‹ Philosophie de la Révolution françaiseChapitre 32 sur 41 · Liv. I, c. II · texte numérisé non relu

Liv. I, c. II

d'une œuvre à laquelle de nombreuses générations avaient travaillé. A ce point de vue, Tocqueville n'a pas de peine à montrer combien sont superficielles les opinions de ceux qui, comme Burke, eussent voulu que la révolution se mît à rassembler les débris du passé et à reconstruire ce qu'il appelle « Tancienne loi de l'Europe ». C'était justement cette ancienne loi qui tombait en ruines de toutes parts, et que la révolution est venue définitivement abolir ; « c'était de cela même qu'il s'agissait et non d'autre chose » (1).

Quand la révolution a commencé, on Ta prise d'abord pour un accident, puis quand elle a duré et épouvanté le monde, on l'a prise pour un prodige, pour un mons^ tre, pour un « miracle », c'est le mot de De Maistre, Tocqueville établit qu'elle n'a été ni un accident ni un miracle, qu'elle préexistait déjà tout entière en puissance dans l'ancien régime. Au lieu de nous la montrer détruisant tout, comme disent ses adversaires, reconstruisant tout, comme disent ses admirateurs^ Tocqueville la rattache à l'ancien régime par des liens secrets et profonds. C'est ainsi qu'il montre par une suite de recherches aussi neuves qu'ingénieuses : — que la centralisation administrative est une institution de l'ancien

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