‹ Philosophie de la science économique; concept, définition, dénomination, rapports, qualification, classification, méthode, histoire, écoles et critique de l'économie politique d'après les principaux économistesChapitre 9 sur 19 · But de Tactivité · texte numérisé non relu

But de Tactivité

3/ Mobile de l'activité;

4/ Exercice de l'activité.

Et on pourrait encore ajouter une cinquième note, supérieure aux autres et qui les embrasse toutes, Vhomjjie; puisque les actes économiques sont, comme nous l'avons dit, essentiellement humains.

Or, de l'homme, ou de l'ensemble de son organisme, tant spirituel que corporel, s'occupe l'Anthropologie.

La Psychologie tva.iie de l'activité comme un des attributs essentiels de notre esprit.

• L'Éthique, ou Philosophie morale, la Sociologie et la Science du Droit recherchent le but et le mobile de cette activité.

Dernièrement, tous les arts consacrés à l'éducation et au développement de l'activité s'occupent de l'exercice de cette même activité.

Par conséquent, les rapports de l'Economie que nous devons examiner ici sont seulement ceux qui l'unissent avec ces diverses branches de nos comnaissances. Commençons par les dernières.

.^ ler. — RAPPORTS DE L'ÉCONOMIE AVEC LES ARTS QUI ÉLt;VENT ET DÉVELOPPENT l'ACTIVITÉ.

Ces arts ou professions peuvent être classés en deux groupes:

i.'^"' Arts mécaniques, qui règlent l'exercice de l'activité objective, ou agissant sur les objets du monde extérieur, c'est-à-dire sur les choses, sur la matière, sur la nature physique;

2.^ Arts libéraux, qui règlent l'exercice de l'activité subjective, ou agissant sur l'homme, sur tout l'organisme humain, et partant sur l'âme de même que sur le corps.

RAPPORTS DE l'ÉCONOMIK "ij

Les premiers reçoivent les noms génériques de Technologie et d'Indtistrie, selon qu'on les considère sous le point de vue spéculatif ou pratique. Voyons leurs rapports avec lÉconomie.

Personne ne doute que l'Industrie et ses œuvres, c"est-à-dire les produits des arts mécaniques, sans en excepter la peinture, la sculpture et l'architecture, quoique celles-ci portent le nom spécial de Beaux- Arts, ont un caractère économique, et toute la difficulté consiste à distinguer ce caractère du simplement technologique ou artistique, et partant à établir les limites respectifs de la Technologie et de l'Économie. Cette difficulté n'est pas cependant insurmontable. Mr. Coquelin la résout parfaitement.

«Tout industriel, proprement dit, fabricant, manufacturier ou commerçant, tombe sous l'œil de l'Économie politique, cela n'est pas douteux, par rapport aux travaux qu'il exécute. Mais ces travaux, l'Économie politique ne les considère pas en eux-mêmes et dans leurs procédés techniques; elle les considère seulement par rapport à leur liaison, à leur enchaînement avec les travaux qui s exécutent ailleurs, et par rapport à leurs relations avec l'ensemble. Ce qu'elle voit dans un industriel, c'est la place qu il occupe dans le grand atelier du travail et la fonction qu'il y remplit; mais elle ne s'enquiert pas de la manière dont il remplit cette fonction, ou au moins elle n'en juge que par les résultats. Elle voit les produits que cet industriel livre à ses semblables, et les conditions auxquelles il les livre; les services qu'il leur rend et la rémunération qu'il en obtient. Elle voit en même temps l'action exercée sur lui par tout ce qui l'entoure, les influences qu'il subit, les nécessités auxquelles il est tenu de se soumettre. Mais quant aux procédés techniques qu'il met en usage dans la branche de travail dont il s occupe, elle ne s'en informe pas. L'É:onomie politique est, donc, en cela parfaitement distincte de la Technologie, et en général de tous les arts et de toutes les sciences que les hommes mettent en application dans les travaux particuliers auxquels cha-

cun d'eux se livre. Tous ces arts, toutes ses sciences, elle en tient compte, elle leur accorde une place; mais toujours en les considérant par rapport à leurs relations avec Tensemble, à la fonction qu'ils remplissent, à l'action qu'ils exercent; jamais en les considérant en eux-mêmes et dans leurs procédés intimes *.»

On le voit: la Technologie, de même que l'Economie, règle et dirige l'activité; mais l'Economie ne considère dans les œuvres humaines que le bien individuel qu'elles réalisent, en faisant abstraction de leurs qualités physiques ou chimiques, tandis que la Techonologie s'attache spécialement à ces qualités, sans regarder si elles sont bonnes ou mauvaises en absolu, si elles servent au bien propre de ceux qui les ont produites ou à celui des autres hommes, quoique les subordonnant toujours à cette loi suprême de tous nos actes.

