qui la tenait unie à soi, que l’affinité dis-je est d’un ordre plus élevé que la cohésion et qu’elle préside dans toutes les compositions et décomposition chimiques, que c’est toujours îattraction-rèpulsive quoique plus intelligente dans sa sphère que la simple attraction.
On peut décomposer l’eau comme nous l'avons déjà dit de différentes manières. Ainsi nous pouvons obtenir son analyse au moyen du zinc, de la pile de Volta, de potassium, du fer passé au rouge etc etc.
Je prends l’analyse de l’eau par le zinc.
Il faut trois corps pour cela: l’eau (corps composé), le zinc et l'acide sulfurique (corps composé).
Si nous plaçons tous ces trois corps ensemble dans un vase en verre, chaque molécule de la surface du zinc touchant à l’eau, va attirer comme le voulait jusqu’ à présent la science, une molécule d’oxygène de la molécule d’eau qui lui était la plus rapprochée et mettra l’hydrogène en liberté, qui plus léger que l’air va atteindre la partie supérieure du vase ('). D’après ma manière de voir tout atome pondérable, ou tout couple d’atomes de la superficie du
( ') ,,Loru d’une combinaison chimique , dit le R. P. Seoohi p. 16 3, il s'opère dans les corps de notables changements, sinon clics seraient de. simples mélanges. Voilà pourquoi l’anciunne théorie, tout en admettant l’action de forces spéciales, croyait également aux changc-
zinc, retournera comme nous l'avons dit à moitié route à son origine, ou à la force physique; va se divorcer pour ainsi dire avec sa moitié, ou avec l’atoine proprement dit, qui passera au même instant à son état primitif, à l’état impondérable, à l’état d'une parcelle d’éther, retournera à l’état que les physiciens appellent force, ou chaleur, lumière, etc: ou matière impondérable en vibration, — passera à la lumière et à la chaleur, passera à une étincelle électrique, à l'éther, et en rencontrant dans cette voie un atome d’oxygène de la molécule d'eau, qui lui aussi a subi la même métamorphose de retour à la force, à une étincelle électrique, à l’éther en vibration, s'uniront, en donnant naissance à un atome, ou à un couple d’atomes d’un corps nouveau pondérable.
En parlant du retour de la matière à moitié route à la force, j’entends par la force, comme nous le savons déjà
monts dus seulement i dos réunions moléculaires de nouvelle formation. — Mais en quoi constistcnt ces changements? A cette question il a été jusqu'ici impossible de répondre, car nous ne connaissons pas la nature intime des corps. Si h la constitution des corps prend part un fluide spécifique fermant de petits tourbillons autour de chacune des molécules, on comprend comment une combinaison peut jeter un trouble complet dans les atmosphères des atomes élémentaires, et établir un nouveau régime dans celles des molécules composées; il se produira donc ’ dans la masse a ce moment une grande agitation.”
„Nous voulons actuellement faire remarquer une chose importante, poursuit le R. 1*. Secchi, c’est une certaine discontinuité apparente, facile h observer dans tous les phénomènes naturels. — En éffet, les changements ne se font pas par degrés insensibles, mais le phénomène parait s’établir brusquement : ainsi, lors de la solidification d’un liquide les capacités calorifiques changent subitement. Semblable chose arrive pendant une réaction- chimique. Il importe de chercher qflello est la
non pas la force physique, ou demi-materielle, impondérable, mais sou essence, son esprit, son âme, qui agit eu elle. Il en résulte que la lumière et la chaleur ne sont ni force ni matière] mais sont des états intermediaires entre la force regardée comme esprit passif et la matière pondérable, sont force au moment de son action, au moment de sa conversion en matière, sont donc une matière pas définitivement formée et pour cela elles sont des modes d'une matière impondérable.
Nous ne pourrions jamais présumer l'existence de l'état impondérable d’un atome, ni deviner qu’il passe à l’état impondérable, qu’il passe à un état qui a pour phénomène
cause de ces soubresauts de la matière. I.cs brusques variations éprouvées par un corps en passant d'un état à un autre sont ducs it des causes multiples: au moment de la liquéfation, ils peuvent s'expliquer par la délimitation apportée it l’amplitude des mouvement de translation; dans la solidification, rien n’cmpdcho de les attribuer à l’orientation des axes et au changement du moment d'inertie des molécules. '
„La modification subito qui s'accomplit pendant une action chimique, est due certainement au moins en partie à des causes analogues; seulement l'effet porte sur des groupes moléculaires plus petits et de masse différentes; toutefois le phénomène parait être un peu plus complexe. Ceux qui admettent les forces abstraites expliquent tous ces faits avec une grande facilité, en disant qu'ils dépendent de l’intensité des différentes forces d'affinité; mais si l'on veut donner une raison vraiment physique des phénomènes, je ne crois pas qu'il soit possible de la trouver dans les principes exposés jusqu'ici.”
