CHAPITRE IV
Sto dgsthir pàuMiimt
(Tétait un progrès important de rendre évidente à tous la signification morale de la loi y et de concilier à la peine elle-même Taffection et le respect publics; sous ce point de vue, le Système péniteùtiaire a bien mérité de la civilisation, n mettait en saillie la plus haute conséquence de la justice humaine ; la bonté du châtiment apparaissait dans un jffg éclatant ^ son rapport avec
' Nons devons prévenir que , dans Timpossibilité de recourir aux soarces , nous avons pris la plos grande partie des fiaiits relatifs anx pénitenciers d'Amérique dans les ouvrages de MM. Livîngston, Jutius, Ch. Lucas , de Beanmont et de Toequeville , dont , au reste , personne n'a encore songé à contester l'exactitude*
le délit n^était plus subordonné à des résultats secondaires; il avait enfin compris qu^en montrant au criminel que la société le tient pour dégradé et qu^en lui manifestant par une juste responsabilité la dignité de sa nature, la peine était nécessairement réformatrice '•
Mais 8ùa influence ne se réalise qu'^insuffisam-
' Sans s'exagérer l'importance des résultats d'argent, il est impossible de ne pas être frappé des économies qu'on obtiendrait par la peine, si elle était vraiment réformatrice. Suivant M. «Appert, il y a 3o récidives sur loo condamnés aux galères, 3i sur loo condamna aux prbons centrales, et 4^ sur lOo condamnés aux prisons départementales (Journal des Prisons ^ i832, n* io,p.353* Nous devons dire que nous ne croyons pas à l'entière exactitude de ces chiflres , et qu'il est naturel que le souvenir des peines plus fortes inspire au moins plus de. prudence.) ; en i83o , on compta jusqu'à 5,670 récidives , 1 ,370 pour crimes , et 4)300 pour délits. On arriverait à une somme énorme en capitalisant Itf frais de jilstice criminelle que coûtent les libérés , les charges qne leurs nouvelles condamnations imposent à la société, les dommages causés par leur crime et le mauvais emploi de leurs forces et de leurs facultés, les pertes occasionées par les crimes dès autres repris de justice que les tribunaux n'ont pu condamner, par la méfiance qu'ils inspirent, la corruption qu'ils propagent, les progrès qu'ils annStent , etc.
Philosophie 4u Budget, n. 6
86 DipENSBS
ment dans les Imiîtes de Fédncation privée ; il lut faut réparer le désordre que la violation d^un droit a porté dans TEtat, par une sanction solennelle lui restituer toute sa puissance ; et le Sjs^ tème pénitentiaire déserte les intérêts du droit, pour ne s^occuper que de son violateur ; de social que doit être le châtiment , il le réduit à un individualisme étroit. Ce n^est plus la raison nationale qui intervient pour protéger les développe* mens de la raison humaine ; ce sont des individus qui usurpent la robe de jug^e, et tentent, au nom de la force, des expériences sur la moralité de leurs concitoyens ; la peine se reconziait arbitraire ; elle renonce à se couvrir de la légitimité de son principe, pour chercher, au hasard, à se faire réhabiliter par ses conséquences.'
L'utilité individuelle, voilà désormais le but du Code pénal et Texcuse de la- peine j on ne puait les coupables que pour les corriger ; ceux dont on ne saurait raisonnablement espérer la réforme échappent à tout châtiment légitime ' ; pour désarmer la vindicte de la société, il ne faut
' Beaucoap de crimes ne viennent point de Pimmoralitë) mais de Pimprodence, de l'ignorance, d'one imperfection de la l^lation,qne Tétat dnpays et de la crvili-
que Tatta^er ww plus d'acharnement et ae hâ« jter 4^arri^er aux derniers degrés de la dépravation.
Les crimes que produisent les extravagances dW ave^igle fanatisme ont droit d'^impunité : Tisolement et la souffrance rexalteraîent encore. Cet assassin qui se promène la tête haute ^ du sang plein les mains , le fanatisme Fa marqué au £x>ntd!une inviolahilité Légale; cW àThomanité tout entière de ployer sous sa parole et de se reculer de la pointe da son poignard. Vainement Tordre politique doit-il résumer la civilisation du pays: pour seule raison, il en appellerait à la fovc^; la société, deviendrait un cirque de gladiateurs ou régnerait dans toute sa brutalité le droit de la-guerre ; après le combat, le gouvernement établi passerait les vaincus par les armes, ou leur laisserait complaisamment prendre du champ pour recommencer la bataille ; des souffrances infligées aux plus fiiihles, sous le sobriquet de justice nationale, ne les réconcilieraient point avec yn pouvoir qu'ails accusaient déjà d^hypo-
«ution empêchera de réformer: les faillites simpJet, par exemple , les crimes des ministres responsables , les délits par voie de presse, etc.
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crisie et de violence. Les crimes qui pourraient se réclamer de quelque lâcheté ou d\me frénésie de passion assez énergique pour étouffer le sentiment moral, les plus effrajans, ceux qui ébranlentla paix publique dans ses bases, ne devraient aucun compte à la loi. Si la li];)erté avait été sus- ' pendue par Pivresse , la privs^tion rendrait plqs dominant encore le penchant à Pintempéranoe; le châtiment irait contre son but de réforme. Le criminel ne pût-il alléguer aucune circonstance qui mit Taccusationànéant, il lui serait toujours loisible de devancer les effets du châtiment et de sW racheter par un acte de repentir.
Il est un âge où Thomme se refroidit dans la fonte ', où Pintelligence a terminé son travail, un âge où la moralité s^est dévdioppée jusqu^à
' ' Dans les États-Unis, plus d'un septième des condamnes n'a pas atteint 21 ans ( Jolins, Leçons sur Us Prisàns , Introduction^ p. 1 17, trad. franc.). Le Système péniteu* tiairë y devait sembler d'autant plas utile , que ce sont les jeunes criminels qui deviennent les plus incorrigibles et les plus dangereux. En France , où la proportion est loin d'être aussi forte, il y a eu, en 182g, sur S^ySg condamnes en récidive, jusqu'à i,66g qui n'avaient pas encore ai ans au moment de leur première faute; en i8a8, il y en avait aussi plus du quart; depuis, le rapport a changé.
MORALES. 8g
ses démises limites ' ; la réforme ne serait plus alors qu^une chimérique utopie , et la peine qui resterait conséquente à son principe respecterait le coupable , dont la lon^pie corruption ajouterait au désordre de son forfait le scandale de ses cheveux blancs. Lorsque des récidives répétées auront convaincu les criminels d^une incor^ rigible perversité'^ , le juge n^aura plus de motifs valables pour recommencer à grands frais ses inutiles expériences ; le Système pénitentiaire manquera de logique, ou laissera la société sans
' Nous ne donnons point cette considération poor nue raison de philosophie; c'est un fait d'expérience : tant que rhomine a vie , son éducation est possible et nécessaire.
^ Il semble même qu'il n'est pas toujours nécessaire d'attendre cette preuve. Fielding a déclaré que, dé son temps , d'après son expérience dans les fonctions de commissaire de police , les voleurs de Londres étaient incorrigibles; de nos jours^, M. Chesterton, gouverneur de la Maison de Correction , à Goldbath- Fields , a émis une opinion semblable ( Evidence on Sêcond'try Punishmênis^ Q. 5i3); et M. Wakefîeld , qui a long-temps vécu dans les prirons, dit : Whatever the cause, Itowever, the fact is certain, that a thief is hardly ever.r-I am tempted to say'never — reformed. FacU nia^ tingto ihepunishment ofdtath, p. 76.
go DEPENSER
défense contre led périls qui compromettent le plus gravement ses progrès.