Ainsi quand le menuisier, le sculpteur et l'architecte, font une table, une statue ou une maison, ils cherchent avant tout, au point de vue de Fart, à leur donner la forme, la couleur, les proportions qu'exige l'emploi immédiat qu'ils veulent en faire; tandis qu'au point de vue de r Économie, ils tâchent de faire servir toutes ces œuvres, soit directement, soit en les échangeant contre d'autres équivalentes, à leur propre bien ou à l'acquisition des richesses ou des biens au moyen desquels il se réalise.

Il est du reste évident que toute œuvre ou production matérielle possède les deux caractères ci-dessus indiqués, le caractère économique et le caractère artistique, et que c'est seulement par abstraction qu'on peut n'y considérer que l'un d'eux, puisqu'en réalité ou objectivement ils existent ensemble et sont inséparables.

En voilà assez pour déterminer les rapports de l'Economie avec la Technologie. Passons, donc, à l'examen de ceux qui unissent la même science avec les Arts libéraux,

Dictionnaire de 1 Economie politique, art. Econoaiie politique.

RAPPORTS DE lVxONOMIE 39

OU les professions qui règlent l'exercice de l'activité subjective. Ces arts sont les suivants:

i." La Pédagogie, ou art général de l'éducation et de renseignement, avec ses auxiliaires la Musique, la Poésie et la Déclamation ou art dramatique, qui tâchent, nonseulement de communiquer à notre esprit les connaissances humaines, mais encore d'y développer lactivité et de la rendre plus énergique, plus efficace, plus intense; en somme, d'illuminer la raison, d'épurer le sentiment et de fortifier la volonté de l'homme, c'est-à-dire de l'instruire et de le moraliser.

2.^ La Médecine, avec ses auxiliaires, telles que la Gymnastique et l'Hygiène, dont la mission est de conserver et de rétablir la santé, l'intégrité et l'harmonie de notre nature physique, c'est-à-dire de développer tous ses organes et de les perfectionner comme des instruments naturels de l'activité humaine.

3.° La Politique, considérée comme l'art du gouvernement dans toutes ses sphères et applications, dont l'objet principal est de faire justice, ou de maintenir l'activité extérieure de l'homme dans ses limites naturelles.

Nous passons en silence le Sacerdoce, qui contribue aussi, et sans doute plus qu'aucune autre profession, à régler l'exercice de l'activité, en la dirigeant vers l'accomplissement du bien par la pratique de la vertu et de la piété religieuse; car, d'un côté, cette profession, vraiment sacrée, se rattache sous un certain point de vue à la Pédagogie, et de l'autre, nous voudrions prévenir tout scrupule de conscience, ne regardant les œuvres du prêtre comme économiques, c'est-à-dire comme faites par lui dans l'intention de réaliser son bien individuel ou d'acquérir des richesses, quoique d'ordinaire elles lui procurent une rétribution, à titre d'aumône particulière ou de traitement officiel, mais comme des actes dirigés seulement au bien des autres hommes dans leurs rapports avec Dieu et avec l'Humanité entière.

Les Arts libéraux, ou qui règlent l'activité subjective,

restent donc réduits à la Pédagogie ou art de l'éducation morale et intellectuelle, avec la Musique, la Poésie et la Déclamation; laMédecine avec la Gymnastique et l'Hygiène, et la Politique ou art du gouvernement. Voyons les rapports qui les unissent avec l'Economie.

Si les arts susdits élèvent l'activité humaine, et cette activité est chargée de réaliser le but économique, il est évident qu'ils concourent directement et immédiatement à la réalisation du même but, puisque celui-ci se réalisera d'autant mieux que l'activité sera mieux élevée. Toute éducation de l'activité dans un but économique est donc économique, et même lorsque ce but se bornerait, comme k prétendent certains économistes, à l'acquisition des biens matériels, l'éducation de l'activité, qui réalise ces biens, aurait nécessairement le même caractère.

En effet, on ne peut pas attendra que notre activité, tant subjective qu'objective, tant agissant sur les personnes que sur les choses, opère bien ou d'accord avec le bien individuel, qui constitue le but économique, si elle n'a reçu aucune éducation, si elle ne connaît pas ce même but, si elle ignore les moyens de l'atteindre. On ne conçoit pas même que l'activité humaine fonctionne, si elle ne provient pas d un esprit dominé par la volonté, guidé par la raison, stimulé par le sentiment, ou si cet esprit, bien que possédant au plus haut degré ces qualités, réside dans un corps défectueux, faible et maladif, ou contraint dans ses actes par la passion, l'injustice et la violence. Subordonner l'esprit à la volonté, le guider par la raison, le stimuler par le sentiment; donner au corps la santé, la vigueur et la force musculaire; marquer, enfin, à l'activité la sphère où elle doit agir pour réaliser le bien individuel, c est accomplir une œuvre économique. La Pédagogie, la Médecine, la Politique et toutes leurs auxiliaires ont un aspect économique, et TEconomie orthodoxe est dans le vrai lorsqu'elle les assimile, sous ce point de vue, aux autres industries, ou applications du travail, et les qualifie d'industries subjectives ou anthropologiques.

