Philosophie sensualiste, fin de la iv^^ leçon
2. Sur Turgot; voyez Premiers Essais, p. 140 ; Philosophie sensualiste, p. 175, et Introduction a l'histoire de la Philosophie, leç. xr, p. 245.
3. Sur Voltaire, Philosophie sensualiste, i'« leç., p. 41-47.
plus d'influence que Saint-Martin. Les ouvrages de Saint-Martin, célèbres dans toute FEurope, ont fait école parmi nous\
Nul doute que si en Angleterre vous ne voyez que Londres au dix-huitième siècle, vous n'y verrez guère que le sensualisme. Mais à Londres même vous trouveriez, à côté de Priestley, Price, cet ardent ami de la liberté, cet ingénieux et profond économiste qui a renouvelé et soutenu avec éclat l'idéalisme platonicien de Cudworth *. Je sais que Price est seul en Angleterre, mais l'école écossaise tout entière est spiritualiste. Ce ne sont pas des noms sans gloire que ceux des professeurs qui se sont succédé en Ecosse dans les chaires d'Aberdeen, de Glascow et d'Édinburgh, depuis le premier quart du dix-huitième siècle jusqu'à nos jours, Hutcheson, Smith, Reid, Ferguson, Beattie, et M. Dugald Stewart. En fait de scepticisme, il me suffira de vous nommer Hume, qui, à lui seul, est toute une école. Le mysticisme se rencontre à chaque pas en
1. n a tour à tour publié des traductions ou imitations deBohme et des écrits originaux. Les voici dans Tordre chronologique : Des Erreurs et de la Vérité, Lyon, 1775, 1 vol.in-8. — Tableau naturel des Rapports qutexistent entre Dieu, Phovime et P univers, Édimboui^, 1782, 2 vol. — L Homme de désir, Lyon, 1790, 1 vol.— ^cce Homo, 1 vol., Paris, 1792. — Iitf nouvel Homme, Paris, in-8, 1 vol., l'an iv de la liberté. —De VEsprit des choses, 1800, 2 vol. — L Aurore naissante, 1800, 2 vol. — Les trois Principes de VEssence divine, 1802, 2 vol. — Le Ministère de r Homme esprit, Paris, 1802, i vol. — Quarante questions sur PAme, 1807, 1 vol. — De la triple Vie de l'Homme, 1809, iYol.— Œuvres posthumes. Tours, 2 vol., 1807.
2. Richard Price, né en 1723, mort en 1791. Liste de ses écrits philosophiques : Review of the principal Questions in morals, London, no8, 3® édit., Lond., 1787. — Four dissertations on Providence, on Prayer, e^c, 2«édit., 1768. — A free discussion of the doctrine ofMateriahsm and philosophical Necessity in a correspondençe between Dr. Price and Dr, Priestley, by Dr. Priestley, London, 1778.
CLASSIFICATION DES ÉCOLES AU XVlUe SIÈCLE. 11
Angleterre. Songez que Swedenborg, pendant son séjour à Londres, y a fondé une école mystique qui compte de nombreux partisans, qui a des organes périodiques, des journaux à elle, et même, dit-on, plusieurs chapelles.
Sans doute ce qui règne au delà du Rhin est l'idéalisme. Tel est le caractère général de la grande philosophie née en 1781, à Kœnigsberg, avec la Critique de la Raison pure^ ^ et qui se prolonge avec un progrès toujours croissant jusqu'à nos jours, par une suite non interrompue d'hommes supérieurs dont les noms commencent à franchir les frontières de leur patrie. L'idéalisme est sur le trône en Allemagne, mais il ne faut pas croire qu'il y ait entièrement effacé les autres systèmes, ni même le sensualisme. Kant a trouvé une forte opposition dans plus d'un de ses compatriotes, surtout dans Herder, qui a écrit plusieurs ouvrages contre le Criticisme^ et dont la philosophie de l'histoire est conçue dans le sens de la philosophie de Locke *. Le scepticisme a eu pour représentant, en Allemagne, M. Schulze, le spirituel auteur d'jEnesideme^. Aussi ingénieux et tout autrement profond que Schulze, Frédéric Jacobi a combattu également l'empirisme et l'idéalisme, et il a renouvelé le scepticisme de Hume en en changeant radicalement le caractère au profit du sentiment et de l'enthousiasme ; penseur original ^, écrivain de premier ordre, dont la renommée croît