DROIT POLITIQUE (DANS LE SENS STRICT
Cette partie du Droit est celle qui se rapporte plus spécialement à la Cité. J'y ferais, pour ma part, rentrer le droit de la propriété; car, sans la propriété, il n'y a, je le répète, ni homme libre, ni citoyen possible.
Tous les publicistes, un seul excepté, P. J. Proudhon, ont essayé de poser la dernière assise du droit politique avant d'avoir fondé la première; tous se sont efforcés de construire la théorie de l'État avant même d'avoir songé à organiser le Département, la Commune et le Droit de l'Individu qui est la base (34).
Or, en suivant ce procédé, à quoi a-t-on réussi? Seulement à faire l'État monstrueux, à le faire vivant pour lui-même, et, comme l'État, jusqu'à présent, a été entre les mains du "petit nombre qui a la force, il en est résulté que, jusqu'à présent, le grand nombre a vécu, pour le petit nombre.
C'est cet Ordre qu'il faut changer ; or, il n'y a pour cela qu'un moyen : il faut que l'on se pénètre que le Droit de l'Individu est le principe et qu'il est la fin, il faut que l'on arrive à poser comme point de départ et à poser comme but la consécration de plus en plus complète du Droit de l'Individu.
Dès lors, le premier problème du droit politique et celui qui, à vrai dire, résume tout le reste, se précise; ce problème consiste à chercher quels sont les droits qui, d'abord abstraitement, et ensuite dans un État donné, doivent appartenir à l'individu.
Quand cela sera fait, il y aura à constituer l'organisation et les attributions du premier milieu dans lequel
*Jk PHILOSOPHIE
l'individu se meut, à savoir la Commune; or, plus le milieu est prochain, plus il existe de chances pour chacun d'y faire prévaloir sa volonté et triompher son droit; aussi réclamonsr-nous, pour la Commune, après l'individu, le plus d'attributions possibles.
Au-dessus, nous instituerons de la môme manière, par analogie, le Département ou la Province.
Et, finalement, nous ne laisserons à l'État que ce que nous n'aurons pu attribuer au Département, à la Commune, surtout à l'Individu.