On dit que ces industries ne sauraient être regardées comme productives ou économiques, parce que le travail qu'on y emploie s'évanouit aussitôt qu'il naît, parce que leurs services ne sont fructueux qu'au moment même où ils sont rendus, parce que leurs produits ne s'attachent à rien, ne se vendent au marché et il est impossible de les accumuler ou les thésauriser, comme on accumule les produits matériels, etc.

Cependant les mêmes économistes qui soutiennent ces idées reconnaissent, d'un autre côté, que les connaissances acquises sont un produit fixé et réalisé, pour ainsi dire, dans les personnes qui les possèdent; que le talent d'un fonctionnaire pubhc, de même que l'habilité d'un ouvrier, forme un capital accumulé; que les gens de lettres et les artistes font partie de la richesse nationale; que l'on tomberait dans une honteuse erreur si l'on considérait comme ne produisant rien le magistrat qui fait régner la justice, le savant qui répand les lumières, etc., etc.

Or, il est évident, comme le remarque Mr. Dunoyer -, que les mêmes industries ne peuvent pas être simultanément productives et improductives, donner des produits qui tout à la fois s'évaporent et se fixent, qui s'évanouissent en naissant et qui s'accumulent à mesure qu'ils naissent. De telles contradictions révèlent une grande confusion d'idées dans l'esprit des économistes ci-dessus mentionnés, et cette confusion provient de n'avoir pas su distinguer le travail de ses résultats. "Voilà comment l'explique Mr. Dunoyer lui-même •\-

«Toutes les professions utiles, quelles qu'elles soient, celles qui travaillent sur les choses, comme celles qui opèrent sur les hommes, font un travail qui s'évapore à mesure qu'on l'exécute, et toutes créent de l'utilité qui s'accumule à mesure qu'elle s'obtient.

VoirnotamiiR-nt les ouvrages Je A. Sin'ith, J.-B Say, Slsinondi et Droz.

Dictionnaire de 1 l'iconomie politi'jue, art. Production.

lliideiii.

)>Très assurément la leçon que débite un professeur est consommée en même temps que produite, de même que la main-d'œuvre répandue par le potier sur l'argile; mais les idées inculquées par le professeur dans l'esprit de ceux qui Técoutent sont des produits qui restent, tout aussi bien que la forme imprimée à l'argile par le potier.

»Un médecin donne un conseil, un juge rend une sentence, un orateur débite un discours, un artiste chante un air ou déclame une tirade: c'est là leur travail; il se consomme à mesure qu'il s'effectue, comme tous les travaux possibles; mais ce n'est pas leur produit, ainsi que le prête d à tort J.-B. Say; leur produit, comme celui des ■producteurs de toute espèce, est dans les résultats de leur travail, dans les modifications utiles et durables que les uns et les autres ont fait subir aux hommes sur lesquels ils ont agi; dans la santé que le médecin a rendue au malade, dans la moralité, l'instruction, le goût qu'ont répandus le juge, l'artiste, l'orateur. Or, ces produits restent; ils sont susceptibles de se conserver, de s'accroître, de s'accumuler, et nous pouvons acquérir plus ou moins de vertus et de connaissances, de même que nous pouvons imprimer à des portions quelconques de matière quelqu'une de ces utilités qui sont de nature à se fixer dans les choses et qui leur donnent plus ou moins de valeur.

))I1 est vrai que l'instruction, le goût, les talents, sont des produits immitériels ; mais en créons nous jamais d'autres? et n'est-il pas surprenant de voir J.-B. Say en distinguer de matériels et d immatériels, lui qui a si judicieusement remarqué que nous ne pouvons créer pas plus qu'anéantir la matière, et qu'en toutes choses nous ne faisons jamais «que produire des utilités, des valeurs? La forme, la figure, la couleur qu'un artisan donne à des corps bruts sont des choses tout aussi immatérielles que la science qu'un professeur communique àdes êtres intelligents; ils ne font que produire des utilités l'un et l'autre, et la seule différence réelle qu'on puisse remarquer entre

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leurs industries, c'est que l'une tend à modifier les choses et l'autre à modifier les hommes.

))0n ne peut pas dire que le travail du professeur, du juge, du comédien, du chanteur, ne s'attachent à rien, ni qu'il n'en reste rien; il s'attache aux hommes sur qui il s'opère, et il en reste les modifications utiles et durables qu'il leur a fait subir; de même que le travail du fileur, du tisserand, du teinturier, se réalise dans les choses qui le subissent, et y laisse les formes, la figure, les couleurs, qu'il leur a imprimées.

