‹ Philosophie du budgetChapitre 33 sur 50 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

IPe l'Jtutntctum publûpie ^

Uhomme naît faible arec tous les élémens de la force, ignorant et doué de la faculté de con-

' Des hommes distingaés s'occupent partout de l'in* stmction publique, et parmi eux nous pouvons citer avec honneur les noms de lord Broo^ham, de M. Naville et de M. Juliien; mais c'est particulièrement en Allemagne que les efforts sont actifs et les résultats importans. Le haut intérêt du sujet nous a fait croire qu'on ne trouverait pas déplacée une indication sommaire des princi-

fifORALES. 1^9

naître : que aeulement l'iiabitude et le temps développent la puissance de ses muscles, que repaies soorces : Voss, Fersuch ùbtr die Erùehung fàr den Staat ; Stephani , Dos System dêr offenUicfien ErzUp: hung; Schwarz , Die Schulen , surtout la seconde partie ; Pustkuchen =^ Glanzow, Kirche , Schule und Haus; Rrammacher, Die christliehs Volksschule im Bunde mit der Kirche, la seconde édition; Cramer, Getchichte der Erùehung und des Unierrichts im AUgemeinen; et les ouvrages de Rotà , Niemeyer, Worlein , Grâife , HufTell;, Harnisch , Hartung , Graser, Stapf , Solger , Heine , Reiche, Diesterweg, Denzel, Schlachter, Zlerrenner, et surtout le Jiilirh, der Volkssch. de Freim. Il s*est établi, à l'imitation de la feuille hebdomadaire dePestalozzi, une foule de journaux exclusivement consacrés à l'éducation; il y eu a à Breslau par Harnisch et Kruger ; à Leipsic , par Ziehner, Seebode, Jahn et Reinhold Klotz; à Magdebourg, par Zerrennerj à Erlangen , par Stephani; à Regensbourg , par Engelbrecht ; à Neustadt , par Schweitzer ; à Osnabruck , par Rosenthal ; à Heidelberg , par Schwarz, Wagner, etc. j à Darmstad , par Zimmermann et Delthey ; à Ck)logne , par Grashof; & Alx-Ia-Chapelle, par Rossel; à Fribonrg, par Dôfane; à Altonuy par Carstensen, Schnepfentel, Gi^tsmnths, etc. On a même publié à Sondershausen une gazette intitulée Litteraturzeitung fùr Deutschlands VolksschuUekrer. Le Jahrbuch der pddagogischen Litteratur de Karl et Ferd. Zimmermann a déjà trois volumes, et ne va que ju5c|u'en

i80 DEPENaES

tude et la réflexion fécondent les germes de son intelligenoe , et F^nfant va devenir nn homme. Mais il n^est point destiné à une existence de Ixrute , qui n^emploie ses forces qu^à s^assurer sa pâture de la journée ; il n^est point appelé aux indolences d'aune vie contemplative et oiseuse : sans la science , qui la légitime par son but, la force déshonorerait les êtres intelligens , et sans Taction la science jresterait morte. Le devoir quWle eut appris à lire dans la raison , elle n^enseignerait point à le satisfaire; loin de concourir à la moralité, elle déprimerait Fhomme par la conscience de nouveaux devoirs qu^il serait impuissant à remplir^ Bientôt, au spectacle continu de leurs violations, tout œntim^cit moral s^émousserait , et abandonnerait la vie aux abrutissemens de la sensibilité. Les peuples les plus dégradés ne sont point les barbares dont la civilisation n'^a pas encore allumé son flambeau ; ce sont les sauvages, che^ qui la faiblesse et les passions Font éteint. L^éducation ne se réalise point par la vaine acquisition de quelques idées spéculatives : c'est à la volonté qu^elle s^adresse, c^est dans la volonté qu^elle se passe ; la volonté c^est la vie. ,

Ce n^est donc pas une science improvisée et

MORALES. l8i

dépouillée de toutes ses difficultés que doit préparer renseignement je^est là le danger et la niaiserie de ces prétendues médiodes qui font du travail un badinage d^^^ifant , et ne cpmpreniMQt dans réducation de lliomme qu^une question de temps ^ dont le résultat peut se juger à rhorloge^ Sans doute, il est bon dVcarter les difficultés qui empêcheraient Télève de croire à son travail et de prendre confiance dans sa volonté; mais il faut que de jeune âge il apprenne que la vie est sérieuse , et que le devoir n^est point un jeu ; il faut que chacun de ses pas lui demande un effort et lui coûte une peine : le progrès n'est qu'à ce prix.

' Noos avons va attribuer Tinveution de ces dangereuses niaiseries à Yallange et à Grimarest : toujours estil qu'elles remontent à des temps déjà éloigna, puisqu'on fit Tenir un moine de Franche-Comtë pour apprendre à ëcrire à Louis XV en six leçons. Mais on les a depuis bien perfectionnées : LafTore imagina une méthode pour montrera lire dans l'espace de deux à six heures^ Puicou* sin enseignait à écrire correctement 40,000 mots en six heures , et Lahaye inventa une arithmétique physico-instrumentale, à l'aide de laquelle 10,000 personnes doivent apprendre le calcul en quinze jours.

iSa DÉFBlfSIS

La mission du maître n^esi point ainsi d?initier rélève à des vérités prématurées qu^il retiendrait dans sa m^oire, mais que sa raison n^acqaerrait pas ; il doit Vy conduire par degrés , assez rapprocher de lui chaque idée nouvelle pour quMl la puisse saisir, et Téloigner assez pour nécessiter un acte de volonté et un effort. Pour accomplir son œuvre de moralité , Tinstruction est tenue d^étudier les intelligences auxquelles elle s^adresse , de s^abaisser à leur niveau , de s^élever à leur hauteur , et tous les moyens généraux les prennent au même point et leur supposent la même puissance ; toutes les méthodes simultanées méconnaissent les différences produites par la nature etFéducation antérieure; elles ralentissent sciemment les esprits les plus actifs, et délaissent le développement des plus laits ^ , au profit du milieu de la dasse , dVme abstraction qui n^existe point dans la réalité^:

■ Elles négligent précisément les élèves qni ont le plus besoin de lear secours.

