‹ Philosophie du budgetChapitre 3 sur 50 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

!Df la (thrrtr U Vlv^mtu.

Lorsque enfin la civilisation eut mis à la disposition des besoins naturels les moyens de se satisfaire^ toutes. ses traditions technologiques (ntent confiées à la garde des familles ; les douleurs et les souTenijrs de la lutte étaient trop récens, pour que Thumanité hasardât son avenir sur son étoile et la sagesse égoïste des individus ; le jour de leur institution , les castes furent des aristocraties industrielles , le lendemain , elles faisaient déjà des parias.

Bientôt des besoins de luxe provoquèrent des professions nouvelles ; la classification des arts et métiers était si profondément entrée dans la constitution, que leur remaniement eût abouti à

9^ DépÉllSES '

une révolution politique; elles se posèrent en dehors de la caste, et Témancipation devînt un fait , même avant d'être un droit. Le travail fit donc seul sa destinée, et se ranoblit à force de services; mais les souvenirs de sa dégradation Timportunaient toujours , les liens qui l'unissaient lui semblaient encore des entraves f il ne se jugea en pleine indépendance qu'après son isolement complet* Faible , parce qull était individuel et pauvre, il se trouva en présence du pouvoir et de la richesse : l'un l'attacha à sa terre, et, du haut de sa tour féodale, se déclara son seigneur'^; Fautre le pressura sans pitié , et dicta ses conditi(His à son salure i l'of^pircfission tttt^g{isit et sfappesalitisBak pflMPtout à la f^i^^ srni impuissance à h. repousser s'àttestaîA pat Wdt sifS'iefifortGi; il lui fallq^ s'associer pour rea*-

' Soiis âettri ill , dii {MMilÉaftt e&oofe Fabsurdild jw^ qu'à dédater da« uneordonitMico, la faéulté de u»vaîU«i' up dix>it joyal et dcattamaL,(ir^f. deVAdmimst.yj^dx M. Anth. Gostazy t. ii^ p. 200.) A différentes reprises, on rendit en France des lois contre Fémigration. des ouvriers , notamment en soie et en imprimerie ; cet exemple fut suivi en Angleterre, par lé cifiqtdèlne statut, George H, cap. 10, et le aS*, George IH y'caji. ï3/ Jie gwwrar- «lèttient dtf Yeàîse fnsait tuer leff ou?ricrs quin'abmdcM»-

tet libre ^,ei&ï s'organtsant et constituait son triomphe 9 le mourement populaire des communes octroya une charte à ses corporations.

ïies deux battans de l'église s'outraient à la démocratie pour s emparer du monde; après les elercs^ venaient les homiAe» d'annès, brandissant de lourdes épées dans des gafitelets de fer, et derrière eux^ il n'y avait plus personne ; c'é* taientdes vassaux sans importance et sans nom; il fallait bien reconnaître à Hudustrie quelques privilèges y qui pussent y l'etenir les hommes qui se 8€»tiraient de la puissance dans la tête^ ou de la ferœ dans les bras; ' et tandis que , par le mysticisme de ses înitiaiions, elle tendait à s'associer avec Tëlément reti^ux, sott r&te dans les communes la força ans^ de se rappt6c)ierde

naient pas les établissemens qu'Us avaient formés à Tétrangery quand Tordre leur était donné de revenir ^d^mfr leur patrie ( Hùt. de P^enise , par M. Dai'U ; t. lu , p. .90 à la note , i'* édition) ; dans l'Enquête anglaise sur l'état de notre industrie en iSsS, des commerçansdenUindaient encore des lois contre l'émigration des ouvriers, pp. 1 00 ^ ICI , 171 , 172, 199, 201 , etc.

'M. de Sismondi, qui a cependant bien étudié le moyen âge ', pense que les c<»porations sont nées dans de petites républiques libres et marchandes ; cette opinion nous semble une erreur.

9^ DRPEIfSES

l'élémeàt guerrier ^ Les nécessités indusIiieUes n'étaient cependaQt pas seules à {uréjmrer les got' poratiions ; un puissant esprit de recomposition fermentait dans tout le moyen âge; le .désordre lui-même prétendait s'ordonner dans une hié^ rarehie régulière ; parto^t les intéi^ts commuas se cherchaient pour se grouper et se réunir; partout l'individu aspirait à sortir de l'égoisme pour entrer en société ^.

Dans ces institutions si décriées , parce qu'au lieu de les étudier dans le passé, on les juge avec les idées de son siècle , se manifeste dairement l'optimisme de l'histoire ; c'était une autorité morale dans des temps d'exaction et de violence, une liaison civilisatrice entre le maître et l'ou^ vrier / quand la société ne savait encore cornment(^ attacher ses liens; si déjà l'industrie avait

' L'esprit industriel était si peu éveillé , que TEtat fut obligé de se charger des spéculations importantes ,;dont les risques et les dépenses auraient effiayé les particuliers; c^est là l'origine des industries royales , des manufactures de soieries , de tapis » de porcelaines , glaces » etc.

' Aussi retrouye-t-oii\ les corporations dans l'église et les universités ; les Francs-juges avaient formé une association pour la justice criminelle , et les Chevaliers pour la justice politique et morale.

ÉOOIfOMIQCfeS. 9S

ey à se déliattre dans les luttes^ intestines de la coQCUirence, les pertes fréquentes qlii seraient venues l'atteindre^ Tauraient empêchée d'accumuler des capitaux et de perfectionner ses produits ; tout moyen de communication lui manquait^ et ses découvertes seraient restées, isolées, si les voyages des apprentis ne les eussent propagées , et son esprit d ordre et de progrès était assez peu éveillé pour que les épreuves de la maîtrise fissent sa meilleure garantie contre U décadeoce. Ce fut un pas immense, Tintroduction du droit dans roi^nisation intérieure des sociétés ; il y avait des maîtres «t des compa^ gnons de fait, et le droit le légitima dans la corporation; on reconnut l'autorité du passé, on accepta des régies pour TavenilT ; la force s'inclina devant l'idée ; ainsi organisée, et forte de son union, l'industrie mena les affaires du peuple et compta avec les seigneurs* Les maîtrises conquirent de la puissance dans leurs triomphes politiques; la reconnaissance, le dang^ commun empêchèrent d'ahord de contester leurs usurpations y et quand leur œuvre d'ordre et de liberté fut achevée, elles en commencèrent ime d'égoismç et de tyrannie '• Le nombre des

* Jiisqu*en 1765, un ouvrier ne pouvait exercer son

g4 . DÉPEN^BS

maîtres qu0 k faU seul avait ÙKé, Ib inoBo|)ole voulut le maiotenir; taioemeat ëtaît^l iasuiB*^ sant pour satisfaire les nouveaux besoins que la civilisation avait développés , pour occuper ..les capitaux accumules par ses progrés y et les bras que les, aceroiss^uiiens de la population pous^ saient chaque jour dans les impasses de l'industrie , il fallait que > les besoins souffrissent et payassent la plE^éfërenee aux enchères , que l'ai^ gent manquât de placement, et que l'ouvrier attendit pour travailler, c'est à dire pour vivre, le bon plaisir d'un exploiteur breveté* La collision gagna bientôt ]ûs maitros^ toutea les indus* tries avaient, marché , leurs néces$ités et leurs applications s'étaiepxt étendues , et toutes trou*yaient en leur route des privilèges et des monopoles ennemis^; Tesprit de l'union s6 retira, de sa forme; en défendant son droit » chacun attar quait celui des autres; on ne s entendait plus

iodustrie que dans k$ villes où il avait bit son appren- ^ssagC; et'cette disposition ne fut même alors abolie que dans les villes du second ordre , etc.

