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DES INTÉRIEURS

Les tableaux d'architecture comprennent les intérieurs d'édifices, les vues de villes, les ruines, qui, le plus souvent, sont accompagnées de paysages et d'animaux; aussi la connaissance de l'architecture,

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de la perspective linéaire et aérienne, est-elle indispensable à tout artiste qui veut représenter des édifices; et la partie philosophique de l'art ne doit pas lui faire défaut.

Dans les intérieurs de basiliques, sous ces voûtes immenses décorées par les arts de la peinture et de la sculpture, la pompe du culte, les épisodes de charité, de bienfaisance, sont autant de sujets qui sont propres à enrichir une composition; et, si l'on ne joint pas à l'habileté de Tarchitecte le talent du peintre de figure et un grand sentiment de la couleur, ces sortes de tableaux perdront beaucoup de leur charme et de leur intérêt.

Le tableau de Pannini, que possèdent les frères de la Mission à Plaisance, représentant les Marchands chassés du temple, nous montre une architecture grandiose qui impose le recueillement, le respect; les figures sont pleines de vie, d'expression, de mouvement; le coloris est vrai, puissant, harmonieux; et cette peinture, regardée à juste titre comme le chefd'œuvre du maître, est le modèle le plus parfait que Ton puisse se proposer d'imiter.

Les peintres qui ont représenté des intérieurs d'église, de cloître, de palais, se sont attachés principalement aux effets d'optique plutôt qu'à une reproduction minutieuse de la construction architecturale : celui qui ne voit que la parfaite exactitude du tracé perspectif de l'architecture devient facilement froid

ou monotone. Il faut rechercher la puissance de l'effet, de la couleur; relever l'attrait de l'ensemble par des figures spirituellement touchées, pleines de vie, d'animation, comme nous le voyons encore dans les tableaux deCanaletti, deGuardi, etc.

Canaletti est le premier peintre qui se soit servi avec succès de la chambre noire pour dessiner d'après nature; aussi ses tableaux sont-ils d'une vérité remarquable. De nos jours, on fait assez généralement usage de la chambre claire, dont l'invention est plus récente, et qui offre une grande commodité dans les voyages.

Le phénomène de l'irradiation 1 joue un grand rôle dans les tableaux d'architecture. C'est principalement en regardant les arêtes d'un édifice que l'on voit les moyens qu'emploie la nature pour faire saillir les objets et les détacher les uns des autres. Une arête lumineuse se détache sur le ciel par une ligne d'un bleu plus foncé que la masse du ciel; et une arête sombre se détache par une ligne lumineuse qui lui fait opposition.

Ce phénomène, qui est le résultat de l'opposition de deux surfaces ou de deux objets diversement éclairés, ne se produit pas avec la même intensité dans le tableau que dans la nature, parce que la lumière du tableau n'a pas la même puissance que la lumière du soleil ; il faut donc y suppléer dans de certains cas, en

1 Voir à la troisième partie.

copiant le phénomène lui-même : c'est ce que les grands coloristes n'ont pas manqué d'observer.

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DES FLEURS, FIlUITB, ETC.

Les peintres de fleurs, de fruits, et autres objets inanimés, né doivent pas penser que l'illusion et le fini précieux soient les seules conditions de ce genre de peinture. Si l'on ne s'attache pas principalement aux beaux effets de la lumière, de la couleur, et à bien grouper les objets; si l'on se borne à l'imitation minutieuse de la nature, le spectateur admirera la patience de l'artiste, sans doute, mais il ne résultera pas de l'examen de l'œuvre une impression d'ordre et d'harmonie.

Un tableau de fleurs parle à l'esprit et à l'âme comme une musique suave, et, semblable aux accords, un assemblage de fleurs a son expression, son caractère et son mode déterminé.

La connaissance de la botanique, de la perspective, de l'harmonie des couleurs, du clair-obscur, l'adresse et la suavité du pinceau, sont des qualités que le peintre de fleurs portera au plus haut degré de perfection; car ce genre de peinture ne souffre pas la médiocrité.

La principale difficulté qui se présente lorsqu'on peint des fleurs, c'est l'impossibilité matérielle de réunir l'ensemble d'une composition. On* ne peut copier les fleurs que Tune après l'autre, ces beautés étant trop mobiles ou trop fugitives. Il est donc nécessaire de s'appuyer sur une parfaite connaissance des lois qui régissent les beaux-arts, car il ne suffit pas de rendre le riche et doux éclat des couleurs avec une grande justesse d'imitation, et que le naturaliste en soit satisfait; il faut que l'effet général soit vrai, bien entendu; que les groupes tournent bien, et que la justesse des ombres portées, la puissance du clairobscur, concourent à l'harmonie de l'ensemble, qui, nous ne saurions trop le redire, est le charme le plus séduisant des objets de la nature.

L'artiste parvenu à un haut degré de talent dans l'art de peindre les fleurs a passé sa vie à s'occuper de ses modèles, et souvent à les cultiver lui-même, afin de choisir les plus belles fleurs de chaque saison, et de les reproduire dans ses tableaux.

11 doit être doué d'une grande patience, heureux s'il y ajoute les qualités morales qu'on a si souvent observées chez les artistes qui se sont fait un nom glorieux dans ce genre de peinture.

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