„Il nous reste toujours termine le R. P. Sccchi h chercher quelle est la cause déterminante de la combinaison des atomes, car toutes nos connaissances sur ce point sont insuffisantes.”
Ja rapporte h dessiu cette théorie du U. P. Sccchi comme expression, cutro autres, de l'ctat actuel de la science en cette matière.
la chaleur et la lumière, et qu'il passe à la force physique, si un myriade d’atomes d’une surface donnée de la matière, si un corps tout entier ne passait pas quelquefois à l’exemple de la poudre à canon enflammée à l’état de la matière impondérable, ou à l’éther pendant une décomposition chimique et ne donnait pas naissance aux phénomènes de la lumière et de la chaleur: phénomènes dûs d’après Secchi aux vibrations des parcelles d'éther, ou de l’état impondérable de la matière en mouvement et d’après nous dûs à la force métamorphosée en fluide impondérable en action, ou de la force métamorphosée en éther en action: car, s’il se forme de la fumée pendant cette opération et s’il en reste un résidu noir après, cette fumée et ce résidu n'est pas la poudre, mais bien un corps nouveau , créé pendant le passage de la poudre par le feu, ou par l’état impondérable. — La bougie allumée et qui sera bientôt consommée, ou qui passera bientôt d’un bout à l’autre par le feu pour disparaitre à jamais, laisse sur une soucoupe en porcelaine une tache de suie, ou un corps, dans lequel les éléments de la bougie sont profondément changés, — et transformés.
Il en résulte, que l’existence de l’atome est compatible avec la plus haute température. ; ou en d’autre ternies, que la plus haute température non seulement ne détruit pas l'atome , ou f élément de la nature, mais que cette température de feu constitue un des phénomènes de sa création, ou de son existence éphémère; bien, qu'il suffît d'une température de 100 à 130 degrés pour détruire la vie d’une cellule, ou d’un germe organique. Ce qui nous explique encore, que malgré que l’atome simple, ou élémentaire, comme tout corps céleste, comme nous le verrons en son lieu, ait été au moment de la création, ou au moment de la métamorphose de la force en matière à l'état de
feu , qu'il est une parcelle de feu, ou de la matière impondérable, ou de la force en action; que non seulement l’élément vivant de la création ne s’y est pas trouvé détruit, mais que cet état de feu n’était que cet élément même, qu’une condition sine quanonéia commencement de la création, ou de la transformation de la force en matière. — Un atome, dis-je, ne peut être attaqué même par le feu parceque le feu n'est que l’atome en mouvement extrêmement accéléré, parce que le feu n’est, que le phénomène de son état naissant, ou de la force physique en action, parce qu’un atome d’oxygène par exemple une fois formé, ou sorti de la température d’une étincelle électrique , ou de l’état impondérable en mouvement, introduit dans notre économie et assimilé comme parcelle constituante de l’eau par exemple, ne tardera pas à y revivre comme si rien n’était et à prendre le rang, ou le degré du développement organique dépendant de l’importance de l'organe dans lequel il s'est trouvé fixé. — D'où nous concluons, tout en nous promettant d’y revenir dans le cours de ce livre, que l’atome est un entité vivant et compatible avec le feu: puisqu’il est force active comme chaleur, lumière et électricité, puisqu'il constitue une parcelle de l’état impondérable vivant — infiniment plastique, puisqu'il peut se changer comme nous l’avons dit à l’infini et revêtir la vie organique des milliers de variétés de toutes les plantes et de tous les animaux, dans toutes les nuances de leurs âges et dans toutes les conditions de leurs existences.
L’éther est donc pour nous un monde de moitiés d’atomes pondérables, ou de couples d'atomes en voie de leur union, ou de la matière en voie de formation; est un monde de particules impondérables liées ensemble
toujours vibrantes, quoique inertes et à l’état d'équilibre par rapport à la matière pondérable, toujours prête à aller à l’autel de la création, à se réaliser, à subir une plus haute métamorphose et à devenir l'atome, ou la matière proprement dite; c’est l'effet de la vie de la création, de l’échange continuel de la matière , de son rapport avec la force, c’est le passage de la force à la matière, c’est le retour de la matière à la force, c’est la force non encore matérialisée et changée en état pondérable, c'est la matière moitié route vers la force regardée comme esprit aveugle, c’est le monde des liens de la force et de la matière, c’est un fluide subtil et impondérable, qui, une fois en mouvement d’une intensité donnée dans ses parcelles, produit les phénomènes de la lumière et de la chaleur et constitue ce que les physiciens ne cessent d’appeler force.
La matière pondérable une fois formée, la lumière s’éteint; car l'action de la force se ralentit, car les vibrations dans les parcelles d’éther devenus atomes pondérables par leur mariage réciproque, devenus matière, se ralentissent, mais ne cessent ' pas; car les conditions pour l'apparition des phénomènes lumineux dans ce point se trouvent ralentis, car la chaleur passe à l’état latent, cachée, car la chaleur et la lumière deviennent cachées: comme témoignage de l'action cachée de la force entre les molécules du corps créé.