^ Chacun a des facnltés plus développées dans un sens, plus comprimées dans un autre, et ce milieu se déplace à chaque changement d'élèves. I! faut que l'enseigne-

MORALES. l8à

c^est le problème de la pédagogie d^appliquer renseignement individuel aux masses ^

Dans les pays qui ne connaissent point rinstmction rationnelle , où , incapable de former la pensée de ses élèves an travail et à la réflexion, le mattre ne sait encore qu^imposer brutalement ses idées à leur mémoire ; chez les peuples ignorans , où les instituteurs sont trop rares pour ne pas être obligés dé se charger d^un nombre d^élèves disproportionné à leur méthode, renseignement mutuel a des avantages quW ne saurait nier sans injustice. Il donne un maître à chaque écolier , et leurs rapports d'âge et d'intelligence placent toujours Finstruction à sa portée ; ils la retiennent naturellement sur le terrain que la difficulté de Pinstitutenr adulte est de trouver , dans des formes où son mérite est de la maintenir. D^ailleurs, les e£forts que coûte au moniteur le développement des intelligences moins

ment renonce à être continu , ou conséquent avec son principe.

' Quoiqu'elle ait dëjà fait bien des progrès , elle est très loin d'être au niveau de sa tâche ; les méthodes les plus neuves sont celles de Sturm , Trotzendorf , Natich , Comenins , Basedow, Pestalozzi , Lancaster, Jacotot et Hamîlton.

i84 DéPBroES

avancées activent puisssunment ses progrès, les idées qn^il enseigne s^inculquent bien plus profondément dans sa raison , et ces habitudes précoces de la vie sociale , cet exercice du commandement sur des égaux d^hier, qui peuvent tantôt commander à leur tour , cette reconnaissance de la supi'ématie de Pintelligence, préparant à Tac-* tion de Thomme mûr et la devancent* Mais Tinstruction ne se donne point avec la lettre morte d'un livre ; il faut que Pesprit Fexplique , Fétende , la vivifie ; et l'élève ne peut transmettre que ce qu'il a matériellement pris dans le livre ; il n'y ajoute point d'idées qui lui appartiennent; il ne l'appliqpie point aux circonstances du moment , ne l'approprie point aux besoins de l'intelligence ; sa science , c'est la science de tout à l'heure répétée par un écho qui l'abrège : l'enseignement mutuel, c'est un enseignement de bouche, qui n'est entendu que par l'oreille. Tout ce qui s'adresse immédiatement à la réflexion , tout ce qui développe le cœur, reste étranger à son éducation ; il lui faut des idées que saisissent les sens , des connaissances qui se figurent sur un ùibleau ; les vérités qui se raisonnent , il les néglige ; celles qui s'appuie sur la foi, il ne les connaît pas , ce n'est point la parole d'un

MOBAUBB. i85

eamamde e^iègle qui leur servirait de garantie «nffiaaiite. Si jamais les moniteurs échappaient à la fatalité de fonctionner , comme des instrumens passifs , sous l'impulsion d'un chef d'atelier , l'enseignement flotterait au hasard dans le vide de toute méthode ; à* la raison du maître sesubstitueraient des idées, admises sans réflexion et suivies sans ordre , dont les fréquéns diangemens viendraient à chaque instant pousser l'intelligence dans une voie nouvelle , et dérouter ses progrès , les étouffer peut - être sous la confusion des systèmes. L'autorité si mobile des moniteurs ne laisse point l'obéissance devenir une habitude ; on ne reconnaît pas volontiers la né^ cessité de se soumettre à son subordonné de la veille ; on oublie facilement le respect d^un pouvoir qu| , souvent décerné par un hasard , va passer avec lui ; il faut des punitions fréquentes pour maintenir la discipline de la classe j et leur répétition use leur influence , elle émousse le sentiment de la honte , elle endurcit contre le blâme. L^enfant , entré à l'école pour apprendre à remplir sa destination humanitaire, à harmoniser sa pensée et sa vie , avec la vie et la pensée de ses semblables , en sort avec l'insouciance de leur i^inicm , et le dédain de rien Êiire pour

l86 DfiPBNSES

gagner leur estime. L'en$eigaemeDt mutoid n'a pas d'autre ressort , pas d'autre moyen de saooès que Témulation , Tamour * propre de ne pas obéir, et la vanité de commander ^ ; au lieu de sVppujer sur l'idée du devoir , et de la rendre plus évidente à la conscience, il provoque un égoïsme orgueilleux et l'ambition de la suprématie ; il ne réunit point les élèves sous une loi commune d'égalité et d'amour , il les distribue dans une hiérarchie immorale , oik l'intelligence prend le pas sur la vertu ; il les divise par des sentimens incessamment ravivés de rancune et d'envie. Une telle méthode devait sortir de la civilisation orientale ^ ; c^est bien là Tenaeigne-

' Nous sommes bien loin de contester la valeur de TëmoIatioD ponr rintelligence; mab elle devient trop facilement une affaire de vanitë , d'envie et de haine , elle fait trop souvent sacrifier le solide au brillant qui procure les distinctâons , ponr qu'on puisse abandonner à un ressorisi dangereux le développement des élèves : elle ne serait moralement bonne qu'en excitant à se surpasser soi-même , et non à primer ses condisciples.