))0n ne peut pas dire que les valeurs réalisées dans les hommes, que la capacité, l'industrie, les talents qu'on leur a communiqués, ne sont pas susceptibles de se vendre; ce qui ne se vend pas, au moins dans les pays assez civilisés pour n'avoir plus d'esclaves, ce sont les hommes dans lesquels l'industrie humaine les a développés; mais, quant aux talents que ces hommes possèdent, ils sont très susceptibles de se vendre, et ils sont, en effet, continuellement vendus; non pas, je le reconnais volontiers, en nature et en eux-mêmes, mais sous la forme des services, du travail, de renseignem3nt qu'on emploie d'ordinaire à les inculquer à autrui.

»0n ne peut pas dire davantage que les valeurs que le travail parvient à fixer dans les hommes ne sont pas de nature à s'accumuler; il est aussi aisé démultiplier en nousmêmes les modifications utiles dont nous sommes susceptibles que de multiplier dans les choses qui nous entourent les modifications utiles qu'elles peuvent recevoir.»

Malgré tout cela, on objecte encore que les arts subjectifs, ou qui agissent sur l'homme, ne produisent que science, sensibilité, énergie morale, force musculaire, adresse des mains et des sens, liberté, justice, ordre public, etc., selon la mission qu'à chacun d'eux nous lui avons attribuée, et qu'aucune de ces choses ne peut être regardée comme une œuvre économique et qualifîre de richesse, sans forcer le sens des mots et confondre sous la même dénomination le savant et le riche, l'homme ver-

tueux et le capitaliste, etc., etc. Mais est-ce là l'unique violence que l'on fait au langage en Économie, comme dans toutes les sciences? Ne sont-ils pas d'accord tous les économistes à désigner sous le nom de capital un produit quelconque, si petit qu'il soit, destiné à la reproduction, et partant sous celui de capitaliste l'homme qui le possède? Ne regardent pas tous les maîtres sans exception une pioche, une bêche, un filet de pèche, comme autant de capitaux? Quelle absurdité plus grande aux yeux du vulgaire? Xe feriez vous pas rire de mépris, ou enrager d'indignation, un pauvre bûcheron si vous lui disiez qu'il est capitaliste parce qu'il possède une cognée?

■ D'un autre côté, les qualités que le professeur, le médecin ou le gouvernant communiquent au corps et à l'esprit de l'homme, ne sont-elles pas autant d'aptitudes de l'activité? Conçoit-on que cette activité soit économique et que ses aptitudes ne le soient pas? Est-ce qu'on peut séparer les unes de l'autre? Comment les aptitudes se sontelles acquises ou communiquées, si ce n'est par l'exercice de l'activité ou le travail? Et dans quel autre but que dans celui de réaliser le bien absolu, partant le bien individuel ou économique? Est-ce qu'elles n'en auraient aucun? Est-ce que le savoir, la vertu, la santé, l'adresse, l'honnêteté ne servent à rien, ou si elles servent à quelque chose, n'est-ce pas pour satisfaire aux besoins ou désirs du bien individuel qu'éprouve l'esprit de l'homme?

Certes qu'il est des aptitudes formées par l'éducation ou dues à la Pédagogie, la Médecine et la Politique, qui ne s'emploient pas au profit de l'individu qui les possède, ni même au profit de personne; certes qu'il est des hommes savants, vertueux, habiles, robustes, honnêtes et pacifiques, qui ne travaillent ni pour eux-mêmes ni pour les autres; mais il y a aussi des richesses matérielles qui ne s'utilisent pas ou qui sont consommées par les vagabonds et les voleurs; dira-t-on pour cela que ces richesses ne sont pas économiques?

Quand le professeur ou le pédagogue, écrit Baudri-

liait ', le médecin, le gouvernant, exercent leurs arts respectifs, ils ne tâchent pas de savoir s'ils vont procurer la science, la santé ou la justice à un homme laborieux, à un travailleur ou à un fainéant et à un prodigue; ils ne se proposent pas d'enrichir leur pays ni leurs élèves, leurs malades ni leurs sujets, mais d'être utiles à la jeunesse studieuse, à rhumanité souffrante ou à l'Etat; de telle façon que leurs services pourraient être dangereux pour les personnes mêmes qui les reçoivent si celles-ci consommaient plus qu'elles ne produisent, et en dernière analyse on peut admettre que de tels services confèrent la possibilité de créer la richesse ou les biens économiques, mais pas autre chose, une possibilité, une simple condition favorable, sans qu'ils soient par eux-mêmes une vraie richesse, une richesse réelle et effective.

