‹ Philosophie des arts du dessinChapitre 7 sur 31 · LES PYRAMIDES ET LA PAGODE : ART ORIENTAL · texte numérisé non relu

LES PYRAMIDES ET LA PAGODE : ART ORIENTAL

Il est necessaire de se prémunir contre l’abus de ce mot, l’Orient; si on ne prend garde à préciser, à limiter sa portée, la science sera obligée d’y renoncer, du moins en thèse générale ; tant il revêt une signification vague , indécise , et difficile à déterminer. C’est pourquoi il faut d’abord nous expliquer sur ce que nous entendons par l’Orient dans l’antiquité. Il ne s’agit pas ici tle tracer une circonscription géographique, mais seulement de déterminer certaines

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nations situées sur la mappemonde à l’orient de notre Europe , lesquelles ont vécu sous l’influence d’un ensemble d’idées à peu près communes , et qui peuvent être aussi classées, sauf les diversités accessoires, sous une commune dénomination. De l’idée que nous attachons en matière d’art à l'Orient , nous commencerons par exclure celles des nations orientales qui n’entrent pas dans cette communauté d’idées générales dont nous allons chercher à apprécier les éléments. Faute d’avoir établi avec netteté cette distinction , on a débité bien des choses obscures , incertaines et flottantes sur l’art oriental.

Personne n’ignore que la pensée dominante dans l’antique Orient , celle qui absorbe ou se subordonne toutes les autres , c’êst la pensée de la religion. Or il y a dans le mondé oriental trois principes religieux > que nous allons tour h tour caractériser.

1* Le plus ancien de ces trois principes , c’est le culte inférieur de la hâturô personnifiée, de ces forces effrayantes contre lesquelles l’homme , à sa première introduction dans la

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forêt universelle qui couvrait le mondé après le déluge , n’a cessé de lutter avec des efforts toujours renaissants. Ce point de départ , c’est le fétichisme , tel que nous l’avons décrit dans le chapitre pi’écédent, tel qu’il se rencontre au berceau de toutes les sociétés. Il ne faut pas croire que ce principe se montre seulement dans l’état des peuples sauvages; il persiste et se retrouve fondu avec des éléments supérieurs dans les légendes les plus mystérieuses de l’Orient. Il est très-facile de le démêler à travers le vaste faisceau d’idées dont se composent ces religions. Tantôt c’est la déification de la terre, du soleil et de leur cortège d'étoiles, qui se retrouve sous les symboles de Sivah , d’Osiris , de Zeus ; tantôt ce sont les puissances de l’atmosphère , la foudre , les orages , les pluies , telles que la Junon Aérienne et le Jupiter Ombrios. D’autres fois c’est la personnification du chaos , des ténèbres , du principe sec et du principe humide , se disputant la souveraineté del’Érèbe pour en faire jaillir les existences et le jour. Partout vous retrouvez sous les mythes divers , les divers effets matériels qui viennent

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d’être exposés ; partout la conception de la matière, d’abord conçue comme unité, puis, sans changer de nature, se dédoublant, se scindant elle-même sans le créateur et sans le formateur, et devenant plastique , comme elle l’est , par elle-même et par sa seule vertu. Ainsi toujours dans ces religions on trouve cet élément d’une nature primitive , violente , ennemie , qui est le culte des premiers mortels; ainsi dans l’Inde, où les trois phases religieuses sont si frappantes, le culte de Shiva, dieu du feu, dieu destructeur, parait avoir été le culte primitif, celui des nations qui occupaient le sol dans l’origine , nations barbares , désignées dans les traditions indiennes comme des nations de singes , et auxquelles le dieu Vichenou, comme il est dit dans le Ramayana , apporta le bienfait de la lumière civilisatrice.

C’est pourquoi cet élément religieux ne se produit pas seulement dans l’art des peuples primitifs, par des formes et des matériaux de pure nature , comme on le voit dans les monuments de pierre du druidisme; c’est à lui aussi qu’il faut rapporter, dans les temples de l’Q-

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rient , ces horribles images qui personnifient le ge'nie du mal , le ge'nie materiel, productions d’un art asservi aux liens du symbole, et qui ne saurait jamais se perfectionner ou s’avancer sur l’échelle du bien. C’est ce caractère d’unité , toujours persistant dans la pluralité du matérialisme, qui donne aux objets de l’art chez les peuples orientaux , même dans leurs symboles matériels, ce je ne sais quoi de terrible et de violent qui effraie l’imagination.

