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CHAPITRE IX

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Il est des perceptions qui ne rattachent les phénomènes à aucune cause et n^en déduisent aucune conséquence ; Texistence d^un fait sensible leur est connue, elles Faccueillenl complaisam*-

tante , sur 9; Aatricbe , sut lo^ia; Belgique, sur 10,8; Laceme, Zong, Thurgovie, Friboarg, Glarts, Saint- Gall , Soleare , une partie d'Appeniell , sur 13 ; Irlande (i83i), sur iS^ Schwitz, Underwald, Uri, Teasin^Valais, Grisons, sur ao; France (avant la rëvoltition de jaillet), sur 2 1 ,6 ) royaume Lombard-Vénitien , sur 27 } Espagne, sur 27; Pologne prussienne, sur 5o; Sardaigne, sur 70; Portugal, sur 80; Pologne autrichienne, sur 80 ^ royaunie de Pologne ^ sur 100; Iles Ioniennes, sur 104; Grèce indépendante, sur 1 16; Russie , sur 700.

meut ou le repooMenI avec dégoût ; mais elles ne jugent que Fimpression dont il vient de frap-per les sens : là s^arréte leur compétence. D^autrès j trouvent une source de connaissances ; elles apprennent sa forme, ses qualités , ses principes ; elles découvrent ses lois et pénètrent son but : ce nVst plus un fait senti, c'est un objet compris et entré dans la science. Enfin , il en est qui, sans se renfermer dans une soisation matérielle » n^aboutissent cependant à aucune connaissance^ les idées qu^elles acquièrent ne se rattachent point au phénomène qui Jes éveille, mais à un sentiment de Tintelligenee : elles son t libres , générales , indéfinies , et se résolvent dans la conception de beauté.

La puissance d'éveiller ces perceptions n^appar lient point à des êtres privilégiés qu^isolerait des autres leur nature esthétique; produites tour à tour par la couleur et par les sons, par le mou* vement et le repos , la matière et la vie , dans la diversité des occasions où elles se manifestent , elles ne gardent à leur origine rien de constant et d^immuable qu^une impression sensible. Entre rhomme et la beauté la sensibilité est donc un iotermédiaire nécessaire, et les sens ne saisissent point les idées abstraites ; ils ne peuvrat entrer

Philosophie du Budget, lu 14

2i6 DEPENSAS

L'obligation du mieux ne cessé quWec k puissance de Taçcomplir ; mais la pratique n'est

neconnaissoia q.ae| les oQvragfis suivans : La Nauze^ Sur l'Utilité des beUes-ieUres; BiiaubéyDe l' Influencé d$s belles» lettres sur la philosophie; le disconrs deRonsseaa, et tonte la controverse à laquelle il donna lien; Ch. deDalberg, De l'Influence, des beaux^arts sur la félicUé publique ; De l* Avenir des beaux^wis dans la doctrine de Saint-Simon ; Bar(»i', Pericle, Dell' influenza délie belle^arti sulla publiea félicité ; Hall , Anattempt to\show that a faste for the h^autiu of Nature and fine arts has no infiiunce favoitrabU.to morale; Geliert , yon dem Einflusse der schonen Wissensch. ouf dos HerzundSitten; Boeck^ff^iekartndie Seete, durch dos S tu dium der scho. Wissensch, und Kànste zum wahren Guten ge= ienht werden ? Ktem , Vom Einflusse der schonen Kànsfè ûufStaaien et Ueber den Natun der bildenden Kànste fur die Gesellschaft ; Reiahold, Ueber den Einfluss des Geschr^ macks au f die Cultur der Wissensch. und der Silten; Wohl= farth , Ueber den Einflussder schonen Kànste ouf die Re=s ligion ûnd den CulUu , et quelques pages de Wessenberg , à Tappendiee de son livre : 1>4U Voiksleben su Athen im Zeitalter ,des Pericles , 8.271-279. On connaît la part. qae. les hymnes protestans eurent dans les saccès de la Réforme : le jésuite. Contsen dît en termes ex* près ( Liv. II , Chap. .19 ) : Eoi {Hymnos • Lutheri} plures animas quam seripia,etJeclamatîonts ocddisH, Toir aussi Gelhud, De mûdo propagandi reUgionem perearmi-' na i Olivier, L'Esprit d* Orphée y etc. Nous citerons encore le Pharroh des Irlandais , le Bansba des Indiens, le