Mais pour démontrer la nullité de cet argument, il suffit de le rétorquer, comme disaient les scolasticiens: retorqueo ar<^îimentum. L'agriculteur, le tailleur, le cordonnier, ne cherchent pas non plus à savoir s'ils vont procurer du pain, des habits ou des souliers à un libertin ou à un honnête homme; ils ne se proposent point d enrichir leur pays ou leurs clients, mais d'être utiles à l'humanité affamée, nue ou déchaussée, de telle manière que leurs services seraient dangereux pour les mêmes personnes qui les reçoivent si elles consommaient plus qu'elles ne produisent, et en dernière analyse ils ne créent pas vraiment la richesse, ils ne font que conférer la possibilité de la créer, etc., etc.

Ne voit-on pas par ce raisonnement que les arguments de Bauirillart contre le caractère économique des arts subjectifs pourraient être invoqués également pour nier celui des arts mécaniques et de toutes les industries?

De plus, il n'est pas vrai que le pédagogue, le médecin ou le gouvernant se proposent d'être utiles à l'humanité, comme le prétend le même économiste; ce qu'ils se pro-

Manuel d'Economie politiijue.

posent en général, et sans que nous leur refusions d'autres vues plus élevées, c'est de s'enrichir eux-mêmes, soit de réaliser leur propre bien au moyen du travail, de même que l'industriel ou l'artisan: cela suffit pour reconnaître que leurs œuvres ou leurs produits ont un caractère économique. Si ces produits sont consommés ou utilisés par un libertin ou par un fainéant, cela ne leur fera pas perdre leur qualité de tels, et partant celle de richesses: seulement ce ne seront pas des capitaux, parce qu'ils ne sont pas destinés à la production ou à la acquisition d'autres biens, comme il le faudrait pour constituer un capital, dans le sens donné à ce mot par tous les économistes.

Et surtout «n'est-il pas étrange de qualifier de travail productif céini du luthier, qui fabrique le violon, et d'improductif celui du violoniste, alors que le produit du fabricant a pour destination unique de servir d'instrument à l'artiste (Garnier)?») «Il faudrait donc regarder comme travail productif celui qu'on consacre à élever des porcs, et comme improductif celui qu'on consacre à élever des hommes (List)! » (' Le pharmacien produit lorsqu'il prépare un onguent destiné à calmer la douleur, et le médecin ne produit pas quand il triomphe d'une maladie grave par ses ordonnances ou à laide dune opération chirurgicale!» «On regarde comme /»roiz<c^i/ le garde champêtre qui empêche les corbeaux de s'abattre sur le sol; pourquoi n'en dirait-on pas autant du soldat, qui défend le pays contre des corbeaux bien autrement dangereux (Mac-Culloch)?'»)

Toutefois, dira-t-on avec Baudrillart, même en admettant que les arts libéraux et les produits immatériels aient un caractère économique, on ne peut pas admettre également qu'ils soient un sujet d'étude pour l'économiste, car l'Economie ne traite que de la richesse valable, et comment évaluer de tels produits?

* (j. Roscher, l'rincipes d'Economie politique, livre premier, chap. lit, Si 63.

Très-simplement, à notre avis; par le capital et le travail qu'on ait dépensé à les produire, par leur coût de production, de même que Ton fait pour les produits matériels. Certes qu'il est très difficile de déterminer exactement la valeur des premiers; mais il ne lest pas moins de calculer celle des seconds. Certes que l'évaluation dun artiste, d'un poète, d'un savant, ne se fait pas aisément; mais, est-ce que l'on ferait mieux celle des inventions d'Arkright ou de Daguerre? Si l'on ne peut réduire à des chiffres les études, les méditations, les efforts d'intelligence qu'il faut faire pour produire un opéra tel que Nornia, il n'est pas plus possible de fixer les dépenses d'imagination et de génie qu'on a dû faire pour inventer un appareil comme le téléphone.

Mais l'idée seule, objecte Baudrillart ', Tidée seule de former l'inventaire, un inventaire quelconque, de l'instruction, de la beauté, du goût, de la justice, de la bienveillance et des autres qualités naturelles ou acquises, a je ne sais quoi de choquant qui répugne au sens commun.

Certainement, autant que répugnerait l'idée dinventarier la couleur, la figure, Todeur, la saveur et les autres qualités naturelles ou acquises des produits matériels. Mais ne pourrait-on pas additionner les hommes qui possèdent l'instruction et le goût, ainsi qu'on additionne les choses qui ont la couleur et la figure? La richesse incorporée dans 1 homme doit sans doute être comprise dans inventaire d'un peuple, de même que celle qui affecte la forme de terres, de bâtiments, d'outils, de machines, de subsistances, etc.

Quand, donc, l'Économie ne s'occuperait que des choses valables, ce ne serait pas une raison pour exclure de son domaine la richesse immatérielle, puisqu'on peut parfaitement évaluer cette richesse de même que la richesse matérielle.

