‹ Philosophie du budgetChapitre 37 sur 50 · CHAPITRE M · texte numérisé non relu

CHAPITRE M

Ce n^éVaitpas encore assez de porter le dédain des besoins et des idées des peuples jusqu^à vou^ loir abro^r leur bisloice et ies «ncbâftser de wvffie force dai^ une Gcmstitoftioii abstrakef its Ait«r-

/ Noas ne connàissoas d*oavrages spéciaax que ceux de M. de Rotteck ( Ueber slehende Ueere) et de M. de Chambraj ( Derniers Chapitres de la Philosophie de la Guerre ) ; mais une foule^ de pablicistes en ont parlé accessoirement ; noos citerons ^ entre autres, MM. Cb. Comte , Say , von Aretin , Zacharià j Politz, Welker , Murhard , etc. Quant à l'histoire de l'Armée , nous citerons Sanches de Luna , DelU milizie Greca e Romana ; Lbhr f Dos Kriegswcsen der Griechen und Rimer ; Hoyer» Geschichte der Kriegskumt ; et les ouvrages de MM. Carion de Nisa0 , de Pré val et de La Roche- Ay mon.

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Bas institutions politiques qui n^ont de valeur que par leur harmonie et Le rôle qu elles remplissent dans le mécanisme de TÉtat , la théorie les démembra pièce à pièce, et se mit à leur composer aussi un type philosophique dont il ne leur était plus permis de s^écar(er. Elle prétendait les or«ganiser à part^ sans daigner s^apercevoir que , si leurs cQQtre-poids ne subissaient point une égale i^fonte, las garanties de la Constitution deviendraient vaines, et laisseraient lies destinées socia- }e$ flotter à Tabandon sans protection et sans règles. Son intelligence n^était pas seulement assez large pour embrasser une des branches du pouvoir dans son ensemble, et pour lui ménager les moyen» de remplir toutes ses fonctions : elle nVn saisissait qii^une seule , 0t lui sacriQait stupidement toutes les autres^ Parfois même ce n^était pas de ses services qu'elle se préoccupait , mais de ses dangers, et son organisation n'avait en vue que les moyens de lui lier les mains , et de neutraliser son existence.

Tel est au moins le but que semblent se proposer les publicistes dans leurs utopies de VAx^ mée. Parce que Napolcon foula sous la c;ro$se de fies.grewdiers les libertés publiqu/ss, ils oublient

que la Grande- Armée s'élevait comme une mu-» raille d^acier entre le sabre de l'étranger et Pindépendance de la France : ils ne se souviennent pas que naguère un prince fut renversé par la pique de quelques bandits avinés, et qu'yen lora* bant il creusa dans la société un trou qui ne se referma qti'après avoir englouti cent mille cadavres. Quand les bouillonnemens d'aune populace abusée empiètent sur le domaine des autres pou^ voirs , en la contenant dans ses limites , T Armée maintient la Constitution , et la théorie ne voit dans les soldats que des machines de destruction, et dans les rois que des usurpateurs : elle ne songe qu^à sauver les libertés du pays des entreprises de ses troupes , dût-elle abandonner son honneur aux insultes des étrangers , et ouvrir sa frontière à leurs brigandages. •

Peut-être, au reste, les succès qubbtinrent les Romains avec des armées temporaires aidèrentils à croire à l'inutilité des armées permanentes : heureux de donner Pautorité d^un pareil précédent à ses idées, on ne voulut point remarquer que leurs instituticms militaires ne pouvaient arrêter leurs victoires , puisque leurs légions n'avaient à combattre que des troupes composées

des mêmes élémens, et comme elles improvisées à la hâte ^ Ici d'ailleurs les eoseighemens du passé ne feraient point foi pour l'avenir : trop grandes sont les différences quWt apportées dans les qualités du soldat et la tâche des armées les progrès de Tart militaire. Chez les anciens il reposait sur la force individuelle : chacun se battait en combat singulier, sans ordre , sans méthode, à son heure et à sa place ; point d^ensemble dans Pattaque ni de plan dans la bataille ; exalter la force des nerfs par la force morale, là se bornait à peu près toute la tactique ; le général faisait des sacrifices aux Dieux et des harangues à Tarmée , puis il redevenait soldat , et combattait de son corps comme les autres. Le citoyen qu^au jour du besoin la Patrie appelait au service militaire avait fait toute sa vie son apprentissage de soldat : il ne fallait que la force et Tadresse d^un athlète , et la gymnastique entrait dans ses habitudes et dans ses goûts encore

