CHAPITRE V
9i lu IK^^itutim
En fientant le droit audacieusement violé, la société tomberait dans le découragement des faits
lien en Bavière , dans la maison fondée par lé comte de Romford, et en Belgique, où tons les fonrnimens de l'armée, depuis le linge jnsqn'aa schako, sont fabriqués dans les prisons centrales. Les matières sont mieux choisies, la fiibrication est plus surveillée , la durée plus grande , le prix moins élevé; outre un devoir à remplir, il y aurait une excellente spéculation à entreprendre.
' Quarante et un Conseils Généraux avaient déjà récUliné en 1827* la colonisation des condamnés aux travatix* forcés , et il s'est trouvé de nombreux écrivains po'àir ap^n^fer leurs votes de raisons économiques et morales ynjbkf^fyrons^ entre autres, M. Benoiston de ChâteanneufXII^?&'<%lofitfaifoii du C(mdanmé$)y et M. de
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OU Fathéisme des idées , si quelque réparation efficace ne rachetait le passé, et ne reconstituait les croyances. L^évidence du crime appelle celle
Bio68eyille {Histoire des Coionies PéntUei). En Angleterre l'expérience a réformé les conclusiom hasardées de la théorie } peut-être n'y troaverait-on pas maintenant un seul homme politique de quelque poids qui osât se déclarer partisan d'un pareil mode de punition , et l'on compte parmi ses adversaires les philosophes et les criminaKstes les plus distingués , Bentbam , Wakefield , FaeU relaiing to ihê punishmttU oftUaih in meiropoU», p. 196» etc. Nous citerons textuellement quelques graves autorités. The fact is that transportation to New-South- Wales neither is y nor is it thought to be a punishment : Foreign Quarierly Retiew^ XYIII , p. 426. We may rest assured that none could be more exceptionnable than the eiisting System of transportation : ThoughU on Secondëry Pu^ niêhmenU, by Richard Whately, Archbishop of Dublin. La Chambre des Communes, qui avait déjà manifesté son opinion dans un Rapport du 4 janvier 1828, p* 10 , s'exprima ainsi dans les Reporté on Secondary Punishments, p. 1 7 : Your Committee bave it in évidence that the acconnts sent home from New-South-Wales and van Diemen's land are so favorable , that they represent the situation of the convict as so comfortable and the prospe«t^' of bis advanceroent if he coiiducts himself with^iffra^ dence so sure , as to prodnce a strong impreflîov that transportation may be considered rather aa- «dffmtage than a punishment. -^ô ^^v * '^
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du châtiment; il aVtteint son but politique qu'ea devenant exemplaire.
Peu importerait aux progrès d^un peuple la souffrance secrète de quelques individus ^ dans des maisons de torture invisibles : ce qu'il Itii faut, sous peine de manquer à ses destinées, c^est que la loi prenne le droit sous sa sanction apparente et réelle ; c^est que le citoyen soit solennellement responsable de ses ^ctes devant un tribunal humain , comme , un jour , il sera comptable de saTie d%omme à la justice divine. Le châtiment ne peut donc frapper sur des biens individuels, sur des jouissances spéciales et exceptionnelles ^ ; lorsque la privation n^est pas généralement sentie , Texpiation n^est plus corn*
' Des ciiiminalistes ont exagéré ce principe jusqu'à faire des supplices une jonglerie à l'usage du peuple ; ils veulent qu'on fouette les coupables sur des culottes de peau bien rembourrées y qu'on les brûle avec des morceaux de bois peint eu rouge , etc.
^ C'est par là que les amendes prêtent fortement à-la critique. L'inégal&té des fortunes oblige d'opter entre l'influence sociale du châtiment et la justice relative an criminel : l'une ou l'autre est compromise. On en a vu de bien tristes exemples dans des procès de presse , et malheureusement c'est le but le plus important de la peine, son but social , qui a été sacrifié.
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prise ni le droit restauré dans sa toute-puissance* Aussi, quand les rapports du crime avecsa peine échappent à Popinion publique, estrce un devoir pour le législateur de se mettre à jour avec se» modifications, et d^obéir à' ses nouvelles exigences; dVdoucir la rigueur des lois lorsque la douceur des moeurs la réprouve, et de substituer un autre châtiment à celui qu'aurait usé le progrès ou la dépravation des temps. Telle est Timportance de son mode, qu^il pourrait réagir contre son principe , et , malgré sa nécessité , lui donner le tort d^un caprice , ou Fodieux d^e barbarie.
