‹ Philosophie de LockeChapitre 13 sur 56 · CLASSIFICATION DES ÉCOLES AU XV1II« SIÈCLE · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES ÉCOLES AU XV1II« SIÈCLE

vétius et brûlé son livre, Rousseau supprima sa réfutation*. Un homme bien inférieur à Tauteur A'Émikj comme écrivain, mais qui lui est très-supérieur comme philosophe, Turgot se déclare aussi l'adversaire d'Helvétius dans une lettre admirable que nous avons plus d'une fois rappelée. Ses Discours surf Histoire universelle, et l'article Existence dans V Encyclopédie, portent une empreinte un peu indécise, mais très-réelle, de spiritualisme*. Quant au scepticisme, pour ne pas l'apercevoir en France au dix-huitième siècle, il faudrait oublier Voltaire. Qu'est-ce en effet que Voltaire*? le bon sens un peu superficiel ; or, à ce degré, le bon sens mène toujours au scepticisme. Voltaire se rattache sans doute à l'école sensualiste, comme le fait ordinairement le scepticisme ; mais il en a constamment repoussé, quand il s'est expliqué sérieusement, les con- i séquences les plus fâcheuses. S'il a appuyé de tout son 1 talent la cause de la philosophie de Locke, qu'il croyait j celle des temps nouveaux, contre la philosophie de • Descartes exagérée et compromise par Malebranche, il ' s'est bien gardé d'embrasser les extravagances d'Hel- . vétius et de d'Holbach ; sa philosophie habituelle consiste à n'épouser aucun système et à se moquer de " tous ; c'est le scepticisme sous sa livrée la plus brillante et la plus légère/Il est juste aussi de reconnaître que jamais le mysticisme n'a eu en France un interprète plus profond, plus éloquent, et qui ait exercé

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