' Il eût fallu ain$i se souvenir que les Romains durent leurs succès à la persévérance ^ bien plus qu'à Tart militaire; au début de la guerre ils étaient presque toujours battus par les troupes qui avaient une organisation ou une tactique ditîérentes ; les Gaulois , Auuibal , la pha-« lange macédouteDBe , les Parthes , etc.

plas que dans Véducation ptiblH{ue; sa sûreté dans les combats lui en faisait une nécessité ; son ambition de popularité et de gloire , nn devoir et ttn plaisir. Dans ces démocraties si voisines et si turbulentes, à chaque instant de la théorie de la place publique on passait à Fapplication sut un champ de bataille ; et, après s'être perfection^ tiés dans les camps à la pratique des armes , les citoyens retrouvaient dans la Cité, outre un cii^ que et des loisirs pour s^exercer encore , des esclaves qui les dispensaient dés professions industrielles, où se serait perdu leur esprit militaire, et des labeurs de manœuvre qui auraient alourdi leurs bras.

Mais lorsque le* guerres ne furent plus des excursions d'une semaine , où Ton s'engageait comme à une partie de chasse ; lorsque de socia* les elles devinrent politiques , et ne meûacèrent plus chaque citoyen d'un dangertellement di-» rect , que la Patrie dût compter sur la bonne vo-» lonté et le courage de tous ; pour prévenir la désertion et la mollesse , il fut nécessaire d'introduire dans les armées une discipline plus rigou- VL'use , de donner aux chefs l'habitude du com- HiaDdement et aux soldats celle de l'obéissance. L'admission des ^prolétaires au service niliteira

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rendit ces uuEK>vatiao$ à la foU plu$ urgentes et plus faciles ; on était forcé de leur ^lasigner ua^ solde plu4 régulière , et cette solde permit de les soumettre à d^ contraintes plus gênantes^ h ux^ service plu3 pénible et plus lpQg< ho patriotUn^ manquait à ces mercenaires sans droit de cité et sans intérêts engagé^ dans les destinées commu-^ nés ; toute confiance dans la fidélité et le courage des armées serait devenue une imprudente folie , à. quelque ressort nouveau n^eût remplacé celui qui jusqu^alors en avait répondu : ce fut Tamour du drapeau et la sévérité de la discipline* Uœuvre d'un jour n^eût point suffi à les împrorviser \ le temps entrait désormais dans les élémens nécessaires de l'année , et comme à chaque instant des circonstances imprévues pouvaient requérir son intervention , il fallait la garder en peri^oanence. D'ailleurs, après de longues guerres, il était imposj^ible de dissoudre en masse des légions de prolétaires habitués à la rapine , qui n'avaient que leur sabre pour moyen d'existence, et ne se oonnaissaienf envers leur patirte d'autres devoirs que ceux de la discipline, dont leur licenciement les aurait aiFranchis. Les nécessités de l'ordre intérieur se joignirent aux garanties de

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PindépendaDce nationale pour exiger la perma-' nence des troupes.

Les changemens que Finrention de la poudre introduisit dans la tactique en apportèrent aussi dans la constitution des armées : des individus la force était passée dans les masses ^ ; le problème à résoudre citait une organisation assez puissante pour leur donner à toutes les mouvemens d^un seul homme et les animer de la pensée de leur chef; à Tapprentissage individuel du métier militaire devait succéder Texercice général des masses. Les soldats ne trouvaient plus dansTinstinct de leur défense personnelle les qualités de leur état ; instrumens passifs d^une volonté étrangère, ils ne s^engrenaient comme des rouages mécaniques dans la grande unité de Parmée que par le sentiment de la discipline et la science de ses moyens : chaque jour le progrès leur en ren-. dait les conditions plus diiSîciles; laf<»rcede leurs

^ Napoléon dat ses plus grands succès à une concen» tration rapide de ses forces sur nu même point ; et, avant de recevoir une nouvelle consécration de se» victoires , cette vérité s'était déjà vulgarisée dans ce dicton populaire, beaucoup moins irréligieux qu'il ne le semblait à M. de Maistre : Dieu est du côté des plus gros bataillons.