La punition dédaignerait ses intérêts et sa justice, pour ne se rapporter qu^à Futilité dhm seul homme ; c^est sur le temps nécessaire à la réforme qu^il lui faudrait se mesurer, et un ab*sdrde niveau tendrait à s^établir dans la rétribution de tous les crimes. Un court emprisonne* ment n^acquerrait pas assez dMnfluence f le législateur n^est pas si crédule que d^ajouter foi à une moralité improvisée en un matin dans la solitude d^une geôle *, et Tefficacité du châtiment finirait par s^user s'il se prolongeait trop lotig-
• M. Livîngston {Code de réforme et discipliné des Pri^ sons , art. 1 1) demande qu'on ne soit sonmis an Systènf^ pënitetitlaire que pottr nn emprisonnement de plus de soixante jours ^ à Genève et à Lausanne il faut au moins trois mo|s f M. Lacas propose nu an ( Système Pénal , p. 3o3) ; M. Jalius pense qne^ lorsqu'on n'est pas condamné à dçux ou trois ans d'emprisonnement, il serait illusoire d'espérer par des moyens humains une r^nération morale (Leçons sur les Prisons, t. !•% p. 898 ). M. Lucas , qui n'ose pas demander qu'on ëlève le minimam de la peine des plus petits délits à un an de prison , convient (Conelusion, p. LXXXt) que, ponr les détentions au-dessous d'un an, c'est à l'intimidation que le Système pënitentiai're doit viser; il traite plus durement les moins crimineis,
MORALES. gt
temps ^ G)mment espérer réveiller une Tolonté marale qui résiste au découragement pendant une réeluston de longues années et se mainti^one assez forte pour maîtriser, à la sortie, des tentations qu^on aura désappris à combattre?
Le jugement déclare la nécessité dWe réforme, et présume le temps qui doit Faocom^ plir : c^estune simple formalité, à laquelle per^ sonne ne suppose plus de valeur. Quand les prévisions du juge ne se sont pas réalisées , la peine, qui n^a pas d'^autre motif que Famélioratien du coupable , se prolonge indéfiniment jusqu^à ce qu^elle ait obtenu son effet. 11 y a un tribunal supérieur à la justice du pays , qui , au besoin , modifie ses arrêts ; et ce n^est point sur des faits constans qu^il se décide , mais sur une vraisemblance que rien A^atteste , des soupçons que rien ne vérifie, sur les dépositions ignorantes ou passionnées de quelque guichetier. La réforme dépend, d^ailleurs, encore plus du personnel des prisons que des dispositions du condamné ^;
et s'efforce de reformer prédsénieiit oeait qui en sont le moins capables.
' D' Jalius , Leçon$ sur les Prhom, t. i, p. SgS-Spg.
* Le Système pénitentiatre snbstitae constamment Tar* bitraire de l'homme à la raison de la loi : le gouvertiear
elles sont 4rop chancelantes poor se passer d W sistance, et on pentraigrir parde matiyais trai*temens, le corrompre et Texa^érer par des injustices: le pouvoir de cassdttavi appartiendra réellement au bon plaisir des geôliers. Leur au« torité va plus loin encore : sitôt qne lé châtiment a consolidé le repentir, son but est atteint; le fréquent exercice du droit de grâce est une con-* séquence forcée ' et quelques limites que la loi lui impose , quelques garanties qu^^elle en exige, c^est toujours leur omnipotence qui en dispose. Au nom d^une idée morale, les prisonniers seront provoqués à renier les sentimens de leur noble origine , à se dégrader dans leur propre estime , à se faire lâches et rampans pour capter
la faveur des hommes grossiers qui ontjoumel-
tf
de la prison, le médecin,* le ministre du culte, et tons les snrveillans jusqu'au dernier, sont nécessairement investis d'une autorité immense.
' Il y eut en cinq ans, dans la prison de New- York , 740 condamnés élargis par grâce, et seulement 73 au terme fixé par la sentence. Malgré les vives réclamations dont plusieurs publicistes, et entre antres M Livingston, s'étaient rendus les organes , en janvier iSSa le Gouverneur avoua-, dans un discours à TAssemblée de cette province, que dans le courant de l'année il avait encore gradé 78 condamnés.
MOIALBS. 93
lement lear sort entre les mains; et, comme une réforme dans un cachot solitaire , une réforme sana combats ni épreuves possibles , ne se témoigne par aucun fait, un retour sincère à layertu échapperait à Tobservation la plus^ attentive; il faudra charger ses meilleures inteurtions et mentir à ses remords par Fexagération de ses paroles et des larmes d^histrion : ce n^est pas à une vraie réforme qu^aboutit le Système pénitentiaire, c^est à des singeries de repentir; pas à la vertu, mais à une évidente hypocrisie ' •
Diminuer la force de la sensibilité, ou augnient^ la résistance de la raison , toute mbralisation se vient résumer dans Pun de ces deux réroltats« Le Système, pénitentiaire ne peut rien contre la séduction des appétits; à la vérité, il
' M, Orridge, qni avait été gouverneur de la prison de Bary-Saint-Edmundspendant près de trente ans, conyenail qn^illn^ était impossible de reconnaître la vérité sous les' apparences dfmt la masquent les condamnés : I had thoughtthat after thirty years i had a knoidedge of criminal character, but I helieve I shall die a novice at last (Re-' pariofCommofu, 7.2 June 1827}. Sur les 26 détenus solitaires à Aubum auxquels on fit grâce pendant une année , i4 revinrent peudetemps après danslaprison parsuite de nouvelles condamnations {SytUme pénitentiaire aum ÉiaU^ Unis, p . 14) , ce q ui n'empêcha pasid'en gracier 70 en 1 83o .
g4 DÉPENSES
supprime momentanément leurs occasions ; mais, lorsque le libéré les retrouve dans le monde, la privation les a rendus plus impérieux, et une prompte rechute proteste bientôt contre rœtCvre impuissante des prisons. Peut-être le souvenir de la peine inspîrera-t-il plus de prudence ; peut-être , en voyant la marque de ses fers , nWbliera-t-on plus de mettre assez dV dresse dans le crime pour se soustraire aux recherches de la police ; mais la prévoyance des suites de Fimmoralité qu^on va commettre n^est point la^vertu qui s^en abstient; la terreur du châtiment ne développe point la conscience^ dû devoir, elle usurpe sa place et ne règne qu^en son absence. La peine en dlé-méme n^a donc rien de réformateur ; tout au* plus est-ce un moyen phy-* sique de faire un appel à Tactivité de la raison ; ses fers, ses cachots, sa solitude, ne lui apportent ni force^ ni lumière. Si jamais elle parvient à corriger, cW que tout ce matériel aura une si* gnification morale ; qu^elle révélera au coupable une conséquence légitime de sa conduite qui s^était dérobée à sa réflexion ; c'^est en un mot qu^elle sera juste. La justice est ainsi le premier but de la peine ; le premier, cW-à«dire le seul j tous les résultats secondaires lui sont subordon-
BIOBALES. 9S
nés, et la réforme, qui impliqne nécessairement son idée , reste un accessoire qui peut disposer du mode de la peine, et rappliquer à sa contenance; mais, à moins de se renier elle-même, elle ne saurait passer outre et se substituer à son principe ^'
Réduit à une forme d^éducation , désormais le châtiment ne se généraliserait point dans une loi ; il ne s'^agirait plus de la réintégration d^un droit que la raison évalue et restaure dans sa puissance , mais d^un progrès individuel , et il lui faudrait sVdapter à la position de chaque criminel , s^approprier à son intelligence , se régler sur ses antécédens. Il ne s^occupe plus de la valeur de Pacte qu^à titre de renseignement sur la moralité de Tagent; il fait entrer dans son appréciation une foule d^élémens étrangers au crime et à la justice ; il la fractionne pour tous les faits de même nature , et la gradue Ailvant
' A moins de supposer qu'il n'y a pas de loi morale pour la soctétë, si la peine n'était pasjuste» elle serait uii mal, et nous ne savons comment on en pourrait attendre un bien. Ce ne serait pas assez de professet* officiellement le matërialisme ^ il faudrait croire (|ue , loin de se repousser l'un l'autre , le bien et le mal se coùciltent et s'harmonisent ensemble.