I^ pénalité nW point si inflexiblement àé^ terminée par chaque eq>èce de crime que, sans discernement et sans raison, elle s^applique toujours immuable à des immoralités différentes : ce serait condamner judaîquement Tagent sur son acte, et bâillonner Pintelligence du juge avec une loi d'airain. Elle doit s^échelonner entre un maximum et un. minimum qui lui permettent de tenir compte des circonstances diverses dW même crime, et de rester en balance avec sa gravité sociale. La valeur du châtiment est tout entière dans la révélation de son principe , dans
la privation qu^il prononce , dans la souffirance qu^il inflige , et non dans des accessoires , dépendans du hasard et des sentimens de chaque condamné. Quand la société déclare par le fait que, sans le concours d^heureuses circonstances, elle n^est pas suffisante pour faire de la justice, sa peine devient un non-sens qui ne peut plus se réclamer que de la force.
Ces conditions multiples , que le principe de la punition impose à tous ses modes , la déportation n^en satis&it pas une seule. Invisible au pays , elle n^est d'aucun secours au droit ; sa violation a été officiellement constatée , la nécessité d^une satisfaction morale est hautement recon* nue, et la satisfaction ne tombe sous les sens de personne. Toutes les autres peines ont un appareil qui frappe Timagination , et raffermit la civilisation, ébranlée par le crime ; sans que Vé^ chafaud reste en permanence sur la place du supplice , les populations savent où le mépris du droit s^expie ; toutes vides que soient les prisons, la désolation de'leurs murailles, leurs fenêtres bouchées d^un épais treillis de barres de fer, témoignent iDcessammeut que la société ne se laisse point , comme un corps inerte , déjeter
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par la violence hors de son orUte <• Dans la déportation rien de semblable ; les condamnés sont soustraits à tous les yeux , et si , par hasard , on venait jamais à s^occuper de leur châtiment, les élémens de son appréciation manqueraient k la pensée. Sa valeur n'est point un fait positif qu^on découvre dans la loi ; elle dépend des circonstances, et du coupable auquel il s^applique; c^est au hasard seul qu'il devrait sa justice ; la raison sociale n^a rien à démêler avec lui , la civilisation rien à espérer de son influence.
La fatigue et les dangers du voyage s^ajoutent inégalement aux souffrances mesurées par le juge: quelquefois de violentes tempêtes s^abattent sur le convoi des exilés , les heurtent de rochers en rochers, le% roulent d^abymes en abymes , et les précipitent pleins de vie dans toutes les hor» renrs d^une mort prochaîne; heureux encore quand des provisions avariées et putrides su£Bisent à les sauver des angoisses de la faim^. Un
' On peut consulter snr cette influence l'interrogatoire de M. Wakeiield sur la punition des délits , Minutes of i83i,p.99.
' Smyant V Edinburgh Rêview , n« XLIII , de 1787a 1795 , la morulitë des aondamnés à la déportation s'^
t3o DÉPfiNSES
rai^deau n^ést pas remis à la disposition de ckaque condamné pour Pexécution de sa sentence ; il n'appareille que sa charge complète. Tantôt les déportés attendent , entassés dans Uétroit préau d'une prison délétère, Theure de rompre arec une patrie qai les y torture sans raison et sans droit; tantôt, embarqués à la hâte, il leur est dénié jusqu'au temps d'échanger un mot d'adieu avec leurs amis, et de jeter un dernier regard à leurs enfans.
Pour s'investir de quelque puissance civilisatrice , la peine doit priver d'un plaisir ou enchaîner une faculté qui appartiennent à l'humanité entière ; quand elle n'atteint' que des jouissances individuelles, en dehors des conditions de la nature, les citoyens que leur position ou leur caractère n'y ont pas initiés échappent à son action et ne comprennent plus sa portée. La dé« portation est un emprisonnement sur une terre étrangère, mais un emprisonnement moins étroit, sous une discipline moins sévère, avec un régime alimentaire plus abondant et plus savoureux ;
leva, pendant le passage à Botany*Bay , jusqa'à to sur îGO) depuis , elle a beaiicoap dùninaé.
MORALBS. i3i
si elle devient plus grave qu une simple rédiisioDf c^esl par les cirocmstances qui FaGoonipa^ gnent, par les douleurs de Texil y et pour Thomme peu développé la patrie n^est chère que par les souvenirs et les espérances qu^il j rattache ; qu^il n'en attende rien, et il la quitte avec indi^ férence , sans détourner la tète ; qu'ail tk^y ait trouvé qu^un pain amer et de la soufirance , et il secouera avec joie la dernière parcelle du sol na» tal qu^il emportait à ses pieds ; c^est par la tortu* re des aflPections du cœur, par le déchirement de tous les liens de la famille, et il est un Age qui ne les connaît pas encore \ un sexe qui s'en préoccupe moins, des habitudes de désordre qui ruinent leur puissance , des caractèi^es âpres et vi^ cieux qui Font toujours méc€»knue '• Ce sont les plus moraux des coupables que la déportation frappe dans toute sa sévérité ; les plus endurcis au crime, ceux dont Fexistence égoïste ne sent que de brutales voluptés, ne s^inquiètent point
' Des enfans aiment mieux être déportés qne fouettés. Evidence on Stecndery PunUhjnenU, Q. i4^9*
* On a vu au eondamné à i mois de prison changer d'habits avec an condamné à 7 ans de déportation, pour profiter de sa peine. Eviâmn &n Secondary PuniihmmU , Q. 544.
