‹ Philosophie de la raison pure [microform]Chapitre 7 sur 13 · RESUME SOUS FORME D'ANALYSE RAISONNLE · texte numérisé non relu

RESUME SOUS FORME D'ANALYSE RAISONNLE

hommes ont apparu sur la terre, lorsque la nature s'est trouvée assez avancée dans son développement pour être capable de les produire. De là vient que toutes les races se disent autochthones, terra pditum comme le constate Tacite "au sujet de l'ancêtre de l;i race germanique. Le document biblique de la création de l'homme n'y contredit pas.

1. — La chose morale est ce qui demeure, ce qui est invariable et immuable. Il n'y a donc de moral que l'Être ou Dieu. La nature ne peut être dans l'état moral, puisqu'elle est constitutivement imparfaite. Cependant la conscience attribue à l'homme le pouvoir d'acquérir l'état moral. Elle se trompe. La conscience est l'âme, c'est-à-dire une faculté de connaissance ouverte aux impressions de la raison, la puissance intellective par excellence. La raison dénie, il est vrai, l'état moral à l'homme et la conscience conçoit cette négation; mais comme elle est constituée dans la nature dont elles est une partie intégrante, le mouvement phénoménique tend sans cesse à l'emporter en elle par ses illusions sur les impressions de la raison. Étant dans le milieu du mouvement, c'est au mouvement qu'elle attribue l'état final que la raison lui montre dans l'Être. Cependant si la nature arrivait à l'état

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mora), elle deviendrait Dieu, ce qui est absurde, et si la nature possédait l'état moral en puissance, elle serait Dieu, ce qui est impossible. En somme, c'est la notion morale, inhérente à la nature en vertu de son origine, qui cause l'illusion de la conscience au sujet de Véiat moral.

2. — Toutefois, la notion morale ne demeure pas sans effet salutaire dans le phénomène. Elle lui interdit l'indiiïérence et le pousse continuellement à se développer dans le sens de l'état moral parfait qu'elle reflète. De là les évolutions dans le perfectionnement des esprits et leurs aspirations incessantes vers un idéal. Au fond, ces mouvements sont frappés d'impuissance, car rien ne peut faire que l'imperfection devienne la perfection; mais comme la conviction raisonnée de cette impuissance n'arrive à toute sa lucidité que dans les penseurs d'élite, la généralité des hommes cède à Tillusion du mouvement, et elle croit pouvoir réaliser l'idéal moral par le moyen de la religion.

La religion en elle-même est toute vérité ; elle est la relation immuable de l'Être avec l'Être, la vision de Dieu en Dieu. — La vraie religion n'est donc pas accessible au phénomène, puisque le phénomène n'est ni ne peut être dans la vision divine. Elle existe dans la nature à l'instar de la réalité morale, à l'état de notion.

3. -— La religion actuelle tend à élaborer et à produire tout ce que la notion morale que nous avons de l'Etre nous montre ou nous fait pressentir dans l'Être.

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Mais comme ces manifestations portent naturellement le caractère du milieu phénoménique où elles se produisent, elles ne peuvent aboutir aux réalités de la religion idéale, la vraie religion. La religion actuelle est ainsi, dans toutes ses ramifications, pleine d'erreurs quant à ses expressions doctrinales ou dogmes. C'est même cela qui rend ses divisions si multiples. Les religions ne s'accordent dans aucune définition dogmatique. La concorde n'existe entre elles que par rapport aux impressions qu'opère en l'homme la notion qu'il a naturellement de l'état moral de l'Etre. Si cependant telle religion présente sur telle autre des avantages an sens de la vérité positive ou idéale, chose qu'on ne saurait contester, ces avantages s'expliquent ainsi ({u'il suit.

/,. — Le phénomène n'est pas dans l'Etre, mais l'Etre qui est partout est nécessairement pour le phénomène. L'Être étant ainsi en présence de la nature, la nature ne peut pas ne pas en éprouver, au degré possible, les effets divins.

Ces effets, auxquels participe la nature entière, pénètrent plus profondément, comme cela est naturel, dans les esprits ou les âmes, qui constituent la faculté de connaissance spéciale de la nature. La présence divine est la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. La présehce divine est identique avec l'intelligence divine, le vovi,-, la raison intelligente. C'est d'elle que procède la raison humaine, dont le lieu est notre faculté de connaissance, la conscience, et c'est

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ainsi que nous prenons possession de la pensée et, avec elle, du domaine entier des choses intelligibles qui ne dépassent pas absolument la capacité de cette faculté, c'est-à-dire de la nature humaine.