g6 DBPBNSE8
réchelle dee bescMns et Futilité des choses qui les satisfont ^ : car alors la force de la tentation sert d'^excuse à la défaillance du pouvoir moral. Cest un devoir de prendre en considération la facilité de Poccasion , les habitudes et le tempérament de Taccusé , Tétat de s^santé , la disposition de son esprit , et mille autres circonstances qui auraient pu influer sur son action'. Il deviendrait impossible de prévoir tous* les cas exceptionnels qui se présenteraient , et de formuler la peine ; le législateur devrait , dès à présent , alx&quer en matière ^e droit pénal , et confier les progrès de la soçiéta à la discrétion du juge».
Avec des moyens. bien restreints , Péducation du châtiment s^adresse à des perversités obstinées; si des difficultés étrangères à sa tâche venaient
' Lé. vol de pain ne sera pas aossi grave que celai de la viande , etc.
' Il serait, par exemple, fort important de déterminer si , au moment du vol â*ane substance alimentaire , le voleur était ponssé par le besoin. On se trouverait conduit à rechercher quels alimens il avait pris à son déjeuner, à ftffre une enquête sur sa capacité digestive, etc.
B A Genève il n'y a plus de minimum fixé pour les peines^ le juge fait la loi pour chaque cas particulier.
. encore contrarier ses eflbrts , tout succès lui deviendrait Tisiblement impossible : les exhorta-* tions des autres condamnés roidissent contre son influence ; par point d^honneur on la brave ; la contagion du crime Tannule à Pavance, renseignement mutuel, de la prison la paralyse. Au moins^ne faudrait-il réunir dans chaque classe et soumettre au même régime correctionnel que les détenus atteints d^une corruption et d'un eiMlurcissement semblables^* Or, un tel triage nes^appuie sur aucun indice positif, sur aucune vraisemblance rationnelle^ ; Farbitraire rétablit aui hasard ; et cependant, Terreur n^est pas seulement on obstacle aux résultats du Système péniti^-
' Dans le pénitencier de Millbank les condamnëg étaient divisés en denx classes : ils n'avaient ancnne communication da^s la pr^piière, et le penchant à la réforme s'évanouissait dès qu'ils passaient dans la seconde , où les communications étaient permises pendant le jour. On fut obligé de la supprimer } et cependant les détenus n'y étaient admis qu'après avoir'donné des preuves d'amélioration, et • s'en être rendus dignes par leur bonne conduite.
* Le crime et la peine fussent-ils les mêmes , il n'en •erait pas ainsi de la moralité : chaque prisonnier aurait un point plus corrompu, et ce maximum de dépravation ne tarderait pas à gagner tous lot autres.
9$ ,0£P£IISBS
îi9xrp , c^.a8t la réfotatîoo de sa théorie. Il n^est fqa\ia mode de classification qui présente des garanties suffisantes , qu'un seul qui permette à la loi de copipter sur les expériences de la justice criminelle : c^est Tisolemeot copiplet^
L^h(mune ne se fi^rme point à la vertu par rinertie de sa volonté , il ne se mora^se. qu'yen Texer^nt à luttercoi^tre Pemporteinent des seos^ Péducfition doit la soutenir quand eUe se s^nt &ibie , renco^rag^r aprèjs qi;L^eUe s^est montrée forte j et remprisonnement solit^e retint d^ms un i99r96me d^intelligenee qui n^âJtNmtitqu^à une indj/Kèprenoe sti^pide, ou .aux excitations de la folie. La présign$(tion du détenu pe témoigne d^aucune soumission morale à sa peine ; ce ii'*est phis un sacrifice volontaire en expiation de sa faute , c'est un désespoir apathique de parvenir à briser les murailles de son cachot avec sa tête.
■ Nous pioQveEQDS aillenn qjskt renaeignement perd 6a pliis/fprHqde paiwance en ceflmnt d'être individael. U intt aussi reooxiBaitre qn^mn des plus: Bodttieureiix iiicoQ«véniens des prisons , c'est que les détenus se connaissent^ et «pi'nne fois sortis , leor secret commim les rapproche fit les soninet à une sorte d'iaflisonee matuelle. Tonte ^é<nënle ^è sôit cette considération, elle s'adresse bien pins particalièrcmeiit au s|itème qiM vise à Ul réforme.
A moins 4e cinxmgtanoes particulières bien rares', le travail n^entrerait plus dans les moyens de m<Nralisation ^ , les prisons manqueraient de maîtres éprouvés, assez nombreux pour entreprendre Tapprentissage individuel de tous les criminels, et les dimensions de leurs cellules ne permettraient pas d^ établir des ateliers sans élever démesurément les frais , ou condamner les prisonniers à respirer des miasmes empoisonnés ^. Les libérés , qu^on ne renvoie dans la sodéié que sur la conviction légale de leur rélorme , y rapporteraient nèellement des dispo-
* Ce n.e sont ptt le» bomiaes ayant une profeMion industrielle qai peuplent le plus conunuAément les prisons : plus occupés , ils sont moins exposés aux tentations criminelles, et trouvent dans un salaire moins pauvre plus de moyens de satisfaire légalement leurs besoins et leurs plaisirs.
* Les fra» de la justice crinoiiieUe s'en angnentent cur oore, ei, comme nous le venroos, œ n'est pa4 we copsi-rdération sans importance | même pour sa bonne admioistvation.
' n est peu de métiers dont les matières premières PA les procédés de fabrication ne produisent des exbalai- «ons fart nuisibles & la santé, quand elles s'afjglomèi^nt dans «ne atmosphère lesienrée , qui ne se rtnouveUe qa'imparfiMtement par d'Aroîles ouvertures.
sitions plus immorales et plus dangereuses quV vaut leur condamnation ; ils j retrouveraient tous leurs besoins, tous leurs appétits de plaisirs, que la privation aurait encore exaltés , et la même impuissance à les satisfaire autrement que par le crime. Ce n^est pourtant pas à favoriser la régénération des coupables que se borne Inactivité du travail ; elle est néces^ire aussi à Fentretien de la santé physique < ; Foisiveté prédispose les organes à recevoir le germe de plusiem*s maladies; et bientôt Tesprit retopibé sur lui-même , sans distraction et sans énergie , les «léveloppe et aggrave leurs plus mauvais symptômes.