* Elle a été trouvée à Madras par Bell, et plus rëcem* meiit au Thibet par des voyageurs russes ; probablement elle y existe depuis bien des siècles. Peut-être le baron de Tott en avait-il eu connaissance; il dit dans ses Mémoires, m« partie , p. i49 < Je dictais joamdlemesit la Itçom en

meot qui convieiit à des peuples où toat développem^it indiYidiiel est arrêté par Pimmobilité UBiverselle ; où , au liea d^obéir librement à ses devoirs dliomme , on s^agenouille en tremblant devant les volontés d^un despote.

Au reste , toute dépourvue de moralité que aôit la connaissance , elle n^en garde pas moins eneore quelque influenoe morale. Une action n'a point de valeur intrinsèque qui lui appartienne par son droit ; il faut que sa cause lui donne un sens , que ses conséquences la rendent im-portante , que son principe la légitime et la moralise ; sans la théorie du devoir , sa pratique resterait indifierente à la vie. Et ce devoir

tore ^ chaque écolier TécriTait dans son cahier, et je chargeais l'im d'eax d'en être le répétiteur le lendetnain. Cette méthode , en fixant l'attention de mes écoliers , leur fit faire les progrès les plus rapides. Puis il ajoute en note : La méthode de rendre les écoliers professeurs les uns des autres s'appliquerait avec succès dans les maisons d'éducation. On n'appi-end bien que ce que l'on montre , et associer l'amour^propre à l'application c'est assurer l'instruction. Quintilien semble avoir découvert au moins le principe de l'enseignement mutuel ; il dit , Inst, Orai. , lib. IX : Incipientibus adhuc teneris condiscipulorum qaam pneceptoris jucundior hoc ipso quod fiMâlior eit imitutio. .

i88 Dipfiiffifis

n^est point une règle arbitraire , qui ccmi' mande en aveugle; Thomme a un but indî* vidùel où il lui faut marcher ; au -* dessus de sa personnalité ^ il y a une fin universelle à laquelle sa mission est de ooneourir. Dans des rapports nécessaires avec la Nature , il ne saurait en abuser follement à son plaimr ; puisqu'elle existe , elle a son but et ses droits , qu^l ne doit jamais se permettre d^enireindre; par chacun de ses actes il se met en contact avec une société dont il pourrait contrarier ou re^ fouler les développemehs , et il doit aussi res* pecter les drmts et les besoins de ses semblables : tout devoir résulte ainsi d^une connaisn* sance ; le préambule de la loi morale , c^est la science de soi-même , de la Nature et de lliumanité.

Maïs si Finstruction acquiert la donnée des for* mes du devoir, jamais elle ne révèle son principe ni ne sanctionne sa loi ; loin d^apporter à Thomme aucune force morale, elle Fexpose à de nonvelles séductions dont Pavait jusqu^alors gardé son ignorance. En multipliant ses occasions de fortune, en le rendant plus ingénieux à les saisir et plus adroit à les exploiter, elle supprime, il est vrai, les plus funestes inspirations de la mi-

M0IALB8. 189

sère ^ ; maïs Testime qae Ton accorde à son habileté et à ses habitudes régulières dégénère biei^ôt en vanité ; c^est par le luxe que Fou brigue celle des autres, et des besoins fsictices tourmentent inoessamment de leurs mille nécessités y d^autant plus dominantes qu^on ne les rassasie jamais, d^autant plus opiniâtres que c^est Pinteltigenoe qui les crée. Ces habitudes, si vertueusement ordonnées qu^on les suppose , engourdissent dans une moralité machinale, sans ressort et sans conscience, toujours prête à se dépraver sous la première séduction qui ne Faura pas lassée. La connaissance de la peine retient dans les limites de la vertu selon la loi; mais la moralité

' Ce fait ressort de toates les pages de TEnqaéte sur les causes de la roendicitë de Londres , faite en 181 5 par la Chambre des Communes :Batterworth's , Coopères , etc* Testimonies. Voir aussi Report on th$ police of ihe metropo^ lis, p. 685 Appendia ioRep. on ihe Poor-Lawi, pp. 79-80. Lorsque M. Villermë a dit que l'instruction , ne créant ni travail ni salaire , occasionait un déplacement de travail sans pouvoir jamais améliorer la condition sociale, il ne se souvenait pas que Tinstruction est si bien un capital , que souvent Tindustrie s'associe de compte à demi avec des capitaux matériels.

reste indifférente à la terreur qu^in^îre le bonr* reau, et cette prévision des conséquences enseigne aussi à sY soustraire ; tous les moyens de tromper la justice sont préparés adroitement , toutes les chances , habilement calculées ; au profit du crime se joint Tappât d^un jeu que le danger rend plus attrayant encore , et c^est avec raison que^ pour gagner, on s^en fie à son instruction ^ A elle seule donc elle ne moralise

' Le degré d'instruction semble exercer la plus grande influence sur le sort des accosés; il y en eut d'acquittés snr loo :

Dans les aimées

Ne sachant ni lire ni écrire, 87 3y 38 4^ 38

Le sachant d'une manière

imparfaite , 38 4^ 4^ 4^ 4^

Le sachant bien , 44 4^ 4^ ^ 4^

Ayant une instruction supérieure , 65 52 63 69 57

Probablement on trouverait dans les mises en prévention et en accnsation la même difFérence que dans les oondanmations, et Ton semble autorisé à croire que Pinstmction aide Clément à échapper aux premiers soupçons.