' Les marchands d*habits neufs ne voulaient pas que les fripiers en vendissent de vieux , les cordonniers , que les savetiers fissent leurs propres souliers ; les seminers ne pouvaient fabriquer les clous dont ï\s avaient besoin ;

ÉCOSOWfHCS. 95

que pour drer sar des liens ^ devenus <|es entraiTes. A ces désirs de tévolutiûD , longtemps les gcmirernameDS epposé^ent l'antorîtié' de la tradition * et leur force d'inertie ; cette organi*safioa despotique do travail: aUait à leui^ i^ées d'ordre; ils savaient à qui s'adbresser pour taUler Finduslriiey et sentaient «aîgaement qu(e la ^o^ eiété tout entière était solidaire du passé; roaj^ le joqr où la réforme les obligea de capituler avee le parésent^ ils se hâtèrent ^ en abolissant k» jurandes et les maiirises, de fiubre de la popularité à bon marohéy et accordèrent géoéreu-^ sèment des lettres de marque à tciis les apéciila^ leurs.

C'est à ce duel à mort de tous lea intérêts déchaînés , à cette indifférence absolue en nia*

Ai|^ , inventeur des lampes à courant d'air, était cité devant le parlement par les ferblantiers, semu'îers et taillandiers qui revendiquaient le droit exclusif de fiiire des lampes. (Yoir pour plus -de détails , Cbaptal , /i»* dus trie française j 1. 11, p. 260 à 280.)

' Bans beaucoup de tilles et de quaitiera, qui s'étaient élevés depuis le mouvement industriel du moyen Age, il n'y avait pas de corporations ; ainsi Hudastiie était Ubno dans les &iibourgs du Temple et de Saint^Antowc; A Westminster , à Sbuth-WaA ; dans toute la villa de Halifax, etc.

tière dMndustrie, qu'aboutissent les ense^nemens de l'économie politique ^; la concurrence, cette force aveçg^e et brutale qui frappe au hasard, ce principe stupide et lâche, qui ne connaît que la morale du lucre , et spécule sur l'oppression du plus faible, à l'en croire, il n'y aurait rien de plus intelligent, ni déplus providentiel à introniser à la tète du travail* .La destination de Thomme ne l'appelât-elle pas à un autre avenir qu'à fonctionner dans la machine industrielle de l'humanité , il ne devrait pas encore se précipiter, tète baissée, dans une industrie ; il en est qui regorgent de bras , d'autres demandent en vain des. producteurs; et cependant, choisir rationnellement est impossible; Tenquète individuelle est limitée, des accidens exceptionnels l'abusent , des nécessités transitoires la préoccupent, et le présent luimême ne^ suffirait pas , ^i l'on ne savait imposer les mêmes intérêts à l'avenir; il faudrait lopti-

' L'établissement des prud'hommes m<mlre que le gouvernement impérial voulait mettre aussi un peu d'<Mrdre dans l'industrie; déjà plusieurs économistes allemands insistent sur la nécessité d'oiiganiser fortement les corps de métiers, entre autres , Schick, Dos Jnnungswe^ sen nach seinem Zvteeke und Nuizen.

HÙsmede la fatalité/ ou une foi iMurbare daw les désastres de la eonourôeiice > et la fofee des choses ^ dont on se réclwierait^ son seul nom la réprouve déjà ; les choses n'ont point d'autorité à exercer dans une sociâé huiaaine f la force n'y doit être que le ministre du droite et ce prétendu remède n'intervient qu'après la misère des puvriers ou ia ruine des capitalistes: sans doute bientôt la &mine éclaircit les rangs trop pressés destravaillaurs; sans doute les consommateurs manquent^ quand l'exagérf^tion des prix a dévoré leurs ressources; mais si l'État se confie on raction de la famine et de la pestCy au lieu de oàûjarer les crises, s'il se-range à l'écart, et lecrr délaisse la puissance d'ajourner le progrès, et de jeter au vent les richesses du pays, qu'il ne vienne plus se lamenter que la société soit ingouvernable, elle est logique > etcondut comme les économistes dont il a le premier accepté les prémisses : Tous les gouvernemens sont des ulcères.

Les choses ne peuvent durer ainsi : l'État qui se proclamerait incompétent se condamnerait à l'inconséquence , ou s'annulerait dans son prin^ cipe ; ce serait à la fois abdiquer sa puissance

Philosophie an Budget, i . 7 -

9d néKffsfis

mat les rkhesses 'y et son droit de moralisfr ict indiMidas et de civiliser les massés.

' La propriété en travail n'est point engagée dans 'sa direction ', et les dispositions spéciales sont un accident trop rareponr qu'il y ait jamais nécèisitéde réformer la destination qu'on tieiît de sa nature. Le hasard , qui jette ça et H lesl apprentis dans les professions à leur portée (et tes plus encombrées sont nécessairement pins accessibles qwe lelB autres ) , PÉ'fart se snb^tittie â son désordre, et tes distribue suivant teurs Jn-

' l.a nécesBké d'ube forfee ovganièlttioii^Qsisi'profoii'' (liment sentie ,-qiie,.p(m« hgariâftâcp ôtan'Ieiiiéi&>itinH teur& modernes , Técok SaintrSiiiuHiieiioe*, Q^ym y Fotir il^r, çtc. , n'ont pas craint de sacrifier j^u^u'à ^indépe^:t dance:personnelle ; c'est renoncer au- plus puissant encouragement du travail. Les seigneurs russes ^ qui ont affranchi leufs paysans et fait cultiver leurs domaines par des mains libres , ont doublé leursr revem» (-Stoi^ , Cours' d'ÉeoMomiepoiitique; Oi; Gomte) Traiêé dê'ilé^i^ lation, liv. 5, cb. xni); deux £siucheurB angjbÎB :Mit i^liu d'onvrago ^n Uajo^r qii^;^}| ^erij^ i^i^BS^ (SGt]kina,lzr^ -^^omomie folUiqfj^ ^ |U ï*, p«.66); en^ntrit^hf ? Ifi trayjail dç trois serfs égale i peine celui d'un ouvrier libre salaVié. , Jones,' On the Distrihulion of TVealth , p. 5a, voir aussi Hodgson , ïaétterto Saf, on ihe comparatwe expense of free and slaye labour. ...

ECOffOIDQUES. g^

térèts et les besotos du ^ys^ loin de k» abatl-^ donner à l'exploitation égoïste d'ud ÀUttt ipé^ culateur ^ il leur dorre des écoles industrielles^ qui ne se pr<^)08ent que leurs progrés ; il ne permet point au monocle d'accapaiw le travail et ses instrumens , et ne laisse pbint la fixation du salaire se débattre entre la ttîsëré et là force; car, au fond de toutes ces questions d'industrie^ c'est la civilisation qui se trouve en cause. On n'a songé qu'à la masse des produits^ et la ri^ chesse , qui ne conq>te que les valeurs , s'in-»' quiète^ avant tout, de leur proporlibri aux besoins dii.pays; l'encombrement est aussi ruineux que la disette. Là nature n'a point , d^aineurs, départi à tons les mêmes facultés de production^ ces différences, Téducation les développe, les agrandit, et l'inégalité des biens les exagère «acore; la conciurrepce, c'est.la lutte de la fkiblesse contre la - piûssanm ; l'appauvrissement d'utae large partie de la nation, voilà son résul-

' L'intérêt des ihaitres est de charger leurs apprentis des travaux les plus grossiers et les plus coûteux , de restreindre leur travail , parce que sa division le rend plus pfodufittf) et de les èmpkrfer toujours à la première chose qu'ils leur ont appnse , pour ne pas peidre le temps et la matière première à de nouveaux estais.

tat nécessaire ' : il ne faut point s'étonner si là où rËtat lui quitte plus soigneusement la lice, la misàre pénètre plus avant dans les masses ^« La fortune des individus n'est pas seule compromise par la licence de l'industrie ^ il y va aussi de leur moralité ' et jusqu'à de leur existence ^; le bescÂn ne marchande pas longtemps

' QoàeSroy (Théorie derArmuth^ S. i3-2o) va jusqu'à attribuer la pauvreté des nations à la liberté de la concurrence; il faut cependant reconnaître qu^en provoquant Tindustrie à faire tous ses efforts , quand l'Etat n'avait encore ni la force , ni l'intelligence de la conduire et de la diriger, la concurrence a rendu aussi des services.