tSa DEPBMSB8
d'un pareil supplice^ et bravent impudemment ses atteintes. Le châtiment n^est plus personnel au condamné ; tous les membres de sa famille sont rendus responsables d^une âiute à laquelle ils peuvent être demeurés étrangers ; et ce n^est pas même assez pour le législateur de forcer à être injuste la peine qui n'a de moralité que par sa justice , en brisant la fiunille, il la fait s^atta* quer au premier élément de la société et saper la civilisation par sa base.
D'ailleurs, la déportation ne devient expiatoire qu^en isolant le condamné de tous les saitimens qui embellissent la vie , et, sous ce point de vue, elle est plus morale, puisqu'elle firappe plus directement rintelligence ; mais, si la rupture restait incomplète, le cœur trouverait dans les jouissances du présent la consolation des pertes du passé '} si elle n'était pas irrévocable, Fat-
' C'est ce que n'ont pas va les écrivains qoi ont demandé la colonisation intërienre on dans le voisinage de la patrie, comme, par exemple, Bernooilli , Uebtr AipuKz KolanUênais Subêtiiutêvan ArbeiU^undZuchUiàustmy dans le SekweiurUcheê Archîv f&r StatUtik, B. i , S. 89, n. s. w. , et Kasthofer , BeUfàgé tur BêurihêUung der FortheiU dêr Kotanisation einet ThêUu dtr Jipenwiidin , S. 96 f n. s. w.
MOKALSS. l33
nouveauté, Fespoir d'une fortune meilleure et la perspective de revoir ses amis Pempécheraient souvent de conserver le caractère d^une peine ^ Elle ne peut ainu s'appliquer à temps : elle punit tous les crimes d\m seul et même châtiment, sans rechercher les causes qui les ont provoqués ni interjn^er les drconstaoces qui les ont accompagnés, sans apprécier la moralité du criminel et les retards qu^il suscite au progrès de la société. Il faut renoncer à dmmer la justice pour [^incipe à la peine, ou ne faire delà déportation qu\m mode de punition , restreint à un petit nombre de crimes, qui n'exercerait plus aucune influence sur Pensemble du système pénal ^.
' Quand la déportation n'est qn'a temps, Tattrait actuel de la nouveauté et la perspective de revoir ses amis l'empêchent d'être une peine. Après le prononce de leur sentence , les condamnes disent souvent : Monseigneur» je vous remercie : Rapport sur le Codé Pénal, par M. Li-> Tmgslon , p. 55, à la note.
> Nous nous abstcDODs d'arguer, contre la déportatien, des inconvéniens.de la perpétuité des peines, considérée eu elle-même : car leur valeur n'est point absolue, elle dépend des idées et des moeurs. Tout irrationnelle qu'eUe soit, lorsque la raison publique croit à la nécessité des châtimens perpétuels, c'est au législateur d'exprimer sa volonté; il faut seulement qu'une autorité supériMure Philosophie du Budget, n. 9
l34 DéFSNSii»
Les déportés ne peuvent être abandonnée enr la plage de la colonie aax soiiffinanoes de la fidm et anx corraptions d^nne vie oiaiye et vagabonde; il est néoessaire de les occuper pour garder Tordre public au moins dias plus brutales aitmiÉest et leur assurer, en échange de leur travail, mut nourriture suffisante. Le Gouvemement ne saurait s*établtr lui*-niéme entrepreneur d^induatrie: ce serait multiplier sans mesure et sans t«rme les char^s de la métropcde, et décourager la spé«culation particulière par la certitude dHine concurrence désastreuse. Les condamnés qu^il n^m* ploiera point aux travaux généraux de la colonisation seront forcément coneédés aux habitans qui voudront en traiter avec lui ^ ; leur sort ne j
résultera plus de la loi, mais du hasard qui leur I
aura choisi un maître ; la plus grande inégalité I
aa pouvoir judiciaire donne vn effet rétroactif an adon- |
cissemens que la civilisation apporte à la législation criminelle : rien ne ^rait d'nne inunoralité sociale plus | profonde qn'nn condamné subissant encore une peine j quand la société pense qu'il a satisfait à sa justice. | ' Sur les i4>832 condamnés qui , d'après le eenè de I 182.1 y faisaient encore leur peine dans la Nonvelle* I GaUes , il y en avait 6,997 placés chei des colons; le I Goavemement n'en employait que 7f9o5. I
MDRÀLB8. i35
