‹ Philosophie du budgetChapitre 15 sur 50 · CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

CHAPITRE UI

B^ Usante UgoU/.

Toutes les vertus sont des acquisitions de la vie, et c est de vive force, au prix de douloureux

. ' La loi d'Athènes secourait le citoyen, pauvre et infirme. Discours de Ljrsias pour un citoyen paupre, p. i68j Meurs. Atti., Lecu vi , c. v; Suidas, v* aivy atoç. La c^iarité légale existe en Angleterre par les statuts 27 , Henri VIII , c. a5 ; 5 Elisabeth , c, 3 ; 14 , c. 5 ; 89 , ce. 3 et 4 ; 43 > ^* ^ > ^^ Ecosse , par l'acte de 1579, Jacques YI , c. 7 1 ; en Espagne , par les lois et proclamations royales de i54o., i555 et 1578 ; elle parut en France sous Gharlemagne : Suos quœque cit^îtas pauperes alito y ses dispositions furent renouvelées par François I*' , Henri H , Henri IV , et encore avant la irévolution, le Grand Bureau des pauvres de Pari» avût le droit de lever une taxe annuelle sur les habitans. ]>ès le IX* siècle , on la trouve en Islande , dans le code des Gragas; on s'en occupa en Danemarck^ parla loi de Christian V, du i5 avril i583 ;* mais son organisation actuelle

chabitàbles. 281

sacrifices^ querhomsae les<;onquiert; ipaisil ne débute point parle stoiciâme, il faut un intérêt

ne date, pour Copenhague , que du 1'' juillet 1799 ' ^' pour le reste du royaume , que du 5 juillet i8o3 ; d'autres chaugemens y ont encore éti apportés par les arrêtés des i4 décemibre 1810 , 5 janvier i8i3, 20 février 1817, 28 décembre 1827 et 7 décembi^ 1829. Elle fut introduite dans les Pays-Bas par Charles-Quint; encore main-, tenant , les différentes institutions charitables ne secou** rent les indigens qu'à la décharge des communes ( Buli. luiw,, Scien, géograph., t. I®' , p. i63 , année 1828). Elle règne aussi dans la Suède , la Norwége , )es États- Unis et plusieurs cantons de la Suisse. Quoique nous citions beaucoup de faits empruntés à la. statistique de TAngleterre , nous sommes loin d'attribut son paupérisme à la diarité l^ale ; le principe de la concurrence , Fexagération du crédit , les machines et le dével(^peuient de la vie matérielle , y ont exercé une influence peut-être plus pubsante encore y et , d'un autre côté , le Gom*bill a neutralisé quelques uns des effets des Poorlaws. n serait, d'ailleurs, impossible de juger le^dé^ penses charitables par la comparaison de pays divers; les besoins et les ressources varient de climat en climat, s'étendait et se resserrent sous l'influencé de chaque état de civilisation , et le nombres de pauvres est soumis à la mortalité différente de chaque contrée. Nos notes ne sont donc que pour les économistes , qui ne veulent croire qu'à la raison des faitsy et bien que nous les aycms tirées, en grande partie, de sources officielles , nous n'en-

à ses combats^ une raison à ses douleurs^ et jusqu'à ce qu'il les trouve dans sa conscience, il les demande à l'avenir. La frugalité n'est point l'amour des privations, c'est la pi'évqyance de besoins plus réels, et l'inquiétude de ne pouvoir les^satisfoire; lorsqu'une charité uBÎversdle rassure pat d'imprudentes promesses , les mobiles qui sollicitaient au plaisir présent recouvrent leur puissance, et^ sitôt acquises, les ressources sont incessamment dissipées. Le travail npn plus ne se suffit point à lui-même, il veut être payé par des plaisirs; l'esprit s'engourdit dans la paresse^ sans quelque impulsion qui le réveille, sans une nécessité qui active les forces et aiguillonne l'iodustrie ; le pauvre légal n'en a jamais : à quoi bon se fatiguer à gagner sa subsistance, quand il peut indolemment manger la ration de sa paroisse? S'il n'y a point d'emploi , ce n'est pas à lui d'en chercher ailleurs, c'est aux riches de lui en trouver et de le nourrir.

tendons nullement nous rendre garâns de leur audienûcité. M. de BaUn porte le nombre des pauvres secourus en Angleterre , par la taxe, à i/i3 de la population, M. Rubichon à i/i i , M. de Villeneuve à 1/6, M. de Aforoguesà 1/4, peut-être même à i/3. Voilà ks garantie^ qu'ofire la statistique.

