‹ Philosophie de LockeChapitre 4 sur 56 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

et jetée au vent de la publicité avec ses innombrables défauts?

Mes premières leçons, celles de Tété de 1828, se ressentent fort, j'en conviens, de la promptitude avec laquelle M. Guizot et moi nous crûmes devoir faire usage de la parole qui nous était rendue.

Faute du temps nécessaire à une juste préparation, je dus prendre un sujet très-général, qui ne demandât aucune recherchrtlv^cun travail préliminaire, une Introduction à F histoire de la philosophie^ où les plus hautes questions furent abordées avec bonne foi et courage, et les solutions qu'en donnait la philosophie nouvelle exposées à grands traits, bien plus que véritablement établies. Sans venir ici témoigner contre moi-même, je n'ai pas besoin d'une grande modestie pour reconnaître que dans ce cours, tout à fait improvisé, il y a plus d'une proposition hasardée et des excès de langage que j'aurais fait bien volontiers disparaître, si la calonmie en les envenimant ne me les avait rendus irrévocables. L'honneur ne m'a pas permis de me corriger, et j'ai drt tout conserver pour n'avoir pas l'air de rien dérober à une critique ennemie. Je n'ai changé (jue des détails sans importance; les passages incriminés subsistent, avec queltiues notes exi)licaiives et des éclaircissements tirés de mesiuo-

AVANT-PROPOS. v

près écrits, antérieurs et postérieurs à ces leçons.

Oui, j'ai défendu, avec un peu de vivacité peutêtre*, l'indépendance de la philosophie, les droits de la lumière naturelle qui a découvert aux hommes assez de vérités, ce semble, et fait d'assez grandes choses dans le monde. Mais n'oubliez pas que c'était alors le temps de la guerre violente que faisait à la raison humaine l'abbé de Lamennais, et à sa suite tout ce qu'il y avait de jeunes talents dans le clergé. N'oubliez pas aussi que la philosophie n'avait pas été combattue seulement en parole>;, et que j'attestais moi-môme la proscription qu'elle avait soufferte. Mais à Dieu ne plaise que jamais il ^oit entré dans mon esprit et dans mon cœur la pensée vulgaire et coupable de rendre au christianisme le mal qu'on m'avait fait en son nom ! Ici, comme partout ailleurs, je montre pour la religion chrétienne un respect que nulle épreuve n'a troublé ni diminué, parce qu'il est emprunté à mes convictions les plus intimes et à la philosophie elle-même.

Encore un aveu, et qui ne me coûte point. J'avais autrefois rencontré à Heidelberg, encore obscur

1. Et je l'ai fait encore, quand de tristes circonstances m'en ont imposé le devoir, par exemple en i8i4 à la Chambre des pairs; voyez Dkkknsk Di l'Université ET de la Philouphie, et aussi lair«etla 2' préface de nos Ktudks sir Pascal.

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