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munies n'anrait plus suffi , si , en là dirigeant , Tintelligence ne Pavait augmentée ; et, pour soumettre son action à une régularité systématique^ pour garder leur uniformité d^obéissance , cha^ que jour un plus long apprentissage leur devenait indispensable *•

La volonté du commandant n^était pas omniprésente j elle n'avait pu prévoir toutes les difficultés, neutraliser tous les accidens : Texécution ei\t défailli à la pensée sans des officiers assez in* telligens pour la comprendre et Tinterpréter aux autres , assez dévoués à la discipline pour concourir, par des moyens qu'ails désapprouveraient, à des victoires qui ne leur appartiendraient pas ; et ces conditions resteraient encore insuffisantes si le général et les soldats ne les avaient déjà re«connues. Dans des armées levées à la hâte sous le coup d^une nécessité , la théorie du commandement et la pratique de Fobéissance manqueraient à la fois : la force de Tattaque est dans son unité , le succès de la résistance dans la cohésion des rangs, et chaque soldat se battrait pour son compte ; enrôlé de la veille , il ne connaîtrait ni son fusil ni son drapeau, et refuserait sa cooftanee

^ La Cavalerie, rÉtat-Major, T Artillerie, le Génie.

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à $68 che& et soq concoora à ae^ camarades : sans aimées permaoeates la tactique moderne est im^ possible ^ *y rÉtat doat on await OFaint de cain-> promettre la Constîtutioa par des institutioos mi* litaires périrait soiis les premiers coups de Ten- Demi qui voudrait exploiter sa faiblesse*

D^ailleurs^, une usurpation par la force armée ne se tente point dans des temps ordinaires : il £iut des désordres intérieurs qui désunissent les résistances de la nation , et la désaffectionnent d^une forme de gouvernement impuissante à lui conserver les conditions d^ordre nécessaires à ses développemens; ou des triomphes militaires qui Aient associé Farmée à la fortune de son chefj et créé un intérêt soldatesque en opposition avec la raison et les sentimens du peuple. Dans les circonstances qui rendent un usurpateur militaire possible, il y aura nécessairement une armée sur pied} et, quand Ja Constitution la tiendra pour une calamité passagère , elle se mettra» plua vo-

1 Noas ne parlons point de la partie machinale de Parmëe; l'apprentissage de ta manœuvre peut certninement itre ^bréfé et mipplifi^ « mats la partie savanle (et nous y comprenons les cadres) restera toujours né* cessaim.

MLtTIQQW. d8f

lentia^ un deiTice d^une révolution qui gonmti-^ nit son existence et loi reconnaitnitt des droits V Et cependant, sa condition transitoire Pempàcbe*' ra d'entrer suffisamment dans les prévisions du législateur : trop de précautions exceptionnelles accuseraient la Constitution d^impuissance, et les circonstances extraordinaires où 1 W appdlerait les citoyens aux armes les déjoueraient encore. Une armée temporaire , cVst une force de plus sans nouveaux contre -poids, une force immen-»* se t car on lui a donné le sentiment de sa néces^ site ; une force qui ; par le seul fait de son éxw stence , investit ses diefe de la dictature. On est smii de la Constitution , et il ny a point de pré'* cédens <^ appliquer aux exigences d^une crise \ sous une forme qui soulève moins de résistances

' Il est vrai qae l'esprit soldat se formera plus diflicilement daas ane armée sans passé et sans avenir; mais mie lengae comfDVDaottf de {alifoes oa l'orgueil de <|nel» qWMvietocRe n'f parvient pasmoiat toiyoort , et alorp raturpaiioB ^t imminente. Car les rapports des troupea temporaires 9vec le reste de la Dation ne sont réglés ni par la loi ni par Tasage , et il en résulte des froissemens locaux et des luttes partielles , qui ne tardent pas à lei désunir, comme deux partis dam I^ïat , et à lear cr^r des intMtt #p|>ei4i.