2° La seconde ère des religions antiques se manifeste lorsqu’à la conception du naturalisme primitif a succédé la notion plus élevée de l’être infini , du grand tout éternel et divin ; idée que le sacerdoce propage, qu’il idéalise, et qui finit par devenir ce panthéisme universel dont la dernière formule est l’axiome que tout n’est rien , auquel conduit si naturellement la doctrine que tout est un. Car, lorsque tout se détruit et disparait devant l’idée négative et abstraite de l’infini , cette même idée s’évanouit à son tour, elle qui dans son origine n’était rien que vide , étant dépourvue de l’être divin qui en est la substance. C’est le temps où

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des poètes philosophes écrivent le Bhagavatgita, ces monuments d’une poésie audacieuse qui donnent la suprême expression du panthéisme (1), Or cette idée est représentée dans l’histoire de l’art par ces figures pleines de grandeur et de repos, par les sérapis et les sphinx qui régnent encore, bien que mutilés, dans les plaines d’Égypte , par les nobles et pacifiques figures de Brahma et de Yichenou dans l’Inde, faites pour inspirer une terreur mystérieuse mais tranquille , enfin par tout ce qui impose le sentiment de l’infini non pas matériel mais idéal , et qui sous ce rapport se distingue d’une manière absolue des immondes emblèmes à l’aide desquels s’éternise dans les sanctuaires le souvenir des premiers objets d’adoration.

On ne peut nier que le double élément religieux que j’ai décrit ne se rencontre en même temps dans la plupart des cultes de l’Orient. De là résulte une religion sombre, désolante, réfléchissant à travers les traditions matérielles

(I) F. Schlegel, Langue et Philosophie des Indiens ; et à la suite de la traductioh qui en a été donnée , voir un appendice sur la Philosophie des temps primitifs , p. 330 et suiv.

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(lu temps primitif l’idée immobile de l’infini , sans variété et sans ombre, de même que le soleil est réfléchi tout entier dans le sable ardent du désert. Ily adans ces religionsdeux points devue. réunis j il y a une double force croisée , celle de la nature matérielle qui écrase et qui tue , celle de la puissance panthéistique infinie, qui absorbe et réduit au néant tout être vivant de sa propre vie. Et voilà pourquoi des générations passent en vain sous le double poids d’un climat brûlant , et de cet infini plus aride que l'homme du sanctuaire tient constamment dressé sur leurs têtes.

3° Cependant vient le moment qui commence la réaction. On voit intervenir quelque mouvement j la variété apparaît au milieu de cette unité mystérieuse et sombre. C’est le temps des légendes menteuses qui multiplient les divinités dans le ciel , comme les feuilles vertes dans les bois. L’imagination, faculté brillante, vive , mobile , colorée , sème sa variété sur l’unité redoutable des éléments antérieurs ; elle découpe en festons l’austérité du dogme primitif ; elle brise plus ou moins l’entrave qui

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enchaîne le vieux symbole en le décorant d’ornements empruntes. Alors naissent dans la poe'sie les formes de l’épopee ; or , cpiand vous voyez dans une nation cultivée apparaître la poésie épique , vous êtes sûr que l’art n’est pas éloigné de déployer sa splendeur individuelle , comme poésie , comme fils de la liberté , destiné à fleurir aux rayons dorés et multiples de l’imagination. Alors le symbole , si longtemps uniforme et rude, s’assouplit, il descend de son piédestal immobile, il se lève , il marche , il palpite, il sent qu’en lui une âme vient d’éclore, il est la statue de Pygmalion. Le trait heurté du peintre se revêt de grâce et de fini ; il apprend l’art de nuancer les couleurs. La ligne roide du statuaire est onduleuse et spirituelle j tout annonce l'ère nouvelle qui doit venir , alors que la marche libre et généreuse de l’esprit humain produira les merveilles d’un art vivant de sa vie propre et de sa propre originalité.

Maintenant, étant donnés les trois principes religieux qui se rencontrent dans l’antique Orient, en Afrique et en Asie, cherchons quelles nations de ces vastes continents cor-

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respondent d’une manière plus spe'ciale h l’un ou à l’autre de ces trois éléments généraux , et nous serons amenés par cette analyse à déterminer lesquelles de ces nations sont pour nous ce qu’il faut entendre par l’Orient , dans le sens non ge'ographique, mais religieux et artistique de ce mot.

