‹ Philosophie des beaux-arts appliquée a la peintureChapitre 16 sur 73 · DU VRAI ET DU VRAISEMBLABLE · texte numérisé non relu

DU VRAI ET DU VRAISEMBLABLE

La vérité dans le choix des objets renferme en sot le vrai et le vraisemblable. Les objets doivent être naturels par eux-mêmes, c'est-à-dire possibles, autrement ils seraient faux.

Le vraisemblable est l'apparence de ce qui est vrai ; il manifeste sans équivoque à l'intelligence le caractère de l'objet représenté.

La vérité ne parait pas toujours aussi vraie que le vraisemblable; car l'artiste qui représente toute espèce de vérité peut très-bien blesser la vraisemblance, tandis que celui-là est toujours vrai qui est vraisemblable.

Le vraisemblable comprend la justesse de représentation, non-seulement dans les lignes, mais en-

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coro dans la couleur, lo clair-obscur, la perspective .aérienne. Sans la réunion de ces qualités, la vérité ne saurait être clairement exprimée; il n'y aurait pas de satisfaction réelle pour l'esprit. En effet, comment pourrait-on jouir de la vue d'un tableau dont le dessin serait correct et la couleur invraisemblable, ou d'un tableau dont la couleur serait vraie et le dessin contraire à l'apparence naturelle des objets?

Celte apparence doit être claire, précise, dans la composition, le dessin, le clair-obscur, la couleur, la manière de peindre; elle doit offrir non-seulement la vérité optique et intellectuelle, mais encore la beauté de ces deux qualités. On peut dire aussi que les beaux-arts sont des ressemblances qui ne sont pas la nature, mais qui paraissent l'être, et que leur but n'est pas le vrai, mais le vraisemblable : la perfection dépend de la ressemblance avec la réalité.

L'histoire retrace ce qui a été fait; la poésie, ce qui a pu être lait; la première est tenue à la vérité du fait, la seconde n'est tenue qu'au vraisemblable.

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