‹ Philosophie des beaux-arts appliquée a la peintureChapitre 31 sur 73 · VIII · texte numérisé non relu

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Ce que nous avons dit de la ligne dominante du tableau se rapporte aussi à l'unité de l'effet général, c'est-à-dire, & la distribution des ombres et des lumières, qui forment des lignes occultes ou des directions uniques et dominantes dans le tableau.

Le but do ces lignes ou directions est de conduire l'œil du spectateur, et, pour ainsi dire, a son Insu, dans les parties les plus Intéressantes de la composition, afin que l'inspection on soit rapide, facile, faite sans futigue, ol cette vivacité d'examen produit sur nos sens le cliarmo le plus séduisant. L'impression est forte, elle so gruvo dans la mémoire, et lo souvenir flatteur que nous on conservons nous fait aimer son auteur et sympathiser avec lui,

La situation du corps éclairant détermine trois directions principales : dans le sens vertical, horizontal ou oblique, ol chacune do ces directions so résume vers la partie du tableau opposée à l'introduction do la lumière.

Si la lumière entre obliquomont par lo côté gaucho, elle so résumera sur le côté droit du premier

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plan, et cette partie du tableau sera la plus affirmée par opposition au premier plan du côté gauche.

Le côté du ciel, par lequel la lumière entre dans le tableau, est la partie la plus claire, et celle qui lui est opposée est la plus sombre.

La direction de la lumière étant verticale ou hori* ion taie» on tiendra un raisonnement semblable.

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Si la lumière était disséminée sur tous les objots du tableau, il n'y aurait pas do jeu piquant» pas de variété» pas d'unité dans l'effet; la pointure serait monotone et dépourvue do ce charmo puissant qui fait reconnaître l'œuvro dos maîtres de loin et au premier coup d'œil.

Il est évident qu'une lumière vive» située au-dessous de la partie la plus lumineuse du ciel» neutralise-

raient ccllo-ci, et réciproquement. Il faut créer des contrastes, subordonner ou opposer les lumières aux

ombrés et aux demi-teintes, de façon qu'il eu résulte, la variété et l'unité.

On évitera les rappels de lumière qui détruiraient l'unité des ombres ou les ombres qui nuiraient à l'unité de la lumière.

Ce sera toujours aux dépens de l'unité optique quo Ton créera de petites lumières placées au hasard; et, sans le secours d'un raisonnement basé sur les lois do l'unité, il y aura toujours do la confusion ou do l'incertitude dans l'effet général.

Il existe une relation intimo entre l'harmonie des lignes du tableau et la direction de la lumière. Le rayon lumineux principal passe toujours par les objets les plus intéressants de la composition, de manière & relier ces objets entre eux par l'unité de la lumière.

Si nous supposons une ligne passant par les tètes ou les groupes principaux de la composition, il faudrait éviter que le rayon lumineux principal fit un angle droit avec cette ligne; autrement la ligne lumineuse diviserait la composition en deux parties et t endroit & créer deux tableaux dans un seul. Le rayon lumineux doit donc suivre uno marche parallèle & cette ligne, cest-à-dirc qu'il éclairera le tableau dans la direction des objets les plus nombreux ou les plus variés do la composition.

La touche et lo modelé se rattachent également & l'effet général du tableau, ta perspectivo aérienne

nous enseigno que la lumière détermine les profils

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par lesquels nous percerons la forme et la nature des objets; or la touche, pour qu'elle soit une, sera posée, non-seulement dans le sens de la forme, mais encore dans le sens du mouvement lumineux; de plus, elle aura de justes rapports avec la distance de ces mêmes objets entre eux.

H ne faut pas toutefois que la résolution d'un effet laisse voir d'une manière évidente lo parti pris adopté par l'artiste. Ce parti pris doit bien exister, mais l'exécution et principalement la vérité de représentation le feront oublier, et c'est en quoi consiste le grand art et la magie do la peinture.

En étudiant avec attention les gravures et les ta* bleaux des maîtres, on reconnaîtra avec quel génie ils ont su faire l'application des principes qui constituent l'esthétique, et en même temps on se familiarisera avec les calculs que l'on emploie pour mettre de l'effet et de l'unité dans une œuvre d'art.

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