sHtttrddiiira- dans les eflfets d'une même peine et pen^eifHn loate idée de justice. Il y aura des prêfessioùs plus rares, des industries plus recherchées , des criminels dont on attendra de plus (ipros profits et Ton cherchera à les intétesser au travail en leur faisant meilleure part dans ses produits, on voudra se concilier leur bienveillance par des ménagemens et de bons procédés. A la ville , la vigilance assidue dix Gouvernement empêche le maître d^abuser de Tautorité que la loi lui confie, tandis qu^aux champs, nulle stUNeillimce ne refrène son avidité dé lucre et n'impose de limites à son arbitraire. Dans les grands établissemens, on est contraint, pour sa sécurité , de recourir aux mesures soupçonneiises et violentes que le planteur prend contre ses esclaves. Chez le petit colon , l'habitude des mêmes travaux et d^une vie patriarcale, la nécessité de trouver dans une espèce d^intimité la confiance ija^on ne peut s^assurer par des précautions préventives, obligent de traiter paternelle-, ment les condamnés; mais, quelque adoucissement qu^apporle la fortune dans leur destinée , eUe n^en reste pas moins toujours un véritable esclavage; un esclavage avec toutes ses consé-
i36 DEPENSES
quences , Torgaeli et Pendurcissement de celui qui commande , la dégradation , la bassesse , le ressentiment de celui qui obéit , et leur dépravation commune *.
La peine ne regarde à ses effets qu^après avoir entièrement satisfait son principe; mais, encore bien que son ^node soit subordonné à sa justice, le législateur n^ peut rester indifférent : il doit préférer celle dont Pinfluence immédiate favorise plus puissamment les progrès de Thumanité. Opposer la menace de ses soufirances aux plaisirs que promettait le crime , et le prévenir par la terreur, ou, lorsqu^il a été'commis, s^adresser directement au coupable , et travailler à sa moralisation par le repentir; le mode du châtiment n^a point d^utre portée morale possible.
Ce ne serait que par une illusion bien volontaire qu^on attendrait de la déportation aucun effet préventif : une vie aventureuse , riche de
' Un homme , que certainement on ne suspectera pas de prévention contre les colonies pénales, qui lai doivent pins qu'à tout autre, le major-général Macquarie, dît en termes exprès : Transportation îs at best a state of slav^ ry : Pariiamentary Report an th$SUte ofNew^Souih-fFaiei^ p. 3.
MORALES. l37
mystères et d^espérances , sourit aux hommes d^imagination et ne les effiraie pas '. Ceux qu^un poignant besoin pousse au crime , que le sentiment désespéré de leur miser e arme contre la société, ne se laissent point désarmer par la crainte de Texil : ils savent que les colonies pénales sont plus charitables et plus hospitalières que leur patrie ; le ciel y est plus pur, le soleil y ravive les membres engourdis dans les frimas de FEurope , et une nourriture généreuse y est acquise à tous les criminels ^. Loin de faire obstacle aux
' Imbëcile! dit nu condamna à la dëportation à un de ses compagnons qui se désolait , cooiment pleure-t-on d'avoir un grand voyage à faire 7 Bentham , Théorie des Peines^ t. i, p. 197, à la note.
' Les déportés conviennent eux-mêmes de leur bienêtre : Exiracls from the information received by ihe Poor- Law CommiMi^ners, Report of M', Choilwick^ p; a56. D'après le témoignage oculaire de M. P. Gunningham , Twoyears in Neixh^oaih-ff^aUs, a^'edit. , ils reçoivent toutes les semaines une ration de farine suffisante pour faire au moins seize livres de pain, sept livres de bœuf, deux onces de thé , une livre et deux onces de tabac , avec la faculté de remplacer le thé et le sucre par la moitié ou les trois quarts d'un gallon de lait par jour. Pour traiter aussi bien les ouvriers anglais du comté de Bedford, il en coûterait 56 1. st. 10 sch. , et le taux moyen de leur dé-
l38 DÉPENSES
infractions de la loi, et de lespréyenir, cWd^ beaucoup lorsque de pareilles peines n^apprennent pas aux indigens à spéculer jusque sur la répression du crime ^
Quaut à la réforme individuelle y la dépcMrtation n^est pas même impuissante; la corruptian ne
pense ne s'élève qo'à 8 1. st. par année : M'muiu qf Eu-- (Une$ ofj&ii an Secondary PunUhnunts, p. ga.
