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DES PROPORTIONS DU CORPS JUJMAI1I

L'art, dit Winkelmann, « doit commencer, comme la sagesse, par la connaissance de soi-même. » Les

artistes dont les œuvres ont pour but de représenter l'homme physique et moral, doivent faire une étude spéciale de l'homme , connaître les proportions, les mesures du corps humain, selon les différentes natures, les âges, les sexes.

On aurait tort de croire que cette étude puisse paralyser le sentiment de l'artiste. L'homme habitué à réfléchir reconnaîtra, au contraire, combien cette étude est propre à le soutenir, a l'exciter; combien la nature est variée, animée; et, si les images qu'on en fait sont froides ou monotones, c'est qu'on sent mal les rapports des parties, c'est-à-dire que les proportions ne sont pas conformes au caractère représenté.

Il serait faux de penser qu'il ne puisse exister qu'une seule belle mesure pour toutes les figures ; et, lorsque de grands artistes ont usé de proportions semblables dans des caractères différents, on peut affirmer qu'ils ont méconnu les intentions de la nature. L'examen des antiques prouve avec quelle variété les Grecs ont su exprimer les caractères divers de leurs statues; aussi doit-on sérieusement les étudier pour s'initier à la connaissance des belles proportions et au genre de variété propre à chaque caractère particulier. « Ce serait une entreprise peu conforme à la vérité du fait, dit Millin, que de vouloir chercher, pour les proportions du corps humain, des règles générales et précises pour les parties; parce que des formes infinies et très-variées peuvent être belles avec des proportions

différentes, et qu'en général les proportions de la - forme, et par conséquent la beauté, dépend de la nature de l'objet auquel la forme appartient. »

Pline nous apprend que la statue canon de Polyclète était adoptée par les artistes comme une image de l'homme en général, et non comme une variété ou un caractère déterminé de l'espèce humaine. Elle servait à maintenir dans la vérité les changements proportionnels nécessaires à tel ou tel caractère particulier ; en sorte que ce canon, loin d'être un type pour toutes les figures, n'était le type d'aucune, et remplissait les fonctions de régulateur.

Le canon de Polyclète était représenté droit, tenant une lance à la main qui lui servait d'appui, et c'est d'après cet exemple que l'on a déterminé les mesures du corps humain en hauteur et en largeur, en ôtant toute action au modèle.

Par l'application des règles de la perspective, on peut mesurer le raccourci des figures aussi bien que dans leur état naturel. Albert Durer, dans son Traité des proportions, donne un excellent moyen pratique en circonscrivant une forme géométrique à la partie vue en raccourci. Cette forme générale, facile à mettre en perspective, contribue puissamment à l'exactitude du dessin et à la perfection des détails.

Nous voyons également qu'il divise géométriquement la hauteur du personnage par moitié, quart, huitième, etc., en sorte qu'à l'aide d'un compas de

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proportion on peut comparer les rapports des parties entre elles.

Nous croyons qu'il serait préférable de diviser la figure en cent parties, et que ce mode serait plus correct que celui qui consiste à diviser la figure par têtes, par faces ou par longueurs de nez. Ces parties étant variables selon les individus, elles sont par cette raison peu propres à déterminer des mesures exactes.

Dans une figure il y a trois dimensions principales qui diffèrent très-peu entre elles, et que l'on peut envisager comme étant, égales : c'est la longueur de la clavicule au pubis, — qui est la même que celle du sommet de la hanche au genou, — et du genou à la plante du pied. En observant ces proportions, on mettra facilement une figure d'ensemble.

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