ÉPILOGUE
J'ai dédié ce livre à Jean-Jacques, parce que, avant que ma raison fût acquise à la vérité nouvelle, mon cœur en fut touché grâce à Jean-Jacques; mais, si ma force eût égalé mon courage, c'est à l'esprit de tout le grand siècle et de toute la grande Révolution, que, sous une inspiration venue de lui, j'eusse élevé un monument!
Le Dix-huitième siècle et la Révolution française, dans leur ensemble, déclarèrent la guerre à toutes les croyances religieuses, et, comme eux, j'estime que c'est par l'abolition de la croyance religieuse qu'il faut commencer l'affranchissement de l'homme ; mais j'ajoute à leur pensée, et je dis que ce qu'il faut d'abord abolir, c'est la base, c'est l'idée d'un maître dérangeant, bouleversant le monde à son gré ( 1 ) !
Le Dix-huitième siècle et la Révolution française, dans leur ensemble, proclamèrent que les peuples s'appartiennent (2), et, comme eux, je professe que les peuples ne sont la chose de personne; mais cela n'est qu'un commencement, ou plutôt ce n'est qu'une fin ; je pose la prémisse et je dis que chaque individu, dans chaque peuple, à son tour, de lui seul relève I