Nous avons sous les yeux la 4* édition; Paris, IbUO
et l'obéissance. » Ce ne sont là que des débris; du sein de ces ruines amoncelées s'élève un pouvoir central immense, absorbant et engloutissant dans son unité toutes les parcelles d'autorité et d'influence dispersées auparavant dans les pouvoirs secondaires et éparpillées dans le corps social, — pouvoir auquel on n'avait jamais rien vu de comparable depuis la chute de l'empire romain. Les gouvernements fondés par la révolution sont fragiles sans doute; tout fragiles qu'ils sont, cependant ils sont cent fois plus puissants que les gouvernements antérieurs, « fragiles et puissants par les mêmes causes. » A l'envi de la révolution, les princes nouveaux à leur tour détruisent partout les pouvoirs moyens pour établir leur despotisme; la révolution, qui avait été a leur fléau, 5) est devenue « leur institutrice » (4).
Mais, si la révolution a pu servir d'exemple aux monarques absolus, il faut reconnaître qu'elle-même n*a fait que suivre l'exemple déjà donné antérieurement par la monarchie absolue : aussi est-il vrai de dire, selon Tocqueville, qu'elle a beaucoup moins innové qu'on ne le croit généralement. Elle a étonné par son explosion subite et extraordinaire; toutefois cette explosion n'était elle-même que la suite d'un long travail antérieur et