MOEALBS. i^l

point < } souvent même ses progrès ne profi-^

' Pendant longtemps on a dit et écrit ràol&ment le contraire (voir, entre autres» Addreu <m EdwtUion^ by G. Harrison; Edinb. Review^ nov. 1810, p. 66; M. Livingston. Sur la Discipline dis Priions , p. 87 ; Établissement et direction de: Écoles primaires gratuites d* adultes , etc. , par M. Basset; Rapporteur l'instruction primaire du Canton de Genite , 1827; et les ouvrages de MM. Lacas , Charles Dnpin, Renonard, etc.)* On affirmait sans examen, et on était à peu près cru sans contestation ; l'opinion est enfin devenne pins défiante , elle a vouln des raisons , et les faits ont refusé obstinément de se plier anx conséqaencei qu'on en avait tirées avant de les connaître. Çà et là s'élevaient bien quelques voix dbcordantes, mais on ne les entendait que pour les incriminer. Le gouverneur "Woloott , dont on ne pouvait cependant suspecter le libéralisme, avait en beau dire dans son message àPAssemblée l^pshrtive du Connecticut , dans le mob de mai 1 8a6, que la perfection intellectuelle ne donné pas de garantie snfiGsante contre la dépravation du cœur {First jtnnual Report ofthe Board of managers ofthe Prison discifMne Society y Boston, p. 83) , la question était jugée; il a lallu une révolution pour que l'on condescendit à s'occuper des faits. En Angleterre il y avait, en 1821, ladix- «eptième partie de la population dans les écoles , et on y punissait proportionnellement plus de crimes que dans le pays de Galles, qui n'en instruisait que la vingtième partie, &i Prusse le nombre des crimes semble', dans quel-

iga DSPSIfSBB

tent qu^au Grime , il se multiplie lok^qa^elle

qaes provinces, en raÎBon directe da nombre des élèves ; on en comptait en 1816, sor lo^ooo habitans :

Daas les provinces de Saxe , 1 492, et il y eat en 1817 i criminel sar 5o6

de Westphalie, 1894, — 689

dePomëranie, io3o, — 149$

dePosen, 827, — 2107

En divisant la France selon le tableao dressé par le D' Julins {Leçons sur Us Prisons, t. i, pp. aS et i38de la traduction française) , on trouve que le Nord, qni compte trois fois pins d'écoliers que le Midi, a un tiers de crimes en SQSj et , d'après l'extrait de VEssai sur U Statistiqas morals de la Francs, par M. Gnerrj^t inséré dans la lUnw Encyclopédique da mois d'août i832,.on arrive aax lésnl* tats suivans ( nous devons reconnaître qu'il y a des er* renrs de chiffres évidentes ^ qne sans doute l'auteur aura fait disparaître lors de l'impression de son livre ; nous n'attachons pas assez d'importance à de pareils résultats pour avoir pris la peine de le vérifier) : pendant les trois années 1827-29, sur 100 jeunes gens recensés (ce qui semble à M. Guerry le moyen le plus infaillible de constater l'instruction), il y en avait, sachant lire : daus l'Est 55, dans le Nord 52, dans le Sud 33, dans l'Ouest 27, et dans le Centre %S. Bien loin que la criminalité soitpro-

MOIULBS. 193

8^accroit ' ; c^est précisément quand il trouble

portionnelle è Pignoranoe, les tables statistiques de TAdministration de la Justice criminelle donnent pour la même période les rànltats suivans , qui sont à pea près en raison inverse de l'instruction :

Grimes coatre 1(

es personnes.

Sud 1 I crime

sur

11,461 habitans.

Est, -

Nord, —

Centre , —

ai,4i7 —

Ouest, —

Crimes conirc les propriétés.

Nord, 1 crime

sur

3,827 habitans.

Est, —

Ouest, —

Sud, -

Centre , —

L'Est et le Nord , qui smit les plus éclméê , sont les plus criminels 5 l'Ouest et le Centre sont tout à la fois les plus ignorans et les plus moraux.

' Il est impossible d'établir aucune comparaison rationnelle entre la criminalité d'un département et son instruction; les élémens, même statistiques, manquent pour les deux termes, La statistique apprend que , sur 100 condamnés , 3 sont partout étrangers à la France, et 25 aa département oà ils ont été jugés; mais on ne po»-

lg4 DSPSNSBS

plus • violemment la société, quasd on Tm-

sède^ucane donnée sur la manière dont ce quart se répartit ; on sait seulement qu'il est des populations beaucoup plus casanières que les autres ( il faudrait savoir aussi si Tin^truction des condamnes étrangers ne modifie point la proportion qui existe entre la criminalité du département et son instruction, et jusqu'ici cette importante considération a été entièrement négligée). Rien ne serait plus inexact pour apprécier l'instruction que de compter les écoliers ( il en est qui changent d'écoles, que l'on compterait deux fois ; d'autres , qui ne les suivent que pendant les mois d'été ou d'hiver, ne le seraient pas une seule], et de supposer le nombre des enfans à instruire dans une proportion constante avec la population (on a voulu fixer le dixième, et le rapport officiel pour 1826 a appris qae sur 100,000 habitans il y avait en Hollande jusqu'à 10,921 écoliers), puisque ses élémcns ne se distribuent point fatalement dans une échelle d'âge invariable (cette échelle dépend de la tendance de la population à s'accroître, de ses accroiflsemens actuels et de sa longévité) , et on ne pourraK baser sur rien de positif l'estimation des en&ns recevant une éducation domestique. M. Gnerry a cm trouver une base plus solide dans l'instruction des conscrits } mais il s'est fait une grande illusion sur leur valeur : c'était supposer que là même proportion d'éooliars adultes se reproduisait dans tous les départemens, que le rapport de l'instruction des femmes à celle des hommes ne changeait jamais, puis enfin qu'on n'avait fiiit nnlle