Cette confiance en soi-même^ qui double la force et raidit conti'e les obstacles, ce sentiment de sa dignité qlii tient la tête haute dans tcFus les embarras de la vie *, il ne les a plus ^; il cède au premier vent d'adversité qui lui pèse sur le front, et trouve le pain de l'État moins dur et moins amer que celui de Âes labeurs *; il ne tente nul

' Les qqakers, quise sont toujours refusés A tendre la uiain à la taxe^ et à rien recevoir du gouvememeiit anr gkis 9 n'ont jamais eu de médians ; Letttom , .Life of Fotkergiil , p. loo.

' U est extrêmement rare que Fou tombe , dans sa vieillesse , à la charge de sa paroisse , lovsqu'oA a l'habitude deVéconomie; App, ta Rep. of the Comm, on the Poor^iau», p. 76. '

' Après l'acte de M. Stuigess Bonrae, les dépenses des pauvres ont , dans quelques endroits , diminué dès deux tiers, sans qu'il y eût plus de misère et de besoins qu'auparavant ; on est même allé jusqu'à prétendre que la position de ceu^qui ne recevaient plus de secours s'était améliorée (Ghalmers^ (Christian Economy , t. II , p. 282 y à la note). Par le statut 5cf^ George III , c. 12 [Select. Vestry Acê), pouvoir fut donné de renvoyer chez eux les Irlandais et les Écossais à la charge des paroisses , et , en cas de refus , de supprimer les secours. 'Près peu ont profité des frais de. route qu'on ieur offniii , et les autres n^opt pas été sensiblement pli^ mai- Iicureux qù'aupararant. A Langhton , dans le comté de

eiFortpour remonter à une i)osition phis élevée', son droit rend la sienne indépendante; il ne doit rien à la charité qui le secourt, et il la réclame sans honte; dans le partage de la société, il lui est échu un patrimoine d'aumônes.

L'haUtude de voir des pauvres familiarise avec ridée de la mendicité ^;. leur insouciance récon-

Lincoln , les paUyres aiment mieux gagner .9 schellings sur les routes que ^o chez les cultivateurs (Rep.- sf the Comni. on Poor^rate , 20 mai i8a5). A Manchester , liverpool, Birmingham , etc. , on a fait une grande réduo tioii dans leur nombre , en proposant du travail an lieu d'aigent ; Chalmers , Id, y vol. H , p. 272 , à la note.

' It may almôst be assumed, ^ a princîpley that the person who is once admitted apensioner, on the sesâoD roll, remains a pauper for lîfe ; Rep. of the Comm, on the humagement ofthe Poor of Glascow , p. 23.

' The constant exemple of individuak fed and main-* tained without their own personal labour or action produces, on the minds of the labouring poor, a continuai check to indùstry and exertion ( Bernard , Préface to Reports of Society for bettering the condition of the Poor, vol. y, p. 106). The effect ofthe assessment has been to lessen the reluctance ofthe' poor to appty for charity ( Report ofthe gênerai Assemhfy ofthe Church of Scot-landy A Dunblane , il n'y eut ,la première année, qœ dix-neuf pauvres sur cinquante qui aecepièrent des secours ; plus tard , quand la répugnance fut affaiblie , il

cilié avec leur position , et les répugnanoes de tomber à la charge du public s'effacent; Finquiétude de l'avenir s'affaiblit et ne suffit plus pour arrêter une dissipation sur la pente d'un plaisir. Les paujrres augmentent jouraelleinent, et chaque accroissement est une nouvelle incitation à s'accroître encore ^

y en avait souvent plus de quarante. Where a regular assessment bas been establîsbéd*, the wants of the poor and the extent of the assessment are giadually and prô-. gi^saîvely incrâised from the oommencement ( Report from the Comm. on the Poor*laws, p. 2)4 Jusqu'en 181 o, on n'avait pas eu recours , dans la paioisse de Barony dé Glascow , à la taxe des pauvres y et ses cmqnante'mille habitant coûtaient 9U plas 600. livres par an; on crut devoir Fëtablir , et en sept ans la dépense a quintuplé.