Au premier caractère , à celui où domine le matérialisme primitif, nous attribuons en Asie les races tartares et chinoises. Ce n’est pas que dans ces pays règne le fétichisme universel et grossier qui est le début de la vie et de la pensée humaine; l’importation plus récente du bouddhisme, religion qui elle-même est plus pure et plus avancée que le culte indien de Brahma, donnerait un démenti à notre assertion si elle était absolue, du moins pour ce qui regarde la Chine. Mais beaucoup de nomades Tartares en sont à peu près , en fait d’adoration, au point de vue du fétichisme; et quant à l’immense empire du Milieu , il est reconnu qu’un matérialisme vulgaire s’est introduit dans la science , dans la morale , dans les relations de la vie, et que l’athéisme pri-

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mitif dans le pays de Confucius compte des sectateurs sans nombre, même auprès de la doctrine épurée de Fo.

C’est pourquoi vous ne trouvez pas dans les nations chinoises cet enthousiasme élevé et sombre , qui résulte toujours de la conception forte et idéale de l’infini. Parqués dans l’éternel labyrinthe d’une écriture dont l’intelligence use leur vie entière, ces esprits positifs, sans essor et sans poésie, n’ont point érigé de ces vastes monuments, symboles d’une idée qui dépasse la portée de la vie. Chez ce peuple l’art n’est guère que l’industrie : leurs rois ont construit une muraille gigantesque pour se garantir des invasions des Tarlares ; mais ce mur, résultat des corvées de misérables et chétives populations, n’a ni hauteur ni largeur ; il en reste à peine au bout de mille ans autant de ruines que de la muraille d’Adrien , bâtie il y a quinze siècles avec l’indestructible ciment de Rome. On parle aussi d’une tour de porcelaine, qui joue un rôle parmi les merveilles du monde; c’est une œuvre industrieuse, bizarre, mais non une œuvre d’art dans la

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valeur de cette expression ; elle n’est le signe d'aucune pensée ; elle ne parle ni de religion, ni de puissance du peuple, ni de grandeur impériale (1). Depuis quatre mille ans la peinture est frappée d’une e'ternelle barbarie , qui ne saurait être excusée comme en Égypte par la destination secrète des hiéroglyphes. Pourtant rien ne manque aux Chinois , par rapport aux procédés de l’industrie appliqués à l’art de peindre ; mais leurs monuments pittoresques , plus imparfaits que ceux de la première époque du moyen-âge, ne sont point rachetés par le symbolisme vénérable qui purilie la laideur même et sait encore revêtir d’une auguste pensée les représentations les plus infidèles, les plus dénuées de grâce et de vérité.

Ce ne sont donc point les pays tartares, mongols et chinois , qu’il faut regarder comme exprimant l’idée conventionnelle de l’Orient , en matière de religion et d’art. La Chine , qui, par sa position géographique, est le plus orien-

(t) Sous ce dernier rapport il est juste de mentionner le palais de plaisance des empereurs près de Pékin ; en voir la description dans la Géographie de Balbi.

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tal de tous les pays du monde, serait bien plutôt, sous le point de vue qui nous occupe ici, un véritable pays d’Occident, ne portant en rien le type que l’on s’accoutume à attribuer aux peuples appelés orientaux. C’est une nouvelle preuve de l’abus des dénominations vagues.

Pour trouver l'application du second e'tat religieux, alors que l’idée, introduite dans la matière , la domine , s’étend jusqu’à la conception pure et parfaite de l’infini panthéistique , nous devons particulièrement nous arrêter à la Chaldée et à l’Égypte. C’est là que règne le symbole dans sa plus haute puissance , dans sa plus efficace énergie; ces nations, dans l’antiquité, sont celles qui ont ouvert la plus large voie au principe intellectuel. De là l’enthousiasme qui dut caractériser leurs productions littéraires, si on en juge par l’immense proportion de leurs monuments. Le fond de la religion chez ces peuples se décorait par des fables d’une mythologie variée et héroïque.

L’idée absolue du Dieu invisible , de l’infini sans bornes et sans raison de son être, darde ses

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rayons dans leur foi, aussi brûlants que ce soleil materiel qui voit éclore les productions de leurs arts. Ce caractère d'une religion purement intellectuelle se remarque davantage chez deux nations plus dégagées de la multiplicité des légendes , plus à l’abri du polythéisme que les autres nations de l'Orient : je veux parler des Perses et des Hébreux. L’allégorie , chez ces peuples , est toujours rapportée à une idée morale ; telle est chez les Persans la constante opposition des ténèbres et de la lumière , double et éternel symbole du bien et du mal divinisés; tel est aussi chez les Hébreux ce style si connu et tant célébré, si pénétré de ligures et d’images, mais toujours destiné à revêtir une pensée de l’esprit, une pensée religieuse et monothéiste , lorsqu’elle n’est pas plutôt un sentiment profond , une touchante émotion du coeur. Là , vous ne trouverez pas de poème épique ; l'élément de variété qui manque à un tel art , est trop essentiel à l’épopée , pour qu’il consente à revêtir cette forme de poésie; mais vous y trouvez un lyrisme ardent , impétueux, primitif, et non dégagé de ce caractère

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d’exaltation ou d’emphase qui pourrait bien être proprement appelé du nom d’oriental.