MOKALto. 195

culpe de plus d^iramoralité , quVm est for*

part de plus grands et de plus beureox efforts povr améliorer l'instractioii pnbliqae. Tovs ses résultats resteraient donc hypothétiques quand ménie la religion, dont on ne conteste pas Pinflnence morale , entrerait partout également dans l'édvcation inteliectaelle. Le senifaitconstant, c^est que le chiffre officiel des crimes augmente ^ et que tons les ans le nombre des criminels ignorans dirainne ( en 1 829 62 snr 1 00 ne savaient pas lire, en 1 83o ils étaient rédoits à 61, en 1 83 1 il n'y en avait pins que 60 , et en i833 que 59; ) c'est que l'augmentation semble porter précisément sur les jeunes criminels les plus soumis à Tinstruction : en 181 3 il y avait à New-Gate laS prisonniers âgés de moins de 17 ans , 247 en 1816, SSg en 18179 et624«n 1818; àMancfaesteron comptait en 1816 61 détenus de 8 à 18 ans, 119 en 1817, et 181 en i8i8. Le nombre des condamnés au-dessous de 17 ans ne forme dans plusieurs comtés anglais que le vingtième des autres; dans les districts manufac^riers , qui sont encore généralement les plus instruits, il s'élève au dixième, et à Londres jusqu'au septième (Second Rep, far ik$ ImprW'' mêni ofPrUandisoipiiiUt App. , p. 63). Eu Ecosse la proportion est encore plus forte : il y avait en 1818 1 19 détenus pour délits au-dessous de 17 ans, et 460 an-dessus j pour crimes, les premiers montaient à 217 et les autres à 935. £n France il n'y avait. dans les prisons , au i** jan-< vier 1823, que 691 condamnés ftgés de moins de t6 ans ( Moniitur, 25 mars 1824)9 et en 1826 il y en entra 3,836

196 DBPMSBS

cé de la réooimaltre à un degré supérieur'.

par suite de.oondamnation , et 5,i66 avaient été Mrtét è la justice.. Dans toute la monarchie prussienne on oe compta, en 1828, qu'un condamné au-dessous de 18 ans sur 16,924 b&bitans, et à Berlin, où Tinstmction était plus générale et plus élevée , il y en avait 1 sur 6,g66 (JuliuS) Jahrbachêr 4€r Sirafzand BesserutigsuAnsUlUn, i83o, S. a43). Enfin la population ruk*ale ne forme en France que les 79/100, et, malgré moins de chances d'impunité I elle n'a fourni en 1 83 1 et en i83a que les 60/100 des accusés ; cette proportion s'abaissa même en i83a ^ malgré les troubles de la Vendée, à 69/100 ; et, Si nous attachions plus d'importance aux diiifres , nous pourrions allonger démesurément cette note.

' C'est la classe des individus à professions libérales ou fortunes indépendantes qui fournit le plus de crimes oodtre les personnes, 87 sur 100 en 1829, 33 en i83o, 4$ ^ i83i. Sans prétendre tirer aucune conclusion positive de chîiTres aussi accidentels, nous les croyons dignes de fixer l'attention , ainsi que les suivans : sur 100 accnsÀ de crimes contre les propriétés, 38 ont reçu quelque instruction^ sur 100 accusés de blessures et violences contre des étrange|«, 43, et si c'est oontrede8ascendans,447 d'attentat à la pudeur sur des adultes, 45, et sur des enfans, 47 ; de meurtre 47^ d'assassinat 49, et d'empoisonnement aussi 49* L'instnu^on des femmes semble an contraire agir d'une manière tout opposée sur leur criminalité : en 1829 il y avait ao femmes sur 100 accusés,

MOBALBS. ' 197

La loi moiale qui «rrète» mr la pente d^un

en i83o lear nombre était réduit à 19, et en i83i il ne montait pins qu'à 16; en iSSa il se releva à 18 , et retomba à 16 l'année soixante. En 1828 et 1829 il y etft de

condamnés :

Homraet. Femmes. Rappori«

Ne gâchant ni lire ni écrire y 6S3j 2162 3,o.

Le sachant imparfaitement , 33o8 497 ^fi»

Le sachant bieo Y i3g9 iio 12,7.

Instruction supérieure , 288 5 56,6.

On ne put constater l'instruction de 3j^ hommes et de 104 femmes : la proportion des femmes criminelles di« minne donc quand leur instruction augmente. Mais,' avant d'en tirer une conclusion formelle » il' faut remarquer que rien ne prouve et ne peut prouver que les femmes se partagent entre ces quatre catégories d'instruction dans la même proportion que les hommes^ puis enfin que , l'éducation des femmes étant presque toujours en rapport avec leur fortune , la vie de celles qui sont au haut de Péchelle de Tinstruction est plus retirée, et moins exposée à des tentations et à des occasions de crime. ( eni833 la proportion des hommes sans aucune instruction était de 59 sur 1 00 accusés, et cel le des femmes de 7 7) . Avec l'unité de la substance humaine, cette influence contraire de l'instruction ne serait conciliable que par les différences qui spécialisent l'enseignement à chacun des deux sexes , et la seule que l'on découvre sous des idées et des formes identiques, c'est que l'élément rdigieux pénètre plus largement dans l'éducation des femmes. Philosophie du Budget, u. 13

plaisir nW point prooMilgiiée pwr des circoiistances accessoires que puisse révéler on initiateur ; loin de relever d^aucune , son essence est de précéder le temps et de déborder Tespace ; quand la passion parvient à la nier un jour comme décalogue de la conscience, elle se prouve le lendemain à titre de remords. Elle repose sur une base universelle et nécessaire, sur la substance de rhumanité elle-même ; mais les diverses théories que la science en a tentées y ont vainement cherché le principe qu^elles devaient reconnaître.

Ce n^est point le bonheur individuel : la liberté morale serait un non-sens , c^eût été à Pinstiiict déprimer et de moraliser la vie. Spécial à chaque individu, il ne s^ rattache nul caractère d'universalité, et la nécessitélui manquerait également; les penchans où il se com[^t et les jouissances où il se réalise se transforment et passait avec les accidens fugitifs qui les avaient déterminés.