éclairée que par la théorie , et il est des devoirs dont la loi ne s^est pas encore révélée : ils semblent trop douloureux et trop supérieurs à la faiblesse de rhumanité pour que la raison ose les déclarer nécessaires. Il faut un autre ressort pour donner la force d engager sa vie dans ces sacri*. fices volontaires qui remettent au cœur la foi à la vertu , et souvent la ravivent elle-même par l'enthousiasme de leur exemple : ce ressort , c^est le. sentiment de la beauté de son action ; le sens esthétique élève Thomme au dessus de sa conscience.

Toute personnelle qu'elle soit d^abord, la valeur dont on s^enorgueillit réagit bientôt sur Tes* time que Ton fait des autres ; on penserait se rabaisser en ne relevant pas l'humanité dans sa

Ranz des vaches des Saisses , la Chanson de Roland , ou platôt de Rollon , pendant le moyen âge y les Chants de Tyrlhëe, de Gleini , deKorner, etc. KIopstock a dit à Rouget de Liste , avec une exagération poétique qui n'exclut pas tonte vérité : Vous êtes un homme re* dontable, vous avez renversé plus de cinquante mille AUemauds. Massmann a dit aussi ( Dos vèrgangtM Jahruhtnd der detiischen LiUraiur) : L'Hymne marseillaise tua des milliers d'ennemis. On sait quelle influence eut sur rénergie que déploya le peuple anglais, lors du camp de Boulogne, la tragédie nationale de Shéridan.

ci'oy^Qçe : car on est solidaire d^ s% wuîlliire. On se plaU dpac à recoonaître à sea semblables une plu$ haute îixj^rtanoe, vue destination plus doihh; e'ert-'JediFe de nouvelles uéoessités à satis*» i^ûre, de nouvenux droits a tespfi^^Ty des devoirs plus éteudus à remplir : la kâ morale a^oçt agr^iEH* die , les beaux-arts Tont développée.

On ne s isole plus alors du geni'e humain dans une indifférence dédaigneuse ; on s^émenit de sympathie pour ses souffi^nces, d'admiration pour ses dévoûmens. Les hommes que les accFr dens de la vie ont rapprochés de sa destinée , on les encourage du regard et de la voix } et^ sl^ils mettent de Télévation dans leurs pensées, du désintéressement ou de la grandeur dans leurs actions , les développemcoos du sens esthétique les lui font saisir : on perçoit leur beauté morale; dn plaisir de sa contemplation nait le désir de la contempler encore , et tous deux se résument en amour. Une bîenveillaocej timide et froide n'est plus seule à disputer la vie à TégoiLa^ me ; il lui faut lutter aussi ooutreun enthousiaa^ me chaleureux qui ne compte pas avec )a sonf^ france; la periK)nnaIité s^étend, rayonne au dehors ; et , secouant le joug de sa chair, Fhomme s'élève d^un degré dans Téchelle des êtces^ et ^ '^^

mme dVne autre yîe. Bientôt un nBourralitam) ne $u$t plus : le |ikiair s'abnguît s71 nVigit à eon tour et ne remonte à aa sauxtïe ; en comtnvt. nîqu^nl m flaiDine , le éém cberdhe une ealisÊuv tîon plijis hcile et plus coin]dète 9 et ^ par une moralité pliia pure^ pardea sacrifices plus saints^ le aentiraent platçnjque ^ aspire a devenir de l^a^ mjtié ^ : 1.^ ^^ore Testhétique anticipe les pro^r grès de la morale , le senlîmenl e^eat fait le pré^ eiirsear du devoir.

