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l'hymne que célèbrent toutes les créatures; elle emprunte sa majesté aux phénomènes célestes; elle donne des expressions variées et gracieuses aux paysages, aux simples fleurs. C'est elle qui lève l'étendard autour duquel le patriotisme se rallie; c'est elle qui cueille la palme décernée au héros ; c'est elle qui compose les attributs de la gloire.
Qu'ils s'avancent donc autour de l'image sainte de la vertu, tous ces arts créateurs qui font l'orgueil et les délices des hommes 1 Qu'ils forment son cortège, qu'ils viennent lui offrir leur encens le plus purl Qu'ils saluent cette bienfaitrice du monde, et qu'eux-mêmes» transportés à sa vue du plus pur enthousiasme! se rendent dignes de recevoir d'elle un ordre de beautés immortelles!*
Voilà la vraie vocation de l'imagination, l'esprit dans lequel elle doit être cultivée* dans lequel ses productions doivent être conçues. Alors elle apportera à notre ûme, dans sa coupe brillante, non de funestes poisons, mais de salutaires breuvages.
La raison siège au faite de toutes les facultés intellectuelles, elle est l'arbitre, la régulatrico suprême; elle assigne à chocun ses fonctions et ses limites. Armée de la méthode, elle classe, coordonne, distribue; armée du jugement et s'appuyant sur le bon sens, elle pèse, elle décide : l'ordre, la vérité, voilà son domaine.
C'est à la raison qu'est commis le soin de notre per-
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fectionnemcnt intellectuel, car elle est chargée de produire l'harmonie générale. Son énergie s'accroît selon le développement des facultés qui lui sont subordonnées; alors aucune influence n'est h redouter; toutes les influences sont salutaires. Si la raison n'est pas la vertu même, on peut affirmer, du moins, qu'elle en est la sœur. Elles ont la même physionomie, le même langage; elles obéissent aux mêmes régies; elles sont d'intelligence entre elles; elles communiquent et se concertent h chaque instant.
L'erreur no fut jamais utile. Que devient la vertu la plus sincère, accompagnée d'un esprit faux? Nonseulement les forces qui nous avaient été données pour faire le bien se dissipent en applications stériles, mais encore, employées au hasard, elles se dirigent contre le but lui-même; elles servent à tourmenter les autres et soi-même sous les plus honorables prétextes. 11 y a plus encore. Les fausses associations d'idées qui nous imposent des devoirs imaginaires au nom de la morale, tendent souvent, par une conséquence inévitable, à altérer la pureté du sentiment qui s'attache aux devoirs véritables; il ne se présente que de trop fréquentes occasions où les préceptes conventionnels et factices se trouvent aux prises avec les règles dictées par la conscience.
Il naitra certainement de cette lutte des perplexités qui affaibliront l'autorité de la conscience, et quelquefois elle en sera même étouffée. Des qu'on
déplace le point de vue, on multiplie les fausses conséquences : d'une erreur germeront mille erreurs imprévues, qu'on ne sera plus & temps de détruire. La morale ne redoute pas les investigations profondes dès qu'elles sont complètes ; elle redoute les vues superficielles et frivoles.
Le bon sens est le gardien et l'ami delà vertu. H protège la rectitude des intentions et le calme du cœur; il fortifie l'âme par la plénitude de la conviction. Le commerce delà vérité entretient la sécurité, la confiance, la constance, la solidité des résolutions, la dignité du caractère.
Le sentiment religieux se présente comme une conséquence inévitable & la suite de toutes les questions qui ont pour objet le développement de nos facultés intellectuelles et morales. C'est un légitime triomphe pour la religion de voir combien l'homme s'améliore .en la suivant, et c'est aussi un beau témoignage en sa faveur que de voir tous les cœurs honnêtes tendre naturellement à elle.
Les vérités morales sont, en saine logique, les avant-coureurs des vérités religieuses. De même, tous les sentiments moraux invoquent les sentiments religieux afin de s'y purifier. Sous ce double rapport, la morale est une vraie initiation religieuse qui, ellemême, est essentiellement liée au culte des beauxarts.
Chateaubriand dit, dans un article de controverse
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religieuse : « Il fallait prouver que, de toutes
les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres. On devait montrer qu'il n'y a rien de plus divin que sa morale, rien de plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine et sou culte. On devait dire qu'elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne delà vigueur à la pensée... qu'il n'y a point de honte à croire, avec Newton et Bossuet, Pascal et Racine »