Vainement se flatterait-on dWiver à Tisol^ ment, dans des ateliers comn)àns, parle silence; quoique des infractions jq^i ne laissent aucune trace après elles échappent bien'facilement à la répression, il n^est pas de pénitencier où des condamnations niaient létté jurononcées ; les précautions les plus minutieuses seraient déjouées,
'*M. yillennë, Dicti&nnaire des Sciences médicales , t XLY, p. a3o. D'après son Mémoire sur la Morktlité dans les Prisons, dont an reste nous ne prétendons aucunement accepter les bases ni les inductions , les détenus perdent actuellement pendant le temps de leur emprisonnement les chances de 17 atanées de vie»
MOIIALBS. toi
il s'établiîak des oommunicatioas par signes, qU'Oa ne pourrait ni empêcher ni Mi^ir ; à tra* véss le nlenoe et Fespace , ke doigts et les yeux parlerafent un argot des prisons. L^action du Système pénitentiaire dépendrait d^une foule de «mreillans ; son efficacité ne serait plus dans la puissance morale des peines, mais dans Parbitraire de malheureux, ramassés dans la der^ nière classe du peuple, que le spectacle hideux de la dépravation aurait endurcis et que l'exercice d^nn violent de^iotisme aurait Corrompus : car toutes les violations du régime de la prison romontent jusqu'à la loi, toutes ruinent son crédit, toutes doivent être réprimées sur Theure et châ«liées sans appel et sans pitié K
Quelles que soient les peines disciplinaires que
* Aussi beaucoup d'hottimeé dîstingnés, et entre aatrès M« LivingstoA , reprocheut-iU à ce système de discipline d'avoir entièreitfient abaiidoiiBé la réforme , et novt croyons qu'aujoard'hiti c'est on fait incontestable. A soa défaat, il faudrait revenir à risolemcnt complet; et s'il ^tait possible , il irait encore plus directement contre le but qu'il se propose. Nous ne comprenons pas comment nue Commissilon de la Chambre des Communes a pu {Répart on Sêc<m4ary PwmkmenU, sa June i83a) se pro* nonoer pour l'emprisonnement solitaire.
Philosophie du Budget, n. 7
109 DBPUfSW
k U^hfmr mette aa aeirrâoe do sa théavie de réforopte^ kûnde concoiuir à Famélioration d^ dati^w 9 elles lui siisciteccpt de Douveaiut db<at^cl^St. L'empriecnraemeot eoliteire , qui Mmble d'abprd se weiu «coorder arec toirtee^see exigea- <)è^ve$t 11^ fond le plue aveugle .et lejdus dépfa*yateur ; 9ou incalculable influence dépend de jl'i* ma^niittoa ^ du caraotère , de la foirce phyisique des capdamnés ' • Taut^t ils «e plpug^t avec dé* Uqes dans le iHeu-ètre d uue oisiveté sCupide j tantôt lew^ qi^ganiamei imf^ûsaaat à isupporter le
'c'L'«Riprisoimement solitaire détraira la constttntion des iept dixiènes 4ie ceux auxquels ou Ttnfligera , et eu
fera périr un grand ^o«bre Pacmî Deax.qui/oat été
étroitement renferma d«^ la ff^tude pendant douce moiSi je n'en ai vu qu'un qui fût en état de gagner sa yie en travaillant. » Opinion liu iuriniendani de la prison de Fo^- ^iist0 ( Lucas , t. a, p. loS). Sur ii;indrvidus soumis k l'emprisonnement solitaire dans la prison d*État du Mai' ase , 5 après.un court période ftireutdansle eas d'4tve transférés à l'hàpiftal^ a se suioidôrosit dau^kuorsocUulety 3 subirent oàMCun trois mois, et i six mois, sans auc«a effet appaneuit. Ravport de Im Sêdéié 41$' Boston powr Id dU^ aip&u dee prisons , p. 6i . Voir «ussi Jppeméis io Report of Cçm, onCrim. -CommitmenAs, 1829; Buxtoa's Inquiry inic prison Dàdptins^ p. 84 j Western's Rmnarks upon prison Disciplines p. 1 17, etc.
M0RALB9. io3
ùdx de le^r solitude, ^'affaisse à la peine , et se. krifie SQiis d'inliolérables soufiraocei ; la sensibilité des ups s'endurcit Inentôt à toutes les doo* leurs d'uqe position monotone, et se bronze ^ ; cbez d!aatres , rintelligence s'atropbie jusqu'à rîmbéciilité) Timagip^tion se torture et s'exalte jusqu'à la folie '. C'est là , d'ailleurs , prendre
' Un des complices de Cartouche vécut 43 W^ d«99 nn cachot où ne pénétrait jamais le soleil. Après nue révolte dans la prison de New-Gale (New- York), qae Ton fut obligé d'apaiser à coups de fnsil , la peine du fouet n'y étant pas admise , il fallut recourir à l'emprisonnement solitaire , au pain et à l'eau , contre loo détenus qui refusèrent de travailler, et ils y résistèrent 70 jours. Bans le Nord son influence semble encore plus insuffisante : à Odensee les condamnés passent presque tout leur temps à dormir; à Gliickstadt on en a tu dont le châtiment s'était prolongé pendant six mois sans avoir produit la moindre amélioration. StoAUhQrgtrtlehn Ma-gazin, B. IH, S. 583.
* Malgré les deux lettres à M. Taillandier ( Tradaciitm du, Mapp&rt tU^ M. Lhingfton utr le Codé Pénal , pp. XIII- XX) o4 MM. Ësqnîrol etPariset se prononcent pour la parfaite innocence de la séclusion, nous pensons, avec M. Peel , q«i6 tous ceux qui se sont occupés de la discipline des prisons savent qu'un emprisonnement solitaire de six semannes aurait sur certaines personnes l'influence de lès Mndre îasensées pour le reste de leur vie (Bouh ofComm,
io4 BBPfiUSBS
en singulier mépris la seule raison que Von re-* connaisse au droit pénal ; avec l'isolement complet ^ il n'y a plus d'enseignement possible , et l'optimisme le plus détemrîné n'oiserait croire que la perversité restât toujours si étrangère à rhumanité , que pour ramener un criminel à la vertu iL suffît d'en appeler des suggestions de la passion aux calmes inspirations d'une cellule solitaire * . Pour ne pas détruire si fatalement
3o may i832). Parmi les condamnés à la prison solitaire à Auburn, plusieurs devinrent fous par l'effet de la solitude , deux essayèrent de se suicider. Relation ds la prison tT Auburn , par Gershom Powers , p. 36.