' I know that letters received[from oonvicts in New* Sonth-Wales adressed to their friends haye tended to render them rery careless as to the risk of thdr being transported : Evidente an Crùninai Cammitmmtê, 1827, p. 37. Thej were anxioiu to know what they coold oommit to entltle them to be transported : Archbishop Whatelf f Lêiier on Secondarj PuniêknunU, pp. 75^ 126. 1 haiye fbnnd firom my expérience , as a magistrate , that many persons haye. asked what estent of crime wonld ensare their transportation : Evidence an Sicondary PunishmeMs, i83i , Q. i353. I hâve known indiyidnals who hâve committed crimes to get to New-Sonth-Wales j and I think I haye known of people who hâve endeavoured to indnce their relatives or connexions to commit crimes in order toget them set ont: Q. 1257. he PhiUnthrapist , t. VU , p. 43 , et V Examiner, cité dans le Scaitnufn da 14 mai 1828 , nomment des personnes qni ont volé exprès ponr se faire déporter, et l'on trouve des faits dn même genre dans le Report an^ Seeandajry Punithfnents , 22 jnne i832, pp. 12, 17, 20.
. aararait ûrriratar im moyen d Wion plus eflBcace * . P^kdiint Im.i^qqihs d'upe Jbn^e traversée , 1^ condamnés. aant.£0p6»^ineat entassés, sa^s sépaR»tion ni stuTetlUoce possibles, sans qu^aiicone oecvqnatjon les détourne des pensées n^ivvaisra ^ et ferme l^or intelligence à Tembauchage
' HardlyâzpersontflanbenaiiKdtbioiii^oiitliiecçlony .(Neupi-Soul^Wales) who^ beiiig educated m^ii) and having been tnqivported for feio^iet , bave afterwards become sober, moral and industrions members of the commanity : Major M' Arthur, i?ep. Àg^., n« 6, p. 142. The colony bas a cnriom efFect upon the most practised thkve» in tbû poontry , oiie of.lhe most esperienced thieves ÎB LpndQn bas iom^thing to le^rn when he comes ont there ^ probably he woald be robbed the fini night he came inlo bis b«t : M. J. Walker, EvifUncêt^ Q^ 91 3. Snivant M« Biuby» Q. 1 2971 il n'est presque pas 4e journal qui ne contiemie la nouvelle de deux on trois arrestations de voyageurs sur )a grande route, et Ton a été oblige de p^mottre aux^consti^des de foncer l'entrée de toute maison d^ jçnr.ou de nuit, à leur discrétion , et de retenir sous leur garde qui ils veuleqt , sant aucun mandat ni droit quelconque (Warrant or authority) : voir VExi(Unc4, QQ. 8i8«-2i et i29&*i3o3. M. Colqu'houn déclara en pUin parlement qu'il savait , à n'en pas douter, que les déportés» reuntu grqçids, qui n'avaient pas encore été condamnés à mort , faisaient partie des bandes de V4^iir9 qpx iafeslaient Londres.
l40 DEFENSES
du vice et à la contagion du libertinage^ Arrivés sur la place de leur châtiment, la con^ science de leur avilissement et de leur fiiute périt bientôt dans une population de criminels comme eux repoussés de lenr patrie, comme eux dégradés, et n^en jouissant pas moins gatment des plaisirs de la vie ; toute pensée de repentir et de retour à la vertu étouffe sous la risée de leurs camarades, sous ]e mépris des colons libres , le despotisme de leurs maîtres et la livrée de leur esclavage ^. La peine elle-même est dépouillée
' On n'occape que les tailleors, les charpentien et les menuisiers ; quelque difficile qu'il soit d'imaginer un genre de travail où l'on emploie tous les autres condam* nés, il nous semble qu'on en pourrait trouver les moyens, ne fussent-ils que disciplinaires. Quant au péle-méle des déportés pendant Le passage , nous ne croyons pas que , à moins d'un immense accroissement de dépense, on parvienne à y remédier. L'étendue du désordre et la granité de ses conséquences sont signalées dans VEvfdmcê on Se^ eondary Pum'ifwientSf nj^ septembre i85i, QQ. loSa-Sg,