L^'ntelligence de Thomme ae débat vainemietift contre Tétrêinte de sa forme, et les conditions 4e son organisme n ont rien de plus impérieux que les nécessités de la société où doit s'accomplir sa destinée^ Loin dedeaserrer ses liens et de lui sonlevep: la tête , la raison pèse encore sur le poide qui Toppresse et raccourcit sa chaîne ;. tous ses

' L*amour |>Iatoiii:]ue , doui l'usage a faiiS3é le sens pkilosopliiquer, ne rendrait plu^ notre pensée : Tamour de Platon n'est pas l*aaiour dégagé des sens, c est l'amour qui se passe même de réciprocité.

a gi r^mour, prQpreaieiil dit^ MoriMepliii irif qaa l'amitîé, q"e$l ^'M intjéiiMia aussi les teas doiit riiomtne ne peut entièrement s'affranchir ; mais an fond il lar souille. Lorsque le seMlim^nt est le plus «atbausiâste , qu'excité par une t>elle action ou u» noble devoûmeoi< il monte à son apogée , il n'y a plus de sexe».

devoirs sociaux seraient violés le joor où , rom^ pant avec la réalité , il se poserait orgueilleusïH ment dans les abstt^ctions de sa pensée. Mais sa formé actuelle le ravalerait plus bas encore si , toujours comprimée dans un indigne esclavage , ritKtèlligence ne pouvait par momens s^ouvrir une voie à travers la matière et ressaisir une part de son indépendance; par Fimaginat ion elle re-^ cale les bornes du fini qui l'étouffé , du réel elle s'élance au possible, d^une dégradation fatale elle neutre dans la* liberté du progrès ', et Piroagination n^apprend à voler qu^en déployant ses ailes. Vainement Dieu Taiira chargée d^agrandirPhori* 2on.de rhumanité et de la relever de sa déchéance y elle restera frappée de mort dans son germe si le soûf8e:de la poésie ne Téchaufife et ne le féconde^.: '

L^éducation ne se met à l'œuvre que pour une fin qu^elle connaît et veut atteindre ; si quelque modèle n'éclairait ses efforts et n^^acourageait

^ Les Greci avaieiit bien compris le rôle de l'art dans l'humaoitë : ils- y reoonnaiMoieDt l'inspiration de* Bac* chus , ' la force eicttaat et fécondant tout . > Le pouvoir q^i perçoit le beau et le critique a la même essence que le pouvoir qui le crée : il n'y a que l'activité de moins.

MORALES. ft21

ses progrès^ elle poQimikrait au hasard une uto* pie sans raison et sans idée. Que Thomme le choisisse sur la t^ire , ou qu^il le crée dans sa pensée, il faut un but à ses efforts, un idéal k sa vie. Le nHxlèle ne tient sa puissance que de sa pureté ; c'est par sa beauté qu^il éveille le désir de rimiter, par le plaisir dont elle émeut Tesprit qa^il fixe son inconstance , par Faràour qu'elle inspire qu'il soutient la volonté dans ses défaillances. Celui qui contraste plus ouvertement avec les imperfections du réel , et repousse de plus loin les nécessités temporaires qui Tavilissent, oelui*là donc excitera un désir plus impé*rieux de s'en affranchir; plus complètement que les autres il en donnera la force , et la raison se subordonne aux faits qu'elle a saisis , sans pouvoir en dédaigner un seul ; elle les apprécie dans leur signification actuelle, sans les élever à leur valeur k venir. Tant qu'une intelligence supé-rieure pousse au progrès par Finitiation à des vérités moins partielles et moins étroites, un modèle intmeur n'est point nécessaire; mais Téducation cesserait au seuil de l'école, si Pi* niagin'atibh ne remplaçait la parole du maître et n^attirait au bien par ses rêves du mieux. En yain s^en rapporterait-pn k la science du soin de

