S OFFICIERS MINISTÉRIELS
titres. Toutefois , une difficulté dérive de la vénalité des chai’ges : eommcnt rembourser les offices qui seraient supprimés? Si , dans les villes où se trouvent huit ou dii de ces officiers, une bourse commune a pu faciliter ta suppression : dans les cantons ruraux on n’a pu raisonnablement obliger un huissier à réunir deux titres. Ainsi , les huissiers sont restés trop nombreux , et leur position précaire a été aggravée par la diminution des affaires. Les charges restent à peine quelques années dans tes mêmes mains, parce que les titulaires sont obligés de revendre presque aussitôt. De là vient la multiplicité des abus de confiance commis par des huissiers, qu’une impérieuse nécessité force d’employer à leur, usage des fonds reçus ' pour leurs clients ; de là ces poursuites coiTectionnelles , et disciplinaires si souvent répétées. — C’est un mal auquel il est urgent de porter remède : l’État doit au public des officiers dignes de confiance.
En géncial , il y a en France trop d’offiejers ministériels. C’est un principe certain que, dans un État bien réglé , on doit réduire autant que possible le nombre des gens de loi , puisque le travail de cette classe de citoyens ne produit aucune valeur pai’ lui-même, et que leur gain au contraire est prélevé sur la richesse des producteurs *. Quand les gens d’affaires sont trop multipliés , le moindre désordi’e qui en résulte , c’est une foule de rapines et de fraudes, et la multiplicité des procès. ,
* C*e$t le cas de dire avec un ancien : é Lucrum sine damno alteriua fieri lion potest. »
[Diodore TuldeOt dans son traité i)0 Causis corruptorum judiciomtn tt remediiij commence aon quatrième livre par un préambule « contra eos qui judiiriorium eméndaiioni interceduot, ne forensis induatria et queetus impediatur, corn incommodo multorum •.]