' Dans la Flandrefirançaise, chaque village était obtigé avant la révoltftîon , de nourrir ses pauvres y et lors de la nouvelle organisation , il n'y avait que deux dépaitemens qui en eussent autant , et pas un seul n'en avait davantage ( Tables à la suite des Rapports du Comité de Mendicité). D'après le cens de 1801 , il y avait, en Angleterre et dans le pays de Galles, 8^872,980 faabitaDs, et les retums du Parlement montrent qu'il y en avait alors 1,040,716 à la cbarge des paroisses ; sur les i3oo mille babitans dont la population s'est accrue' de- 1801 à i8i4> plus de 5oo mille ont augmenté le nombre des paujn*es (Ck>lqu'boun, On wealth ofthe British Empire, f. 109).

â86 DEPENSES

Leur coïKluUe est désintéressée de. ses conséquences naturelles, et leur moralité se perd à res-

On voit , dans la pétition des paroisses du comté de Leicester àla Chambre des Communes , en 1817, qu'avec 794 habitans , Blaby avait eu i secourir 827 pauvres ) et Countesthorpe 372 avec 6a3 habitans ; sur une population de 1 190 personnes, on ep trouve qudquefois 55o recevant des secours ( Third Report from the Comm. of Emigr» , p. 179)9 et M. Calcraft cita* an parlement , en 1807 , un boui^g duDevonshire qui , avec 676 habitans , donnait des secours à 419 pauvres. H n'est pas jusqu'en Amérique , où , maijpfé une terre viei^e qui n'attend que dU travail , et des salaires incroyablement élevés, le même système ne produise des résultats semblables. A Boston , il n'y avait , en 1819 , que 895 pauvres , en i833 t1 y en avait déjà 800; dans le New- Hampshir^ , on comptait , en 1800 , un pauvre sur 333 habitans, et, en 1833, sur 100; dans le Massachnsets, il y avait, en i8ai, sur lo^ooo habitans 1 34 pauvres, et, en i83!» j ^55; en onze ans ils avaient presque doublé, ^iladelphie avait, en 1790, 4^,000 haUtans et 680 pauvres, en 1800 67,811 habitans et 1,390 pauvi^es, en i8îo 92,^85 habitans et 2,5oo pauvres, en 1820 1 1 8,3^3 habitans et 3,090 pauvres ( Boston jédt^rtiser, d'api^ès le Mag, /. d, Liter des Ausl. , i834 , »* 47 )• De 1828 à 1829 , l'augmentation des personnes à la charge de New-York a été plus considérable encore. Orphàn Asylum , augmentation , 10 ; House of Befuge , diminution , 2 ; City Alm»-house , augmentation , 4^^^

ter ainsi dans la fainéantise, à la merci des màu-

(plus d'un quart, il n'y avait que 2, 1 29 personnes); BfeUe- Tue Hospital , augmentation, 3 ; dans les trois Péniten- / tiaires, augmentation, i35; Bridewell, augmentation, 6 {NeuhYork, Relig. Observer ^ b. vu, p. 11), A Dunblane, dans le comté de Sterling, on supprima la taxe, en 1800; il y avait alors 4o pauvres, vingt ans après, il n'y en avait plus T^ulièrement que 10. La charité légale était pratiquée dans la paroisse de Saintjohn , à Gkscow , et 1800 liv. sterl. suffisaient, à peine, pour tontes ses exigences ; le docteur Ghalmers obtint sa suppression en 181 5, et les dépenses pour bienfaisance ont été réduites à 4oo liv> , sans que les pauvres y fussent plus mallieureux ; c'étaient bien cependant des pauvres ordinaires , et il en arriva i4 de plus qu'il n'en partit (Statement in regard to ihe pauperism of Glascow from the expérience o/the lasi eight years , by Th. Ghalmers, i8a3). On peut même eqpérer que l'amélioration n'en restera pas là; chaque année Ceûsait encore des vieillacds dont Ia jeunesse avait compté sur les secours légi^ux* Ge u'est pas d'aujourd'hui que des publiçistesetdes philanthropes se sont prononcés contre la charité publique. C^Kftpjy adit : Toute taxe des pauvres est une véritable loi ^gr^ire, OËucres complètes , t. H , p« a 16; voir- aussi A brief Sketch cfthe Poor, etc. , etc. , by M. Rulter of Shafterbury ; Çuarterfy Ret^iew, n« 87, p. 79; Third Rep. on Emigraiion; Testimony of M4lthus,pp. 3i5, 323, etc.; Die oJfentUche Armenpjlege in Berlin, i8a8, SS. 2ao uAd 49 ;d' Julius Jahrbûcher der Sira/zund Besserungs-x