La science actuelle, admet l’existence de l’éther, ou d’un fluide subtil entourant les molécules des corps, (^uani à moi, je regarde l’éther comme constituant par l’union dises particules, ou atomes , les premiers couples d'atomes, ou la matière pesante , comme force en action, ou force en partie changée en matière, ou fluide extrêmement subtil oscillant
Philosophie de U Nature. I 1
par la force, qui est son essence, son esprit, son âme, et donnant avec ses oscillations, ou avec ses modes d'être les phénomènes de la lumière et de la chaleur; ou en un mot, comme l'état impondérable toujours prêt à se métamorphoser en une matière nouvelle, en premier couple d’atomeset dont l’essence constitue l'attraction-ré/mlsiee, qui maintient les atomes à des distances données dans un corps quelconque, les constitue et préside par là à l'existence de la matière et à la production de ses phénomènes.
Le R. P. Secchi semble même supposer pour faire comprendre la matérialité de l'éther et sa différence avec la matière pondérable, que l’éther est un fluide homogène, inerte et en équilibre, qu’il est composé d'atomes autres et plus subtils que ceux de la matière pondérable.
Pour moi, les atomes de la matière impondérable sont les atomes proprements dits, comme vivants, comme compatibles avec le feu, indestructibles et comme force en action étant la basse de la matière pesante, ou de la matière proprement dite. — Aussi le R. P. Secchi s’empresse-t-il d’ajouter, ,, qu’il est complètement inutile d’imaginer deux espèces de matière’’ (et pourquoi inutile, puisqu’il existe effectivement une matière impondérable et une autre pondérable?), puis il ajoute (pag, 601) „il n’appartient pas à la physique de décider, si les éléments sont simples ou non, disons plus, cela lui importe peu, que l’atome primitif soit impondérable ou non etc, la physique n’ a pas qualité pour trancher cette question, c’est affaire de métaphysique” (à la bonne heure)!
La force d’ailleurs qui maintient les molécules dans un corps donné toute inerte en apparence et à l’état d’équilibre, u est-elle pas vivante et active pour nos sens pendant les opérations chimiques, ne brille-t-elle pas de lumière, ne rompt-elle pas l’équilibre et l’inertie apparente
entre les molécules fluides de l’éther comme chaleur, ue le met-elle pas en mouvement? L'éther qui rappelé à son tour à la vie, à l’action par sa force intime , ue détermine-t-il pas des combinaisons et des décompositions chimiques dans les corps pondérables comme nous l'avons vu sur le chlore et l'hydrogène ex posés aux rayons de la lumière solaire ?
q*uel est le but de l'éther, de ce monde, de cet eutité abstractivement pris ? L’éther selon nous est un état de la nature naissante, est un état sans lequel beaucoups de phénomènes ne pourraient avoir lieu. . Il est donc placé entre la force et la matière pour l'accomplissement de certaines fonctions de la nature, connue pour produire les phénomènes de la chaleur, de la lumière, de la vie et de l’intelligence, pour les propager et finalement, pour entretenir les phénomènes de l’harmonie et de la vie continuelle de la nature.
Tout se lie, tout s’enchaîne , car tout ue fait qu'un dans le fond, qui est la force et dout toute la création n’est que la métamorphose poussée dans ses gradations types à l’infini. S'il nous a donc toujours été si difficile de reconnaître la même cause dans toutes ces variétés types, dans tous ces phénomènes de la création, c’est que la nature en rendant ces phénomènes comme lumière et chaleur, comme plante et animal si tranchés et si dissemblables entre eux, a mis au désespoir l’intelligence humaine de ne pas pouvoir comprendre , que des choses si variées et si dissemblables pouvaient avoir une source commune et n ôtre que les états particuliers d’un seul et même principe, qu’ils sont au fond tous identiques, qu’ils sont tissés avec les atomes et finalement avec un certain état très-subtil quoique matériel de la force cosmique appelée éther.
La chaleur et la lumière comme l'électricité, sont comme je l'ai dit des phénomènes d'un état (en mouvement) intermédiare entre la force et la matière, entre la force et le premier couple d'atomes et finalement entre la force et l’atome pondérable, qui est la réalisation de l'état impondérable, ou de letat éthéré par l'union intime d’un atome impondérable *avcc un autre. Un atome d’éther n’est donc qu'un atome impondérable, qui par son union avec un autre devient finalement concret, devient élémeut proprement dit de la matière, ou un atome pondérable, (pii à son tour par son union avec un autre de même genre constitue une molécule élémentaire , ou première parcelle de la matière avec toutes les propriétés de la matière pesante.
