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desformes pour la bonté réelle, la grâce pour la vérité, le symbole pour la réalité.
Après avoir accablé l'imagination des plus graves reproches, la philosophie n'eût-elle pas dû être plus juste envers cette brillante faculté de l'intelligence, et reconnaître tous les services qu'elle en peut recevoir? Renfermée dans ses fonctions légitimes, dirigée à sa vraie destination, cette faculté ne doit-elle pas, comme toutes les autres, apporter son tribut au perfectionnement de notre caractère?
L'imagination nous met en possession de l'avenir, elle nous transporte & toutes les distances» elle nous fait concevoir les objets invisibles & nos sens, elle nous introduit dans la région du possible, elle soutient nos forces par l'espérance, elle étend notre existence au delà des limites du présent. Ne fit-elle que récréer et embellir notre vie intérieure par des jouissances pures et innocentes; ne fit-elle que nous attacher h la contemplation de la nature, elle nous conduirait encore, par cela seul, à une grande et instructive école. Ne laissons pas notre vertu s'évaporer en une poésie fantastique, mais permettons à la poésie de venir se mettre au service de la vertu.
Cette poésie, toute morale, apparaît de toutes parts sur le théfttro des œuvres de la Providence. Nous la voyons embellir toutes les scènes de la nature, si nous savons les considérer, non du seul œil du corps, mais de l'œil attentif et recueilli de l'Ame. Elle retentit dans