Le vouî la dépasse absolument 5 l'homme ne peut donc jamais s'identifier avec lui. L'intimité avec laqnelle quelques âmes sont capables de recevoir le voO,-, ou plutôt ses impressions, peut prêter à l'erreur qu'il est la propriété de tel ou tel homme, qu'il s'est, comme, on dit, incarné en lui. Le voO? est bien ce que nous appelons le moi, ou du moins il y est pour beaucoup ; mais la preuve que par cette appellation nous n'exprimons pas une chose adéquate à notre personne, c'est que nous arrivons par lapsyc'mlogie à connaître notre personne, tandis qu'aucune analyse ne parvient jamais à saisir le jnoL Le moi est donc autre chose que notre propre personne; il est Dieu en nous. Et comme l'Etre, partout où il est, est tout entier, l'expression de saint Paul sur Jésus, que « toute la plénitude de Dieu habite en lui », est parfaitement exacte, si on l'envisage du côté de l'Être. Il est vrai qu'ainsi elle est juste aussi par rapport à tout autre être pensant.

5. — La psychologie, nous l'avons dit déjà, ne nous apprend rien siu- le moi, elle qui analyse notre âme et la saisit avec toute la certitude d'une science positive. Et le langage aussi distingue la diffe'rence fondamentale qu'il y a entre le moi et notre âme, car les locutions : mon âme ou mon esprit, indiquent clairement que le sens linguistique ne perçoit pas l'âme identique

RÉSUMÉ sors roRMi: d analyse raisonnke. 127 avec le moi, mais qu'il la lui subordonne. — La présence réelle de l'Être dans la nature nous fait comprendre que le moi est Dieu même. C'est ainsi que Dieu est en nous. Plus l'âme est différenciée de la matière, plus elle est capable de recevoir l'impression ou l'influence de la toute-présence de l'Être. Ces âmes d'élite acquièrent ainsi une somme de vérité réelle plus grande que les âmes moins dégagées des affinités matérielles, et si elles agissent dans des organismes physiques qui se trouvent aptes à les seconder, elles font surgir des hommes ardents à se dévouer aux choses morales ou religieuses. Les institutions qui résultent (le ces efforts sont naturellement entre elles dans le rapport de perfection de leurs auteurs. C'est ainsi que la morale ou la religion de tel peuple ou de tel groupe d'individus possède plus de vérité qu'on n'en trouve ailleurs. Toujours cependant la présence de Dieu est assez efficace dans ceux qui prennent l'initiative des religions pour qu'aucune religion n'enseigne ce qui est mal en soi. Quand une religion enseigne à pratiquer le mal, et il y a de telles religions, elle n'est pas née sous l'influence de la raison intelligente, elle n'est pas à un degré quelconque l'expression, le logos du voO;; non, dans ce cas elle s'est produite par la seule action de la nature qui, parce qu'elle est constituée dans l'imperfection, ne peut engendrer qui ce qui lui ressemble.

6. — Or aucune religion actuelle ne s'est constituée suus l'influence exclusive de la raison intelligente ; la

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nature est toujours là avec son action pour affaiblir cette influence. Une religion, quelque parfaite qu'elle soit, ne l'est donc toujours que d'une manière relative. La plus parfaite est, en tant qu'institution sociale du moins, pleine d'idées et de créations anlhropomorphiques. L'anthropomorphisme, qui crée l'Ètreà l'image de l'homme et qui, par suite, a dû engendrer de bonne heure le système d'Évhémère, est une des sources les plus abondantes d'erreurs et de superstitions. Le premier exempleà citer est le dogme de la Providence. ïlv a une providence. La vraie providence est la prescience de rfttre qui est nécessairement partout et en tout. Cependant cette providence n'est pas celle qui agit dans la nature phénoménique, puisque celte nature n'est pas véritablement. La providence qui agit dans le phénomène, qui est le pouvoir pondérateur de la nature, procède des conditions constitutives du cosmos, de la loi, par conséquent, en vertu de laquelle la nature existe. Le gouvernement de la nature étant entièrement dévolu à cette providence, les rapports mutuels et réciproques qu'on observe entre l'esprit et la matière et qui déterminent pour chaque homme ce qu'on appelle sa destinée ou son sort, de même que le cours des choses en général, ces rapports s'expliquent ainsi, quels qu'en soient les effets, par une méthode qui exclut absolument le miracle. L'action légale de l'affinité native de l'esprit et de la matière explique ou suffit pour expliquer tous ces effets extraordinaires ou merveilleux que la superstition met sur le compte de l'intervention tlirecte de la providence de Dieu. La croyance au%

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miracles vient donc de la fausse idée qu'on se fait de la providence qui régit le monde. Et l'erreur à cet égard est d'autant pins tenace qu elle est le produit d'un inextricable amalgame de vérité et d'imagination. La vérité est dans le sentiment que l'homme a de la vraie providence, la providence de l'Être; l'imagination estdans l'action d'un dieu façonné à l'image de l'homme. Entre la vraie providence, qui est une perfection de rÊtre, et la providence anthropomorphique, qui n'est qu'une source inépuisable d'illusions et de déceptions, l'homme oublie la providence qui seule domine et régit le phénomène, la providence de la nature.