Le bonheur général renferme aussi la loi morale dans le bien-être , le principe dans son résultat. Dans Fincertitude où il flotte, il ne sait à quel critérium contrôler les suggestions de régOKSme. Il ne s^appuieraitque sur la sympathie, et, voulût-on la supposer une donnée hurliani-

taire 9 au moms vam^-t-eUe avec aon objet, ae. modifie-t^^lle à chaque retour de la même ciiv oonalaDce ; son universalité n^aurait rien de fixe, sa nécessité , rien d^absolu ; et puisqu'elle n'agit que par des impres8Î(»is sensibles, elle opprime laraîson et suspend la liberté; la base de la moralité serait immorale.

Le deyoîr qui impose ses lois à Thumanité toiut entière ne peut les individualiseor dans une personne; le sentiment moral y trouve sa raison et sa force, ce n'est point Im' qui les fonde et les sanctionne. Si la morale se révélait immédiatement à la raison pratique, l'humanité ne serait point perfec^Ue ou la ndson ne serait pas humaine; pour établir le devoir dans l'autonomie, l'homme abdiquerait sa personnalité ou sa puissance. Le bien et le mal ne ressortiraient que du sentiment rétroactif qui accompagne la conscien* cède l'action, la morale serait empirique; et c'est raisontier dans un cercle que de baser le devoir sur le sentiment moral qui implique une moralisation assez avancée pour le reconnaître.

Le principe de la perfection fait reposer sur le désir les conditions déterminantes de la volonté, il introduit la loi qui la domine dans un de ses actes. D'ailleurs, libi%, le désir est personnel et

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empirique , nulle loi .générale n^en peut sortir; nécessaire , il est un effet, il n^est pas une cause; et cette idée de perfection enveloppe la connais-* sance du type humain, la conception de la beauté morale; pour fonder le devoir, on le pose en dehors de la conscience et Ton s^en rapporte à rintelligence ; par une pétition de principe bien étrange, on veut expliquer Pélément par la science, prouver le premier rudiment du devoir par la moralité idéale,

La théorie qui se rattache à Tordre imiversel repose sur une idée purement logique , qui ne renferme ni souverain bien, ni aucune obligation morale; il fsiudrait encore la conception de sa fin; la question n^est que déplacée, les termes eux-mêmes ne sont pas changés. Et cette reconnaissance de Tordre , du mouvement naturel de tous les êtres vers la fin de Puni vers, ne peut précéder la connaissance de chaque destination particulière ; si le devoir n'était point une invention arbitraire sans rapport avec la loi de rhumanité, il présupposerait son idée, il s'impliquerait lui-même. On ne saurait saisir dans les agitations progressives du monde un ordre qui n'y sera réalisé que par son état de perfection normale ; et parvînt-on à devancer l'histoire , a

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induire des fiuts la loi de leurs développemens et le but mystérieux où ils tendent , jamais dW ensemble mobile de lois transitoires, subordonnées à tous les accidens qui passent, on ne pourrait conclure une loi absolue qui domine tous les temps et s^impose à toutes les circonstances. La question de méthode devait précéder celle de système ^ et jusqu^ici les philosophes ne s^en sont guère enquis; sous Finfluence de leur recherches ordinaires , ils se sont engagés dans des Toies qui ne pouvaient aboutir qu^à Terreur. L'^empirisme ne recueille que des faits particu* liers, des connaissances relatives y qu^il reste à jamais incapable de résumer dans une vérité universelle. Tout savoir fondé sur des perceptions sensibles résulte de Tinterprétation d^un phénomène actuel par une idée antérieure f il procède de Texpérience et de la foi. Si le phénomène ne se relie à rien d^intellectuel qui lui préexiste , le sens le p^çoit comme fait ; maïs il n^apprend rien à Fentendement ; c^est une lettre à Fencre sympathique , dont Fidée seule donne le secret. A Fempirisme lui-même il faudrait la croyance, et les accidens qu^il observe ne légitiment une connaissance quelconque que par leur caractère général , par leur fatalité ; aucun fait libre ne

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peut servir de prémisses aux conclusions de Pexpérience : la vie morale lui est femtiée. Le dog-* matisme n^est qu^une forme de la pensée , sans acti<Hi spéciale et sans puissance créatrice ; il Êillait le pédantisme pour Êiire sa fortune. Il ne reccmnait pour vraies que les idées logiquement dérivées d^une vérité supérieure , et malgré cette nécessité de rattacher ses déductions à un premier principe qui échappe à sa preuve, il se déclare la source unique de toute connaissance; il ne comprend pas qu^en niant les vérités qui ne seraient point des conséquences , il rejette tout ce qui pourrait servir de premier diainon à ses raison^ nemens, et se détruit lui-même.

Il s^est rencontré un philosophe assez orgueilleux de sa force pour se dire : Avec ma raison , je créerai le monde; et il s^èst mis audacieuse^ ment à la tâche , mais la loi morale s^est dérobée à sa puissante analyse. Si Phomme s^imposait lui-même sa règle de vie, si le devoir restait subjectif y il ne serait plus qu^individuel , la morale ne reposerait que sur le scepticisme*.

' Le scepticisme n'est point pris ici dans son acception vulgaire : nous n'entendons pas l'incertitude entre deni opinions contraires, mais la croyanoe aax floctoatlou de

Ob nd peut Péleyer à la dignité de èàeoùe qu^en lui trouFant «oe autorité universelle y qui géué^ ralise les règles qu^elle impoae ; et cette autorité o^e& doit pas moins demeurer intérieure : car i, €B obéissant à des lois étrangères i la raison , <m abdiquerait sa liberté ; la morale rendrait toute ■ftoralité impossible.