' S'il faut faire une exception pour les jeunes nations, où la population ne suffit pas à l'emploi , c'est que la concurrence y a lieu au profit du salaire , tandis qu'ailleurs c'est à son détriment , au bénéfice des spéculateurs.

^ En Alsace, plus des deux tiers des enCams employés dans les feibriques demeurent privés des connaissances religieuses , à tel point que plusieurs ne sont point admis à la Sainte Cène. Session de 1827 de la Société Suisse d'UtilitépuiliquêfforCh.MonnBid. Vevey, 1828, p. i5 eti6. ,

* En France , le nombre des réfonacspour cause d'infirmités, qui s'élève aux 2/5 dans les cantons industriels, n'est, dans les autres, que des 2/7, etils'en fiiut bieri que tout l'effet des manufactures sur la santé publique soit

ECONOMIQUES. loi

le pain des fabricans, on se soumet à travailler -dans une atmosphère pleine d'humidité ^^ ou de miasmes empoisonnés ^; et l'exploitation pater^

encore produit. La mèrtalit^est très difEfaente en Aii(^ terre dans les districiB agricoles et manofisurturiers.

mSTRICTS AGRICOLES. DISTRIGTS MAIfUFAGTURIERS.

Gloeester i nir 64 habitaof. Chesbîre i tmr 55 habiUns.

Hereford i .— 63 Lancathire t •— &S

Moomouth I — 70 Middlesez 1 — 4^

Suflblk I — 6t Staffordshire 1 — 56

Su90tx t "^ 1% Warwi6k8liir>e -« 5«

Wilu I ^ 66 Torkabire 1— 60

Nombre moy. 1—67 Nombre moy.. 1 » 53 .

S«r 700 enfuis des deux sexes , pris au hasarda Manchester, o&< a constaté les résultats suivans :

Sar les 35o qaî notaient pas em- Sur les 35o qui ëUîent occupes

pioyés dans les fabriques , dans les manufactifres ,

ai étaient malades , 73 étaient mafaides ,

83 d'qne saolé faible, i54 d'une santé faible,

i4i parfaitement bien portans. i43 seulement , par£ûtement

bien portans.

Ausland, tZ avril ^834 (sic).

' A Tarare , on tisse dans des caves, où l'on se réunit, sans feu, en assez grand nombre pour obtenir une humirdité favorable à la beauté des tissus.

* La vie renfermée et Tair méphitique des manufactures déterminent souvent des maladies de pieds , des gonfiemens de jambes , surtout chez les femmes, des ulcères variqueux et le rachitis; la poussière du coton af-

IO!2 DEKNSBS

ne\\e , à son tpurj» Vjend pour un mîmitie ^aUirfe le Qorps et Tapie 4^ faibles enfanaqoî n'ont ea*cpi?e pi volonté^ ni pouyoir de résistanoe '; cette liberté, c'est l'oppression du pouvoir individuel pir la ptussuice des masses ; elle ppend l'arbitraire sous la protection d'un principe, et re- CQnnaU à la production le droit de violence contre chaque producteur ; à la responsabilité

fecte la vue et produit un enrouemenl, ei une toux qiû se terminent fréquemment par l'asthme «t la pfathisîe.

' Le nombre des enians employés en Angleterre, dans la fabrication du coton, doit être très considérable, puisque sui i,5oo^oooindividus> on ne compté que 85o»ooo ouvriers {Monthly JUi4€w, Rtvue ^ntatmiqu^y j«iAi833); il y en a, dans les manufactures de Dundee, i ,078 qui n'ont pas atteint leur dix-huitième année ; la majorité est au dessous de i4 ans , une grande partie au dessous de 12 , quelques uns au dessous de 9 ^ on en voit même qui n'ont que six à sept ans et qui travaillent, comme les autres, i3 heures 20 minutes par jour ; dans d'autres filatures, la durée du travail est de i4 heures 1/2 à iS, il n'eu reste pas plus de 6 à 7 pour le sommeil {Monthlj- Reçiew , cité par M. d'Haussez. La Grande-Bretagne en i833 ). D'après la Revue Britannique ( 3* série , xix, p. 191), le Parlement se serait cru obUgé d'intervenir; suivant M. id'Haussez, il aurait refusé à la majorité de onze voix.

EOOliOHIQMES. 103

morale , lAle mbstîlue um fatalité lirutafo ^ , roirrrier ne dépend pies de 8i| conduite ^ mak du hasard, qui loi macitera plus de ooncurrens qu'il n'y a d'emploi dans «on iudustrie ; vaine-ment on entieproieur mettra*^ de la prudence dans ses affiiires, de la ^fl^;es8e dans le choix de ses spëculatione^ une stupideafflueneede rivaux s'y précipitera après Inî, et l'eatralnera dans une ruine cofnmune \ Une telle awrdiiel m^ aaee donc aus le ^pîtal social d'une destruo^ tîoB inuttinente '] par des mténèts Isctieas et

' Tous les spéculateurs deviennent solidaires les uns des autres, llsipTobilé du comiQerce chinois empêcherait les marchandi de bonne foi d'éteiidi«leun affaires, et dans FEnquéte commerciale, plusieurs négocians ont exprimé le désir que Ton surveillât la qualité des marchandises destinées à l'exportation ; elle est si mauvaise , que souvent elle diasse pour long-temps les produits français du marché.

^ Dans une seule semaine , il arriva, de Manchester seul, plus dé marchandises à Rio-Janeiro qu'on n'en avait consommé dass les vingt dcmièret années. Mawe , Tra- »êU ùi Btmxil , 2* édition , p. 453.

' LeiqiieukitîonsaQat qnalqntifoiBfiiniciisé^, qu'un négnriaat ahgUi» «wvoiijf a aa Biésil, oà l'on n'a jamais vu deflaoe, oba cargaison de patins. Mawe, T/xm^eUim ^fid^sa, of àist.,p. 45B.

I04 DBPENSBS

l'exagération des autres^ elle dérange Tordre naturel au pays; par des primes sous nom de salaire ^ die provoque des accroissemens désordonnés dans la population ^ ^ et lorsqu'une crise inévitable a ramené la production dans ses limites légitimes y une misère fatale s'empare de la classe. manufa<^urière y et s'oppose iilvinciblement à tous ses progrès. IL y a des. industries que le sol produit de lui-même, qui s'assortis^ sent aux conditions du peuple, à son histoire , et concourent à ses destinées; d'autres ék>^ gnentles tentations^ facilitent l'économie, for-<

GÛHTi A.GRiQ0l£

COMti INDUSTRIEL

DB RORVOLK.

DB LÂIIQASTBB.

21 0,000 habitaos.