C’est encore une observation que l’on peut faire h l’égard de la race arabe de nos jours, ou du moins des adorateurs du Dieu qu’enseigne le Coran. Le style biblique , le style oriental règne encore dans la poésie musulmane; il tient à la double influence et du climat qui né change pas , et de l’idéalisme intellectuel antipolythéiste qui fait le fond de ces religions de l’Orient.

Enlin , pour représenter la troisième phase religieuse , celle ou domine le polythéisme avec la variété de ses légendes poétiques, avec sa progressive liberté , nous trouvons les Hindous. Là se montre une religion dont le fond est immuable, et dont les formes sont capricieuses et mobiles. Elle a pour point de départ le panthéisme universel ; mais elle est prompte à se développer , à s’épanouir dans un polythéisme sans limites. Dès son apparition, elle s’annonce comme civilisatrice ; son mythe primitif tend à se dissoudre et à étinceler au soleil poétique en mille légendes variées, incertaines, men-

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teuses, ou se décèle plus encore l’Imagination vagabonde que l’intelligence contemplative.

Sans doute, dans l’antiquité' profane, toutes les nations de l’Orient eurent leur part de polythéisme; partout l’imagination des peuples se lit jour et se déploya en légendes fantastiques ; mais nulle part avec une profusion extrême comme dans l’Inde, et plus tard dans la Grèce , mais celle-ci n’est plus l’Orient. F. Schlegel, dans son livre sur l’Inde, observe ce Caractère et Cette affinité entre les littératures de ces deux nations de l’Asie et de l’Europe, et il l’attribue au principe polythéiste qui prédomine dans la religion de ces peuples. Il développe cette observation : « que la poésie indienne et la poésie grecque ont cela de commun , que l’élément d’une mythologie plus douce et plus flexible est venu se mêler dans cette poésie il l’élément gigantesque et sauvage qui provenait du fond primitif (1). » Aussi est-ce dans l’Inde que naît le poème épique , et à cet c'gai’d il y a un véritable l’apport

(t) Voir la pag. 162 de la traduction française.

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entre la poésie de Valmiki et celle d'Homère , bien que la première annonce quelque chose de plus sacerdotal , porte une empreinte plus mystérieuse, plus auguste que la poésie du vieux chantre de la Grèce, lui qui fut le héraut d’un âge nouveau dans ce dernier pays. Cette observation peut se généraliser, et on peut comparer ensemble la double littérature de l’Inde et de la Grèce, littérature plus vive, plus variée et à la fois plus simple que celle des autres peuples orientaux. Les Hindous ont une fleur de poésie pleine de grâce et de simplicité ; on peut la comparer , selon la riante image qui leur est si familière, à la fleur du lotus , naissant et ouvrant son calice , au sortir de l’étang de lait qui est la source des êtres créés. C’est pourquoi on trouverait tant d’analogie pour la fraîcheur et le charme des sentiments, des idées et des situations , entre les poètes indiens et grecs, par exemple et pour n’en citer que deux, entre Euripide et Kalidasa.

Mais l’art aussi participe à cette sorte de développement ; là on ne voit plus seulement ces monuments qui épouvantent , ces symboles de

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l’infini encore debout dans les plaines de l’Égypte et disparus de celles de la Chaldée; il y a déjà dans les monuments de l’Inde , du moins dans ceux de la dernière époque, un peu de mouvement, un peu de vie ; les formes légères, les couleurs variées, les ornements de caprice, y surabondent.

« L’architecture de l’Inde, dit Iïeeren, commença par la pyramide, forme commune à tous les temples de celte contrée ; c’est l’imitation de la tente ; cette forme exclut en général les voûtes, les pilastres, les colonnes. Plus tard l’architecture cyclopéenne des pagodes se débarrassa de ces formes lourdes et massives; elles affectèrent un air plus libre, et finirent même par être ornées de grands portiques ou pylônes dans l’intérieur des sanctuaires (1). » Il existe

(!) Selon le mêmeHeeren, les monuments de l'architecture indienne se divisent en trois classes : la première comprend les temples souterrains ; la seconde renferme les temples taillés dans le roc au-dessus du sol , mais dont quelques parties s'étendent sous terre; la troisième consiste en édifices proprement dits. Cette distinction , très-importante pour ce qui regarde l'histoire de l’art oriental , sert de base à toutes les descriptions des monuments de l'Inde. Voir lord Valencia, Niebhur, Danicll, Laugtès et Heeren lui-même.

