T. I, préface
cru la conduire doivent être ramenées àleur juste mesure. Comme le peuple est le vrai acteur, il est aussi le \rai juge. Écoutez-le. — Qui a gâté la révolution'? C'est Marat et Robespierre. Le peuple (c aime Mirabeau malgré ses vices, et condamne Robespierre malgré ses vertus. » Quelques-uns disent : « Le bonhomme a perdu l'esprit. Prenez garde ; c'est le jugement du peuple. » Ce qu'il a retenu de 93, « c'est que la saignée n'en vaut rien (1). » Bien entendu que le peuple ici ne signifie pas telle ou telle classe populaire, mais tout le monde, c'est-à-dire le pays. A la fausse histoire qui fait commencer dès l'origine la triste querelle de la bourgeoisie et du peuple, M. Michelet oppose avec raison l'union des classes dans les premiers temps. Jamais, suivant lui, la bourgeoisie ne fut moins égoïste, jamais elle ne sépara moins ses intérêts de ceux des ouvriers et des paysans. N'opposez pas la fraternité à la liberté. C'est la liberté qui seule peut rendre possible la fraternité. Rien de plus libre que le sentiment fraternel. C'est justement lorsque la révolution a proclamé les droits de l'homme « que l'âme de la France , loin de se resserrer, embrasse le monde entier (2). » La grande époque, l'époque humaine de notre