* Dans une lettre qu'un déporté écrivait à sa femme, de la Nouvelle-Galles, il disait de son vol avec effraction : Ah ! c'est bien le meilleur coup de temps que j'aie fait dans ma vie x Tht Inqutrer^ t. Il , p. 147* H a déjà fallu aux colonies des colonies pénales ou elles déportas-
MOHALES. «4^
de ^ valeur morale ; Finégalité du traitement la fausse dans son principe et la ruine dans sesconséquenees ; elle n'apparaît plus qu'avec le caraci^ d'un hasard qui frappe sans disoememoit et sévit sans justice ; elle n'inspire à la raison des condamnés qu'un cri de blasphème ccmtre la société et ne )eurmet|au cœurqu'un^ardent désir de revanche. Au lieu d'aider le coupable à se relever de son crime, tout semble aux colonies pénales conspirer
sent à leur tour les plus criminels de leurs déportés , et elles en ont établi à Norfolk-Island et George-Town {Quarterfy Retdew, t. XXXII, p. 323). Sur 4^376 déportés à la Nouvelle-Galles qui avaient fait leur temps ou obte* nu leur grâce , on n*en comptait que 296 dont la conduite était satisfaisante ( 8'^ Bep, ofihe SoeUiy for ihê Imfiravemênt offnrison DiHipUn0),Eu 1820 les récidives étaient H Hobart*Town de i sur 3 déportés ; à Sydney, en 1819, de I sur 6, et en 1820 de i sur moins de 3 1/2(1,317 sur 4A^7)f ^ Paramatta, en 1819, de i sur 3, et en 1820 elles montaient à la moitié. En 1829 ^^ T ^^ ^^"* *^ ^^^ lonie jttsqn*à 49O00 condamnés contre qui l'on fut obligé de prononcer une aggravation de peine. M. Scott a pu dire : If there bave been a few instances of individuals -who bave improved , those men bave not sougbt , nor do they now seek for power : Leiier to lord Hawiek^ App. >^* 7» P- 146. On peut voir les épouvantables résultats de la justice criminelledes colonies pénales dans le n*XXXIII du ff^tsimintter Reviiw.
%^2 DBPBKttS
-oontre^ moralité , et hâter à plaisir la chute de sesdemiera déhris. Dans un âge où domioeavec toute sa brutalité Pappétit d'une luxure, encore attisée par un climat plus embrasé et une ali- BQientation plus régulière , les condamnés conaav vent assez de liberté pour chercher à l!a)ssouvir ; le seul frein qui les contienne ,. cW la disproportion des sexes ^ ; leurs désirs s^en irritent , la privation aceroit leurs emportemens, et le moins nombreux est publiquement enlacé d'impures
' D'après les renseignemens da Quart4rty Retiew , t. XXXUI 9 p« 333, en i8a i les hop[iine3 étaient, en Australie, dï% foia plus nombreux que Içs femmes. Le Gon vouement a dû faire de grands efforts pour rétfiblîr l'équili* kre :car le cens de iSaSapprend qu'il y avait alors 27,61 1 hommes et 8,987 femmes (c'est par erreur on inexactitude que les auteurs du Système Piniteniiaire aux ÈtaU- UnU, p. 252, disent 8,000); mais probablement Tin^litë s'est depuis considérablement accrue , puisque dans une période de quatre ans , de 1827 à i83o , les crimes contre nature ont augmenté de i5o pour 100, et les rapts de 3oo {^e$tminsi&r R€vi$W9 n« XXXIII, p. 58). Dès que les femmes ont atteint la puberté , elles sont assaillies de séductions de tout genre , et le reste de leur vie n'est plus qu'uDç seule scène de débauche et de prostitution : Wentworth, SiaiUtiçai Account of th$ àritish SetiUnuni in Jtuêtralasia , vol. i»*, p. 364-
MORALBS. 143
sédoctioDS et poorsuiri de violences paadoimées. La métropole itit-eUe parvenue à rétablir Téqnilibre nécessaire aux bonne» mœurs ^ ce ne serait qu^à grand renfort de femmes ramassées dans la prostitution ' ; on n^en vernit pas moins Timpn^ dicité déborder dans toutes les rues, et agioter sor les pbis inf^es trafics. On dirait que dans ces terres , ou la justice humaine lève son voile, où tout devrait parler d^expiation et de repentir, la société a voulu tenir a grands frais école de brigandage et maison de débauche.
