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DU COSTUNI ET DKI DIUI'EIIIKS

On entend par 9 costume, les vêtements, les armes et les usages propres & caractériser une nation ou un pays. Des études générales sur cette partie de l'art sont indispensables lorsqu'on traite des sujets historiques.

Uicn que l'on doive se conformer à la vérité du costume des différentes nations et des personnages quo l'on représente, on aurait tort de ne pas user de cette liberté, qui sait accommoder la vérité du costume avec la convenance et les lois du goût, en supprimant ce que la mode a de laid ou de trivial.

11 existe plusieurs ouvrages sur le costume relati-

.vement àla peinture et à la sculpture; et Mongez,

entre autres, présente dans Y Encyclopédie méthodique un travail savant qui peut être d'une grande utilité aux artistes.

L'art do bien draper une figure exige une connaissance parfaite des lois de l'unité. Il ne suffit pas de savoir imiter exactement une étoffe disposée d'une manière confuse ou équivoque; il faut comprendre qu'il existe une vérité attachée h la composition d'une draperie, vérité indépendante de l'imitation.

L'art veut des résolutions, un parti pris, malgré la naïveté; une vraisemblance caractéristique dans le style et un mode déterminé.

Cicéron dit, en parlant des Canéphores de Poly* elète : « Leur vêtement rendait témoignage de leur virginité. » Il fallait donc que ce vêtement fût vierge, par une qualité ajoutée à l'espèce de vêtement propre aux jeunes vierges.

Pour draper une figure avec art, il faut que les plis ou les masses de plis soient conformes par leur mouvement, leur direction, aux parties du corps que les draperies recouvrent; et, comme le nu est la chose principale dans une figure, les draperies sont un accessoire destiné à le recouvrir et non a

le cacher.

Si les draperies sont nécessaires à une figure, elles

ne doivent pas être le fruit du caprice. L'artiste instruit sait se conformer à la grandeur, a l'attitude,

PHILOSOPHIE DBS BIAUX-ÀRTS. SOI

au caractère de la figure qu'il représente; il en fait sentir les articulations, les mouvements et les grandes formes, tout en conservant le caractère propre & l'étoffe.

Les grands plis sont destinés à revêtir les parties dominantes du corps, qui ne seront cachées par des petits plis que si la nature du vêtement l'exige. Dans ce cas, on leur donne peu, de saillie, on les divise par groupes; de telle sorte que ces groupes, subordonnés les uns aux autres, affirment l'unité de la figure.

11 faut en général que les plis soient grands et en petit nombre, parce que les grandes formes produisent les grandes masses d'ombre et de lumière; de petits plis, au contraire, produiraient une multitude de petites ombres et de petites lumières qui diviseraient l'attention : l'œil ne serait pas attiré par une masse dominante, il ne recevrait pas une impression unique de l'ensemble de la figure; il n'y aurait pas d'unité, pas de beauté*

La beauté optique des plis natt de l'ordre dans lequel ils sont distribués : une draperie se compose de grands et de petits plis; de grandes et de petites masses; c est-à-dirc de différentes variétés. Or c'est l'unité dans le caractère de ces masses et de ces plis qu'il faut rendre claire et précise, tout en la subordonnant & l'unité générale qui doit être caractéristique et dominante.

On évitera les plis dont la saillie produirait des ombres .assez fortes pour attirer les regards aux dépens de la chose principale, c'est-à-dire du visage et . du nu des parties.

La Flore Famèu, par exemple, offre dans son vêtement, composé de masses diverses, des variétés qui rentrent dans l'unité générale de la draperie. Ici on distingue une masse d'une espèce une et déterminée; là, est un pli dominant, unique; d'un côté, on remarque une certaine direction de plis; de l'autre, un volume et une forme de masses qui sont unes et non répétées, etc. Tout est varié et un dans les détails et dans l'ensemble de cette statue, qui est regardée à juste titre comme un modèle de grâce et d'élégance.

Dans les œuvres de Raphaël, on reconnaît souvent par les plis d'une draperie quelle était l'attitude de la figure l'instant d'auparavant. Par exemple, si le bras était étendu ou replié avant l'action actuelle. C'est une expression qu'il a toujours cherché à rendre, parce qu'elle est dans la nature; c'est aussi dans la nature qu'il faut l'étudier : on ne la trouverait pas dans le repos du mannequin.

Le tableau du Spatimo di Sicilia représente le bras gauche de Notre-Seigneur appuyé sur une pierre et la main étendue sur cette pierre; les plis de sa large manche font apercevoir un demi-chemin d'action, car ils semblent se tenir encore en l'air et n'avoir pas

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fini leur chute, selon l'impulsion que leur donne le poids naturel de l'étoffe.

Une figure qui vole doit faire reconnaître si elle monte ou si elle descend : si elle monte, une colonne d'air supérieur pèse sur la draperie; si elle descend, une colonne d'air inférieur la soutient et la soulève.

Lorsqu'un vêtement est composé de plusieurs étoffes, Tune de ces étoffes sera dominante pour caractériser l'unité. Si le caractère dominant est la simplicité, les masses ou les étoffes secondaires ne seront pas aussi simples que la masse ou l'étoffe principale; elles contrasteront avec elle de façon à la laisser dominer, autrement la beauté de l'ensemble aurait moins de puissance; l'unité optique ne serait pas concentrée sur une partie de l'ajustement, il ne ressortirait pas, par opposition, d'autres unités subordonnées.

A l'exemple de Raphaël, qui s'est rendu si habile dans l'art des draperies par l'étude qu'il a faite des bas-reliefs antiques, on peut conseiller d'étudier les draperies des statues et des bas-reliefs grecs, dans lesquels on trouve toujours le goût uni à la convenance.

Les draperies des peintures antiques que nous possédons sont conformes en tout point à celles de la sculpture, et nous voyons que les lois de l'unité étaient la règle affectée aux draperies dans ces deux arts.

8 vu

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