Manuel d'ilconomic politique, pail. 1, thap. VI.

«Le travail, dit Wolowski *, n'est autre chose que l'action de Tesprit sur lui-même et sur la matière. De là viennent sa dignité et sa grandeur; de là vient aussi la difficulté des études économiques, car c'est les abaisser et les mutiler singulièrement que de n'y voir que des simples problèmes de production matérielle.»

D'un autre côté, dit aussi Dunoyer ', comment l'Économie est-elle naturellement limitée? «Est-ce par la nature des seuls arts dont on veut qu'elle s'occupe, ou parla manière dont elle envisage en général tous les travaux? Traiteelle directement et exclusivement de certains arts, par exemple de ceux qui agissent sur le monde matériel, de l'industrie extractive, de celle des transports, de la fabrication, de l'agriculture? Non: elle s'occupe des questions qui ne sont particulières à aucun art, qui les font naître également tous et qui sont l'objet spécial de son étude; elle recherche comment les uns et les autres contribuent à la production, quel rôle jouent dans leur travail les divers ordres de moyens sur lesquels la puissance de tout travail repose; la séparation des occupations, la perfection des instruments employés, les notions scientifiques, le talent des applications, et nombre d'autres que nous nous abstenons d'énumérer ici; elle recherche encore comment se distribuent entre tous, par l'artifice des échanges et à la faveur de tout ce qui peut les faciliter, les produits résultant du concours de toutes les activités sociales. Or, ces questions , toutes économiques, et qu'on trouve simple qu'elle débatte à propos des arts qui agissent sur les choses, il tombe sous les sens qu'elle peut les aborder, sans sortir davantage de son objet, à propos des arts qui agissent directement sur l'homme; et si l'Économie pohtique n'empiète pas sur les

• Préface à la traduction française des Principes d'Économie politique^ de G. Roscher.

* Dictionnaire de l'Économie politiqu -, art. Production.

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enseignements du technologue ou de l'agronome quand elle expose comment le fabricant ou l'agriculteur ajoute à la valeur de la matière qu'il transforme, il est évident qu'elle n'empiète pas davantage sur les travaux du savant, de l'artiste ou du magistrat, quand elle essaye de montrer comment ces ordres particuliers de travailleurs contribuent à l'amélioration des gens sur qui leur action s exerce. Assurément, dire quel rôle joue dans l'enseignement des sciences une bonne division du travail ou 1 emploi d'instruments perfectionnés, ce n'est pas se livrer à l'enseignement des sciences. Assurément encore, dire que l'artiste, le prêtre, l'instituteur ne peuvent pas plus se passer de sécurité et de liberté que l'homme qui laboure son champ ou qui fait marcher son usine, ce n'est professer ni l'Esthétique, ni la Morale ni la Pédagogie. Il est manifeste, enfin, qu'élever une question économique à propos des arts qui agissent sur l'homme, ce n'est pas plus sortir des bornes de l'Économie politique que ce n'est en sortir que de traiter cette question à propos des arts dont l'activité s'épuise sur la matière.

»Et non-seulement l'économiste ne sort pas plus de son domaine quand il s'occupe, à un point de vue économique, des arts qui appliquent leur activité à l'éducation du genre humain, qu'il n'en sort quand il donne son attention à ceux qui agissent sur les choses; mais il faut dire que, pour remplir complètement son rôle, il doit s'occuper indistinctement de tous. Il n'en est pas un, en effet, qui n'ait indispensablement besoin du concours de tous les autres; et l'économiste n'aurait qu'une idée bien incomplète du phénomène de la production et de l'ensemble des moyens sur lesquels les pouvoirs de la production se fondent, s'il ne savait comment y participent les travaux de toute espèce qu'embrasse l'économie de la Société. L'économiste, en un mot, doit être nécessairement instruit de deux choses: la premicre c'est que l'homme ne peut pas se développer seulement sous un rapport, qu'il ne peut pas

devenir exclusivement riche, que pour pouvoir devenir riche il faut aussi qu'il devienne savant, instruit, éclairé, poli, moral, sociable; et la seconde, c'est qu'il n'est pas une de ces heureuses qualités qui ne soit pour les arts qui les lui procurent une source directe de richesse; que le savant, l'artiste, le magistrat, le moraliste, s'enrichissent en travaillant à l'éducation de l'homme, tout aussi bien que l'artisan et l'agriculteur en ajustant à ses besoins la nature matérielle.»

Telle est la doctrine de Dunoyer, aujourd'hui généralement acceptée par les économistes '; doctrine si philosophique et si évidente qu'elle s'impose même à ses adversaires, tels qu'Ahrens, Azcârate et Piernas.