U est vrai que les dépenses de la justice criminelle couvrent en même temps celles de la colonie; mais , ep y établissant un dépôt de condamnés , on la place dans des conditions plus onéreuses ; pour veiller à sa paix , il faut une police plus nombreuse , une dotation plus riche pour rendre impuissante la séduction de ses agens , et les déterminer à accepter une vie si pleine d^inquiétudes. La force armée n-a plus seulement à garder la paix contre les dangers du dehors ; sa tâche est aussi de contenir les désordres du de-
* Quand mémey par impossible, les tTibananx se chargçraieut de pourvoir à leur suffisance, elles n'en seraicat pas moins perdues de vice el de corruption : il ii*y anoAit .pas de famille ni d'^acalion maternelle.
i44 DEPENSES
dans : il devient nécessaire de Paugmenter et d^élever assez sa solde pour qu^on ne troave point une arme contre la discipline dans la malaisance des soldats , et que la comparaison de leurs privations avec le faste de quelques criminels ne leur fasse point prendre leur état en dégoût et leur pays en haine. Les colonies n^atteindraient pas leur but de pénalité dans le voisinage de la métropole; des communications trop promptes et un retour trop facile enlèveraient à la déportation toute son influence répressive ' ; elle exige un transport long et. cou-
1 Malgré réloiguement de la mère-patrie, et la peine de mort prononcée contre les évasions par les statuts 4 1 Georges I, G. 2; 6, Georg. T, C. 23 ^ i6, Georg. Il, C i5, et 18, Georg. Ill, G. i5, de 1790 à 1796, dans uu temps où le petit nombre des déportés rendait la surveillance plus facile , et où la rareté des relations commerciales offrait moins d'occasions de s'échapper^ 76 déportés en étaient venus à bout (Bentham , Phtlaniloropi^t^ t. YI , p. 356). Dans la Maison de correction du comté de Lauast et de la ville de Glasgo-iv, il y a eu, du a août 1825 au 2 août 1826, jusqu'à 194 déportés qui avaient rompu leur ban. Us espèrent se dérober aux recherches de la ])olice; et ce n'est pas sans raison, puisqu'en 1825 il y eut à Londres 4 accusations et 4 condamnations; en 1826, 12 accusations et 12 condamnations 5 eu 1827/13 accusa-
MOBALBS. 145
teux ^ , SOUS une température différente, qui brise les plus vieilles habitudes de la vie » et lui impose de douloureux sacrifices.
tions et 1 2 condacnnations ; et , que , dans les trois années 182B, 1829 et i83o, il n'y eut que 8 condamnations. That number of snch persons (who returued from transportation) are at large îu London without been detected is dear : QaarUrly Retuw, u^ XCIII, p. 178.
* En 1 828 il en coûtait , taux moyen , pour déporter chaqnehommeàlaNouyelie-'GaileSy 26 1. st. i88ch.6d. ; pour chaque femme , 34 !• 8 s. 6 3/4 d. ; eu 1829 le prix se réduisit à 25 1. i5 s. 9 1/4 d. pour chaque homme ^ et pour chaque femme à 27 1. 1 2 s. 6 i /4 d. ^ en 1828 le prix d n transport des hommes à la Terre de Van-Dîémen était de 26 i. o s.- 2 1/4 d. y €t eelai des femmes de 26 1. 14 s* 5 3/4 d. ; en 1879 le premier s'abaissa à 25 1. 6 s. 9 d., et le second s'éleva à 29 1. i s. 10 3/4 d. En i834 VEdinburgh Review, n* CXVIII, estimait les frais de passage des hommes à 25 1. 1 5 s. , et celai des femmes à 27 1. 12 s. ; mais on sent que rien n'est plus incertain qu'une pareille appréciation ; elle est trop entièrement subordonnée aux accidens du voyage et à la mortalité des passagers. Il en est de même de la dépense de diaque déporté : elle dé* pend tout à la fois de la position économique des colonies et du nombre des condamnés. Pendant long-temps elle s'est élevée à38 1. par an {Edinburgh RnUw, n» XLIIl , etBentham , Théorie des Peims , t. i , p. 208), MM. de Beaumont et de Tocqueville, ne l'évaliient plusqa'à 1 2 i. [SysiHnê PénlUniUÙTê au» Éiaiê-'Uniê, p . 241 ) » ce qui n'est
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La polîtîqae a gardé long-temps sa foi dans les colonies : c^était une terredW Darado , dont les riches provenances dispensaient de payer tribut à Pindustrie des autres climats ; une école pratique de marine où , à travers les mers et les tempêtes j les matelots venaient incessamment se préparer à tous les dangers et à toutes les gloires d^une guerre maritime; on lieu de refuge où se ralliaieik les flottes dispersées par les vents et le canon des ennemis. Mais ce n^est point avec Técume dSine population vieillie que Ton crée une nation nouvelle; des hommes rongés de débauche et amollis dans Foisiveté n^ont point le courage moral qui se roidit contre les premiers ob^ stades de la colonisation, et la force physique qui les surmonte ' • Parfois une horrible nécessité,
pas la porter assez haati, suivant VEdinburgh Riview, n* CXVm,p.36o.
