‹ Philosophie de la Révolution françaiseChapitre 24 sur 41 · Livre II, c. ii, p · texte numérisé non relu

Livre II, c. ii, p

son début. Il dit avec raison que tout ce qu'il y a eu de bon est l'œuvre de tout le monde, et que ce qu'il y a de mauvais est l'œuvre de quelques-uns. Les grands faits sociaux se sont produits « par des forces immenses, invisibles, nullement violentes (1). » Il y a eu là un moment unique dans l'histoire, où le cœur de l'homme s'est élargi. C'était l'explosion d'un sentiment nouveau dans le monde, l'humanité. La révolution aima «jusqu'à l'Anglais,» son éternel ennemi. Qu'on en juge par un trait bien plus étonnant, « les journalisles firent trêve (2). » Ce sentiment va chez M. Michelet jusqu'à une sorte d'effusion panthéistique. Il s'écrie comme ferait un philosophe hindou : « Ah ! si j'étais un, dit le monde ! Si j'étais un, dit l'homme (3) ! » Ainsi la révolution a été faite par tous ; elle n'a pas été l'œuvre d'une secte ou d'un parti. Cette vive perception de l'unité nationale qui éclate dans la révolution, est la réfutation de la théorie jacobine qui sacrifie la France à la gloire de quelques hiérophantes. Pour M. Michelet au contraire, l'acteur principal de la révolution a été le peuple; et « les ambitieuses marionnelles (4) » qui ont

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