‹ Philosophie de LockeChapitre 3 sur 56 · Fragments et Souvenirs^ 3« édition, p. 189, Santa-Rosa · texte numérisé non relu

Fragments et Souvenirs^ 3« édition, p. 189, Santa-Rosa

AVANT-PROPOS. . iii

administration s'empressa de me rappeler avec M. Guizot à la Faculté des lettres, et nous reprîmes nos cours presque en triomphateurs.

Il n'est pas aisé, dans nos joui-s d'abaissement et d'affaissement intellectuel, de se faire une idée de la noble ardeur qui enflammait alors le génie français dans les lettres et dans les arts, aussi bien qu'en politique. L'esprit public faisait des chaires de M. Guizot, de ]||^|Bemain et de la mienne, de véritables tribunes. Depuis les grands jours de la scolastique au douzième et au treizième siècle, il n'y avait pas eu d'exemple de pareils auditoires dans le quartier Latin. Deux à trois mille personnes de tout âge et de tout rang se pressaient dans la grande salle de la Sorbonne. Cette foule immense agissait inévitablement sur le professeur, animait, élevait, précipitait sa parole. Ajoutez qu'aussitôt prononcée, chaque leçon, sténographiée et à peine revue, paraissait bien vite, se répandait d'un bout de la France à l'autre, et devenait dans la presse le sujet d'une ardente polémique. Faut-il donc juger de tels cours comme des livres composés à loisir dans le silence du cabinet, et doit-on s'étonner d'y rencontrer bien des répétitions, bien des disparates, un style inégal, des mouvements abrupts, enfin r improvisation prise en quelque sorte sur le fait,

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