' Ou chePeiLeiiipte de l'Amériqae septentrionale pour prcNivcr le cootronre ^ on ne rBmarqne pas qa'il y ent fort peu de déportés; les colonies se refasèrent à les recevoir le pins tât possible ; Marylandfit une loi locale dès iSga, et les autres provinces ne tardèrent pas à suivre son exemple. Quant aux résaltats favorables qne l'on a d'abord obtenos à New-SoDtlwWaleSy on ne lait pas srtten* tiOD quel» colonie était peu nond^orense , phis fecile à
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la £ûm et ses angoisses , galvanisera ces cadavres pourris; mais , la secousse passée, leurs muscles se détendront , et ils retomberont dans leur apathie comme dans un sépulcre de pierre. Les besoins de la jeune colonie ne sont plus consultés ; cW à elle de s^accommoder du contingent et des professions que les tribunaux lui expédient au hasard : il y a des industries dont Tencombrement ou le déficit ralentit ses progrès. Vainement compterait-on sur les émigrés volontaires poar donner des exemples dWdre et rétablir Téquilibre < : ceux que des avantages ma* tériels décideraient à s^établir dans cette sentine de tons les vices seraient déjà infectés de quelque contagion morale , ou n^ apporteraient
saryeiller , que l'opinion y avait quelque force j et que les souffrances qui assaillirent ses coromeuccmens faisaient à tout le monde une nécessité du travail ^ de lai bonne conduite. Déjà de sérieuses diacusnons ont éclaté entre les condannés et les émigré», des grieft ont été y iolemiDent exprimés par les colons , et le mot de séparation a été prononcé.
' Ce qui prouve la répugnance qu'inspirent les colonies pénales aux émigrés volontaires , c'est que ^ sur les 65,888 qui ont quitté l'Angleterre dans les six premiers mois de i83 1 , il n'y en a que 4ft8 qui soient aliës s'éta** bUr dans la Terte de Vai^Diémen.
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qu^uYie instruction et une habileté trop inooia*plètes pour assurer ailleurs leur existence. Si un hasard bien imprévu sauvait la odonie de œs mille probabilitéa de ruine , si quelque grand danger commun , ou le renM»*d8 que leconpaUe trouve au fond de sa conscience dès que la pas^ sion n^en trouble pas la surfisse , retrempait tous ces criminels dans un second baptême ; fiers dWoir reconquis leur innocence, il s^indigneraient bientôt de vivre éternellement dans les bagnes d^une métropole ; bientôt, des nuffmiires ils passeraient à la menace. Vienne alo» une occasion de repousser ses cargaisons de ibrçata, ils la saisiraient le mousquet à la main; et cette occasion ne manquerait pas long-temps, à moins que la conscience du chancre qu^elle porte dans ses flancs n^empêchàt la mère-patrie de se poser dans la politique du monde avec Pautorité de son rang et Foi^iueil de son droit. Les colonies, que Ton défend comme une source de grandeur , deviendraient une cause prochaine de décadence; elles forceraient à confesser humblement sa feiblesse, ou à faire acte de lâcheté.
D^ailleurs, elles ont naguère bien perdu de leur importance théwique ; la balance du commerce n^a conservé de croyans que dans les corps-do--
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gwde de la dooane , et la reconnaissance dHin droil des gens plus libéral vient adiever de les perdre dans Popinion poUique. Le jour approche où les nations avancées se feront loyalement la guerre d^Etal à État ; la gaeire, cette dernière raison des peuples comprimés dans leurs dére^ loppemenS) ne dégénérera plus en un brigandage de pirates, sans respect pour la civilisation et les propriétés de commerçans inoffensifs. Déjà le droit des neutres n^est contesté que par Pégoîsme d'aune nation prépondérante ; encore un pas, Tin» TK>labiltté du pavillon marchand sersr scdénnellement proclamée , et Tutilité des colonies ne pourra plus couvrir leur iirjustice. La métropole se civilise dans un autre climat, sous des conditions différentes ; ses idées , 9/t:^ moeurs , ses tendances, leur sont étrangères, parfois même opposées ; en leur imposant sa vie et les entraînant dans son orbite, elle les effiice de Thistoire, et neutralise la volonté divine qui les avait créées. L^esclavage de Fhomme , bien qu^il ne compromette qtie les progrès de quelques individus , dont même il suspend la responsabilité, révolte la raison; il n^est pas une âme généreuse, pas un être intelligent , qui ne s^en indignent ; mais la servitude d^une nation, le déstordte {>orté dans le
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développement du grare hamam » si le désordre était possible dans les œuyrçs de Dieu, on en £dt une question de politique marchande , un tarif de denrées coloniales : les Gouvememens oublient, dans des intérêts d'agiotage, que, pour avoir droit à rd[>éis8ance des peuples, il leur faut servir d^interprète aux intentions de la Providence.
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