‹ Philosophie de la Révolution françaiseChapitre 3 sur 41 · The two principles of conservation and correction, p · texte numérisé non relu

The two principles of conservation and correction, p

note); » ce qui en permettait l'accès a au plus proche héritier, c'est-à-dire à la reine Marie. Mais on ne doit pas conclure de ce cas particulier un droit général et absolu de détrôner les rois, et de les « casser aux gages (cashiering) (1). »

En vertu des mêmes principes, Burke nie que le peuple ait le droit de changer son gouvernement quand il lui plaît, et de s'en faire un à sa fantaisie : « la simple idée de la formation d'un nouveau gouvernement suffit pour vous inspirer le dégoût et l'horreur... (2). Nous ne devons ce que nous possédons qu'à Vhéritage de nos ancêtres.,. La politique constante de notre constitution a été de réclamer nos libertés comme un héritage qui nous avait été substitué par nos aïeux, et que nous devons transmettre à notre postérité... de la même manière que nous transmettons la propriété et la vie. »

Burke décrit avec éloquence le singulier caractère de cette liberté héréditaire : « En canonisant (canonised) ainsi nos ancêtres, dit-il, et en agissant comme si nous étions sous leurs yeux, l'esprit de liberté, qui de luimême tend aux excès, est tempéré par une gravité

{. P. 72, expression du docteur Price, que Burke reprend plusieurs fois avec affectation.

2. « Ttie very idea of the fibricatlon of a new government is enougli to full us with disgust and tiorror, p. 74. »

respectueuse ; cette idée d'une transmission glorieuse nous inspire le sentiment d'une dignité natale et habituelle qui garantit de cette basse arrogance, si commune chez les nouveaux parvenus. Par ce moyen, notre liberté devient noblesse {a noble frecdom); elle a sa généalogie, et ses ancêtres illustres ; elle a ses supports et ses armoiries; elle a sa galerie de portraits; ses inscriptions, ses archives, ses preuves et ses titres (1). »

C'est cette liberté traditionnelle et historique, fondée sur des monuments, que Burke aurait voulu voir s'établir en France ; « Vous auriez pu, dit-il à son correspondant de France, profiter de notre exemple, et en recouvrant votre liberté, lui donner un caractère digne d'elle... votre constitution avait été bien endommagée, bien dilapidée; mais il restait encore des pans de ses vieilles murailles, et vous possédiez en entier les fondations de ce château antique et vénérable (2). »

Au lieu de fonder ainsi la liberté sur les traditions et sur l'histoire du passé, la France a préféré chercher une liberté métaphysique et abstraite, qui échappe à toute formule et à toute limite, et rend toute société impossible. Elle a préparé une mine dont l'explosion fera

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