Les cbjéU sensibles affectent Thomme et ser^ reiit de premier terme à ses développemens; les mobiles extérieurs influencent ses convictions <, mais ik ne dominent point ses actes : s^il ne se déterminait volontairement dans sa conscience , sa liberté serait une cbimère ^ aon devoir , un mot Vide deaens.!Être intelligent, il n^abandonne point sa vie aux inspirations désordonnées du capriea; la raiscm qui le guide n^a rien d^arbilEaîre dans ses desseins , die barmonise ses ac*tioBS a^ec sa nature, et le conduit à son but. la destination de Tbomme y c^est là le principe de ees devoirs , la loi de son existence : qu W la sépare de sa destination , et elle n^a plus de cause^ plus de résultat , plus de s^is ; qu^on fonde le devoir sur une autre base y et le devoir

k vérité, à son indivîdaaiisme; en d'antres termes, la

n^est plus nécessaire. Cette destinatioii , ce n^est point rhomme qui se la donne ; commune à rhumanité tout entière, elle ressort de la volonté du Créateur, et, par ce caractère de néces^ site , la morale échappe aux oscillations de Pin*^ dividuàlism^. Mais le genre humain ne fut pmnt condamné à errer en aveugle à la recherche d^on but qu^il ne saurait connaître ; Fintelligence divine ne Ta point destiné à vivre en désaccord avec lui-même , elle a fait tous les êtres pour leur place dans le système de Tunivers , et les a tous disposés pour leur fin. La destination de rhomme est la conséquence raisonnable de sa nature, et, par ce côté individuel, la morale rentre dans la conscience.

Quoique sa preuve scientifique soit impossible, la raison n^a pointa s^en intimider. Que le raisonrnement s^enferme dans des notions déjà acquises, et disjoigne leurs élémens, ou qu^illes groupe et les ordonne sous une cause nécessaire, il débute toujours par Texpérience ou par la foi; quelque audacieuse que soit la synthèse , elle n^avance que là où la connaissance ne manque point à son pied. Tout ce que Tobservation ne peut atteindre s^élève donc au-dessus de la preuve; rhomme croit à sa destination , mais il ne la sait

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point} cW un axiome de foi , ce ne peut pas être une rérité de démonstration ' • Si la croyance n^était un mode légitime d^acquérir des idées, la philosophie detriendrait la plus impuissante des inutilités } il lui faut une base supérieure à tout examen 9 un point d^appui d^où parte son analyse ; elle n^arrive à la conception du moi que par la croyance au monde, à la connaissance de la vie que par la vie elle-*méme ; si rigoureux que soit le dogmatisme , il ny a pas une pensée qui n'^implique une cre^ance ^. Prouver , c^est montrer ^ eW ramener les connaissances sous Tintuition du sens dont elles dépendent; pour les facultés réo^tiyes toute démonstration est impossible , elles ne prouveraient la vérité de leurs perceptions qu^en les recommençant ; il leur

' II y a ime foi pour les sens aossi bien que poar la raison ; jamais la démonstration ne conduira à nn monde phénoménal disidnct ; si elle reste conséquente jasqa'an bout y die ne laissera que le ehoix entre Tidëaltsme et le matérialisme.

* Hq;el l'a reconnu positivement t Es kein Glauben giebt» welches nicht Reflektîren, Raisonniren^ oder Denken âberhanpt , so yne kein Denken , welcbes nicht Glaidoeny wenn auch nnr momentanen , in sich enthalte. ff^srkê , xwolfter Band , S. 297.

ao6 DÉMfrMss

fkadrait se refaire une autre nature ; de paMves qa^elles sont ^ s^élev^ à la puissance des fiiooltés actives *.

On ne se méprend déjà plus sur la valeur des répugnances philosophiques qui méconnaissent la foi ; e^est lu deniik^ réoépée des doctmies quasi^matérialistes du dix^huitième siècle. Strn dogmatisme atibée n^aoceptait que les idées «pii passaient à travers la dbair^ il localisait FinteUigence d^ans les nerfs de la sensation, et fàçonnak Phomme pour servir de pendant à la statue de Gondillac : c^était se montrer conséquent que de rejeter la croyance. Mais le jour quW a aorti la raison de Fagrégat chimique des sensations, il a bienfigillu lui reconnaître une exist^^ce pr<^[Nre , un pouvoir spécial , et il seniMe même éCran^ qu^on ait attendu jusque là pour s^apercevoir que des vérités immédiatement évidentes ne pouvaient ressortir des facultés qui déduisent leurs perceptions ^. Lorsque la raison s^est dégagée de toutes les préoccupations sensibles qui ai-

' La croyanœ est mène pins oomplète ^e le savoir : elle &'a pas seulement la perception ou la connaissanœ de son objet , elle le sait d'ime manière oertaine.

* Nous ne prenons pas immMaUmmt dans im seas absolu : la consdence de l'objet prtf(sède néeessaiseniciit

tèrent 8a force et la paraljaent, elle découvre la destination hunudiie par une aperception intioie; et plus rhomine 8^affiancfait da dehors , phis U est komine^ plus sa fin serérèle dsôrement a son intuition . La preuve logique montre médiatement par Pintelligenoe ; notre destination fait mieux , elle se montre immédiatement dans la nature ; à qui la nie , elle répond : Sois homme et inteiroge*loi.

Ce principe, il est vrai , ne s^établit qu^ la suite de la morale, dont il se donne pour être la base , mais ce n^est pas une condition qui lui soit propre et qui Pinfirme. On ne classe les faits qu'^après les avoir recueillis, on ne légitime une science qu^après Pavoir ordonnée ; mais si t6t que l%omme s^est surpris agissant k Pencontre dVm motif sensible, il n^est plus apte à nier la morale, il Ta reconnue àpriori^\ et d^ailleurs, jamais une science ne peut sWresser à ce que , sans doute par antiphrase, on appelle l'homme naturel : à la logique il fiiut une raison déjà intriligente; à la crojance au devoir, c^est une raison morale ; le

sa creyanee, seolemeat U n*y a pas d'aoftr» intennédîaire que iui-inéme,

' L'acte moral ett la domimlkni de l'idée ditforicpw sur la ciroomtanoe.

