CONCLUSION DE LA SECTION
L'idéal, en ce qui concerne le Droit technique tout enlier, est que chaque jour ce Droit soit davantage éliminé et abandonne à la Morale un plus vaste espace.
Toutes les fo's donc que nous pouvons faire prévaloir la raison sans recourir à la manus mililaris^ abstenonsnous de la manus militaris; c'est autant de gagné pour la cause du progrès humain !
Et si c'est un des côtés de l'idéal politique que le Droit technique ne soit plus, j'ajoute que, tant qu'il existe, ce droit n'est légitime qu'autant qu'il se dresse comme un rempart du droit individuel.
SECTION II
Droit divin et théologique.
Qu'est-ce que le droit naturel et scientifique? C'est une règle trouvée par la raison dans la nature humaine ; sa base est la nature humaine, son idéal le développement de la nature humaine.
Et cette base et cet idéal rattachent intimement le droit naturel et scientifique à toute la science politique ; car la science politique, elle aussi, a pour principe la nature humaine et pour fin suprême le développement de la nature humaine.
Qu'est-ce, en regard, que le droit divin et théologique? C'est la loi divine considérée comme règle de toutes les actions; la base, ici, c'est la révélation, et l'idéal l'accomplissement de la volonté de Dieu.
Que valent les deux, base et idéal? Les deux sont des imaginations, mais il s'en faut que ce soient des imaginations inoffensives, car, dès le moment qu'il s'agit de procurer l'accomplissement de la volonté de Dieu par le moyen propre du Droit technique, à savoir la sanction de la force, il y a de quoi frémir rien qu'à songer à quelles extrémités et à queîs excès peut conduire une telle opinion.
Siir le point du Droit proprement dit, les théologies sont, au surplus, fort sobres de détails particuliers, et, en effet, à quoi ces détails serviraient-ils? Tandis que l'effort de la science tend à supprimer le Droit technique et à mettre la Morale à la place, c'est le contraire que se proposent les théologies ; or, donnant volontiers la main militaire pour appui à tous leurs préceptes, elles n'ont nul sujet de distinguer l'empire de la conscience de celui de la force.
Précisons cependant les doctrines de la théologie chrétienne sur chacune des branches du Droit, en suivant le même ordre, et en faisant les mêmes divisions que ci-dessus.