CHAPITRE VI
Lo mot grAco est employé commo synonyme do beauté. Il sert & désigner certains charmes particuliers & la beauté, et, en môme temps, une chose étrangère ou complémentaire do la beauté; aussi n'est-on pas généralement d'accord sur sa véritable acception, bien quo chacun en ressente les effets.
La grAco est un mouvement do l'Ame dont on ne juge quo par l'action du corps, et celte définition est In plus généralement adoptée. La grAco est commo un voile transparent A travers lequel l'esprit se montre. Kilo est ntlnchée nu juste rapport des altitudes, des gestes, des mouvements, des expressions, des pensées avec la (In qu'on se propose, et ces moyens ajoutent d'autant plus d'agréments qu'il sont employés avec facilité.
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Domtotlcn dit quo « les animaux, mémo lourds commo Ici potlls chiens, ont do la grAcc, parce quo loura mouvements annoncent toujours uno seule In- Icntion. Cet ciïct vient do ccltoioniibilitédorcnfance, toujours vive et concentrée dans la chose uniquo qui l'occupe dans le moment.
« Pourquoi n'n-lon jamais de grAco lorsqu'on a riiitentlon d'en avoir? c'est que l'amour-propro qui Inspira cette intention tarit lo sentiment dont cllo émane, et qu'on n'est jamais plus gaucho quo lorsqu'on est poussé par deux impulsions opposées. Toutes les passions agréables ont toujours do la grAcc si Ton l'y livre avec celte innocence et celte naïveté du jeune Ago qui ne doute do rien. »
En reconnaissant quo la grâce no saurait exister lorsque nous sommes entraînés par deux impulsions opposées, c'est nous ramener tout naturellement A l'unité, qui est la source do la grAcc. Ainsi, pour qu'une femme nous paraisse réellement gracieuse, il est nécessaire quo l'esprit reconnaisse qu'il y a unité outre les mouvements et l'Intention qu'elle so pro< pose, ou, autrement dit, qu'il y ait unité entre son action corporelle et lu disposition do son Ame.
La gr&ce so rattacho donc essentiellement & la beauté morale et A la beauté physique; pussi n'est-il pas surprenant que lu grAco parfaite soit offerte par la beauté de la femme, puisqu'elle est susceptible d'une délicatesse de sentiment qui maintient plus constamment
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l'unité entre ses mouvements et ses intentions succès* sives et presque fugitives.
C'est donc par métaphore que Ton emploie le mot grftce en peinture, et que Ton cite la grâce d'une tôle ou d'une figure, car la peinture ne peut pas répéter les mouvements de la grâce naturelle; elle peut seulement indiquer et fixer ces mouvements en donnant l'idée de leur grâce.
Une draperie peut être belle par la disposition optique de ses plis et la convenance ; et, si Ton dit qu'elle est gracieuse, ce sera en raison de l'aisance, de la naïveté de son jet, de son mouvement.