DE LA VARIÉTÉ NÉCESSAIRE AU TABLEAU
(/œil ne peut pas exiger un plus grand nombre de ' variétés que l'esprit n'en peut admettre; le sujet seul doit en prescrire la quantité. Le nombre des personnages, la multiplicité des ornements, le nombre des plis d'une draperie, toutes ces quantités sont soumises à l'unité du sujet et prescrites par la convenance.
On ne peut pas retrancher ou augmenter le nombre
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des éléments qui constituent le modo, le style, sans détruire l'unité du sujet ou nuire à son expression, h son caractère.
L'Ame oime la variété, mais elle ne l'aime que parce qu'elle est faite pour connaître; il faut qu'elle puisse voir, et que la variété le lui permette, c'est-àdire qu'il faut qu'une chose soit assez simple pour 6tro aperçue, et assez variée pour être aperçue avec plaisir.
La variété tient lieu, en quelque sorte, de la nouveauté. En passant de la contemplation d'une partie à l'examen d'une autre, ce changement produit sur l'esprit une action qui l'occupe, et, par cela seul, lui devient agréable.
L'esprit est plus satisfait lorsqu'il considère les rapports des diverses parties d'un tout dans l'unité de ce tout; les hommes qui ne sont pas préparés par l'étude ou par une aptitude innée sont impuissants à ressentir les effets qui résultent de la beauté et de l'harmonie.
La variété ou le contraste dans les gestes n'est pas une règle invariable; il convient même, dans certains cas, qu'ils aient de la similitude ou de l'analogie entre eux. On remarque, dans Raphaël et le Poussin, des personnages faisant le même geste des deux mains; souvent aussi plusieurs font un geste semblable ou analogue, ce qui donne à l'expression une grande force de signification.
Les contrastes ne sont dont pas une des conditions
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absolues de la beauté, puisqu'ils dépendent de la convenance.
La beauté morale est liée & la beauté optique. lia première prescrit la quantité de variétés à introduire dans le sujet, la seconde détermine le degré de beauté. Si la convenance prescrit un mode simple, elle réduit le nombre des unités particulières, la diversité des objets, d'où résulte le simple et le grand : dans un tout donné, moins il entre de parties, plus ces partics sont grandes.
Dans un sujet de plusieurs figures, l'unité exige que Tune de ces figures soit dominante, unique. La convenance veut, de son côté, qu'elle soit la plus intéressante du sujet; or celte figure dominera par la réunion de plusieurs moyens ou unités particulières :
1* Par sa disposition, son caractère;
2* Par la puissance ou la grâce de son clair-obscur;
«V Par la nature et la couleur de ses vêlements;
4* Par la force ou la grAcc de son expression.
Les autres figures lui seront subordonnées, tout en étant soumises les unes aux autres et graduellement, de telle sorte que chacune d'elles serve A faire ressortir ce caractère dominant.
Faisons l'application de ce principe aux couleurs; si la couleur dominante du tableau est rouge, par exemple, aucune autre couleur ne viendra lutter avec elle, soit par son volume ou son intensité; elles de-* vront élre soumises les unes aux autres, comme nous
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ratons dit à propos des figures. Ces considérations sont applicables au clair-obscur, & la forme, au volume et aux lignes des objets.
Indépendamment de la quantité de variétés prescrite par la convenance, il reste à observer l'ordre dans ces variétés, lequel ordre est également soumis à la convenance. Une gradatioti soutenue dans les variétés apporte le calme, Tordre, le repos, la suavité; l'interruption, l'opposition ou le choc dans ces variétés apporte le mouvement, le contraste, le désordre, le fracas, qualités qui peuvent devenir des défauts si elles ne sont pas en harmonie avec le mode déterminé par le sujet.
Dans le tableau du Déluge de Poussin, son génie lui a prescrit le nombre des variétés qu'il a introduites dans la composition; l'application des lois de l'unité lui a fait rejeter les objets inutiles, et le sujet est aussi varié qu'il était convenable qu'il le fût. Cette économie d'objets eût pu paraître une pauvreté sous le pinceau d'un artiste sans style, sans caractère dons l'expression des figures, car ce n'est pas toujours le nombro des épisodes et des détails qui offre les résultats les plus puissants. Combien n'en voit-on pas où la foule des objets corrompt l'unité de la composition T Le sublime ne consisterait-il pas 6 montrer l'arche et une figure principale dont la beauté des formes et de l'expression serait poussée au plus haut degré de perfection?
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La convenance est dans le choix des détails; l'ordre est dans leurs rapports avec l'ensemble. Ces mots d'Horace : Non erat Iris loem, s'appliquent & des qualités devenues des défauts parleur peu do convenance. Enfin l'unité Tait que les choses sont entre elles dans des rapports parfaits d'harmonio, et qu'uno choso très-si m j)lo peut être très-belle, si celte simplicité est convenable au sujet.