La lumière donc comme la chaleur, n’est ni force ni matière. Elles sont forces en tant quelles se sont réveillées dans la force à l’action, à la vie, en tant quelles sont sur la voie vers la force qui est leur essence; sont matière eu Luit, qu’elles accompagnent la force comme phénomène dans sa métamorphose en matière. La force n'a pas de température et ne brille pas; comme l’esprit, comme la volonté, n’a pas de température et n’éclaire pas dans le sens matériel du mot. La force est je le répète l'ntlmelion-répulsive passive dans la force cosmique, ou dans l’atome. La lumière et la chaleur, ou les phénomènes du mouvement des parcelles d’éther, ou des parcelles de la matière dans son retour moitié route à la force, ou de la force en action, sont des effets de la force dans le monde des sens, comme le verbe est une expression de la pensée; elles dépendent des conditions matérielles au milieu des-quelles nous les avons produites, des moyens que nous avons employés pour cct effet et des conditions dans
les-quelles se trouvait la force appelée à l’action. Au fond elles sont la même force, qui dans l'intelligence est d'un ordre plus élevé et comme je l’ai dit atteint en Dieu la plus grande sagesse et uue volonté des plus puissantes.
L’état impondérable, je le répète, est un état do la force en action, de la force prise au moment île sa métamorphose en matière, est un état de la matière naissante et palpitante, vibrante par la force et comme le veut le R. P. Secclii de la matière en mouvemeut, quoique les molécules d’éther ne soient pas encore matière dans le sens du mot. La lumière eu conséquence, l'électricité, la force organique et l'intelligence sont des phénomènes de la force en action dans la matière naissante D’où l’état impondérable est intermédiaire entre la force en repos et l’atome pondérable, entre l’esprit et la matière et est force en action, lumière, électricité . . .
Un atonie donc sera un moment pendant lequel la force 's’exprime en elle-même, se concrète pour ainsi dire, se métamorphose pour passer à l’état de la matière; c’est donc comme je l’ai dit: le lien du monde de l’idée avec la matière; c’est un moment de la création, c’est la création.
Nom voyons par la , que la masse de la matière impondérable, ou de la matière prise au moment de sa mutation continnuelledans F univers, (') ou de son retour à chaque instant moitié route à la force, et qui constitue la force en action, ou la chaleur, la lumière, et l'électricité, qui entoure et constitue aussi bien chaque molécule de F espace, que remplit l'espace , constitue l'éther de la nature. Et conwn cet
( *) Voir le chapitre sur les mutation* iU la mal ivre.
éther, ou fluide extrêmement sul>til n'existe pour chacune de ses parcelles qu'un instant, pendant Ic-quel celte parcelle à peine créée retourne à Fatome pondérable, comme elle est donc en mouvement d'oscillation, ou de vibration continuelle pendant son existence éphémère, il en résulte, que la masse de ces oscillations des parcelles de F éther constitue les phénomènes de la lumière et de la chaleur latente, ou à oscillations lentes, aussi bien que ceux qui sont accessibles à nos sens dans F espace donné de Vunivers, ou à oscillations extrêmement accélérées l1).
D’où Fcther, ou le fluide impondérable, extrêmement subtil, remplissant l’espace est, d’après notre théorie vivant et a chaque moment nouveau: car il est constitué par une masse d’atomes pondérables, pris au moment de leur métamorphose dans l’espace, ou de leur retour moitié route à la force; car cet éther, est l’état de la force cosmique se changeant contiuuellemeut en matière, car il est force et matière. L'éther du moment actuel n'est pas par conséquent Fcther du moment d -peine écoulé, et du moment qui le
suivra Il est constitué par un océan d’un fluide
subtil intermédiaire entre V esprit et la matière dans la nature, il est le témoignage de la continuité de la mutation de la matière dans toute la création, il est la continuité étemelle de la création, il est la vie de la création, il est la création. Et comme l'éther remplissant l’espace est une réunion d’atomes, ou de parcelles extrêmement petites d’une substance impondérable, ou de la force en action de tout l’univers, doue chacune comme nous l'avons dit, étant
(') Les vibrations lumineuses dans les parcelles d'éther, d'après Secelti, sont comprises entre 63 tri liions et 9-16 trillions par seconde.
d’une existence éphémère est fatalement en mouvement. — Il en résulte que l’éther qui remplit l’espace et qui est continuellement nouveau, est en mouvement perpétuel, mouvement, qui se manifeste, comme je viens (le le dire, par la continuité' des phénomènes de la lumière et de la chaleur , relativement cachés ou visibles dans tout l'espace constituant la nature ( 1 ): ce qui dépend de la grande vitesse , ou de la lenteur de ce mouvement. — D’où, nous concluons, que chaque instant de l’existence de la nature est le premier moment de sa création et le dernier de son existence; que la continuité de ces moments de la naissance et de la mort apparente de la nature constitue la continuité de son existence, constitue sa vie, constitue l’éternité! Que la création a à chaque instant son commencement et sa fin ; qu’il ne faut pas par conséquent attendre la fin du monde, car nous l’avons a chaque instant sous nos yeux et qu’il est superflu de s’efforcer d’atteindre l’origine de toutes choses, car la nature nous le montre à tout instant dans ses éléments ou atomes.
