A L'INTRODUCTION
Dans l'Introduction qui précède, j'ai cherché à présent % les traits principaux du système métaphysique de mon père, et cet ensemble de vues sur notre nature intellectuelle, dont l'enchaînement Ta conduit à cette théorie des rapports, d'où est sortie, pour lui, l'explication de la pensée et la démonstration de la réalité.
Pour qu'on pût mieux suivre cet enchaînement, j'ai renvoyé à l'Appendice, que je place après cette Introduction, de faire connaître ses vues sur des parties de la science philosophique qui ne se lient pas intimement avec le problème de la connaissance et avec le problème de la certitude. Telle est l'étude des principes de la morale et de la religion. Que le mot d'Appendice n'étonne point; il ne préjuge point l'importance de ces grands sujets ; mais les opinions qu'on peut s'en former sont la conséquence d'une théorie métaphysique, plutôt que cette théorie elle-même. C'est pour cette raison que je place l'exposition d'un cer-
tain nombre de vues de mon père sur la morale et la religion après l'Introduction à sa métaphysique.
La morale et la religion étaient étroitement liées pour lui à la métaphysique ; tous les éléments de ces hautes connaissances avaient leur part dans son tableau historique de l'intelligence, comme les raisonnements et les méthodes scientifiques s'y rencontraient également. Mais en morale et en religion, il n'a pas proprement fait un système; il a accepté les croyances du genre humain en matière de morale et de religion naturelle, et celles de l'Église catholique, en matière de théologie chrétienne. Cependant, ce serait laisser une lacune regrettable dans l'exposition de ses idées que de ne pas dire comment il rattachait à son système métaphysique la morale, la théodicée et la théologie, et de ne pas faire connaître les plus importantes de ses vues sur des points particuliers, dans cette haute région de la pensée où il a tant vécu.
Ici, mon rôle change ; je n'ai point à préparer le lecteur à l'intelligence de questions scientifiques pour lui souvent nouvelles ; il s'agit de questions que tout le monde connaît. Je ne ferai que classer et annoter, pour ainsi dire, un certain nombre de passages extraits des manuscrits de mon père ; c'est lui qui parlera, je suis un collecteur ; je ne suis plus un interprète. J'ai même respecté le désordre qui s'y trouve quelquefois, et que le lecteur voudra bien excuser.