7. — La présence réelle de Dieu produit dans l'âme, notre faculté de connaissance, le sentiment de la perfection divine. De là les notions qui nous avons du vrai, du bien et du beau. Par leur nature même, ces notions, reçues dans une faculté sympathique, sont la raison d'être de la foi au surnaturel. Elles nous obligent à tendre vers la perfection, et ainsi se constitue le devoir. Le devoir est essentiellement objectif, et c'est pourquoi l'obligation de faire le bien et d'éviter le mal est identique dans toutes les religions. Il n'y a pas d'autre religion universelle que celle-là. La pratique du bien est ainsi le seul culte de vrai amour et de vraie adoration que l'homme puisse rendre à Dieu, et c'est dans la mesure que chacun fait le bien qu'on peut reconnaître que Dieu est en lui, et à quel degré il est capable de recevoir les impressions de la présence de i'Èlrc.

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8. — Ainsi, ce n'est pas nous, au fond, qui opérons le bien, ou du moins une certaine qualité de bien, mais la présence de l'Être qui nous enveloppe et nous pénètre. Le culte que notre esprit rend à Dieu n'est, à vrai dire, que la relation de Dieu en Dieu, arrivant au sentiment de la nature par la faculté de connaissance qui est le caractère de l'humanité. Aussi n'y a-t-il pas vraiment pour l'àme mérite ou démérite; l'un et l'autre n'existent pour l'homme qu'avec une valeur relative au milieu où il se trouve.

Mais si le mérite et le démérite sont relatifs seulement au phénomène ou à la société, sa création, s'ils ne sont pas en Dieu, pour qui le phénomène n'est pas, le dogme d'une existence heureuse et d'une existence malheureuse au delà de la tombe disparaît comme insoutenable. Sans doute, le devoir puisqu'il existe, est pourvu d'une sanction, mais la sanction du devoir ne peut être que là où le devoir oblige. Or le devoir oblige dans la conscience. C'est donc dans la conscience seulement (sans parler encore de la société) que l'homme bon trouve sa récompense et l'homme pervers son châtiment.

Les législateurs religieux cependant ont établi un •ciel et un enfer. Une telle doctrine est sans vraie utilité pour le bien et impuissante contre le mal. Mais elle est fausse. L'esprit étant substantiellement la même chose que le corps, l'un et l'autre rentrent après la Inort dans quelque condition de leur catégorie respective, engendrée par la substance dans le temps. Ce n'est pas que l'innnortalité soit une chimère ; non ;

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seulement l'immortalité n'est pas attachée pour l'homme à ce corps et à celte àme (pii lui constituent une personne phénoménique ; l'innnortalité accompagne sa vraie personne, son type, qui est en Dieu. C'est en Dieu (|ue l'homme vit éternellement, de même ([ue la vraie et réelle nature, dont il est une perfection.

9. — Mais l'homme (jui a été méchant et pervers jusqu'au dernier moment de sa vie, est-il également éternel en Dieu? Non ; l'homme en tant qu'il est pervers n'a pas de type dans l'Être, parce que l'Être est parfait. Le pervers a sa raison d'être actuel dans le côté obscur de la nature, et c'est dans cette obscurité (|u'il rentre après sa mort, pour servir à d'autres combinaisons phénoniéniques. Si son existence continuait dans un st^our de mal éternel, le mal serait éternel, et il aurait son type dans l'Etre. Or cela est impossible, car Dieu est le bien, il est la periection. Ainsi aussi il n'a nul besoin de la justice. La justice n'est nécessaire (jue pour corriger l'injustice; elle est donc nécessaire à l'homme actuel, à la société, à la nature phénoménique en un mot. La justice n'a rien à voir en Dieu, tout y étant essentiellement de toute perfection, et Dieu n'a rien à corriger, sa vision étant immuable dans l'éternelle perfection.

La doctrine de l'enfer procède du dualisme et y conduit à moins d'inconséquence. C'est le dualisme perse qui a doté les religions de Satan et de l'empire diabolique. Une telle fin est aussi chimérique que celle du l)aradis. Ni l'enfer ni le ciel ne sont une tin ; ce sont

(It'scréalionsaiilhropomorpliiques. La philosophie nous (ht avec l'évidence de hi raison que l'homme, en tant que phénoniénique^ rentre dans la nature, corps et àmc; il appartient au mouvement indéfini qui la produit. L'homme n'est impérissable que par son type; c'est son type qui lui constitue en Dieu Têtre de Dieu. Il n'y a donc pas de résurrection. Explication comment est née cette doctrine dans les hommes et dans les religions.