a88 DÉPENSES

vais mobiles^ qui les assaillent de toute part '; ils acceptent leur ipisére sans même se débattre

Anstaltèn y 4 Hef / 1829 , SS. 253, 255, etc. , etc. Tacite avait déjà signalé tous les inconvéniens de la charité lé^ gal« : SinguU nunquam exsatiabuntur , respublica déficiet.... Languescet industria , intendetur socordia, si nuUus ex se metus aut spes , et securi omnes aliéna subsidia expectabunt , sibi ignavi, nobis graves ; Annal., lîb. II , ç. XXXVIII.

' Dans rAngleterrc et' le pays de Galles , les personnes accusées, qui , en 1810, ne montaient qu'à 5,i46 , arrivaient, en 1823, à 12,263, en 1826 à .16,147 > ^ ^" 1829 jusqu'à 18,675 ; les condamnations ont suivi une progression encore plus forte ; pour i8to, il y ai avait 3,i58 , pour 1823 , 8,204 ' V^^^ 1826 , 1 1,095 , et pour 1829, 13,261. Cet accroissement de crimes a paru assez grave pour que la Chan^bre des Communes ait chargé un Comité d'en rechercher les causes , et il a pensé qu'il était sinon produit , au moins singulièrement aggravé , par la mauvaise application des lois sur les pauvres (Traduction par M. Duchâtel , de la Charité , etc. , p. 38o ). Une considération qui semblera peut-étreplus concluante encore , aux convictions qui veulent qu'on leur prouve des vérités philosophiques par des fsdts, c'est que l'Ecosse qui, placée à peu près dans les mêmes circonstances politiques et industrielles que l'Angleterre , en difiere principalement par son système de charité, a , proportion gardée , onze fqis moins de criminels ; Edinbàrgh Revieio , n^ê^\.

CHARITABLES. . :28g

contre ses étreintes; ils savent que les secours diminueraient avec leurs besoins^ et. que les fatigues qu'ils s'imposeraient ne profiteraient qu'à FÉtat* Leurs liens de Ëimille se rompent dans Tégolsme^ sans que le souvenir et Tespéranoede bienfaits mutuels les renouent jamais; chacun compte sur son droit légal; on abandonne la vieillesse de son père à la charité publique et Téducation àe ses énfans au^ hasard \ S'ils sont indifférens à la dégradation qui les atteint, les autres membres de la société s'efforcent de la leur faire sentir; il y a lutte entre eux, une lutte d'humiliation et de haine; la paix, c'est une trêve à main armée, l'ordre n'est plus que la force qui réprime la violence, et l'intimide.

A quelque prix que s'élèvent les subsistances, quel que soit le nombre des pauvinîs qui se réclament de la charité légale, ses devoirs ne pourraient se limiter et se restreindre; sans calculer leurs

' Les parens s'en rapportent à la Maison des pauvres pour remplir leurd devoirs de fiiùnille (Ghalmers, vol. II, p. 24^ 9 à la note) ; tous les vieillajrds y vont mourir, et les journaux de province sont pleins des noms de pères qui ont abandonné leurs enfiins. A Manchester , dans une seule année , on en a compté ^t. Afipend. to /^p, of the Comm, on Poor-4mosp p. ia4-

exigences, la société attrait! à les satisfaire à tout prix. Ses rëvèntis disponibles seraient bientôt insufBsans, il lui fdudt'ait retirer les capitaux des meilleures spéculations, et resserrer Temploî le plus productif. Des impositions^ chaque jour plus ruineuses^ pèseraient sur la population et absorberaient ses ressources; le numéraire chercherait à l'étranger des placemens avantageux que lui refuserait sa patrie *; des ouvriers tomberaient incessamment à Tétat de pauvre et les dépenses charitables s'élai^iraient dalis une progression efiFrayante*. On sentirait qu'à consumer ainsi

' Les frais de ju3tîce pour son exécution seraient économisés en entier; en i8i2-i8i3 , ils se montaient à 8,127,675 fr. ; i8i3-i8i4, à8,324ri5o; i8i4-i8i5, à8,ii6,5oo (Parliamentarjr ahsiractsfor the session of 1826, p. 744 )> ^** 1825, à 8,189,625. Quarterfy Reçiew, june 1829.