' On ne peut juger de.refficacitë du Système pénitentiaire par le nombre des récidives : pluâean libérés meurent avant d'avoir passé par d*asses longues épreuves , ou sont rendus à la société dans des conditions de fortune plus favorables à la moralité ; beaucoup de crimes ne témoignaient- d'aucune corruption , et il en est plus encore qui restent inaperçus, ou dont la police jodîciaire ne parvient point à saisir les auteurs; puis enfin l'immoralité peut fort bien ewter sans se prouver officiellemenl par un crime* Chacun a d'ailleurs l'amonrpropre de sa prison, et ne. porte comme récidives que cetles de ses anciens détenus : il faudrait donc connaître l'état de toutes les prisons avant de prendre une opinion. (In using the term first conviction above , we mean as it respects thb prison only \ there are nearly tweaty iriioi
MORALES. lo5
les espérances de la peioe , les auHrés corrections disciplinaires n'agissent pas moins en contradio-
hâve been in other prisons. Rapport sur la foison d'Au^ bam, <la i«' janvier 1824» p. 127.) Cette considération a d'autant plus de force que, sur 1 00 condamnés dans les États-Unis , il en est 3o qui appartiennent à un état voisin {SystàM Pénitentiaire aux Étati-^Uni* , p. 126) ; et ce>pendant on compte dans le pénitencier de New-York une récidive snr deax libérés , plus d'une sur trois pour celui de Philadelphie , et la pr^ortion est à peu près la même pour celui du Massachnssett D'ajnrès le rapport des commissaires nommés pour Visiter Anbum, il y avait 7 condamnés qui avaient déjà fait de 7 à 9' mois d'em* prisonnement solitaire; g en avaient fait de 10 à 12 ; 1 1 de i3à22; 1, 2 ans; i, 39 mois, et i, 2 ans 6mois. M. Smith disait que, sur les 65o détenus d'Aubum, 5o étaient réformés ; M. Barett en comptait 1 5 01^ 20 sur les 180 de . Wethersfield , et les deux honorables chapelains se fai» saient bien encore illusion sur leurs efforts ( Système Pé-nitentiaire aux Éiais-Unis , pp. 101-J02). Quoique les prisonniers des pénitenciers anglais soient des condamnés d'élite que l'on suppose plus aptes à la correction , le comité, qui remet une somme A'argent aux libérés de Milibank qui rapportent, une année après leur sortie, un oertificat de bonne conduite, n'en revit, de décembre 1816 à décembre 1822 , que 49 ^ «t il y en avait 228 ( 78 pour avoir fait leur temps. et i5o. graciés). Nous nepiarlons pas du mauvais suoeès des pénitenciers suitses : les communications des détenus y sont tetiement libres qu'on ne
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tion aree le but qu'elles veulent atteindre ; on ne rappelle point l'homme à sa destination morale en le traitant comme ces animaux dénués de raison ] dont l'obstination se dompte h coups de fouet ^ ; on ne lui apprend pas la moralité du tra-
peat les considérer qae comme des prisons ordinaires. On trouve dans le Praiobevtra, MateriaJUn fÙr Gesêiikundê êuid BâchUpfijÊge in den àstareichiseJun Staaien ( B. II , S. a6o) y an article remarquable où on beat fonetionaaire déclare être revenu, parla pratique, de l'illusion d'améliorer les coadatnaës. Voir aussi la conversatk>a de M. £lam Lynds , Je plus habile de tous les sarintendans des pénitenciers, avec MM. de Beaumont et de Toeqaeviile {Système Péniitntiairê aua ÉiaU-Unis, pp. 336-34a). 11 ne croit pas à la réforme complète ( Id. , p. 339 )*
' Le droit d'appliquer des coups de fouet aux dâ^nns est écrit dans la législation des États-Unis : New-York, Revîsed Statutes, tit; a^ ch. 3, 4*^ par., art, 2 , § 69; Connecticot, Stat. 3i may iBay^p. i63; Maryland, Pénal Stat. 1809 , art. 4o. Voir aussi le Rapport de Jf. G. Power» pour i8a8, pp. 109, 121. Pendant long-temps on ne pouvait infliger la peine du fouet que devant les inspecteurs 3 mais ils ont réclamé ^ jRii/D|p0r< des Insp, d*Ju'bums a6 janvier 1 SaS) , et maintenant leur présence n'est pas nécessaire* A Siagsing on l'applique 5 ou 6 fois par jour ^ à Aubum on est arrivé à fimetter 1 19 détenus par beure, et la ioi y autorise jusqu'À 39 coups à la fois. Sur les laa prisons eoustantes en Angleterre à la fin de sep-
vaâ t» le ooiidainimiit'kratftfeiDtiit à de^ lo^ beurs stopHkB* } oniie BiMiîfi^stie point Ift )è|^ limité et le droit de k sôoiélé en la mettant en oppk>«Kiob tfreo lesr cooditioiis de Ih naùirë bur^ mafaie^ eà lui ftiaaat rogner par ms bcon^atix le môrcean de ]kdn néoeasaire à l'^ttenod. El
tcmbre i9a6t dont on troatfe le oemple ituida dani le ^0Vfnih Rifi$rt ^ fitiion DmiptimBf il y en avMt eoeare at où le r^me de la bâttonnade était adonr. Il Tert aaMl . dans iontes les prisons d'Allemapicl v saaf eeUes' de la Prusse RhénasM» ^ qni é conserve la lëgidatian françaiie, et de la ville de Haiaboniig^ ( Ba»Mmiémr§M» Cti'mmat: gefiLngnki, etc.> von Mtartens, S. 4i). H est à notre eon-* naissanœ (fa'an j a reoonra an Most^^alati-Miehel | mais, sur la plainte des détetans , l'antorité Miprfrieàre y a fait renoneer. On TappHqae encore joomeUeiaentdans nos ba|pes. Quant à FemprisonneaMnt avec des SacB^ ^'il soit laissé à la diserétioii dn geôlîelr, on qae ht loi fixe le poids des fers et les droomSfances oà il sera permisde s'en servir^ il n'en reste pa» lèoiné toajoanîiH égal et arbitraire»
■ Le Tread^miU est ane iinpdrteftion chinoise ( DsK montf Rapport «or U prcjêi éê éoi pour iê rignm intériiÊtt deé prUoHê , 5 janvier i8a5), ^ el il a bien tons les caractères de scn origine; les perfectionnemens* qne M. Hase y a appmtés ( PovtaUe crank-mackine a voyea Diuription ef iAê paUni khprotéd ItmuMm^^ ele;^Narwicfat iSaigs'ÛBf ont introduit l'isolemeiil) n'en ont pas fcit disparaître
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encore, tous ces diflféréns moyens oorrectioimeb seraient remis aux mains d^agens iitférieurs , qui li'auraient qu'un compte moral à rendre de leur eimploi ; Iç législateur n'a plus le droit de leur donner sat. confiance , lepouvoir- absolu en fera des tyrans. Ce qu^on doit attendre des condam-
tons les inc<myéiiieDS : il devient une espèce de routine des pieds , qni laisse l'intelligence s'iabandonner à tontes ses. many aises pensées ; il épatse, n'apprend rien, et inspire le d^ûkdu travail 5 il fait perdis la sooplesse, le tact» et ce qa'on nomme dans i'indnstne le tour de main« En accélérant la rooe^ ou en éloignant les rep^, les geA- U^rs en peuvent fidre une véritable torture qu'ik applî-? qi^ent à leur bon plaisir. Dans la Maison: de correotioil de Dorchester on y a pendant quelque temps employé les femmes , mab les magistrats ont été fMeés d'y renou** cer ( 7^^ Report of ihe Society for thê Improvement of prison Discipline 9 Appendix , p. 3i). Les frai» de constraction sont énormes ^ elle.coûte de i5 à ao 1. st. par prisonnier; pp.ur le tread-mill de la prison cori;eetionneUe, qui n'oo? cnpe pas 400 ouvriers, elle a dépassé 12,000 1. st. (Dûment, loc. d^) 5 celui de Hamboniig, le pîremier qu'on ait mis en activité sur le contiuent (août 18216) , n'emploie à la fois que 10 homoGies , et a coûté ftSo ). st. {Gvti ningham , Notes sur iss prisons, 2" édit. , p« 27). Malgré tous ces inconvéniens c'est un travail triste, efiràyant, nionotone y auquel les diéories préventives devaient reconnaître une grande importance. .
