DU VRAI ET DU VRAISEMBLABLE
La vérité dans le choix des objets renferme en sot le vrai et le vraisemblable. Les objets doivent être naturels par eux-mêmes, c'est-à-dire possibles, autrement ils seraient faux.
Le vraisemblable est l'apparence de ce qui est vrai ; il manifeste sans équivoque à l'intelligence le caractère de l'objet représenté.
La vérité ne parait pas toujours aussi vraie que le vraisemblable; car l'artiste qui représente toute espèce de vérité peut très-bien blesser la vraisemblance, tandis que celui-là est toujours vrai qui est vraisemblable.
Le vraisemblable comprend la justesse de représentation, non-seulement dans les lignes, mais en-
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coro dans la couleur, lo clair-obscur, la perspective .aérienne. Sans la réunion de ces qualités, la vérité ne saurait être clairement exprimée; il n'y aurait pas de satisfaction réelle pour l'esprit. En effet, comment pourrait-on jouir de la vue d'un tableau dont le dessin serait correct et la couleur invraisemblable, ou d'un tableau dont la couleur serait vraie et le dessin contraire à l'apparence naturelle des objets?
Celte apparence doit être claire, précise, dans la composition, le dessin, le clair-obscur, la couleur, la manière de peindre; elle doit offrir non-seulement la vérité optique et intellectuelle, mais encore la beauté de ces deux qualités. On peut dire aussi que les beaux-arts sont des ressemblances qui ne sont pas la nature, mais qui paraissent l'être, et que leur but n'est pas le vrai, mais le vraisemblable : la perfection dépend de la ressemblance avec la réalité.
L'histoire retrace ce qui a été fait; la poésie, ce qui a pu être lait; la première est tenue à la vérité du fait, la seconde n'est tenue qu'au vraisemblable.