* En 1680, elles montaient à 665,370 1. stierl., suivant Johnstone (PuÂ/ic Chant y in France, p. • 148) ; en 1748, 49 et So, terme moyen, à 73o,i35; en 1776, à 1,720,316; et terme moyen, de 1783, 84 et 85, à 8,164,496^ Suivant le Supplementary Rep. of the se^ léct Comnt. of the House ofConimons appointed to consi» derthePoop-laws, i8r8,àWih(m,dansleRoxlnu^ghshi]re^ a taxe ne produisait , en 1790, que 92 1. st. 18 sch., et il fallut la porter, terme moyen , de 1812 à 181 5 , jus*

CHARITABLES. 2gi

sans rien produire, la misère pour tous serait imminente et certaine; on exigerait du travail

qu'à 288 1. 17 sch. 1 1 d. ; à Lenhamy^ dans le comté de Kent y elle s'ëlerak^ en i8f6, à i,46B I. , et, en i83â , elle aniTa à 49^99 ; mab de pareils chifires ne sont pas aussi significatib qu'ils en ont Yaxr ; la dépense dépend beaucoup des administrateurs, et les fluctuations de Pargent en expliquent une très forte partie , puisque , de 1 767 à 181 o , il a Tarie de 20 à 1 1 i/4 ( Young , Armais ofagric,, ^ n^ 270). La taxe des pauvres qui , en 1827 , ne fut, à Rendsbourg, en Danemark, que de€,4oo Rth., était arrivée , en i83o, à 7,5oo , et parvint, en i83i , jusqu'à 7,900 (Hansen, Critik des Armenweseni, S. 17). Les dépenses charitables de Philadelphie, qui montaient, en 1820 , à 40 9903 dollars , s'élevaient déjà , en i83i , à 64,894; celles du New-Hampshire, qui n'étaient, en 1800, que de 17,000 dollars , atteignirent 800,000, en 1820 , et New-Tork , qui dépensait 245,000 dollars en i8i5, 368,000 en 1819, 470,000 en 1822, dépassa, en i833 , 700,000 dollars. Les pauvres d'Ecosse sont, dans beaucoup d'endroits , secourus par la Kirk^session ; ses fonds se composent des quêtes du dimanche , de quelques subsides payés aux obsèques et aux mariages , du produit des amendes pour certaines &utes de la juridiction des Cours ecclésiastiques, et des épargnes des années précédentes ; dans les cas extraordinaires , on recourt à une quête spéciale , on lait circuler une souscription chez tons les habitans, ou enfin les propriétaires se réunissent

eh retour de son aumône^ et déshabitués qu'ils en seraient, désintéressés de son résultat, indi-

et ^'imposent proportionnellement à leurs intérêts dans la paroisse ; mais cette contribution garde toujours, aux yeux de la population , un caractère de ^ontanéité , et ce qu'on ne peut expliquer que par cette seule différence, en. Ecosse la dépense n'est, en général, que de lo à 5o 1. st. pour lyooohabitans, eten Angleterre elle flotte entre 5oo et lySoo {Edinburgh Repiew^n^ 5&,p. 274)* I^ comparaison avec la France fournit des résultats encore pliis frappans ; la dépense moyenne est , en 'Angleterre , de r5 fr. par tête d'habitant ; elle devrait donc , sur le même pied, présenter dbeznous, aiinioins, un total de 465 miUions ; mais, en supposant que les secours donnés aux pauvres sur les fonds publics fussent partout dans le même rapport avec la population qu'à Paris , ils ne s'élèveraient qu'à 121 millions (Bull. urUç, , Scien. géogr, , t. ly , p. 45 ) ; ce qui est une exagération évidente , puisqu'il n'existe d'institutions charitables que dans les villes , et que, dans treize départemens pris au hasard , les sommes distribuées par les Bureaux de bienfaisance ne dépassent pas 22 cent, par habitant ( M. Duchâtel , Zm Charité, etc., note, pp. J^iS^i']). Quoiqu'^on ne puisse en tirer de conclusions positives , puisqu'il faudrait établir la comparaison d'après la valeur des subsistances daiïs les deux pays , et leur civilisation respective , la misère de chaque pauvre ne laisse pas que de se révéler approximativement, par le montant dés secours