Ce qui nous explique à son tour , comment la nature qui a son commencement et sa fin à chaque instant, est sans commencement et sans fin et réciproquement; ce qui nous explique l'infini du commencement et de la fin de la cause de la création , ce qui nous explique encore une fois, le rapport entre Finfini et le fini. Mystères sublimes, que nous reprendrons au chapitre Dieu et la Nature (a).
(') Far le mot espace, j’entends toute la création, ou toute 1a marne des corps à l’état solide , liquide et gazeux , y compris tous le* êtres vivants végétaux rt animaux , ainsi que tous les astres et tous le* systèmes stellaires constituants la nature,
(J) Pour éviter toute confusion de langage, n'ayant pas d'autres termes, que ceux qui existent dans la science, je prendrai dan* le cours de ce livre les termes de chaleur, lumière, électricité etc., comme synonymes de la force, et vice versa.
Qu'est-ce qu’un moment , qu'est-ce qu’une existence instentanée.
Or, si un morceau de zinc placé dans une certaine quantité d’eau en présence de l'acide sulfurique a besoin d’un temps donné, d’une heure par exemple, pour passer à l’état de sulfate de zinc, le temps nécessaire pour convertir un atome de zinc en un atome de sulfate de zinc est tellement imperceptible et insaisissable, que je l’ai appelé moment. La contiuuité de pareils moments, se suivant avec une continuité parfaite, pendant la disparition du zinc et sa conversion en sulfate de zinc, constitue le procédé de l’action chimique , ou de la combinaison chimique. J’ajouterai, que dans un moment semblable, un atome de zinc passe encore par trois états divers: 1° il sort de son état de matière pondérable comme lié avec un autre atome impondérable, se divise en deux atomes impondérables — élémentaires, sort par conséquent de l’état de matière et est encore matière ; 2° passe à l’état impondérable dans l’une et l’autre de ses parcelles élémentaires, ou atomes proprement dits, remonte ainsi en lui-même à la force physique ou à moitié route vers la force pure, et 3° s’unit dans cette voie de métamorphose avec un atome métamorphosé de la même manière ou avec un rapport donné de f attraction-répulsive métamorphosée, qui l’attendait, ou qui attendait un certain rapport d' attraction-répulsive qui lui était plus sympathique, et se change finalement en matière, ou en sulfate de zinc. J’ajoute, que. dans cette opération l’oxygène et le soufre subissent la même loi de la métamorphose : d’où il résulte un changement si intime et si profond dans le nouveau composé.
Or, dans le deuxième temps, ou dans le moment, ou le zinc cesse d’être matière pondérable pour retourner moitié route vers la force pure et devenir force physique ou matière impondérable nous concevons par intuition, qu’il est un mo-
ment dans lequel un corps cesse d'être corps, n’est plus matière et devient force, dans lequel étant force il cesse d’être force et devient matière. Il est donc un état dans lequel la force n’est plus force et est matière, dans lequel la matière u’est pas matière et est force, dans lequel la matière n’est pas matière, dans le quel la force n’est pas force.
L’existence d’un atome, ai-je dit: est placée sur la limite de la matière et de la force. L’atome est l’idée daus le domaine de la matière, est la matière dans le domaine de la force: c’est le passage de la force à la matière. Hors ce moment, hors cet état de la création, la force est force et la matière est matière.
Chaque moment de l'existence de la création est une nouvelle création. La création est continue dans la nature. La continuité des moment de la création constitue son existence, constitue sa vie. La continuité des moments de la création est la vie (').
Toute oeuvre que nous produisons par le réveil de la force de son état il apparente inertie d l'état d'action, en lui imprimant un but tracé par notre intelligence est la suite de la création.
L’homme à donc reçu de Dieu daus de certaines limite la puissance de la création et dans la pénétration de ses grands mystères une certaine dose de Sa sagesse.
Nous ajouterons entre parenthèse, que la différence de l'intelligence humaine avec celle de Dieu consiste uniquement en ce que la première crée les œuvres philosophiquement vivantes, et la dernière les crée seusucllement vivantes.
(•) Je souligne cette définition île la vit qui m’eet personnelle, l'hiloaophie de la Nature. 12
Jusqu’à quel point mes vues sur la nature de la force sont d’arcord avec la vérité, ce que c’est finalement que la force, nous le verrons dans le développement de notre travail.
Je reviens à la décomposition de l’eau.
Or le procédé chimique serait terminé et la décomposition de l'eau n’aurait pas lieu dans les autres molécules, si ce n’était la préseuce de l’acide sulfurique, qui en contact à son tour avec la couche de zinc convertie eu oxydé de zinc, en enlevant cette couche par le même procédé que le 1 zinc s’est emparé de l’oxygène d’eau et a mis à nu une nouvelle surface de zinc pur, laquelle surface à son tour a décomposé les molécules d’eau en contact avec elle et mis l’hydrogène en liberté.