:i97,4oo

i8oi

i8ai

Ces chifflres que nous prénom dans ¥jtusiand,.dvk 23avril 1834, n'ontpascependantdengnification positive que nou^ consentionfi à reconnaître ; . il s'est établi moins d'étrangers dans le comté qui demandait le moÎBS de bras , et il ebt sorti plus d'indigènes de celui où l'eaqploi était le plus resserré. En 181 1 , il y en ayaît^ en Angle^

àcoHOUHfOEs. io5

tîfient les bonnes moeurs'; il en est^ au contmire, qui spéGolent siir la passion et la débauche , qui exposent la fortune à toutes les révolutions du commerce '^ le salaire et l'emploi à toutes les inconstances du caprice , la moralité à toutes les séductions de voluptés dégradantes ^^ ^t Tindif-*

terre, 770,201 familles employées à ragriculture , et g^ofiio à l'industrie , leur rapport était ainsi 100 : 122 ; en 1 82 1 , les familles agricoles s'étaient élevées à 847 «957 , et les familles industrielles à 1,159,976, leur rapport était devenu 100 ; i36.

' Les industries qui mettent les ouvriers à tâche et ne les paîentqn'àlongstermesy.sontpltts économiques que les autres ; le séjour des campagnfH est plus moral que celui des Tilles, les ouvriers y sont moins souvent tentés ; habitués à mops de jouissances, les privations n'agissent pas avec la même force sur leur volonté ; il y a, d'ailleurs, dans l'agriculture une vie commune , des loisirs que Ton peut employer à son instruction ou à son pécule , un exercice en plein air qui entretient les forces, plus de fixité de salaire et d'emploi, plus de confiance, parce qu'il îàut aux ouvriers plus de soin et que la surveillance est moindre , plus d'égalité parce que chaque entrepreneur en a moins sous ses ordres et que ses travaux sont à jour fixe , etc. Yoir Bûlau , Der S tant ùnd der Landbau»

' Les spéculations hasardées sur une présomption , une mode ,' une chance , les maisons de jeu y la loterie et la Bourse comme les autres , les maisons de débau«-

Io6 DBPBNSES

fépence de TÊtat serait on criaie en?ers Vhor' manitë. Si^ d'ailleors^ il laissait le diamp libre à Tégoisme , des classes à part se foifoeraieat avec leurs intérêts distinots, leurs désirs 0|^x)ses, et la société^ tirée en sena diTers, evaquerait partout^ à la veille d'éclater en pièoeai l'agriculture s'élèverait contre la fabrique^ la produétion contre le commerce^ et chaque classe serait opprimée à son tour par la coalition de toutes les autres; les ouvriers en appelleraient à la violence de leur exploitation par ^es capitalistes^. la question du ss^aire se passerait forcânent sur un •champ de bataille, dans toute discùssîoo à Tamiafale, la position est trop inégale : pour les uns , la nécessité est urgente et les presse de conclure un arrangement à tout prix, c'est leur subsistance de la journée dont ils traitent ; pour les autres, il s'agit d'ajourner un profit, tout au plus d'éviter une perte, et eqcore voient-ils, au bout de leur résistance, la certitude d'une iiidemnité plus que suffisante; ils s'adressent presque indistinctement à la classe immense des travaiUe\irs; avec les machi^es, l'apprentissage

che , les cabarets , surtout ceux où , aitisi qu'à Nantes^ on Sonne à boire à tant par heure. M', de YîlleiieuFe ,

Économie politique chrétienne ^ t. II, p. 69.

EO(»iai|i(QWs. 107

e$t tÂentât complet et la CQWurreace illûmtée, odUies qui ne sont pae oicore lOveDliëes font déjà obsladbaux {Hrétentiimdde k main^d'œfiYre, qui ne peut elle-méne porter la demande qu'an petit nombre de capilafistes engagés dans- son industrie. Chaque maftre représente à hii seul une coaUtion d'offres ^^ et s'entend facilement ïï^fee des intérêts identiques ?; l'ouvrier n'apporte dans le di^t que sa demande individuelle, et, sll vent s'associer pour fcmner aussi une coalition^ des difficultés de tempe et d'espace l'empêçkent de ae concerter | des besoins, plus ou moins impérieux , accordent une impcHPtance diverse aux intérêts du présent et à ceux de

' On est allé jusqu'à dire que la coalition des ouvriers était un attentat à la chose publique , et que celle des maîtres était bienfaisante aussi aux ouvriers ( Report ofSpeecheSy Burnett's criminal Law, tqtpend.y-p, Sj)- C*est probablement par un motif de cette nature , que notre code pénal est beaucoup plus sévère pour la première que pour la seccmde, et que la loi anglaise qui punissait de trois mois d'emprisonnement la coalition des ouvriers ne frappait' celle des maîtres que d'une amende de 20 lîvi st.

f^ En 1799, ^^^^ 1^ fabricans papetiers d'Ecosse se coalbèrent , pour obtenir une diminution de deux schellings, par semaine , sur le salaire de leurs ouvriers , et le même jour ï\s les renvoyèrent tous.

Io8 DÉPËIVSES

l'avenir \ la demande isolée ou indisciplinëe traite avec des offires serrées en un faiseeaa compacte. Les lois contre les coalitions soat donc injures en déniant à l'ouvrier la faculté que la oature accorde aux fabricans ; elles sont impolitiques «i le mécontentaiit.par des prohibitions inutiles; les coalitions de longue portée sont impossibles, la meilleure pénalité contre cdks qui rrfuseront le travail , ce sera la misère, et ces lois-là sont lâches, quand la collision ne trouble point la paix publique , dles font sans raison de la force au profit du plus forC, et, si jamais elles acquéraient une importance^ sociale,

' n faut cependant reconnaître que , depuis rinsûtution des caisses de secours et des assurances mutuelles ^ la position des ouvriers s'est beaucoup améliorée à cet égard; en 182g , l'Union de fileurs s'est réunie en parlement dans Vile de Man , pour arrêter un tarif commun à toute la Grande-Bretagne, et l'on a vu des coalitions d'ouvriers y atteindre leur but, par exemple, les cardeurs de Leicester en 1828 , mais ce ne fut qu'après avoir dépensé près de 2,000 1. st.;. à la fin de i83o, trente mille fileurs refusèrent obstinément de travailler pendant dix semaines ; à moins de n'attacher nulle importance au capital national et de croire qu'il n'y a point de rapport entre la civilisation et la misère du pays , il est im* possible que l'État se dispense d'intervenir.

EGONOBUQUES. IO9

trop d'artisans auraientmis la main au prétendu délit, pour que l'État ne prit pas des atermoie^ mens avec sa loi \

En yain , pour abolir son exploitation par l'aristocratie productrice y la démocratie associe* raàt-elle son trayail en conunandite, la direction d'une entreprise exige des connaissances spé^ dales ; des capitaux soni nécessaires pour saisir les occasions ou les, attendre , et. ces sociétés manouyriéres se c(^stitUQraient fatalement en opposition systématique à tous les progrès de l'industrie; nul ayeiur ne resterait à leurs meocH lires , quand une faillite await épuisé leurs dernières épargnes^^ nul ne -s'ouvrirait aux jeunes

' Les peine» contre les cp«Utions d'ouvriers furent prononcées, en France, par rarrèté du 16 fructidor aniY (2 septembre 1796), la Moi du 22 germinal an xi (la wnii i8o3) elles articles ^l'^et ^16 an code pénal ; en Angleterre, parles statuts ^et4o, Georg. ID, cap. 106 f abrogées par le 5*, Geôrg. IV, ^:ap. 95 , et rétablies parle 6^, G^pig.IT, cap. 129. Le gouyernement ne devrait réprimer que les coalitions TÎôlentes, qui fbrcent les ouTriers à cesser leur travail , ou les maîtres â augmenter leur salaire, c'est le fait sent 'dé violence qu'il lui fliudrait punir, il n'est pas plus tenu maintenant de garantir les fliannfiiftmiers des autres que de l'encombrement et du roicbénssement extraordinaire des matières premières.