10. — Ce qu'il y a de vrai au fond de ce dogme, c'est l'impression que notre faculté de connaissance reçoit du voùî que, le phénomène disparu, nous nous verrons dans l'Être tels que nous sommes en lui de toute éternité. Saint Paul qui a souvent des vues d'une étonnante profondeur philosophique, exprime clairement cette vérité dans un passage de sa première épître aux Corinthiens. L'homme-type est donc une perfection de Dieu et, comme toute perfection divine est Dieu tout entier, l'homme- type est Dieu même. Il n'y a là ni panthéisme, ni humanisme : c'est le pur et vrai idéalisme philosophique.

1 . — Les choses sociales se combinent comme elles peuvent du résultat do l'action humaine qui tient au

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mouvement indéfini, avec celui que produit l'impression en nos facultés de la présence divine. De là, dans la société, un dualisme aussi sensible qu'il est souvent pénible, puisqu'il s'y manifeste -par des conllits incessants. En fin de compte cependant la société marche dans la voie du progrès, parce que telle est l'intention de sa loi. Toutefois, ce progrès n'a pas de vraie réalité, et, par conséquent aussi, si l'histoire a un sens sérieux pour les intérêts actuels des hommes, elle ne Ta pas par rapport à l'Être. Tout ce qui précède démontre que la réalité du progrès n'est qu'une réalité phénoménique. Tout dans la société se passe dans les limites de la nature et ainsi la portée des choses humaines ne va pas, ne peut pas aller au delà du temps, « le plus sublime des dévorants » , comme l'appellent les Indiens. La pensée seule, qui s'alimente à la lumière de la présence de TÊtre, pourra échapper à son atteinte. Mais parce que l'homme est renfermé dans le cycle du temps, l'obligation ou le devoir de se conformer aux lois de la société en est d'autant plus stricte pour chacun. La société est souveraine pour tout ce qui la concerne, et l'homme social lui appartient tout entier.

2. — Les droits de l'homme sont ainsi subordonnés aux devoirs qui lui sont dictés par la société. Il faut, par conséquent, se conformer aux lois du milieu social où l'on vit. Ces lois, en tant que fondamentales, ne sont d'ailleurs jamais arbitrairement établies. Elles sont établies par un c ncuurs de chuses ressortant de la nature de la société qu'elles gouvernent, et cette

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nature se trouve déterminée par des conditions auxquelles participent, pour une part considérable^ l'ethnologie, la géographie, la physique et l'aliinentation. 11 n'est ainsi au pouvoir d'aucun individu de créer les lois sociales d'après telle théorie ou système préconçu. Cette impuissance ne frappe pourtant pas de néant la tendance individuelle à modifier ou à arranger autrement les lois ; la liberté de l'homme ou sa volonté, même alors qu'elle agit isolément, aura toujours sa part dans les choses humaines : l'homme a une valeur par lui-même. Toutefois rien n'est puissant qu'en son temps et avec le temps. En attendant, chacun doit soumission et obéissance aux lois qui existent et aux puissances publiques qui veillent à leur observation. La voie morale, la voie qui tend le mieux à réaliser le progrès, demeure constamment ouverte à chacun. La morale élimine sûrement, bien qu'avec lenieur,le dogme théocratique, cet ennemi le plus pernicieux de la liberté et du droit commun. La théocratie se nourrit de privilèges: c'est la barbarie; la liberté amène la fraternité: c'est la civilisation. C'est la civilisation qui établit définitivement le règne du droit commun, si parfaitement formulé dans cette parole de Jésus : « Faites aux hommes tout ce que vous voulez qu'ils vous fassent. »

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facile à constater. Mais parce qu'il se fait tout à tous, il se prête, mieux que tout autre livre religieux, aux renouvellements de la société. Il autorise les réformes et les révolutions, et la Déclaration des droits de l'homme les autorise comme lui. Cependant les révolutions, comme œuvres de violence, ne valent que par le but qu'elles ont en vue, mais qu'elles n'atteignent jamais; le contre-coup de leur impétuosité fait revenir au contraire la société plus en arrière qu'elle ne Tétait. Quant aux réformes pacifiques, elles sont toujours salutaires par leur principe et par leurs conséquences. Aussi y a-t-il toujours dans toute société des hommes qui les méditent sous l'influence de la raison intelligente et qui, le moment venu, en prennent l'initiative. Le droit aux réformes est ainsi le droit le plus précieux delà société; lui seul assure au problème du progrès nn mode de solution toujours légitime et toujours bienfaisant.

3. — Ainsi c'est dans l'Evangile que se trouve la base du meilleur code social. Néanmoins, la valeur de l'Évangile est analogue à tout ce qui existe dans la nature, c'est-à-dire qu'elle est purement relative. Et cela est

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