Nous voyons par cette expérience que deux éléments d’eau, l’oxygène et l’hydrogène se sont trouvés désunis par la plus grande sympathie du zinc pour l’oxygène, ou par la plus grande force du zinc sur l’oxygène, ou que n’eu n’avait l’hydrogène pour le tenir et constituer avec lui l’eau; que l’hydrogène ayant moins de cette force pour tenir l’oxygène est obligé de céder devant la force majeure et que l’eau ainsi s’est trouvée décomposée par la force brutale.
L’eau soumise à l’action de la pile voltaïque se décomposera en mêmes principes, l’oxygène se rendra vers le pèle positif et l’hydrogène se portera vers le pôle opposé.
Je verserai de l’eau sur le fer incandescent, le fer s’emparera de l’oxygène et abandonnera l’hydrogène à son propre sort.
Je passe à la synthèse de l’eau.
L’oxygène ne se combine pas à froid avec l’hydrogène.
Si toutefois 1°, je passe à travers ces deux gaz dans une proportion convenable une étincelle électrique, ou 2°, j’élève la température de ce mélange de 400 à 500 degrés, ses éléments se réuniront à l’instant et se convertiront en eau. Nous savons aussi que n’importe par quel procédé, l’hydrogène se combine avec l’oxygène, que la température s’élèvera à 200°.
Si à présent nous mettons dans un vase deux volumes d'hydrogène et un volume d’oxygèue, mélange dit détonnant, ou foudroyant, et si nous allumons ce mélange, il donnera une faible lumière, mais il produira une température capable de fondre le platine, phénomènes qui seront accompagnés d’une détonation formidable et se convertira en eau.
lAi phénomène de la détonation s’explique ici comme on le sait par le choc instantanné de l’air tombant dans le vide, produit par la disparition des deux gaz et leur trasformation en eau.
Si uous plaçons maintenant dans la lumière à peine visible, dont nous venons de parler, un morceau de charbon, ou un morceau de chaux, cette lumière deviendra si forte, et si éblouissante qu’à peine notre regard pourra la soutenir.
Puisque nous arrivons ainsi au même résultat, à savoir: à l’analyse et à la synthèse de l’eau avec les procédés divers en apparence et identiques dans le fond, puisque la base des procédés si divers est toujours la même et se réduit à l attraction-répulsive; lorsque nous arrivons à la synthèse avec les procédés si divers comme l’électricité, la chaleur etc qui au fond ne sont que les effets, que les phénomènes de f attraction-répulsive eu action, il est clair que les causes donnant des résultats si identiques et vice versa doivent être elles-mêmes identiques dans le fond,
savoir: (ju’elles doivent avoir le même principe pour base que la cohésion, l'affinité, la lumière, l’électricité etc etc.
Nous avons donc vu l'analyse et la synthèse de
l’eau.
Nous attendrions nous , avant de savoir ce qui se passera dans la cornue, dans laquelle nous avons introduit l'eau, le zinc et l’acide sulfurique, nous serious nous jamais attendu à ce qui est arrivé? Aurions-nous jamais pu prévoir en y renfermant trois corps simples, que l’un, comme s'il était doué d'une intelligence raisonnable , serait capable de faire un vol au dépens d’un autre, et lui enlever sou second moi; aurions nous pu prévoir que l’hydrogène orphelin, va chercher son asile dans des régions supérieures et que l’acide sulfurique plus rusé et plus fort, aussitôt l'enlèvement accompli s’emparerait de tout comme si de rien n’était? Aurions-qous pu prévoir que cette scène se passerait comme parmi les êtres intelligents avec animation, chaleur, entrain.... quelle se passerait avec des sifflements de
l’eftervescense ? Aurions-nous jamais pu prévoir que
d'autres scènes de ce genre se passeraient avec les éclairs et les foudres de Jupiter, avec les flammes, les détonations et les éclats de verre comme, si l’affaire se passait entre des êtres doués de la haute intelligence?.
Est ce que ces phénomènes ne donnent pas à réfléchir, est-ce qu’ils ne donnent pas à penser, est-cc qu’ils île nous rappellent pas les actions quotidiennes qui se passent parmi les hommes, est-ce qu’ils ne nous mettent pas sous les yeux nos rapports de tous les instants avec nos semblables? est-ce qu’ils lie nous donnent pas les premiers traits muets des combats dans lesquels, parmi un grand nombre de combattants un seul emporte la victoire, est-cc qu'ils ne nous dépeignent pas les premiers traits de l'intelligence, des sentiments, de la sympathie, de la préférence, de la force
brutale, de la rapine dans la matière en apparence inerte et silencieuse, et à l’intelligence desquels Dieu a mis 1a clef dans notre esprit?