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aussi Une différence notable efitré là statuaire dès Hindous et celle des autres iiàtionS antiques de l’Orient. Je le ferai voir pàrtieuliè-* remënt àu chapitre qui suit , en indiquant lé rapport de la statuaire indienne et grecque»

Eh Égypte , la statue dü dieu c’est là froideur absolue du symbole inflexible , c’est une itnàgè morne ët Sans beauté ; le type Seülëtfiènt s’y rtiontfre à nu, dépourvii de lumière et de toüt ce qüi laisserait réfléchir l’art. Au Contraire , il y a dans la plastique hindoue quelque chose d’animé , de svelte dans Jes contours , de grêle dans les formes , avec un grand hombre d’ arabesques fines et ingénieuses ; tout ÿ annoncé une civilisation plus avancée èt qui semblerait destinée à grandir.

Sans doute ce serait Une erreur qiie dé pfren= dre l’Inde antique et moderne ( puisqu’elle a peu changé) comme le iype d’une de ces nations qüi , selon la théorie de Herder, de Ganz et dé plusieurs écrivains français, représentent la personnalité, la liberté* le mouvement* intro^ duit véritablement dans le monde par la seule nation grecque. Pour soutenir cette opinion *

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il faudrait oublier quelles chaînes cruelles courbent depuis quatre mille ans les générations indiennes , chaîne d’esclavage qui subordonné les unes aux autres toutes les castes inflexibles, depuis le prêtre qui a conquis la race indigène , et donné les arts pour prix de sa tyrannie (1 ) ; depuis le raja , disciple et mandataire du prêtre , jusqu’à l’ignoble cypaie qui attaqué la victime et la tue avec une merveilleuse adresse , puis vient recevoir le salaire quotidien pour la tâche qu’il a remplie au simple signe d’un tyran. L’esprit de liberté et de progrès n’existe pas dans l’Inde , pas plus que dans les autres nations de l’Orient; mais j’ai voulu marquer qu’un germe étouffé sans doute de mouvement devait exister dans la religion comme dans l’al't indien ; et que , dans cette classification idéale des peuples orientaux ; le peuple hihdoü , sous ce rapport, pouvait tenir à l’Orient et à l’Occi-

(I) Ce génie social de l’Inde trouve ton symbole dans la pagode noire de Djagarnat, située presque à l’extrémité septentrionale de la côte de Coromandel. Sa couleur sombre la faita percevoir de loin aux navigateurs qui longent cette mer de sables ; et autour d’elle sont rangées une foule de petites pagodes dont la plus grande a cent pieds de haut.

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dent , à l’esprit stationnaire et à l’esprit mobile , à l’esclavage et à la liberté'. Cette induction se trouvera manifeste'e par les analogies de l’Inde et de la Grèce. Et ainsi , l'Inde ne reproduirait pas d’une manière aussi adéquate que d’autres peuples antiques cet idéal que nous cherchons .à déterminer, et qui constitue le caractère essentiel de l’art appelé oriental.

De tout ce qui précède, il suit que lorsqu’on parle de l’Orient en matière d’art, pour l’opposer à l’époque grecque qui lui succéda, il s’agit particulièrement des nations sémitiques qui ont occupé la haute Asie , où ont été fondés les premiers empires. Il faut y joindre l’africaine Égypte, cette célèbre monarchie des pyramides : ou plutôt , c’est l’Égypte seulement qui nous représente cet Orient que nous cherchons. En effet les monuments de Babylone ne sont que des couches de briques ; le temple de Jérusalem n’existe que dans les souvenirs des savants qui ont essayé de le restituer ; les ruines de Tchil-Minar ou de Persépolis sont de splendides palais , non des temples ; les Persans n’en avaient pas. La religieuse Égypte

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voit seule subsister ses monuments impérissables dans les déserts. C’est donc là surtout , c’est en Egypte que règne le symbole dans son immobilité plus complète et plus inaccessible aux embellissements de l’art. L’Inde aussi, qui, dans ses cosmogonies, ouvre une si large voie à l’élément panthéistique, peut y trouver place , mais avec restriction , quand on considère l’abondance et la fertilité de ses légendes, de ses divinités, de sa poésie, et même ce caractère de transition qui la fait participer de l’une et de l’autre époque, de l’une et de l’autre contrée , de la Grèce et de l’Orient proprement dit. Je ne dis pas que cette détermination ne laisse rien à désirer; mais enfin il fallait bien nous attacher à déterminer par rapport à l’art un Orient propre dans l’Orient. De même , si quelqu’un me demandait quel siècle est le moyen-âge, je n’hésiterais pas à répondre : c’est le douzième ; ce siècle me paraît en éffet répondre plus exactement à l’idée que j’attribue à cette époque de l’humanité. Et après tout , philosophes que nous sommes, nous savons de reste que

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nos synthèses historiques ne sauraient se résoudre en formules d’algèbre ; il n’y a pas de divisions historiques qui ne soient contestables quand on en vient au détail.