IIO DÉPENSES

oiivrMns qui ne 0eraient pas commttndktfirès ; le monopole dès a88ôctatioti8 éncof^ debout leâ exploiterait plus durement qu'à cette heure ^ si toutefois il leur daignait accorder la -fatetin* de les exploiter; ce système^ c'est la concùrpence des masses organisées et armées peut-être ^ substi^ tuée à celle des inditidus, ce sûnt les corpora^ tioiis brutales des tempi'féôdàux arec Tùiiitë dé moins et la démagogie de j^lus.

, Si la propriété est Uri magtiîfiqiie encouragement à l'activité humaine , i^i là liberté du travail implique la personnalité dé ie^ f^^ltats^ il est politique et d'une ju^ice rfgoureusfe d*a«^^ surer ^ Pindustrie la propriété de se^ interitioné^ et de reconnaître à l'intelligence les mêmes droits qu'à là force matérielle ^ ; soûVent, cependant , les découvei'tes ne proviennent d^aucun effort

' Rîea «dç moins çatio^nel ffKe la Icifliabtittri deb brevets d'uiveptioii, depeirfectiiaipKiemeiit et 4-itt9ortiiion (t/jao»viev et a5 mai i 'jqi ), e^h ets^ fiscale hum plàs qd'iadlistiielle^ }\£^t, acheter le brevet (i,5o0fr,. pour un inbDo» pôle de^nze aii3, 8oe^ s'il ne dure quedix aops^ Bpoq que ciaq,.et 5o fr. pour les 4:;ai9.d'e](pédiiiQD);<8t l'^onert; pauvre, ialoirxLe recotmaît xtal moyeu de faipe. anétpeater sapn^pri^ vJi'État l'aGCQrdQ W30j6i^ufui delà taleaurde Vïny^nÛQf^^ bq reiidaiiisi^BQiupIiQe^ moyennâat filumce» duç}i^r^t^pi8i^ed'i^u«péGtt]atl3iur. Tout le monde' peut

EGONOmQUES. 1 1 1

qui 90it fnropre, leur terme éuit arrive^ tout U ttKmde allait les inventera la foi»; eliea appar*-* tiennent à la personnalité bien moins qa'à Tin-* dostrie, et ce serait la frapper d'un ciommage absurde que de lui retirer les bienfaits du temps pour les offrir en éotatbn aii hasaifd* D'autres activent si énergiquement la dvilisatiott qôe^ sans apostdsîer sa mission , TÉtat ne les pourrait abandonner au monopole d^rni individu ; il lui

cpntcsier la yalidité du bvtvet et .VoligiaaliDé de rinventkm; Edouard Adana 9 qntdéccmvrit en i8f 1 le moyen d'obtenir le troU^ix par une seule chauffe , et Jacques Bridet, qui inventa^ en 1 796, une manière de convertir les matières fécales en un engrais inodore, furent ruines tous deux , pour avoir vottlu se servir' dPe lem* brevet ( ce qui arriva ausÂ', en Angleterre ,' h làmes liftvgrai^ei^ premier imenteury en 1 767, des machiiMB pourfilec k coton}; V^ah yiit de ces lois remonte ai«f preH^ier^ tomp^^ JL'ifidu^ trie , où| pour empêcher l^ découvertes de rester secrètes et de se perdre à^la mort de l'inventeur, l'Etat lui impo^ la nécessité d'en Êdre une déclaration détaillée; quant aux brevets d'importation, Us ne protègent que ta course ou t intrigue, on ne pourrait le confiprenâre que i\ l'exportation faisait encourir quelques dangers ou jetait dans de grandes dépenses; ils tiennent ^ une époque où il £aJlait stimuler puissamment l'industrie et encourager les communications avec l'étranger.

faut soumettre les propriétés de riatelligence aux mêmes conditions que celles de l'économie politique 9 qu'un grand jury d'industrie les exproprie souverainement pour cause d'utilité publique^ et arbitre leur valeur , d'après leur utilité sociale et l'effort individuel qu'elles ont coûté ; le voilà donc forcé de connaître de Tîndustrie ^ de suivre ses progrés , d*étudier ses besoins^ de prêter attention à ses déb9tts> et d'y jeter sa parole comme un glaive.

Ne lui failut«*il pas intervenir pour garantir Tordre et la civilisation des violences de la lutte et des brutalités de la victoire , l'industrie périrait par ses propres excès ^ son action peut seule la sauver du suicide; le profit que la concurrence enlève sur la vente, le fabricant veut le retrouver sur le salaire^ et la condition inférieure des ouvriers ne leur permet pas de neutraliser ses tentatives ' ; les prix de la main-d'œuvre baisseront successivement au dessous du nécessaire, et alors l'industrie émigrera des grandes villes^ où la vie est plus lourde et plus dis-

' Voici jusqu'où est allée déjà la décroissance du salaire : la pièce de coton dont la main-d'œuvre était payée en 1776, par la maison Peel et comp. de Blackburn ,

ÉCONOlfIQITBB. IlS

pendieuse. Ne pouvant rien épargner pour les crises dechômage, que ramènent périodiquement les spéculations d'une concurrence éSré^ née , l'artisan se pourvoira d'un autre métier, qui lui gagnera son pain^ quand le premier ne marchera plus; son temps se perdra dans. deux apprantissages ^ ses forces ne se spécialiseront plus à un emploi, y son intelligence ne se développera plus dans une seule tendance , et , de progrés en progrés , l'industrie tombera ^ù pleine décadence \ ' ' > '

Une semblable dictature n'empiète sur les droits de personne : la liberté du travail n'est point son indépendance^ et toute liberté cesse, où commencent l'oppression des autres et le dommage de la société ; la valeur du travail est dans les progrès directs qu'il conquiert, et l'Ê-

137 fir., se vend aujourd'hui de 1 2 à i3 fr. 25 c. , et il résulte) des recheiches.de J. Marshall, que le prix de la main-<l'ceQyre, dans les manu&ctures de coton, a baissé, depuis i8i4> des onze douaâèmes. ( Ret^ue Britannique , juin i833. )

' Sans toutes les in ventious.de machines, on pourrait déjà juger des effets désastreux de la concurrence sur ses destinées.

Pbildsophio du Badgct. 1. ^ 8 '

1 14 DÉFBIfSSS

tat lui imprime la direction la plus civilisatrice^ dans l'acquisition de richesses cpiî serviront à gagner de nouveaux développemens^ et il l'applique aux industries les plus productives; la liberté des capitaux serait une objection plus vide encore f les propriétés particulières ne scmt pas des utilités personnelles ^ et on n*y attente point en éclairant leur emploi et augaaentanl leurs bienfaits. Pour rendre la ^ainte l^itinie, il faudrait que l'inégalité des fprofits constituât de véritables privilèges , ou que les capitaux attendifisenty dans une longue oisiveté^ qu'on leur ouvrit des débouchés , et ces deux conditions (deviendraient impossibles ; de plus hauts profits viennent d'un déficit proportionnel de la pro-' dttctionv que l'État tiendrait partout en équilibre avec les besoins^ et l'encombren^ent universel est un non-sens ; une baisse générale frapperait auparavant tous les produits , et la eonsonunation, montée à leur niveau , déblaie^ rait tous les marchés.