En observant, dis-je, le jeu des forces simples dans une cornue de chimiste, entres les corps simples, en observant les phénomènes d e F attraction à soi et de la répulsion, de r affinité, de l’élection (termes d’uue haute signification philosophique; car ceux qui liront dans un siècle les ouvrages de notre chimie contemporaine, frappés des termes affinité, force d'élection, croiront que les chimistes de notre siècle attribuaient effectivement à la matière brute, le cho:x et la volonté, qu'ils lui attribuaient jusqu'à la raison ), en observant, dis-je, ce qui se passe dans une cornue, je vois pour mon compte une grande analogie dans le principe, entre ce qui se passe au moment d’une combinaison chimique avee nos actions et nos démêlés de tous les jours avec notre prochain, d’avec nos inclinations poussées en nous jus’qu’à la ruse, jusqu’au calcul, jusqu a la spéculation, jusqu’à l’intelligence! Ce qui ne doit surprendre personne, car si les fourmis ont leur architecture, leurs seigneurs et des esclaves, pourquoi la matière simple n'aurait-elle pas ses sympathies et ses préférences aveugles!
Je vois donc que les forces qui régissent la matière, comme celles qui président à nos actions sont identiques dans le principe, que les forces qui gouvernent la matière simple, doivent eu conséquence, quoique élevées en nous jusqu’à l'intelligence, rappeller toujours et partout leur origine. Ainsi l’homme par le seul fait qu'il est tout composé de matière brute dans le principe, quoique organisée, métamorphosée en lui, comme nous l’avons déjà dit, se ressentira toujours dans ses actions, de la force qui préside aux lois de la matière simple. C’est pour cela que dans ses actions de tous les jours, ou voit C attraction
à soi au détriment do son prochain, c’est pour cela qu'on voit dans ses actions l’attraction dans sa répulsion, ou uue ri flexion, une certaine mesure dans cet égoïsme sans se soucier le plus souvent hélas, d’humilier sa haute dignité d’homme; et si la vraie morale est si rare dans l’homme, c’est que l’homme étant comme je l’ai dit en principe une matière simple, reste jusqu’à un certain point sous l’i iHuence des forces simples, quoique élevées en lui au degré dé la sagesc.... de l’intelligence. Ainsi les forces simples comme telles, agissent avec sagesse, car Dieu agit en elles. Les forces simples élevées dans l’homme à l’iutelligeuce, étant modifiées en lui par sa force indépendante et personnelle, soumise ainsi .au double moteur, à savoir: au moteur caché— Dieu , et au moteur dévoilé et agissant pour son propre compte — âme, manifeste si je puis m’exprimer ainsi une incertitude dans les actes de la sagesse, laquelle selon la prépondérance du côté de la matière ou du côté de la morale, sera dans l’homme une vérité plus ou moinspure.
D’où dis-je, l’incertitude, d’où l'éternel combat de l’homme avec lui-même, avec son second moi, en présence de sa voix intérieure de la vérité, ou de la conscience, ou de la morale, ou de Dieu! Nous avons avec toute la nature, le même fond, nous avons avec toute la nature pour élément matériel, le même atome, et pour la force comme de raison, la même force type; nous devons donc bon gré mal gré être soumis à la loi commune dans le principe à toute la création.
Ainsi nos bonnes et nos mauvaises inclinations viennent de la matière, ou ce qui revient au même, comme nous le verrons plus loin, de la force simple, qui est la base aussi bien do l’organisme des animaux que de l’homme.
loi
Ainsi l'homme, autant qu’il est matière et force simple en principe, est égoïste; et autant que par le développement de la force qui le place à la tète de la création il constitue une volonté indépendante, il est moral et s’approche de la Vérité suprême.
Les animaux n’ont pas de morale. — L’honnne par la vraie sagesse et par l'amour, par la seule morale s’élève seulement au-dessus de la bête et de toute la nature.
Examinons un cristal, jetons un regard sur les feuilles d’eau cristallisée sur nos vitres en hiver... est-ce que l'arrangement des molécules dans ce cristal n’est pas un premier trait comme nous l’avons dit, de la force organique végétale daus la matière simple? est-ce qu’il ne nous dévoile pas le mystère du germe de la tendance de la nature simple à l’organisation?
.Tétons un coup d’oeil sur la plante placée à notre croisée, comme toutes scs feuilles, comme toutes ses fleurs se sont portées du côté de la lumière du jour! Suivons les derniers ramuscules des racines d’un arbre
comme ils se sont tous portés du côté humide du ruisseau, du côté nourri par l'eau!
Est-ce que dans ces premières tendances dans les végétaux vers le mouvement, nous ne voyous pas le trait élémentaire de la locomotion des animaux? est-ce qu’elles 11e nous disent rien sur la communauté d une fonction dans les deux règnes, fonction, qui a elle seule suffirait pour distinguer le règne animal du règne végétal et qui dans le principe les lie si bien?
Parce que nous ne comprenons pas la sensibilité dans la plante, ni la sagesse dans la matière simple, parce que nous ne comprenons pas le langage des animaux, s’eu suivrait-il, qu’ils pourraient ne pas s’aimer et s’entendre dans
notre esprit, qu’ils pourraient ne pas s’aimer et s'entendre en Dieu? (’).