Bés^ c'est de la haine pour la société, qui les punit sans JBStîce :; du mépris pour ses lois , qui muoiteiit khmr prioaipe ; de la TeDge«ace contre seaministDos, qui les tourmentent sans raison : de la réforme, c'est impossible ^
' The resalt of my observations on the prison Discipline led me to tkink thaï in veft7 few cases is a gaol ever a ploee of refor m . Q. So that 70a are of opinion that, ge* neraliy speaking, the good conduct jof prisoners is not to be attribnted to any real reformation in their character ? A. Most decidedly ( Sir James Graham, Rep. , 22 jane 1827). « Il y a eu à Genève quelques exemples d'amendeCbent' moral qai jparaiasent ans» poiitift que peuvent FélM des résokats de ee genre qni datent d'hier. Mais , cq qaî est encore pins certain et pins positif , ce sont les rechutes presque immédiates de condamnés qni paraissaient avoir quitté la prison dans des dispositions morales tolérabies , c'est la résistance de plusieurs détenus à tout essai de réforme penonnelle » ( M. Rosst, Droit Pénal, t. ni, p. 176 et 177 ). AAer loi^ and attentive c^Mervation (m prison Discipline, and after a great deal of conversation inlh the very eiœllent chaplain of the prison of the connty of Bedford , I ter that very little improvement is ever.inade in the moral habits of a prisoner by even the besfc forms of prison diseipline and instruction that hâve yet been devised(D' Huot^ ilf/).»2a june 18217). Les ffhances de ré6>rme sont iafinîment pins grandes pour des enfans reçus dans des Refuges ( les garçons avant 16
Une imtraction très faible et des habitudeg de tnvrail forcé suffisent pour répondre de k vertu d'us* homme : l'idée du Sjstème péniten^ tiaîre est là toot entière , et rien' n'autorise ccstte bénévole hypothèse. L'alphabet n'a point de vertu secrète qui moralise ; le crime ne tient pas à l'ignorauce des devoirs , il les connaît et les viole à son escient ; swivent même , loiii de retenir sous un frein salutafire , la prévision des périls qu'il encourt ne fait qu'irriter la concupiscence , qu'exciter à meltre dans son mépris des lois plus d'habileté et de réflexion . Le travail ^ il est vrai , pourvoit aux besoins de la vie^ et détourne l'imagination de s'^>rendre grossièrement des plaisirs de la brute ; msiis ce n'est point un moyen d'éducation qui relève la volonté de sa
ims et les filles avant t4 ) j qui ne sont pas même tous crimtDek en y entrant } et cependant, sar 5 13 enfens sertis dtt Refjkge de Nevr-York, il n'y en a que T74 dont la conduite soit décidément bonne. A présent left fond» manquent en Angleterre ( Eîghdi Report of the Gomm; of the Society fer the Improvement of prison Discipline and for the Reformation of jurenik offenders) : si rin- «uffisanœ de pareils efforts n'était pas de notoriété p«f^ bliqae, k dkarité , qai y est si active , ne s'en serait pas détoomée.
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ehute et la grandisse àxm Tavenir ^ il ^ea fimt s en écriyant sa nécessité à la tète dn décalogue , en lui soiMBettant tous les mobiles de rintelli* gence, on reconnaît au fond la priorité de Piniérèt matériel ; et sa préooca|Mitidn était d^à trop fbrie diez les condamnés , puisque la moralité a pérï dans la lutte. On ne la ressosdtera point par des remèdes extérieurs , sans contact avec la plaie et sans rapport arec le mal ; il faudrait fortifier le sentiment du devoir ^ Tappuyer sur le besoin de Festîme sociale , le protéger par la conscience de sa dignité d^homme ; et , quelque juste iqjl^on le reconnaisse en jNrincipe) le châtiment aigrit tûnjoun dms ses applications, lliumilia'* tion de se sentir si bas désespère du re)[^ntir , et découtage la volonté de fidre eflbrt pour remonter à une moralité plus haute. La religion seule pourrait oflrir quelques consolations, seule elle saurait déf^noudre le cœur de ses défiiillances ^ , et
' M. Lucas reconnaît ceaune une dei osasei de ta décadence du Système dans les État»*Unisla n^gi^siiee éé I*iiistruction rdipeme {Systému Péniientkirê, t« i, pp. 5i-* 55) , et il reproche au GoftFemeaMat cette cùuptMê inevtriê iConetttêion, p. YI ). M« Julius ne yoit pas au fMid d'au^ t»es nK>y«ns de noralisation que la confêêêiâm. Les travaux de l'aumônier^ dit-il , consistent à se hivé rendre
dan$. l^ceiate à^uat geôle ^ elle est dépouillée de. toutes ses pompes ^ de toute sa poétte , de toutes ses. émotions; elle veut agir sur des crimiuels accoutumés à n^éoouter que des motifs seiisibles , et ne s^adresse qu^à leur raison. Cest dans des prisons que FÉtat professe Téducation morale , et là précisément ses moyens sont paralysés, ses leçons saas portée ^ ses succès impossibles^
Les magistrats arbitrent au hasard le temps
compte de la vie antérieure des prisonniers confies à ses soins , et à s'identifier avec lear caractère et leurs inclinations {Leçons sur les Prisons, t. r, p. 435). Dans les ^tats de New-Hampdiire , Verraont y MassadMisstttt | Connecticat et New-York, leGouyerpement, qui ne contribue d'aucune façon aux frais du culte public , paie pour l'instruction religieuse des détenus.
' La Société fondée à Strasbourg pour Tamélioration des jeunes détenus n'a obtenu que des succès bien restreints, <iaotqu'eUe dioisisse ses élèves, et que son activité ne s'étende point sur les femmes , que l'on sait plus incorrigibles que les hommes. En 1824 il 1^ fallut en abandonner a sur 5, en 1826 2 sur 8, en 1826 2 sur i3, en 1827 I sur 16 (il faut remarquer que les élèves des années antérieures dont on iie croyait pas Tédtication morale terminée sont reportés sur les autres), et dès i8a8 et 1829 il y «vait déjà des récidift. Nous ignorans le résultat des années suivante».
MORALE^ tl3
nécessaire à la réforme des criminels ^ et on re« connaît le bien-jngé pins avenglément encore. Qni saie si des intentions , dont ancune épreuve n^ vérifié 'la ibrce et la persistance , ne couvrent point une dangereuse hypocrisie ? Qui sait si une foi qui n^a point le mérite des bonnes œuvres prévaudra contre les entrainemeos du monde? La prédominance de la sensibilité n^a pas été combattue, lesdévelopponensdela raison n^ont pas même été préparés; le Système pénitentiaire eqpère, en leur mettant à la main quelque instru-^ ment de travail , permettre aux libérés de sa^s^ fidre leurs appétits sans pertiirbalion sociale : voilà tout« H ne voit pas qu'il est telle distribution des fortunes et des classes où la maind'^œuvre manque d'industrie ' bien moins que d'emploi , et il les renvoie affidblis par Tàge , épuisés par le régime des prisons, plus exposés qu'avant leur crime à la maladie et au besoin , plus inégaux dans la lutte qu'ils ont à soutenir, pour la concurrence , avec des ouvriers qm n'ont démérité par aucune faute. Us retournent dans la société sur la foi d^une réforme incertaine qu^ébranlent encore les difficultés qu'ils y trouvent à bien vivre. Leur rechute est toujours possible 9 disoqs mieux , les circonstance la rendent
pwbibi» : dMfw JQW le Système péaita&tiaHe » &ii décrier par sea rénilUts. S«d8 doute Tmsuffiftinoede la punition ne lui eat point ^dale; mais Icnqu^elle interviei^t au nom d W intér^ aocial dont la souffiranoe ne reste pas apparente, son inefficacité ne tombe pas sous lessens^ tandis que la récâdii» des condamnéa est un &it matériel évident , qui discrédite les tribunaux et la légiâatîon du pays. Sous Tempire des adirés théories^ on ne saurait au moins refuser à la peine qudque influence préventive , souvait ses^. menaces retiennent et neutralisent la séduction des .plaifiirs par la terreur de leurs oon* séquences; le sg^stème de réforme se gaide soi-* gneusement de rien prévenir; il adoucit toutes les rigueurs de la loi ; une école fermée de bannes murailles, il ne demande et n^admet rien de plus ; €0 n^est pas en excitant la aensibîlité par des sadfranees qu^ii restfttuerait'aen activité à la nison , et k disposerait à reeelvi^ aea enscâgnemeos moraux^
Une construction de prisons plus dispen^ dieuse ^ , et un régime plus soigneux du
' Il est impossible de rien conclare da devis des difTilrentes maisons pénitentiaires : le prix du terrain , de la main-d*Qeavre et des matériaux , varie de pàfs en pays,
bien-é^^ des oQodaniiiiés.' , ne wroDt pw
et to^t dépend du plan de laprUon, de la mmièredunt on entend TapplicatiDn du Sjstème pénitentiaire , et des pFécaati<M» que Ton prend contre les évasions. Les pénitenciers simples ne devraient pas beanoonp pins coûter que les prisons ordinaires : il y a beauooap plus de mors poor tes oellnles , niais ils sont moins épais et il faut moins de 1er. Avec Tisolement absolu les frais s'élèvent considéraUf^ent, et nne cour devient nécessaire à chaque cellaie poor que le détenu pqisse prendre Tair. Une prison snr le plan d'Aubnm coûte environ »ao dollars par prisonnier, et revient à 1,400 lorsqu'on la bâtit sur celai de la nouvelle prison de Philadelphie, lie pénit^ckr de Lanssone, qui semble construit à fort bon marishé, ne présente aucane garantie, même contre les éyar lions A du !«' mai 1896 au i«5 mai 1828 , il y en a eu 7 sur 126 détenus; on a déj^ été obligé d'exhausser sa imirtùiU d'enceinte de plus de moitié. Le devis de la prison* modèle de la Roquette se .montait , pour 400 détenus , à 2,925^6 fir. 92 c. ( Journal d$$ Deb^tfi , 22 déeemb^e i832). Le plan le moins coûteux de péuitencier est celui Cpanu sons le noin de Blaidsianê Goal and PtHiiaiiiary $ et pour 45o prisonniers , il a encore , malgré toute l'attention possible à l'économie et à la simplicité , exigé unf dépense de 192,000 1. st.