CUABITABLBS. 29$

gués d'être forcés d'acheter leur dro4t, les pauvreane mettraientquedu mauTais^voûldur à l'oeu-

qui lui sont nécessaires. A Paris , en 1824 , ils s'élevaient à enyiron ^^ft. par tête ; en Angleterre , ils montaient , i8o2-i8o3,à 51. 12 seh. 6 d. ; t8i2-i3 , à 61. 16 sch. 10 d.; i8iS*i49à6 1. la sch. ; i8i4-i5, à61. 1 sch. ( Statisticol illust. ofthe territorial estent and population, etc. , London 9 iSsS^p. 43)- Le système que nons examinons {MTodoit des conséquences tellement désastreuses que y soiTant le comité de la Chambre detf Gommnnes , les propriétaires serontforoés d'abandonner beaucoup de paroisses (Many parishes are fast appsoadnng to a state of dereUction, R^., p. ao). A Batilesden, dans le comté de Bedfordy pour une population de i5i habitans , les dépenses atteignent 366 1. 4 ^' » ^ Foxton , Leicester^ shire, 383 haUtans dépensent 889 1. 10 sch. ; à Sfaipley, Sttssexshire , i^iSg dépensent 3,069 1. , et les 533' de Lubenham » Leicestérshire , jusqu'à i ,633 1. 1 1 schel. {Append. te Rep^from the seL Committee onPoor^rate, or4ered to beprinted, the i5 * juif i8aa ). Il y a qudques années, toutes les paroisses de Growley^-Works furent tellement chargées de pauvres , que la rente des grandes propriétés était entièrement absorbée par la taxe nécessaire à leurs besoins. Dans la pétition de Wom* bridge , au Parlement, on voit que le revenu annuel im-* posable est de i ,6o5 livres , et que la dépense povrtrois* mois s'est élevée à 602 1. 7 sch. , et il y a plusieurs paroisses du comté de Sussex, où la taxe se monte à 3o sch.

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vre^ leurs produte ne remplaceraient point leurs ccynsomfiiations^ et, voyant ses ressources à chaque instant dévorées, la charité en viendrait jus-

et au dessus par livre de revenu ( Quarterlf Retnew, n? 85, p. 25 1 ), Il£iutt>îeD reconnattre queia charité légale a du exercer beaucoup d'influence sur cette masse de besoins en soufirance ; lorsque , dans les duchés de Holsteîn et de ScUeswig, qui sont cependant dans des conditions toutes différentes de civilisation et d'industrie , on voit la dépende ^élever^ dans plusieurs comnannes, à des sommes, énormes, relativement à la pauvreté du ps^ys. AEiderstedt, par exemple , 11,800 habitans ont été obligés de s'imposer une taxe de 36,8oo Rtfa. , et cdie deFlensbouig est montée jusqu'à 48,000 Rth. (3o,ooo S. H. Cour. ) pour i5,ooo habitans. Hansen , loe. cù.

' L'ouvrage fiiit par quatre ou cinq pauvres de paroisse pourrait l'ètce facilement par un seul ouvrier travaillant à tâche (Rgp. of tke Comm, of Commons on Wages , 1824, p* 4)' 1^ fermiers préfèrent des ouvriers à 1 2 sch. la semaine , aux pauvres tombés à la charge de la paroisse , et travaillant pour un salaire beaucoup plus fai^ YAs^XThird Rqt. of the Comm, ofEmig. , p. 402)» ^^ même pour rien ( Ghalmers , vol. III , p. 70 ). Dana quelques paroisses , tous les pauvres non maries sont réduits h la condition de Roundsmen, ou travaillent sur •les fQvâ/e3 pour le compte de la paroisse. Témoignage du docteur Hunt , dans l'enquête de 1827 , sur les causes de la progression des crimes.