Scimus, et hanc veniam petimusque damusque vicissim.

C* est une faveur indulgente que nous accordons , que nous demandons aussi jusqu’à la fin de ce volume. Nous voulons établir des aperçus généraux ; heureux si on les trouve fondés sur les lois générales qui président au développement des sociétés comme à celui de l’esprit humain 1

Cela étant bien établi , et après avoir ainsi déterminé ce que nous regardons d’une manière plus spéciale comme répondant à l’idée de l’Orient , essayons de déterminer l’esprit , la loi, le caractère de l’art oriental.

La poésie lyrique est la première éclose chez les peuples qui possèdent une littérature. Pareille à la flèche aérienne, l’œuvre lyrique s’élance vers le ciel; le premier mobile qui

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l’inspira , ce fut une pensée d’adoration qui jaillit du cœur agité en accents pleins de grandeur, Il en faut dire de même de l’art; il grandit et se déploie aux époques mystérieuses pu la société subit sa première transformation, quand , sous l’aile de la religion , elle abdique les ténèbres pour la lumière , l’erreur meurtrière pour 1# vérité, Pareil à la flèche lyrique dont je parlais , l’art s’élance en obélisque, pu bien , pesant sur 1§ sol par la hase d’une pyramide, il fend les nues par l’apgle de son sommet, Ses deur premiers monuments sont religieux , ç’est le pylône du temple d’Esné et la pyramide de Çhéops, Il sait le peu de valeur dp l’humanité passagère ; et comme il n’ignore pas ce qui est immuable , la mort et 1’inflpi , art recueille tout son développement entre pn sanctuaire et un tombeau.

G’est une chose à remarquer que chez ces peuples dp l’antique Orient la civilisation ne se répand qu’à la condition de recevoir une double chaîne qu’elle ne peut briser , celle du prêtre et celle du rpi- U est impossible de meconnaître cp fait de la double tyrannie sous

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laquelle vivaient asservies ces nations au temps de leurs grandes monarchies. De cette considération à celle du caractère oriental il n’y a qu’un pas à franchir; il y a une transition facile et légitime : car si l’art est le symbole ou le signe d’une idée qui domine la société, qu’y a-t-il où la société soit contenue plus intégralement que dans l’ensemble des idées qui font que cette société est à la fois théocratique et despotique , et qu’elle est captivée dans le double lien du culte et de la royauté ?

Eh bien , un tel état social étant réellement celui des peuples de pur Orient , comme l’art est le symbole , l’idée dirigeante de la société , il suit que cet art de l’Orient devra s’attacher à reproduire l'infini, pour exprimer le rapport de l’homme avec la religion, et reproduire aussi une sorte d’infini de second degré, humain et matériel, pour rendre les rapports de ce même homme avec la tyrannie terrestre que l’Orient sanctifie sous le nom de royauté. Cet art devra donc produire des temples et des palais, des temples surtout; car l’idée théocratique absorbe tout le reste , et les rois eux-

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mêmes habitent des temples : ne sont-ils pas des dieux ou des fils de dieux ? ne sont-ils pas empreints des rayons de l’éternelle majesté ? Ne considérons donc que l’idée d’infini qui est l’idée dominante, exclusive, de tout l’art de l’Orient , et demandons-nous quels devront être les résultats généraux de cette coïncidence, je veux dire, de l’idée d’infini devenue l’idée maîtresse et dirigeante de cet art. Au premier abord , le résultat sera double.

1° Lorsqu’une pensée sombre et dominatrice pèse sur une époque, cette pensée doit se traduire et trouve son expression dans celui des arts qui soutient avec elle le plus d’analogie ; et quand cette pensée est religieuse , comme elle est immuable, il faut bien qu’elle soit représentée par des formes grandes , solides , immuables. C’est pourquoi , dans ces époques, c’est l’architecture qui dominera les autres arts. 2° Les arts plastiques se manifestent aussi, mais subordonnés à l’architecture ; comme ils sont de purs symboles , il leur est interdit de s’élever «à la dignité d’art, d’obtenir une valeur par eux-mêmes, et d’entrer dans la voie libre

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de l’imitation. Nous pouvons développer rapidement ee double point de vue.