Cette intervention de l'État^ déjà cent circonstances ont fait reconnaître sa nécessité^ et cent réglémens l'appliquent*; c'est pour ordonner

' L'État est intervenu, en France , pour les orfèvres (19 brumaire an vi, 10 octobre .1 798), pour l'^isage des moutons, presses, laminoirs (arrêté du 3 germinal an ix,

ÉCONOHIQUBB. Il5

les latenes droite \ pour ooncîlier des intérêts exposés ^^ et protéger ceux du pays ^, pour gar-^

^ i<^9rs 189.1), ppiUr les livreta dfs ouTiiors ( i^ dé* cembre i8o3.), les £3J>riqtte8 de tissus d'or et d'argent (arrêté du 20 floréal an xm, 16 mai.i8p5), de, ^ju^icait lerie et de coutellerie (5 septemtire 181 o) , d'armes è^ £p^ (i 4 décembre 181 o, etc., etc.)» po\|r les graye^irSy ifji^imeurs, libraires, et une foule d'ofiiçes, ^ÎT^rs ; en Angleterre 9 il 7 a encore monopole et corporation de t^o^lan-; gers, bouchers et charcutiers (l'ordonnance du 92 jan* YÎer 1825 qui les abolissait a ^té rapportée) ; b( po^te, le télégraphe, les poids et i^esures sont encore dans la ipain de presque tous les gouvernemeps ; d'autre^ monopoles ne se proposent que de faciUter la perception d'^n impôt;, celui du tabac eh Autriche et en France , du. sel pr^qne partout; il en est qui semblent ^voir un but u^pral^ c^ui de l'eau de yî^ en Russie ^ par exemple ; ^ AuUicbe » aucun maitre ne peut , sous peine d'amende , employer un ouvrier qui ne sait pas lire et ^çrire. Journal 4^ la Société de la Morale ckritiennBy n*^ ^3.

' (■€ règlement des. pqi|rs d'eau.

* \m «trepreneurs de chemins et de roulage; les BUS put intérêt à ce qu'il y ait moiiis de frottement pour qu'il iaiBe moins de forces de traction , les autres à ce qu'une plus grande largeur de jantes répartisse le poids sur une sur£ice plus étendue.

' Les lois d^ douane , les cordons sanitaire^ , l'état de siëge et de guerre , le service militaire , les impôts de

I i6 DÉPENSES

der l'avenir des avidités du présent \ éviter des dangers de santé % des risques de fortune '; H n'y a que pour prévenir la lèpre morale de la misère y et la rupture de l'union nationale en

toute espèce , le mofnopole des mines. Le prix que Ton mettait à la possession d'une grande quantité de monnaie métallique faisait croire que la mine était avantageuse pour l'Etat , quand même ses produits ne couvraient point les dépenses ; d'ailleurs les avances des premiers travaux , leur importance pour faciliter les autres et les rendre productifs, et la nécessité de suivre les filons partout pu ils allaient , malgré le propriétaire de la superficie, ne permettaient pas de les concéder à des entreprises particulières.

' La chasse, la pêche et l'exploitation dçs forêts ne sont pas libres ; les avantages actuels du défrichement sont trop positifs et trop séduisans. Voir Mohle , Polizeiiffissenschaft^ Th. 2 , S. 173.

* Les médecins doivent obtenir un brevet de capacité, et le nombre des pharmaciens est limité , non pas seulement comme garantie contre la vente imprudente des substances nuisibles , mais afin d'élever leurs pirofits assez haut pour leur permettre d'avoir des officines complètes et de âupporter la perte des. drogues qui se seraient détériorées.

^ Les notaires , agens de change , courtiers de com*merce , avocats , avoués , commissaires-priseurs , huissiers, etc.

UGOIVOMIQUES. I17

bandes ennemies , qu'on lui conteste le droit d'entrer dans l'industrie; on abandonnerait volontiers des superfluités à son luxe administratif; mais^ remplir son but, assurer la moralité des individus , et concourir aux dévelo^iemens de l'humanité^ cela, on ne le lui permet pas.

Qu'on y pense bien cependant, de misérables palliatifs ne sauveront point la société menacée d'une jacquerie industrielle; il lui faut pénétrer au cœur même du mal, et se porter dans de véritables conseils de prud'hommes, comme modérateur^ comme juge et comme sanction ; quand il appartiendrait à la nécessité seule de régler le salaire, qui promulguera sa loi, sinon l'administration , chaque jour obligée de réunir tous les élémens, et de s'inspirer de leur signification ? Mais la justice doitdominer la cupidité des cay pitalistes et l'aveugle exigence des travailleurs ; la vie est un champ d'épreuve > ouvert à l'initiation morale, ce n'est pas une terre vaine et vagne > que puisse usurper la spéculation dans un jour de puissance , et Thomme n'est point ^ comme une brute, sans responsabilité et sans devoir, qui pâture à sa guise, plein sa panse, sans autre raison que son heure ; certes, l'entreprise est grave de saisir la dictature de l'industrie ,

1 18 oÉmisBs

car les capilauz ne reconnaissenl poÎAt de patrie qui les empêche de se naturaliser à la suite des gros profils; immense sera la tâche de ramener à la raison des convictions qui cmt faim , mais U logique de son prâoipe engage l'État dans l'économie politique des peuples ; sa destination est mélëe dans tous leurs intérêts. La difficulté d'un devoir ne dispense point de l'entrepreiidre \

' Béjà la loi s'est chargée iTéTaluer la main-d'œuvre; la peste de i347 ^ ' ^49 ^T^uit considérablement réduit le nombre.destnoailleiirs, un statut d'Edouard III fixa leur salaire en i35i ; et, deux ans après, il fut interprété par un autre (Eden, SiaU of tke foor^ vd. i , p. 33); les mêmes circCMistances engagèrent Pierre le Gruel à porter une loi semblable en Espagne. Plusieurs gouvememens taxent périodiquement le pain (la France et la Bavière, par exemple), et nul problème industriel n'est peut-être plus difficile que d'établir sa taxe d'une manière éqnitaUe ; sa proportion au prix du blé doit varier d'après le prix du combustible, des loyers , des patenter, des salaires, du^rautionnement, de l'espèce de Ué, de sa sécheresse , de la manière dont il a été aouté, vanné, moulu; d'après les calculs de l'Académie des Sciences, en 1 784 , l'hectolitre valant 19 ir. 8 c, le pain coûterait 25 c. le kilogramme , suivant l'administration des vivres, environ 33 c. , et l'évaluation du Pk^et depolice, en 18 10, est encore plus élevée ; il suppose que i5g lûL de fiuine n'en rendent que 1 89 de pain, et l'adminisliation compte

ÉCONOMIQUBS. IIQ

et les amëlioratîon9<iuerëelaiiieirt déjàleftfléo' ristes du progrés matériel impliquent toutes les conditions méoessaîres à son aocomplissement. Il ne suffirait pas à Téducation industrielle de mettre à la main de tous un instrument de tra* vail^ si rencombrement le frappait de nullité» et les crédits que l'on, demande pour les capacités déshéritées par les hasards de la naissance de* YÎeodraient funestes à la société, dont ils préten* dent activer ravênir, -s'ils apportaient de nouveaux élémens à une concurrence dâsordonnée, ^ ne servaient qu'à déprécier des capitaux entrés rationnellement dans la production , sur la foi des besoins ou des souffirances. ^ns doute, un tdi progrès ne saurait s'improviser pai^ or^ donnance ; il a ses conditions de temps et de civilisation qu il lui faut attendre ; imposer une destination à la vie des ouvriers , c'est accepter

sur 200 ; il y a encore une foule d^autres différences qui empêchent toute base positive. On ne saurait plus nier qu'il ne soit possible de centraliser la direction de l'industrie, depuis que toutes les fabriques françaises de cristaux , quoique placées dans des conditions toutes différentes de travail et de vente , se sont associées pour arrêter un prix et régler leur pix>duction.