' Il y avait dans nos bagnes , en 1829 « ^»9^ forçats , dont la dépense s'élevait à 3,oi 1,842 fr. ; on estime la valeur des travaux qu'ils ont exécutés à 2,75 ,ooÇ fr. 3 «n la diminuant 4e moitié , l'excédant des dépensas ue je
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seuls à élever les frais de la justice crimiDèi-^
monterait encore qu'à t ,636^34o fr. , on i8a fr. par in-' diyida. Oatre le bénéfice qu'on obtenait snr la main-' d'oeuvre, chaque détenu i Poissy coûtait^ jnsqti'en 18991 1 53 fr. 3o c. , et, depuis, la stagnation du travail a élevé la dépense aunlelà de 24dfr. On voit, dans les Comptes de la justice criminelle pour i83o , que les 17,467 coa» damnés des prisons centrales ont coûté 3,378,386 fr. | par tête 193 fr. 5o c.j et les 24^599 des ptisons dépap* tementales, 49 2Si,35o fr. , pai* tête '172 fr. 80 c. Mais il est évident que la dépense est réellement beaucoup plus élevée ^ on a pris le nombre Mat des détenus au lieu du nombre moyen , et , comme la détention est plus longue dans les prisons centrales , il y est proportionnelletaoient plus élevé. Un assez grand- nombre des condamnés des prisons départementales se nourrit à ses frais , et on n'en tient aucun compte. Il est certain que les dépenses centrales sont bien moins considérables que les autres. Sur les pontons anglais , le coût moyen de chaque détenu , déduction faite de son travail, est de 91 fr. 7 c. (une aur tre évaluation ne le fait monter qu'à 74 fr.), et snr ceux des lies Bermudes, 1 17 fr. 1 1 c. (Suivant les Rapports de M. Gapper, il n'y avait en tout, en 1822, que 2,807 dé*tenus, et 5,828 en 1829.) Le maximum des détenus à Millbank fut en 1827 de 55o , et la dépensé nette de 20,798 1. st.; les six derniers mois de 1828 coiitèrent r 5,000 1. st. , et, pour un maximum de 5i i détenus, on demanda aux Chambres un crédit de 24^000 L st. ; le Quartitiy R$tUw (LXYI , p. 335) estimait la dépense
le S ce sera aussi la plus grande qtiantité de crimesqae la société devra poursaivre^ ; et puismoyenne à 56 1. i5 8ch. Elle diminua en i83o , paisqne pour 600 prisonniers elle ne s'éleva qa'à ao^coo 1. st. , ce qui j dëdaction faite des 2,197 1. i3 sch. lo d* prodoits par le travail , ne monte plos qu'à environ 760 fr. par téte^ mais il faut remarquer que l'intérêt des sommes dé» pensées pour l'établissement, -et les frais que coûtera plus tard l'entretien des bâtimens , qui étaient alors entièrement neufs , n'y sont pas compris. Au reste , la dépense moyenne de chaque détenu dépend en grande partie du produit de son travail , et la position industrielle de chaque pap l'affecte singulièrement : on voit, par un Rapport fait à la Société des prisons de Boston pour i8a8 , que le produit moyen d'un prisonnier est, en Angleterre, de 60 fr. , et de 420 en Amérique. Suivant un Rapport du Comité de New-Tork, un détenu dans la prison d'Auburn avait déjà occasioné à l'État une dépense d'an moins 2^000 dollars.
' On ne peut pas traiter les prévenus plus défavorablement que les condamna; il feut les soigner aussi bien dans les prisons de dépât que dans les établissemens pénitentiaires.
* Si jusqu'ici on a cru remarquer le contraire , c'est à cause de l'emprisonnement solitaire et de la terreur qu'inspire tout nouveau mode de punition. Nous ne dour tons pas que les réformes , si tant est qu'il y en ait eu de véritables , ne soient dues aussi bien plutôt à cette cause qu'à la valeur absolue du Système pénitentiaire.
Philosophie du Budget n. S
qu^il ne s^agit pas d'un droit à réparer, maïs dHin intérêt à punir , on mettra en balance les avantages de la répression et ses charges ; encore quelque augmentation dans le nombre des coupables , et , à moins qu^un désir de vengeance y ou une autre passion individuelle , ne vienne en aide à la justice sociale 9 on ne la réclamera fins j et on lui déniera son concours^ Ce n^est pas même assez que de compromettre la paix publique et le développement de Tesprit humain, pas assez que de violer les premiers principes du droit criminel ; cette théorie implique aussi la renonciation aux vérités d^économie politique les plus incontestables. Des pénitenciers dont la discipline est douce, la nourriture généreuse et le travail modéré, seraient bientôt considérés par le malheur comme des Maisons de Refuge , et il deviendrait nécessaire d^en établir de véritables, accessibles à tout venant, sans qu^il fut obligé de se réclamer d^un crime pour se faire ouvrir la porte * .