On peut passer en revue les npopiwcnts d’architecture tels que les voyageurs en retrouvent les souvenirs debout dans l’Orient ; soit les débris qui couvrent la plaine de Tlièbes, Soit les constructions de Perse'poüs , soit les ruines de Palmyre , contemporaine occidentale de l’antique Orient , grande ciLe qui ne fut jamais connue , et qui , en attendant les révélations de la science , (dort ensevelie dans un désert du nouveau monde ; soit mêpté les murs cyclopéens qui racontent l’origine de la race péiasgique dans les temps les plus reculés. Ces monuments, malgré la diversité spéciale de leur .aspect , nous reportent tpus eu second degré d e l’antique civilisation , au moyen-âge de l’antiquité ; art architectural , lequel , après avoir délaissé la tente dp patriarche, a cpuyerf: PQrient de cités splendides, et ensuite a disparu devant l’époque hellénique, alors que le génie grec cisela le fronton du Parthénon , et plaça aux confins mêmes du désert les polonnade$ hlanchç§ dg Palmyre.

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Au temps dont je veux parler , à ce moyen r âge des temps anciens, l’espèce humaine est sortie de son premier berceau. Déjà victorieuse dans sa lutte contre les fatalités qui proviennent du sol et de la nature, matérielle , elle est arrivée à cet état d’accroissement où la tribu , devenue empire , n’a plus à lutter que contre les chaînes humaines qui lui sont jetées du haut de toutes les tyrannies. A cette époque , la liberté n’est pas encore éclose ; le sentiment d’une terreur sombre plane sur les populations conquises. Qu’est-ce que l’individu , perdu dans cet organisme social qui l’écrase , sous eette loi du patriciat qui l’emmaillotte dans des castes inflexibles , comme une momie dans ses bandelettes ? Ce qui domine chez ces nations de l’antique Orient , c’est la conception de ce qui est immuable , de ce qui est infini , de ce qui est irrésistible et fatal. Il suffit d’avoir un peu étudié ces peuples, pour être convaincu que cette idée redoutable est le fond sur lequel se déroulent leur philosophie , leurs lois civiles, leur religion. L’idée panthéistique est donc eelle qui préside à l'art de l’Orient. Cette idée i

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que l’homme d’Orient respire comme il respire sa lumière étincelante , il l’évoque du sein de la religion où elle règne , il la convie dans son art, et c’est là qu’il la traduit en pierre à l’aide de ses gi'ands monuments d’architecture. Cet art en particulier semble avoir pour caractère d’aspirer vers l’infini. Presque toujours c’est une masse indestructible qui fatigue le temps , qui pèse sur le sol , puis qui monte en pyramide h des hauteurs démesurées , comme pour unir ensemble les deux termes visibles de l’infini , la terre et le ciel.

L’architecture , chez les divers peuples de l’Orient , a des diversités qui tiennent aux circonstances, aux variétés inévitables du goût; mais ce sont de purs accidents , qui n’empêchent pas la fraternité d’une commune origine de se déceler dans l’ensemble des proportions. La pagode aux deux étages séparés par l’énorme éléphant qui surmonte le premier et soutient le second, et en général l’architecture de l’Indoustan, colorée, rayonnante , mobile même dans son unité, ne ressemble point pour Jes détails à ces péristyles simples avec gran-

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deur, qui apparaissent dans la plaine de Thèbes, au bout de leurs immenses avenues de granit. Mais toujours en Orient vous trouvez la même pense'e génératrice , toujours le symbole de l’infini qui, dans ces régions brûlantes, écrase de son poids la faiblesse mortelle de l’humanité.

J’ai dit qu’en second lieu, dans une pareille architecture , et à ce degré de l’art , il ne faut pas chercher les productions supérieures de la statuaire ou de la peinture; on ne trouvera que d’informes rudiments dans lesquels l’art n'a rien à démêler, de simples signes hiéroglyphiques qui sont l’ébauche en relief d’une écriture mystérieuse , et qui ne sont pas encore passés à l’état et à la dignité progressive de l’art.

Prédominance de l’architecture , absence de la vraie statuaire, ces deux caractères de l’art oriental peuvent être établis et prouvés comme un fait; de plus, vous pouvez vous convaincre à priori que cela devait se passer ainsi.

