Réimprimé à Genève en 1738, et de nouveau en
2. In-folio avec un portrait de Locke. Elle est faite sur la 4« édition de 1700.
3 Trois traductions allemandes, celles de Poleyen, en 1757, de Tittel, en 1791, et de Tennemann, en 1797.
4. Quoique le traducteur grec ne le dise point, c'est une version <ie rabré{?c de W>Tine, un petit vol. de 3i6 pages.
LOCKE. SA VIE. î>9
très? Je ne veux le considérer ici, comme je l'ai dit, que par ses dehors. La composition générale se sent de l'agitation de la vie de Tauteur. Il n'y faut pas chercher l'enchaînement rigoureux et l'unité profonde des Méditations de Descartes. L'Essai sur t Entendement humain a deux défauts graves : d'abord, des répétitions innombrables ; puis des variations souvent bien fortes. Aussi faut-il s'attacher à l'esprit général, du livre, et à l'aide de cet esprit interpréter les passages contradictoires, et négliger les inconséquences de détail.
Pour le style, on convient généralement que la prose de Locke est une des meilleures proses du temps; et sans savoir l'anglais d'une façon raffinée, il est aisé d'y reconnaître la manière d'un homme qui a vécu dans la meilleure société, et qui exprime sa pensée sans pédanterie, dans les termes les plus clairs, les plus simples et les plus familiers. Il y a un certain esprit mondain répandu dans tolit l'ouvrage, qui n'a pas peu contribué à son succès. M. Dugald- Stewart remarque * que si le style de Y Essai a un peu vieilli, il conserve un certain parfum de naturel et
l Discours, t. II, p. 19. Shaftesbury, d'ailleurs si sévère pour le système, n'hésite pas à louer la manière de Vauteur, Première Lettre à un jeune gentilhomme qui étudie à P Université : « Je ne suis pas fâché de vous avoir prêté l'Essai de M. Locke sur V Entendement humain. Il est aussi de mise à l'Université que dans le monde, et aussi propre à nous diriger dans les affaires de la vie que dans les sciences. .Je ne connais aucun auteur qui ait autant contribué à retirer la philosophie de l'état de barbarie, à l'introduire dans le monde poli, et à la faire recevoir de ces hommes élégants à qui elle aurait fait horreur sous son ancienne forme. « M. Mackintosh {Mélanges philosophiques, Irad. franc., p. 194) cite plusieurs morceaux du livre 11, chap. x. comme remarquables par la beauté des développements.
«n TROISIÈME LEÇON.
d'élégance qui donne une idée des belles conversations auxquelles Tami d'Ashley avait dû assister. Je n'ai pas besoin de vous dire que le caractère émînent (le ce style est la clarté. Pour l'obtenir, LocVe prolonge ses développements outre mesure ; il présente la même pensée sous une infinité de formes différentes, connue s'il voulait qu'il n'y eût pas un esprit dans lequel cette pensée ne pût s'introduire par une voie ou par une autre. La précision est sans doute la vraie clarté, mais c'est la clarté des forts ; un peu de diffusion est nécessaire pour les faibles, destinés, ce semble, à faire longtemps encore la majorité, même parmi les philosophes.
Dans la prochaine réunion, j'entrerai dans l'examen de V Essai sur t Entendement humain.