' Cet immense inconvénient n'est pas, an reste, particulier aax maisons pénitentiaires } le philanthropisme da siècle Pa étendu aux autres prisons : les détenus sur les pontons anglais sont mieux nourris que les soldats qui les gardent (Estracts from the information obiained by ihe Poot^
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San8 qu^cm veuille cependant en absoudre entièrement la philanthropie matérialiste de cet Age, le Système pénit^ottiaire s^nblela réaction naturelle du mauvais régime des prisons S et rhmnmitégardera quelque îprofit de ses erreurs ;
Law Commissioners , p. 243), et bien des ouvriers seraient heureux de changer de position avec eux ( Reft^fU nfn Se^ €0miary PtiMiJutuntê^ p. 14)»
. ' Nous ne nous reporterons pas aux ouvrages de Howard , ni même aux dififërens rapports faits à la Société pour Tamélioration des prisons ; deux faits nous suffiront. A la fin de 1829 il y avait dans les maisons centrales 34iOoo prisonniers » dont iS^Soo n'étaient condamnés que corrêciiontielUmênt f et sur ce nombre ptès de 3,ooo ne dépassaient pas 21 ans. II n'y a pas encore long*temps qu'à Bicâtre | destiné pour 400 condamnés ^ on en <> nfer* mait jusqu'à 65o. Simples délinquans, criminels y rédasionnaires, forçats, peu importait» on en faisait coucher trois dans deux lits rapprochés. Déjà en Amérique on ne songe plus guère à la réforme. A Auburn il n'y a que 55o cellules, et le 7 septembre i83o il y avait 6 6 condamnés ( 25 femmes étaient renfermées péle-méle dans la même salle ^ Rapport da Gouverneur de l'État de New* York, 4 janvier i83i); le 3o janvier i832 il y eu avait 646 Ç3y$tème PénitentUûre en Amérique^ p. 285); àSitigsing, aur environ i ,000 détenus , on n'en admet à l'école que 60 ou 80 eu plus. Rapport uur Sie^ùng en iSH^y SyHéme Pi^ niientlmtêt etc. > p. 99 » à la noAe.
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plusieurs de ses conséquences lui sont acquises h titre de bienfaits. Désormais, au lieu d^abandon^ ner les condamnés à toutes les contagions de la débauche et du crime , on les séparera dans des classifications rationnelles ^ Si leur réforme n'^est plus la seule fin que se propose la peine, elle restera une de ses plus précieuses conséquences , et on s^efforcera de la leur faciliter par des habitudes de travail et de frugalité ^, de les y
' Il sera bon de mnltipiier les classes autant que possible : en fractionnant de pins en plus les détenus y on rendra l'enseignement et la surveillance plus directs, et en les faisant changer fréquemment de classe on empêchera les criminels de lier connaissance intime les uns avec les autres. Outré la séparation des sexes , admise à peu près dans toutes les^ prisons , il faut an moins une classe d'épreuve , une de i6 à ai ans, qui varie suivant la civilisation et le dimat, 4 o^^ 5 déterminées par des degrés diiférensde corruption, et une classe préparatoire de sortie. Chaque religion devrait avoir ses classes spéciales ^ certains pays eu réclament d'autres qui leur sont propres, T Amérique, par exemple, pour les blancs et les noirs. Nous ne parlons pas de la séparation des accusés et des condamnés , des prisonniers militaires, politiques, pour dettes , des jeunes criminels , etc. : tout le monde en reconnaît la nécessité.
* Lorsque les travaux sont peu variés , il faut moins de surveiUans et de chefs d'atelier; mais, lorsqu'un dé-
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préparer par àe salutaires instructions, de les y intéresser en accordant aux classes supérieures
tenu a un métier, son intérêt demande qu'il Ini soit per* mis de s^j livrer , et c'est aossi celui de la prison, à moins qn'il ne soit de natnre à compromettre le bon ordre , comme tons les métiers où Ton travaille les métaux y l'imprimerie en taille-donce, etc. Quant au pécule, mal« gré l'exemple de l'Amérique, où chaque libéré ne reçoit que 3 dollars , quel qu'ait été le produit de son travail , et d'imposantes autorités , entre autres celle de M.. Livingston , nous le croyons nécessaire. On n*aime point le travail pour lui-même : sans doute, lorsque Tactivité est développée, il peut devenir un véritable besoin; mais , jusque là , il faut y intéresser , et des condamnés dont la sensibilité est dominante y sont puissamment excités par de faibles jouissances qui ne troublent point la dis>cipline de la maison. Souvent d'ailleurs le temps de l'emprisonnement est le plus productif de la vie , et il y au* rait à la fois injustice et cruauté à empêcher les condam^ nés d'en proGter pour assurer quelques secours è leurs vieux ans. Ces considérations ont semblé si puissantes à Genève, que le créancier n'y a pas de droit sur le pécule. Mais il ne faudrait pas , comme en France , le remettre aux libérés à l'heure même de leur sortie : c'est les provoquer à satisfaire toutes les tentations long-temps comprimées qui les assaillissent eu foule } on devrait au moins attendre qu'ils fussent rendus au lieu de leur résidence. Au reste , la discipline des prisons , comme tout autre moyen d'éducation, ne peut se généraliser dans des
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des avantages qui puissent servir à I4 bonne conduite d^encouragement et de récompense K On cessera d'affermer à des compagnies de spé-
règles invariables ; sovvent d'exoellens effets ont été obtenus par des mesures qui semblent détestables : voir. Texempledes prostituées d'Édimbooi^, qa'on est parve* nn à moraliser par la gourmandise : Lord Kaime's Sketçhês of wan , vol. III , p. 8a.
' Malgré la presqn'impossibilité de l'éducation relin giense, et l'arbitraire immense dont la peine des travaux forcés nous semble investir les gardiens, nous n'osons en méconnaître la nécessité. Le système du colonel Raucourt est parvenu à les rendre productifs : les 4*000 forçats de Toulon coûtaient, jusqu'en i8t8, un million; en i8ig leur dépense n'alla plus qu'à 3oo,ooo fr. , en i8ai ils en rapportaient i3o,ooo fr. , et en 1804 366,ooo fr. Mais il est une amélioration qui nous semble instante : c'est la suppression com|dète de tonte espèce de visites et des tra* vaillemrs étrangers aux bagnes. Ce serait ajouter beaucoup A la difficulté du toI et empêcher l'espérance des évasions ( pendant long-*<temps il y en eut jusqu'à 68 par an ; M. Mittermayer, dans les Leçons êur tes Pr'mnu du docUur JuUus, t. Il, p. 334, ^^ compte 40, et nous croyons qu'il y en a encore environ 28). D'ailleurs, la publicité de la peine émousse le dernier sentiment de pudeur et de movulité qu'on aurait pu conserver : les condamnés qui travaillent sur les routes de Benie retombent sous la main delà justice aussitôt leur libération , et U n'en est pasain|i4ertf«Ktifes.
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culateuTS les bras des détenus : le profit financier est le seul but où elles tendent , et FÉtat cherche avant tout des résultats de moralité et de civilisation'• On reconnaîtra enfin que les économies du Gouvernement sont désastreuses quand elles ruinent le pays , et que ce n*est pas remplir sa mission à bon marché , que d^écraser Findustrie des ouvriers libres par la concurrence de ses prisonniers^.
' Les entrepreneurs emploient les criminels dont la peine est courte à des occupations peu productives j qui n'ont aucun besoin d'apprentissage et n'apprennent rii^n, le cartonnage, l'agraferie, etc. ; ils gardent les industries lucratives ans condamnes dont le travail aura le temps de se perfectionner : c'est une des causes de la différence des récidives des maisons centrales et des prisons d^artemeutales. Ainsi,, par exemple, les femmes condamnées criminelUmmi à Saint*Lazar(e gagnent ^ terme moyen , plus de 106 fr. par an , et les condamnées correctionnelle^ ment aux Madelonnettes n'en gagnent qu'environ aa.
* Le détenu a sur l'ouvrier, l'avai^tiige de n'être point soumis à la patente,, i la cote personnelle, à la contribur tion mobilière , à celle des portes et fenêtres 3 son entretien n'est point à sa chaîne ; il n'a point de loyer à payer, de famille à soutenir j d'argent , de matières premières^ à avancer^ de chances d'aucune nature à courir. Sans jamais nuire à l'induslrie libre, le Gouvernement devrait occuper les prisonniers à son profit 1 c'est ce qui a déjà
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