Je suppose que vous ayez à réaliser l’idée de l’infini par un de ces monuments religieux

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où la divinité est représentée dans un temple ; je suppose que vous ayez à construire votre monument sous l’ardent soleil et sous l'influence non moins dévorante du panthéisme sacerdotal, ce sera pour vous, architecte de Memphis, de Persépolis ou de Babylone , une nécessité de vous servir d’une architecture qui soit en harmonie avec le caractère du soi qui la soutient , avec le caractère du ciel qui l’abrite, avec l’auguste destination que vous lui réservez.

Ainsi votre architecture sera ; dès l’abord, grandiose ; ses masses imposantes découperont avec solennité les grandes lignes du désert; vous pourrez toujours admettre à son égard l’équation entre la grandeur et la beauté.

Maintenant , si cette même pensée de l’infini vous voulez la reproduire par la statuaire* vous saurez élever de redoutables colosses ; Bel , Sérâpis , Apollon de Rhodes ; vous sèmerez les sphinx a figure humaihe sous les longs péristyles des temples de Memphis ; mais vous ferez abstraction de ce qu il y a de mobile, de vrai* de passionné dans la nature vivante, pour saisir seulement le rayon indistinct qui assortit

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l’homme avec le tout dont il né saurait se détacher. Alors, dans vôtre pensée plutôt panthéistique que religieuse; plutôt symbolique qu’artistique, tous passerez à côté de la Statuaire } Sans deviner ce qu’elle petit être un jour , au Souffle d’Utié réalisation plus libre . Les jambes et les bras de vos statues égyptiennes testeront à jamais inséparables dtt corps mal ëbauéhé dont ils font partie; vos statues , Cé Seront des lettres diverses du Vaste alphabet qUl se lit soiis les dômes et le long des grands iilurs Où règne lé pontife dé Memphis. Mais vous ne soupçonnerez point encore lé véritable génie dé la statuaire.

Polir qii’ll naisse cet art, pour qui! jaib* lisse au jour dans sa splendeur propre -, individuelle; distincte de l’architecture dont il rté saurait être toujours le serviteur, il faut q'ûë soit Vênüe l’époque grécqué , il faut qu’au sein d’une civilisation méilléuré et plus avancéé l’ësprit libre se Soit levé > était fait comprendre à l’art, jusqu’alors immobile et Sacerdotal; ce qu’il y a de puissance dans l’Union dé la variété avec l’unité > Ue qu’il y a de dignité et

IDÉE

de valeur intrinsèque dans une figure humaine.

En re'sumé, l’architecture triomphe dans les époques du moyen-âge , chez lesquelles l’ide'e religieuse est la pense'e dominante; l’architecture est un art qui est fait pour se prêter à la religion et qui aspire à réaliser l’infini. L’art du sculpteur, au contraire, est subordonné à l’architecture quand celle-ci règne ; mais il est roi à son tour quand vient le jour de l’esprit nouveau , quand l’exclusive pensée qui captive les époques du moyen-âge a fait place insensiblement à la pensée plus moderne , à celle du mouvement et de la liberté.

Eh bien , cette constante idéalité qui règne dans l’art plastique en Orient , cette absence de vie et de variété dans les figures, cette indifférence pour le modelé, pour l’agencement des draperies et le naturel des poses , cette subordination de la statuaire à l’architecture, disons même cette absorption de la statue dans le temple, de même que l’idée panthéistique absorbe l’homme dans la substance universelle, c’est là précisément ce qui réunit les diversités de l’architecture orientale sous la loi d’une étroite

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arenté. Ainsi dans la pagode hindoue comme dans le temple égyptien, quand vous voyez servir au ministère de l’édifice sacré une plastique analogue, soit pittoresque, avec scs couleurs éternelles et sans mélange de tons, soit sculptée, avec son granit couleur foncée , tout d’une pièce, sans grâce et sans vérité; alors, à travers les différences que j’ai moi-même établies précédemment , vous ne tardez pas à saisir les rapports qui existent entre les divers rameaux de l’art oriental; bien vite l'imagination rétablit le lien mystérieux qui unit la pyramide de Thèbes , la pagode de Bénarès , et la muraille sculptée du vieux Mexique ( I).

(I) Voyez en fait d'ouvrages de planches : pour l'Egyplc, le grand ouvrage de l’expédition , delà Borde, Gau, Champollion; pour les ruines de Babylone, Niebhur et Ker-Porter; pour la Perse, Chardin, Niebhur, Ker-Porter et Alexander. J’ai indiqué plus haut les ouvrages sur l’Inde ; joignez-y les explications et restitutions de monuments, données par M. Raoul-Rochette, dans ses savants cours, ainsi que les dissertations de Heeren , et n’oubliez pas le Recueil des antiquités mexicaines.

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