Ibid., t. II, p
prier une province polonaise était !a seule qui fût « compatible avec le devoir du gouvernement prussien » (4). Il peut donc être du devoir du gouvernement prussien de s'approprier ce qui lui convient sans avoir reçu aucune offense et sans l'ombre d'un droit! En professant de telles noaximes, on accuse la révolution d'avoir détruit la moralité politique ! Pour ce qui est de l'occupation de la Silésie, l'auteur fait remarquer avec satisfaction « que cet événement ne portait atteinte un moment à l'ordre légal de l'Europe que pour proclamer ensuite avec un redoublement d'énergie le principe du maintien de la loi et des traités » (2). Ainsi violer le droit public pour s'emparer d'une proie, et le rétablir bien vite avec énergie pour garantir la sécurité de la spoliation, voilà, il faut l'avouer, un merveilleux exemple de moralité. Sans doute ces sortes de faits ne sont que le tissu de l'histoire elle-même; la politique n'a été que trop souvent le triomphe de la force et de la ruse, et la révolution n'a pas échappé à cette triste loi; mais quel grossier sophisme de lui imputer comme une invention propre l'esprit de conquête, comme si les Charles-Quint, les Frédéric II, les Charles XII, les Pierre le Grand, les