122 DéPBNSES

rer , par réconomie politique , la civilisation avec l'état animal \

Il y a des machines qui^ sans restreindre l'emploiy le rendent moins pénible^ et augmentent la puissance de l'homme ^, qui l'étendent et créent à son travail des débouchés qu'il ne se fût jamais ouverts à Ja force des bras ; d'autres remplacent les ouvriers dans de» fabrications qui compromettent leur vie, et n'en sont pas moins devenues indispensables à l'industrie '; il en est

' En 1 760 , les produits de la filature et du tissage de coton ne s'élevaient, en Angleterre, qu'à 200,000 1. st. , en i833) ils étaient ariivés à 87,000,000 deliv. st., et l'on comptait que le Capital consacré à cette industrie excédait 1,875,000,000 de francs. (Ret^ue Britannique , juin 1833.) M. Say portait la puissance des machines qu'on y emploie au travail de 42,000,000 d'ouvriers, et le Monr thfy Ret^iew , en 1 833 , à plus de 79,000,000 ; M. Dupin , en 1Ô14 9 n'évaluait celle de toutes les machines de l'Angleterre qu'à 6,000,000 d'owinriers , et, en' 1 833, qu'à 20,000,000 ; M. Pablo Preber et plusieurs autres statisticiens rélèvent jusqu'à 20o,odo,ooo ; voilà où en est la statistique.

* Cest aux machines que l'on doit que la concurreiice des hommes n'ait point chassé de toutes les professions les femmes et les enfans.

^ Beaucoup de produits chimiques , les manipulations de l'arsenic, de l'antimoine, du mercure , toutes les pi*éparations du plomb , du cuivre , etc.

éGOm>BffIQUES. 123

même qui élèvent la main-d'œuvre au rang ^ d'une opération de Fintelligence *, et, lorsque la populaticm ne suffit point aux besoins de la production , toutes se substituent à son déficit et relèvent la consommation de sa souffrance. Maisest'^l bon que la société permette au capital d'entrer arbitraireihent en concurrence avec la main-d'œuvre , et aux produits de s'amasser sans raison dans des impasse$^?'La difficulté est restée à peu {»*ës entière; au lieu de la laisser débattré à ia politique, on en a fait une question de droite et le principe posé , on a violenté les faits pour les réconcilier avec ses conséquences; On a soutenu intrépidement que les machines étaient eharitables, . et par une générosité constante, améUoraient la c<mdition de la classe ouvrière.

' La dbirui^e , la graviure , Lss diverses professions basées sur les mathëmaticiliies, les £d)nques de porcelaine peinte , de tapis de luxe , etc.

' MoBtesqmeu s'était dëjà SLefé contre r&bus des macbines ( Esprit des Lois, Uv. 23 , vhap. xv), et, de nos joiirSy plttsieun économistes ont eonàenti à reconnaître la nécessité de mettre un terme à leur envahissement. M. de Sismondi , Traité \i* Économie politique , passim ; Bibliothèque UniperseiU, septembre et octobre 1818; Reçue Encyclopédique , vol. xzu,p. 364-297, tic, y etc.

1^4 DBI^BNSBS

Si ce n'est point un mensoilge machiavélique, au moins est-<;e là une illusion bien volontaire ; quelquefois, les machines suppriment entière^ ment le travail ', et il est des besoins natui^ls que le bon marché ne saurait engager à s'étendre^; elles ne créent point les matières premières, et l'influence qu'elles exercent sur leur production est bientôt fatalement arrêtée : il est donc une limite où même le bas prix ne pourra rien pour la multiplication de l'usage; l'élément brut manquera, et les ouvriers, destitués par les ma«chines, ne seront pas replacés par l'extension dç l'industrie.

' Sans doute la terré ne refusera pas. encore demain.des matériaux à la main-d'œuvre, et cette dernière considération ne s'adresse immédiate-

' M. Robeit a inventé on moulin qui marche seul.

' Dernièrement, par exemple, on est parvenu, en An-> gleterre , à élever les matériaux pour bâtir , au moyen d'une machine à vapeur; il n'y en aura pas plus de maisons. Toutes les.industries où , en raison de la cherté des matières premières , le salaire n'entre que pour une très faible partie dans la valeur des produits , comme l'orfé-^ vrcrie, la joaillerie , etc., ne prendront aucune extension sensible par la découveite de machines qui ne réduiront que les frais de la main-d'œuvre.

ÉCONOMIQUES. IsS

meot qu'aux économistes à la parole absolue; mais il en est une trop visiblement écrite dans l'histoire de la misère , pour ne pas apprécier toute son importance. La demande ne s'étend que lestement, ai»*ès avoir été provoquée par l'abaissement des prix, et la fabrication à meilleur marché est le résultat de l'introduction dans la manufacture des nouvelles madiines; entre le renvoi des ouvriers et leat rappel , il y a donè Forcément un intervalle de souffrance/ et, comme on l'a dit, elle n'est pas même temparftire; l'invasion des machines ne s'^arrété pas là, quand les ouvriers rentrent dans leurs ateliers, d'au^tres en sont chassés par de plus récentes inventions ' ; la misère est déplacée, mais n'en frappe pas moins toujours la famille, des travailleurs- : vainement tenten^ik de se reclasser ailleurs , loin decréar des vides dans quelque branche rivale , Y^extenhsion d'une industrie 'les • comble , sans relever leur fortune^ ils afférent la-condition des autre»; la^daxité établit son nivjQan, et la quantité des demandes déprécie tous les salaires.

' Un ouTiier en vaut deux cents , dit M. Kennedy, Manchester Memoirs , second séries , vol. lU , p. 1 3ia ; suivant le Quart. Reu, , n° 77 , p. 92 , seulement iiont cinquante.

1 36 DËPBNSBd

Le^ capitaux eux-mêmes oe mai pas à l'abri des nouvelles découvertes , souvent dles les obligent d'émigi'çr brusquement de leur emploi; les profits sont interrompus pendai^t le passage^ compromis par i'inexpérieuce de la spéculation étrangère^ resserrés par l'augmentation de la concurenoe^ et toute la partie immobilisée dans l'industrie^ est perdue sans aucune compensation; à moins donc de renoncer à s'intéresser à la production^ c'est une nécessité pour l'État de ne pas autoriser les machines à se précipiter dérèglement dans la fabrique- Tout peut être fatal dans leur introduction 5 même l'immense développement de main^'œuvre que parfois elles amènent à leur suite ; le salaire s'élève tout à coup/ les bras manque&t partout à la recherche; la population^ qui ne demande qu'à s'accroître^ perd tous les motifs'de prévoyance qui la contenaient dans de pmden*^ tes limites, etobéitcomplaisammentàsatenckince seasiUe ^ L'encourageinent s'adresse à tous les travailleurs , et les pbces ne s(mt vacantes que

' Tmtte augmentation de population est par sa nature une cause d'appauTiissement général ; chaque nouvel habitant apporte 4^ besoins nouveaux , et diminue la part de richesse nationale qui appartenait aux autres ;

ECONOilM}ilfi6. I ^7

dans une profiession; bieolôl même les y ides $e Cermeronty riiidwtiie en souffiraBce de hrasresserrera son commeree^ou l'eaprit de découyerle^ aiguilloDné par la nécessité , Wppléera, par de nouvelles machines^ au déficit de travail humain; quand le surcroît de population vîafidra frapper aux ateliers, on le repoussera dans la misère, et ses efforts pour s'y soustraire entraîneront dans une souffrance commune toute la population m;^ufacturiére.