qu'à s'i^géoier à rendre ses secours pbfs itiontquK et plus d^adaus ^

La cherté des subsistances provîeiit de leur disproportion à la demande^ le bon n^arché ne se rétablit donc réellement que par une diminution dans la c(»isommation ordinaire^ et j|a hausse du prix y force bientôt la^cïasse la moins riche. Puisque le déficit existe^ Tinterveintion charitabile du gouyernemept ne peut que le déplaceif^; s'il en garantit une classe^ il le rejette sur une a.utre, despauvres il va tomber sur les ouvriers^ et accoutumés à une plus grande aisance, leur souffrance e$t plus intense, ils font plus d'efforts pour continuer j^eursconsommfitions habitueUes. Les prix s'augmentent de tous leurs sacrifices; à .moinç d'upegrande élévation dans les salaires, ils sont infailliblement ruinés, et cette élévation , est imppssible; Tarant se détourne4es consom^mations moins nécessfiires , et l'emplojl se xédujt au lieu de s'accroître.

La ccHiç^rr^nce des bras raj^lé^ à l'ouvrage par l'État déprécie encore des salaires, déjà trop

' Cest le but avoué de beaucoup de Maisons de Travail, notaimneiit à Kngham , Soutkwell , etc. ; dans plusîeon comtés, les distributeurs d'aumônes sont aUés jusqu'à marquer les pauvres d'ignobles symboles.

^gô DÉPE^SEs

dëprëciés pour soutenir la classe laborieuse; le trésor public est obligé de suppléer à leur insuffisance ; les bons ouvriers, qui avaient dû de rester occupés à un esprit d'industrie supérieure, et i une activité plus productive, ne peuvent résister à une concurrence qui baisse les prix jusqu'à ce qu'elle obtienne lapréférence, et chaque pau* vre qui rentre dans les* ateliers les en chasse \

En ajoutant au salaire ce qui lui manque pour subvenir aux nécessités de la vie, on désaffectionne l'artisan du travail; ce n'est pas son service que l'on paie, c'est sa misère que l'on aumône, etil diminue l'un sans s'inquiéter de l'autre. Rude ou facile, pleine de fatigues ou nonchalamment passée au soleil , sa journée a même fortune, mêmes gages ; peine et dépense , tout est profit dans sa paresse, et il ne veut plus travailler à tache, s'user les bras à hâter la production, se tourmenter l'intelligence à rendre sa main-^ d'oeuvre plus féconde ; les indolences et les torpeurs d^la routine suffisent à son pain de chaque jour.

11 ne résiste point à la baisse du salaire; sa

' La diminution des prix aurait beau tendre à accro^ tre la consommation , la baisse des salaires neutraliserait bientôt son influence.

CHARtfABLËS. ^7

somme à recevoir n'en est point affectée^ et-bronzé aux aumônes, il ne regarde plus à leur quotifté; peu lui importe d'être nourri par le maître ou par le trésor public. D y va , au contraii||, de l'intérêt des industriels, cesoïkt eux seuls qui paient les salaires, et tous les impôts cbnlribueiift à ta ehariié légale; le prix du travail ^'abaissera donc progressivement \ etdes édvriers, qui n'auraient dépendu que de leurs bras, si leurs labeurs eussent été raisonnablement rétribués, sont forcés de réclamer les secours de PÉtat , et d*augmenter le nombre de ses pauvres ordinaires. A moins de lui attribuer le droit monstrueux de les niveler sur son territoire et de bri^r violemment tous les liens delà famille, tous les attachemens du cœur et de l'habitude, des localités seraient plus chargées d'indigens que les autres^ le salaire y serait plus bte ^, il y aurait deux prix pour la* mêm^ industrie, et là plus chère, cdle de la meiUeure

' Lecr sakôres ne se sontieiinent qaepar la concunpence des demandés de main-d'cBUvre , et le lappoit de Tam gent avec les nécessités de la TÎe; aucun de ces motifii n'existe plus ; la demande est rare, puisqu'il y a des pauvres y et la taxe supf^ée au déficit du salaire.

* En Iilande , le piix de la maio-d'œaTre flotte de 4^ 10 pence par jour ( Report of Comm. on fVagês , i8a49

2g^ DfiPENSBS

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