2o8 DEPENSES

développement n^est pas moins nécessaire. Aa reste cette théorie n^est point une vaine surérogation de philosophie ; elle s^approprie à la pra«tique, dès les premiers pas de Thomme dans le monde. Sa destination est le développement de sanatare, et Diea ne Ta faite ainsi que pour concourir au but de sa création ; la moralité est la conséquence de ses volontés; avant la science , la religion la révèle et la sanctionne. L^enseignement le plus religieux est logiquement le plus moral; au début de la vie iln^ en a pas dVutrê^

' Rien n'est plus injuste que le reproche adressé aa Christianisme de s'être toujours montré contraire aai progrès de Finstraction. Voir Concii. Voêem.y 3*, can. i, an. 52g; Narbùn,, can. 11 , an. 58g ^ Ctofoesh, Y, y a», can. 7, an. 747; Àquisgran.,lïb, i, c. i35, an. 8i6. Grégoire VU ordonna aux évéques, dans le synode de Rome, 1078 y d'entretenir, chacun , dans leurs églises une école pour l'enseignement des lettres. Le Concile de Latran , 1 176, c. 18, accorda la liberté absolue et gratuite d'enseignement à tous ceux qui seraient capables d'enseigner, et le synode de Malines , i $70 , est allé pins loin encore : après avoir insisté , TU. (U Schola domifdcaUn pour l'établissement d'écoles du dimanche , tenues au besoin dans l'église , cap. 4 1 il demanda , cap. 6 , aux magistrats de condanmer à une amende les parens qui n'y enverraient pas leurs enfans.

MORALES. aog

Toute éducation repose donc sur la croyance ' : le maître qui n^enseignerait que des vérités dont il aurait la preuve en uiain ne compléterait pas sa première leçon; il trouverait au bout de ses raisonnemens un axiome indépendant, à qui toute autorité manquerait s^il ne lui engageait point sa parole. Une instruction pleine de faits et d^idées nW pour lui qu\me nécessité secondaire; ce qu'eidge avant tout son apostolat , c^est une vie religieuse, ce sont des habitudes graves qui inspirent le req)ect, c^est tme haute position sociale qui commande la confiance de Télève, et ne permette pas à Fexamen de discuter avec lui^.

Accomplir sa destination, c^est développer sa nature. Ce côté absolu du devoir, la conscience rapprend à Thomme, à son défaut la religion le lui révèle ; mais la morale ne serait pas humaine

' y oilà poarquoi les esprits naïfs qui ont peu vécu sont si enclins à la cré^olitë 3 c'est la condition nécessaire de leurs progrès*

' L'habit qae porte le maître, son caractère retigieax, l'autorité morale dont il l'investit , doivent exercer la plus précieuse influence sur l'esprit public. On a reconnu , dans la Revae Encyclopédique , t. XXXYII , p. 61 o et suiv. , qu'il n'y avait que des frères de la doctrine chrétienne dont on pût attendre le succès qu'ils ont obtenu , en Corse, à leur école d'Isolaccio.

mo DISPENSE»

si elle ne s^appliquait égalemoit aux pontions les plas diverses et aux eîrcoastaDces les plus opposées; une dans son essence, ^lle déviait d^une multiplicité infinie dans ses formes. Comme Pindividu, Phinnanité a safiù à atteindre^ et, comme lui, elle y tend par nnegravilation incessante. La Nature aussi a son but^ où la condiùt Pexpansion fatale de ses lois ; de cette mobilité qui s^agite perpétuellement autour de Phorame résultent de nouveaux rapports avec les choses et des devoirs progressife envers la société , auxquels il n^est complètement initié que par la science. Des principes abstraits fussent-ils suffi* sans pour la moralité personnelle ^ Tindividu doit son concours à Peeuvre de Phumanité, et ses rapports pratiques avec elle nesVpprennent que par Pfaistoire, ne se réforment que par la philosophie ^ L^instruction publique qui se laisserait

' La liaison da corps avec l'Intelligence es[t trop ëtroke pour né pas favoriser ses développemens par nue éducation gyrnnastiqne : les nécessités physiques s-opposeraient trop fatalement au progrès pour n'y pas pourvoir par l'instruction industrielle. L'étude des sciences naturelles et du droit civil peut seule initier Thomine à la connaissance de ses rapports avec les êtres impersonnels ; il n'apprend les devoirs publics de sa vie* que dans le droit

iiraAUS. ail

confiner dans une ^cialité, si étendue qu^on la lui accorde , ne comprendrait point sa tâche : on ne fait point sa part à la civilisation, elle embrasse la yie tout entière et se trouve engagée dans toutes ses directions. Qu^on en abandonne une seule au caprice ou au hasard, et Phomme ne marche plus à son but qu^en chancelant ; souvent les développemens qui lui manquent frappent d^utilité ceux qu^il vient d^aoquérir : il n^ a point de devoirs privilégiés auxquels le progrès puisse en sacrifier d^autres ^ .

criminel , ses devoirs éociauz envers l'État que dans le droit ipolitique, sa tâche dans Thamanité que por les enseignemens de la religion.

' Nous ne croyons pas qn'il soît possible de déterminer d'une manière exacte k nondire des enfant qui reçoivent l'instruction dans les ëcoles publiques^ et nous ne savons quelles conséquences positives il serait permis d'en Urer : nous n'attaehotift donc qu'une importance fort restmeânie à de pmneils chifireft 5 tou» cciu que nous allons cter sont Uin deno«ii paraître m^me probables.^ si nous n'eu corrigeons point plusieurs , c'est que nos substitutioBS n'auraient rien de pins Certain. Nous les empruntons à M. Kroger ( £^ neue franzosische Unterrichtsgesets , mit Aamerkuagea. Altona, i834) : États-Unis, i écolier sarShabitans; Morwége,sur6; Grande-Bretagne (1 830, sur 7 ; Prusse, sur 7,3 ; HoUande, sur S^%*y Suisse protes-

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