Im Wi accorde la lioenoe des machines , pour amélkorer le bien*-ètre des petits ach^^ienrs, et^ dans ce but charitahfe^ elle laisstt accumuler les ouvriersdansdeBateUfirs^étovlffés, aumîlieiië'uBe atmosphère saturée du. sùini- de la laîne eCjde toutes ks «xhalaisooa ducotoni que,. dès leurs plus teiKlresannéeSy oneHpbitnai impudemment les 'cnfans. que les An^îs eux-Hutoies aient eu la velléité de limiter les hâtmesda travail qu en pourromtéKtraire les spéôulaleurs, qne des rieiln lards de quamDie.aos , à l'otl ei^eu:! «t à la joue eadavérisée, s'éteignent daps lacaduciné à la fleur de Vkgey à la bonne beui^^ sit^eia rapporta quelmais 'A se pourrait , h la rigueur , que le surplus de^ citoyens produisît une aagiiaeDtdtidïi prdportîiMînëlle èé nikat^, et nous m'insiitermi» pw tut ce-fH^int d«!Vi|e.

ques écns^ quand l'année est heureuse^ c'«si la* loi du pays; mais qu'an moins elle ne prenne pas pour préambule une déclamation de philanthropie^ qu'elle ne vienne pas se légitimer par l'intérêt des basses classes; l'oligarchie de l'argent; et rhypocrisie de la loi ^ c'est trop de la moitié.

Ge n'est pas seulement la santé ^ l'intelligence s'étiole à se faire valet de machines , à fonctionner aussi régulièrement que les autres Toiiajg;es de bois et de cuivre ; encore s'il lui était loisy>Ie de laisser le corps fabriquer seul^ et de faire autre part (Buvre dp pensée^ mais PenmacfUnation est cdmpléte, le métier monopolise spn homme toutentier à sui*valler ses broches et réparer ses fautes; l'at* tention est trop mécanique pour occuper Tintel- HgencC; et la retient assez pour l'empèdier de se développer ailleurs dans un autre ordre d'idées.^

Les intérêts moraux sont encore plus déplorablement sacrifiés : le travail abdique son impoi^ tance et sa dignité à devenir l'auxiliaire brut; d'une chose; l'homme né marque plus à Isou titre^on instrument de {nroduetion^ la machine le dépersoimalise et lui fait sa valeur; dans la dé-* pendance absolue du maitre,, il n'aurait plus^ sans lui^ que les bras d'un mendiant; détenu tout le jour, corps et ame.à son métier» le temps lui

ECONOMIQUSS. I ^g

utonque pour atoir les aentioiens du fib et de l'époux ; les relations de la famille sont brisées, la morale^ c'^aon livret et soa salaire; Thraïkne (fisparait de Thumanité^ il n'y a plus que des artisans et d^ capitalistes. Les devenirs d'un père s(nit remplis,. quand il. a trouvé, dans quelque fabrique^ une auge à ses enfans ; leur instruction^ c'est l'affaire du contre-maitre ; l'accouplement des w^e^, haleine contre haleine, se charge des eniseigpemens , moraux et leur raison , si bien rompne à obéir, sans ressort et sans volonté^ se gardera d'cq[iposer une intention de résistance, aux séductions qui les aassullent, même avant que leurs sç^s les puissent comprendre ^

Si ces graves considérations ne suffisaient pas encore pour convaincre l'État qu'il lui faut se matérialiser grossièrement dans l'ordre de la rue et de la place publique, ou se réserver le jugement

' Le docteur Giunins dit avoir traité dans l'hôpital des maladies syphilitiques de Glascpw , des malades de 1 1 aus^ sur i ,460 filles dans la maison des Pilles Repenties de Londres , 1 1 n'avaient qae 1 4 ans , et Fâge moyen dans toutes les maisons de refuge, n'est que de 18 ans. Docteur Julius , Jakrùûcher der Strafzund Besserwtgs:: Anstalten , i* Heft. , 1829, S. 53.

Philosophie dn Budget . 1 . 9

i5o DéMMBS

des m^hmes^ et ne kfiir açc<yrder un petiinis dé trayaiUèr qu'après ttne enquêté de leur tiéces$ité industrielle » et une sérieuse étude de leur influence sur kt:éi4table progrès de rhumanité^ il est un dernier point de Tue qui ne saurait^ au moins, lui demeurer indiffiârent. .

La force brutale des matoes ne ae contente plus de sa royauté fainéante ; rémeute s'est réinstallée à la place d'honneur dans le gouvernement de rhumanité : c'est là un fait trop déplorable et trop sauvage pour que la politique se réfuse à y intervenir^ et à soumettre à son contrÀlé l'embrigadement des prétoriens du dix-^netivième sié^ clé ^ ; loin donc de reconnaître aux machines le droit de concentrer dans un petit espace d'im*

' Avant les machines , on n'employait, en FianGe, au travail manufacturier du coton , que 53,ooo ouvriers ; k présent, ils dépassent 5oo,ooo ; en 1767, ils étaient, en Angleterre, à peine 3o,ooo, maintenant, d'après le Dictionary of Commerce and colonial Navigation ^ il y a d'employés à l'industrie du coton 833, 000 tisserands, fileurs , blanchisseurs , etc. , et tt 1,000 ingénieurs, mécaniciens , forgerons , maçons , menuisiers , etc. En i83o , suivant M. Gôstaz , il y avkit ; dans tes manufactures françaises , 6,35ii,o<>o ouvriers , et dans celles de l'Angleterre 11,396,858. Bist. de fAdm^inùt. , t. !«" ,

tnenses forces ouvrières^ TÉtat^ qui n'aurait que la prudence du matérialisme, devrait encore s'efforcer de les décentraliser, et de fractionner par-* tout les intérêts divers^ qu'aucun n'acquière par sa plus grande unité une puissance factice et prédominante. Qu'on le sache bien, quand, pour faire des révolutions, trois cents manufacturiers n'ont qu'à ouvrir ou fenver- ]^ur> porte. Tordre n'est plus qu'une spéculation industrielle; la chaîne pend déjà ati cou de la liberté : il y a une démocratie d'ilotes et trois cents courtiersde révolution ; vienne ak>rs ^ vienne un amafteur , de l'or plâiû la main, la âvffisation «I k ptti^ sont ilf'U ^ençan^ •

* Des économistes, frappés des inmfeiiMf incony^ niens des machines , ^ ne pouvant prenidre.sur eux ^ remettre à TBtat rarbitraire de l'industrie, ont voulu fidreune distinction entre un instrument de travail ordinaire , qu'il est au pouvoir de tous de se procurer , et ks Baarbiifs compliquées , vacres y dont' la construction exige une m»t Aé fonds considérable. Le vide de cette discînclion est tnaaiStsîe ; la rareté n'a rien d'absolu , et ce sertdt proserire tbutes les nonvenes découvertes, quelque mitiples et peu eoAtenses qu'elles soient; la mise de fonds considéraUe est aussi purement relative l et Von ne comprend pas comment , dans l'état actuel , lé Gouvernement ferait des lois somptuaires pour Tindus-'

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