Ainsi Ahrens, qui voudrait limiter la science économique à l'étude des lois relatives aux biens dont le but direct consiste dans la satisfaction des besoins phisiques, avoue , cependant * , que « tous les biens spirituels, l'instruction, la moralité, etc., favorisent la production, la distribution et la consommation des biens économiques, et que c'est à l'Économie politique d'exposer aussi les rapports d'influence de ceux-là sur les biens matériels. » C'est vrai qu il distingue après les biens économiques directs des indirects; mais qu'importe cette distinction purement scolastique? Toujours est-il que tous les deux tombent, selon lui, sous le domaine de l'Économie.

Azcârate partage la même opinion; il veut que l'écono-

* Voir, pour s'en ccnvaincre, entre autres, les ouvrages des auteurs suivants, qui certes ne seront pas suspects, puisqu'ils appartiennent à l'école historique, devancière du socialisme de la chaire, ou à la secte néoeconomiste qui adopte la partie critique de ce système. =K. Knies, Das geld, Berlin, l873, pa?- 2. = F. B. Hermann , Staatsvvirthschaftlîche Untersuchunger, Munich, 1874, pag. 113=W. Roscher, Die Grundiagen National-nconoaiie, Stuttgard, 1864, p. 4-6. =L. Cossa, Primi elementi di Economia politica, Milan, 1876, p. l4-l5.:=:F. Lampertico, Economia dei popoli et degli Stati, Introduction, p. l8l-82.=Ricca Salerno, Sulla teoria de! capitale, cap. I.

* Philosophie du Droit.

miste ne s'occupe qu indirectement des travaux de l'avocat, du professeur, etc., parce que, autrement, dit-il, la science économique deviendrait la science sociale ', comme si ces deux sciences différaient par la manière directe ou indirecte d'envisager les dits travaux, ce qui n'est nullement, puisque leur différence consiste dans le but de l'activité qu'elles étudient respectivement, et qui pour la première est le bien de l'individu, et pour la seconde le bien de la Société.

Dernièrement, Piemas * admet, comme Ahrens, que tout acte, même interne et subjectif, a un aspect économique, et exerce une certaine influence sur Tordre des biens matériels, raison pour laquelle il reconnaît le caractère économique dans les travaux du prêtre, du professeur ou du magistrat, tant que leurs services sont rétribués en forme matérielle; seulement, ajoute-il, cet échange de cJioses économiques contre des actes qui appartiennent à des ordres différents, ne constitue pas une opération productive, mais plutôt de consommation, comme si, même dans ce sens, l'économiste ne serait autorisé à constater si la richesse dépensée par ceux qui exercent les dites professions est celle qu'il leur faut absolument.

En résumé, les produits ou les œuvres économiques peuvent être immatériels de même que matériels; l'Économie s'occupe des uns et des autres, en tant qu'ils servent pour la satisfaction des besoins individuels; par conséquent elle est intimement liée avec tous les arts, qu'ils soient libéraux ou mécaniques, objectifs ou subjectifs.

Mstudios econAmicos y sociales.

Vocabulario de la Economla, art. Économie

Ç 2.* — RAPPORTS DE LÉCONOMIE AVEC l' ANTHROPOLOGIE.

On appelle, comme nous l'avons dit, Anthropologie la science de l'organisme humain, ou de l'homme envisagé comme un tout organique. Cette science enseigne que notre nature est composée de deux éléments distincts, quoique unis par un lien mystérieux et imperceptible, âme et corps, esprit et matière.

Dans lequel de ces deux éléments réside l'activité, source et cause des phénomènes économiques?

La matière est de soi-même inerte: organisée ou non, elle obéit à des lois indépendantes d'elle; le corps humain ne peut être cause de rien; tous les faits qui s'y produisent naissent et vont terminer ailleurs; donc, il n y pas d activité économique exclusivement corporelle; donc l'activité économique, le travail économique, est et ne peut qu'être essentiellement spirituel. Le travail du maçon, celui du colporteur, la tâche la plus rude et la plus musculaire, demandent l'intervention de l'esprit, et la preuve en est qu'ils ne sauraient être exécutés par aucune créature non intelligente.

«Le travail, dit Wolowsky ', est fils de la pensée: rien ne surgit au dehors sans avoir été d'abord conçu dans l'esprit; la main n'exécute que ses commandements, et l'œuvre est plus ou moins réussie, plus ou moins belle, plus ou moins utile, suivant que l'intelligence est plus ou moins active, plus ou moins développée.»

Mais l'esprit n'agit pas par lui-même; il opère avec le corps et par le corps, qui est dans l'homme un instrument nécessaire; partant l'activité économique, quoique spiri-

' Préface à la traduction française des Principes d'I<Lconomie politique de Roscher, § IV.

