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CHAPITRE V

DI PEBSO.M«KL DES Jl STICES DE PAIX.

Des juges de paix ! Qui n'a pi'ésent à la mémoire les brillants portraits que tracèrent de ces magistrats lep législateurs d’il y a cinquante ans? Quoi de plus séduisant que l'idée qu’on avait conçue de cette magistrature patriarcale? Pourquoi faut-il que ces pompeuses descriptions n’excitent plus que le sourire, que ces flatteuses espérances n’aient été réalisées qu’en [lartie ? ' C’est ici que nous répéterons que l’institution est excellente , mais que le choix des hommes est la seule cause des vices qui la ternissent. Si, quelque pai't, nous avons à critiquer le personnel de la magistrature , c’est a.ssurémenl dans les justices de paix.

Les juges de paix sont choisis à notre époque dans une classe d’hommes très-différente de celle d’où on les tirait

' Difconrs d« Tbouret ik l’aaMmblée coDstituimte. ' — Voyez le tableaa que M. Henrion de Païuey ■ tracS de ces iUurions tu déWt de sou traitd’ Di la CompUtna dtt jugit 4t i . ' -t ^ :

PHILOSOPHIE DE LA PROCÉDl RE CIVILE.

ù leur origine. (Jumul eette jiiridietion fut créée, on s’efforça d’en exclure les praticiens et les gens de loi : on voulut que réleclion appelât à cette nouvelle magistrature les notables habitants des campagnes, les propriétaires ruraux les plus recommandables par leur expérience. La compétence des juges de paix étant bornée aux choses de convention très-simples et de la plus jietite valeur, il n’était pas besoin de connaissances judiciaires pour remplir cette fonction. Un jugement sûr, la connaissance des lioinines et des localités, la notion des habitudes des populations et des usages ruraux étaient les meilleui-s titres au choix des électein-s. Heureux ijuand les agitations de ces teini»s ne viciaient pas l’élection. Les circonscriptions cantonales étant aloi-s beaucoup moins étendues, il était facile de trouver dans chaque localité un homme qui connût parfaitement tous ces points ; et le juge de paix étant choisi panni les habitants du (uiys , son influence conciliatrice était plus puissante.

Mais cet état de choses a siihi un grand nombi-e de nu)rtitications successives. Le nombre des cantons fut d’abord réduit de presrpie moitié, et la circonscription de chaque juge de paix étendue d’autant. La compiHence a été élevée , et un grand nombre d’attributions nouvelles ont été données aux juges de paix. Le bon seais et l’expérience pratique seraient souvent insuflisants en présence de cette complication. Et puis, il faut le dire, loin de se «peupler d’hommes de mérite de tous les genres », comme Thourel l’annonçait à la tribune , les campagnes ont vu successiment dis|*araître les propriétaires les plus considérés et les plus capables. Dans beaucoup de contrées, la pépinière naturelle des juges de paix s’est évanouie par suite du morcçUement de la propriété et devant les dissensions de

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