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développer rbumanité : 1» aeienee ne devanee point les fuits ; quaad l'iijatoîi^ Im a déimilés , elle le3 clause et lea çrdonqe; jusque la aed coaçlu^ioDS resteraient aaos prémisses et ses yéritéa sans bases, si» en comblant les lactines, 1 ioiag^ nfiUon ne complétait sa synthèse « et ne )a soulevait $ur ^es ailes. Et d'ailleursi la science n^esL qiVgne idée vide, impuissante à gouverner la vo^ looté; elle n^apporte à Tbonime aucun ressort nouveau qui le forti^ et le grandisse. Son action suppose une intelligence asse^ développée pour la saisir, une raison assez, domiinante pour lui aoa« mettre la vie, et souvent l'intelligence darde à peine quelques pâles rayoiM à travers son env^ loppe , souvent la raison ne sait point oneora comprimer les entrainemens de la jsensibiiité ; la théorie fut-elle eomprife, la force manquerait k la pratique. L'initiative de Téducation ne saurait donc appartenir à la sciure; U lui faut un piXH grès acquis, d^QÙ file parte pour en conquérir un autre; cW par Factivité du sentiment que rfaumanité prépare Vaction de la raison, et comr menée ses premiers développemens.

Telle est la missi<w initiairioe dont la I^vi*dence chargea les beaux>-arta , telle leur néces^ site sociale i les devoirs que la civilisation n^a

pas encore révé)é$i jU le$ furophétiaent; lesidéw qu^ajaurnç la.^ieoce, 11$ les mpfiètmk^ la force que la raison ne trouverait pas dans ses insttncto^ ils rinspireut au sentiment, CoBtraint chaque jour d^appliquer sou intelligenoe a des études que ses bornes rendent exclusives , l^omme la verrait bientôt se rétrécir encore ; bienlAt il teni* berait dans )a stupidité d'une idée fiq^e, si Pima- Çination ne ravivait sa puiasanee , et ne Parrachaît au positif de la vie. I^a Nature ne s^éCodie que dans des fragm^ns inooœpletsr àont on ne connaît pas même la valeur f son unité échappe au témoignage des squs; ses lois générales res«* teiit impénétrables à la science ; ca^ mt peut s^é«* lever à rintelligence de son but et de sa vie que par la conteraplalÂon de sa beauté : ses rapporta actuels avec le genre humiûn n^ont point diantre révélateur que ia poésie. Les peuples sont sépa« rés par des intérêts difTérens ; le sol et le climat de leur patrie les ont marqués d'une empreinte individuelle ^ leur passé se continue dans cha-* eiiae de leurs pensées; autres sont leurs habitudes, autres leur mission et leurs développemens. Comment se rapprocheraient-ils d'aune existence commune, et tendra ient-ils incessan^ment à se confondre dans Phumanité, ai des sentimena

communs , indépendans de Faction du passé et des fractionnemens de Tespace, ne |l6$ rappe* latent tons à Funké de la nature humaine? Ces sentimens, assez acttfe pour faire contre-poids à toutes les tendances égoïstes, assez puissans pour garder leur liberté dans les entraves et les fata* Utés de là Tierce sont les beaux--arts qui les inspirent; c'^est par leur influence que Thomme se relèye delà dégradation dont Ta frappé sa forme, et, que les peuples apprennent que , malgré les divisjk>n8 politiques où les disséminent les nécessités de rhistoire , des sympathies et des aspirations communes les relient en faisceau par la base. L^État qui ue consacrerait pas à leur protection et à leurs progrès une large part de son action n'aurait point Tintelligence de ses devoirs : il pourrait encore administrer le présent, mais il abdiquerait Pavenir '•

' Ce s'est point dans le fait de la sensation que Tessenoe.de Kbeaatë repose s la sensation est individuelle , elle se modifie à chacun de se^ retonrs , elle varie pour chaque intelligence^ et la beauté se reproduit fataleoient dans une idée constante. La forme lui sert d'intermédiaire» mais elle n'en procède point; puisqu'elle apparaît indifféremment a l'occasion de formes diverses , sa cause est dans l'essence des objets esthétiques. Jamais y cependant.

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