RAPPORTS DE l'ÉCONOMIE 53

tuelle dans son essence, doit avoir quelque chose de corporelle; et en effet, on ne conçoit aucun travail de ce genre où le corps n'intervienne, si peu que ce soit, pas même celui de la méditation, qui ne se révèle par aucun mouvement extérieur, car ce travail ne saurait s'effectuer sans le concours du cerveau.

Il en est de même du bien économique, du bien individuel, ou développement de la nature humaine en elle-même : il participe du double caractère de celle-ci et doit être à la fois spirituel et corporel, ou se rapporter en même temps au corps et à l'esprit. Il n'y a pas de bien du corps qui ne touche plus ou moins à l'esprit, car tout développement du premier réagit naturellement sur le second; mais il y a des biens de l'esprit qui n'affectent pas le corps, au moins d'une manière directe et immédiate, comme la gloire, la vertu, le savoir: ces biens, par eux-mêmes, ne sont pas économiques, et celui qui travaille pour les acquérir, sans tenir compte des avantages matériels qu'ils peuvent lui procurer, n'exerce pas économiquement son activité.

Quant aux besoins ou désirs de réaliser le bien individuel, ils se divisent d'ordinaire en corporels et spirituels, selon qu'on les éprouve directement et immédiatement dans l'un ou dans l'autre des éléments de notre organisme; mais, à dire vrai, il n'y a pas un besoin dont la satisfaction n'influe à la fois sur le bien de notre corps et sur celui de notre esprit, ou s'il en existe quelqu'un, comme le désir de la gloire ou du savoir, exclusivement spirituel, on ne doit pas l'envisager comme économique, ni regarder comme travail de cet ordre celui qui se fait pour satisfaire ce besoin.

L'Anthropologie nous révèle d'ailleurs qu'entre l'âme et le corps de l'homme il y a un rapport de subordination ou de dépendance, en sorte que celui-ci occupe la place inférieure et celle-là la plus élevée, le corps n étant, comme nous l'avons déjà dit, qu'un instrument de l'esprit. Partant, le travail économique, le bien économique, les besoins économiques, quoique spirituels et corporels à la fois, se-

ront d'autant plus économiques qu'ils soient plus spirituels OU animiques, ou qu'ils affectent plus Tâme que le corps '.

Oui, ce ne sont pas les plus nobles ni les plus sublimes, aux yeux de l'Economie, quoi qu'en disent ses détracteurs, les besoins dénominés corporels ou physiques, mais ceux qu'on nomme intellectuels et affectifs; et la seule chose qu'à ce propos soutiennent les économistes c'est que d'ordinaire les premiers prennent le dessus sur les seconds, et qu'avant de penser, avant d'aimer le bien et la beauté, il faut vivre, quoique ce ne soit que d'une manière physiologique, c'est-à-dire avec une vie exclusivement animale et partant incomplète.

Ce ne sont pas seulement des travailleurs, dans le sens économique du mot, comme plusieurs l'imaginent, ceux qui exécutent les tâches les plus mécaniques ou les plus corporelles de l'Industrie, tels que les artisans, les laboureurs, les ouvriers des manufactures ou des fabriques; ils ne forment pas à eux seuls les classes laborieuses, comme le supposent les socialistes ou pseudo-économistes, qui se font l'écho des préjugés vulgaires, pour les flatter et les exploiter.

A ces classes appartiennent tous ceux qui travaillent, tous ceux qui exercent pour leur propre bien leur activité, soit qu'ils s'adonnent aux arts mécaniques, qui exigent l'intervention du corps plus que celle de Tesprit, soit qu'ils se consacrent aux professions scientifiques, qui demandent l'action de l'esprit plus que celle du corps.

Ce n'est pas le travail le plus corporel, le travail fait par les ouvriers, celui qui contribue davantage au but économique, à la réalisation du bien individuel, et partant à l'acquisition des biens économiques ou à la production de la richesse, mais le plus spirituel ou animique, celui qu'exécutent les savants, les artistes, les professeurs de toutes les sciences et des arts libéraux.

* Channing l'a dif. "Plus on met ^esprit dans son œuvre, mieux elle vaut,"

Moins corporel est le travail, moins de fatigue musculaire il exige, mieux le but économique se réalise, plus grand est le bien-être acquis, plus facile et plus abondante la production de la richesse; partant, les outils, les instruments, les machines, les appareils, les méthodes, les procédés, toutes ces choses qu'on appelle capital dans le langage économique et qui remplacent l'effort de nos muscles, en faisant plus supportables et moins fatigantes les tâches de l'Industrie, loin d'être dommageables, c'est-à-dire anti-économiques, pour les travailleurs, elles leur sont très avantageuses ou économiques, et il est dans leur intérêt qu'elles augmentent et se perfectionnent, au lieu de les détruire ou d'empêcher leur propagation et leurs progrès.

"Voilà comment l'Économie se rattache à l'Anthropologie; voilà le caractère anthropologique des phénomènes économiques.

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