L ‘oxygène et l'hydrogène ne s'unissent pas à froid comme nous le savons déjà. J'ai dit que les phénomènes de la lumière et de la chaleur, accompagnent toujours les compositions et les décompositions entre les corps simples; seulement, que ces phénomènes sont une fois cachés, une autre fois visibles, ou palpables.
Nous avons vu, que la plaute, ainsi que l'animal meurt de froid (2) et que la lumière et la chaleur soutiennent la force organique, la vivifient, qu’elles sont indispensables à la vie et qu’elles sont par cela seul un certain état de la force organique et de l’intelligence et se transforment en force organique et en intelligence.
Prenons maintenant un morceau de sucre et plaçons le dans une quantité d’eau suffisante pour mouiller sa base, l’eau va monter dans le surce. — Cette propriété connue sous le nom de la capilarilê n’est-elle * pas le premier trait de l’endosmose dans les plantes, n’est-elles pas le premier trait d’une tendance muette dans les corps simples à la monte de la sève dans les plantes, à la circulation du sang chez les animaux? n’est elle pas la manifestation de la force organique dans la force simple?
lies Physiciens entendent comme je l’ai dit par le mot force, non seulement les causes diverses qui ont pour but de passer un corps de l'état d’inertie à l’état de mouvement, mais bien les forces qui modifient ce mouvement.
Jetons une pierre en l’air, or, si cette pierre n’etait pas attirée vers le centre de la gravité de la terre, si l’air
0 Je m'expliquerai en sou lion sur k pensée de cette proposition.
(*) Le froid est k cause do 3/t des maladies, et de k moitié de k mortalité en général dans l'espèce humaine.
ne lai faisait pas d’obstacle et ne pressait pas sur elle, elle traverserait l’espace en ligne droite sans s’arrêter.
Obéissant toutefois à la force de la projection et attirée en même temps vers le centre de la terre, trouvant de plus une résistance dans l’air, et une pression de ce dernier sur elle, tout en suivant la ligne de la première impulsion, la pierre s’approchera de la terre jusqu’à ce quelle y touche et va décrire non pas une ligne droite mais bien une courbe, qui sera la résultante de l’action de ces quatre puissances. A part l'influence de semblables puissances sur la nature de la courbe parcourue par un corps donné, il en est une capitale, qui régit le mouvement des corps autour de leur axe, aussi bien que sur les diverses courbes, et qui siège dans la nature de tatir action-répulsive, ou de la force même. Ainsi comme là où il y a force , ou action, il y a mouvement , il y a vie-, comme là où il y a continuité d’action, la continuité du mouvement et de la vie doit être aussi; — comme là où il y aurait attraction ou répulsion seule, que le mouvement serait suivant une droite, et comme il n’ existe que f attraction-répulsive, donc il doit y avoir le mouvement de rotation ou autour de son axe. Le mouvement sur les autres courbes, comme cercle, ellipse, parabole, et hyperbole dépend, abstraction faite des modificateurs externes, de la vitesse avec laquelle le corps parcourt la circulaire dans un temps donné, savoir. que plus sa vitesse sera grande , plus son orbite s’éloignera de la circulaire et deviendra ellipse, parabole, ou hyperbole.
Est-ce que cette influence des causes sur la direction d’un corps dans son cours n’a pas d’analogie avec ce qui se passe avec les corps célestes par rapport à leur mouvement de rotation sur les ellipses, sur les hyperboles, et
Philosophie de la Nature. f 3
sur les paraboles, est-ce qu’elle ne réveille pas dans notre esprit une analogie avec les forces organiques, qui agissent aussi suivant les courbes, composées au fond de lignes droites à des distances infiniment petites, comme pour rappeller les qualités d attraction et de répulsion dont la force est composée? ne nous donne-t-elle pas la clef de la pensée, qui avant d'arriver à un résultat donné, passe par tant de voies diverses, par tant de courbes, lie tant d’idées ensemble, les combine etc etc.... Est-ce que la force simple enfin, comme force et comme mouvement ne porte pas en elle -même le germe de la vie et de l'intelligence?
Nous avons donc déjà dans l’esquisse de quelques plans élémentaires, le trait de rapprochement, ou de la réduction de tant de forces diverses à un nombre plus restreint.
Dans notre théorie atomique d’ailleurs, nous avons à dessein toutes les fois que l’occasion s’en est présentée, en parlant de la force d’après les vues actuellement admises par la science et d’après notre manière de voir personnelle, préparé le lecteur à envisager les forces simples sous un point de vue nouveau : qu’elles ne font qu’une force, une, dans le principe, que f attraction-répulsive en est le type élémentaire.
Je reprends la définition de la force des savants modernes et j’arrive à la définition de la force de la vie et de l intelligence de Flonrens (*).
0) J’ai emprunté l'analyse ries force* organiques et de* faculté* intellectuelle* il Flourcn*. „Dc la vie et île l'intelligence” Pari* 1858.