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Tasurpation est accomplie. Ce qU^OD doit atten.-' dre de masses arrachées de la veille à leurs habitudes et à leurs goûts, ce n*esi point un patrîo* tisme à toute épreuve; mais la haine de leur esclavage militaire et du Gouvernement qui le leur impose ; mais une indiscipline qui ne permettra plus de régularise!* leur action ; des oppositions d^intéréts qui la diviseront et détruiront son influence : IcHU de désarmer les guerres civâes par Tappareil de leur front de bataille , elles promet*- Iront des auxiliaires à tous les partis et des ixy^ strumens à toutes les ambitions.

Dans Fexistence des armées permanentes il y a,. au contniire t pour la Cojistitation >» des élémens de stabilité que sans aveuglement on ne saurait méconbaitre* Lès populations ne s^emportent plus à la révolte dès leur première bouffée de colère^ quand elles savent trouver autour du trône une force armée, étrangère à leurs passions, qui ne tremperait point dans leurs violences : avant que leurs mécontentemens ne s^expriment par une révolution, leurs murmures avertissent le prince des erreurs de son pouvoir, et il détourne la collision par un gouvernement plus populaire. Lorsque la Constitution a pourvu par la loi à toutes les éventualités qui peuvent inor

pinément sargîr et entraver' les destinées du peuple, il n^est plus nécessaire, pour les combat^ tre, d^abandomier au souverain aucune autorité discrétionnaire : on la renferme dans une aclion plus restreinte , et cette modération lui apporte de nouvelles conditions de respect et de durée. Son exercice provoque moins d^alarmes, ses froi»semens blessent moins de susceptibilités ; et des moyens d^ordre qui comptent dans les calculs des par|is , et leur montrent la nécessité de la paix , au moins à titre de prudence , n^ont plus besoin d^entretenir ^inquiétude par leur mystère , et de frapper d'épouvante par leur rapidité et leur violence • Les armées sont donc un élément de plus à faire entrer dans Péquilibrede PÉtat; non moins que les progrès de la tactique , de long-temps Pintérèt de la civilisation nationale ne permettra point au législateur de renoncer à leurs services. La force dont elles pourraient abuser, il faut la neutraliser par le mécanisme de la Constitution, et mettre des garanties contre les dangers qu'elles présentent dans les élémens qui les composent , dans les principes qui les organisent , et dans les lois qui les ordonnent.

Mais leur existence n^est point une donnée essentielle de la vie d'un peuple : elles sont un

moyen d'ordre et de cooseriratioA | «lle$ ne 9ont point un principe organique; il y aumit à ka entendre au delà du besoin des circonstances une fiuite ans» grave que dans rimpolîtîque m^AOce qui les réduirait Jàu deasous de leur tâche s w serait coin pliquer inutilement ks rouages de ÏÈ^^ tet , exposer .son action à plus de froi$ssinei[>s #t sa stabilité à plus de périls^ La force qifte Tarroée n^emploierait potnt à des services serait donc une exubérance et un danger i sa oonslitution reate oéoessairémeal; tranaîtoire; elle ne résulte point d^an râle ihéoriqtie dans la développement des nations , mais des «obstacles matériels qui le suspendent ou lentravent. Ces obstacles pt^è^ vent venir du dehors > et la plus hante niis^ aian des armées est de garder la civilisatm des atteintes de Pétranger : c'est la première règle de propoitionner la force de leur ré««atatioe à celle de PaÉtaque^ de prendre en consîdératkMi dans toutes les questions d^organîsalma militaire les chances de la guerre ^ , ses difficdU-

^ L'absence de vo'uîns redoutables (les États-Unis d'Araëriqne n'avaient, en 18289 que 6 igfS soldats: Rôding, America, 1829, I, 34q) 9 les rapports de civilisation et de fbrhies comstitationaeltes , l'opposttion et la concor^ éttnee de leurs intërtti politUfaes , eamoieféiaux «t in*-

téeS et tes réssdurces mtardlesipie le Couver^ tiement trouverait pow la repirasaer dans les ta^ bitodea % lea optniooB ^ , les mtérèto ^ et la p<vpmlalioii ^ du paye. Qaelqfiefoia eooore des Itoih

dustrieb ^ les MmivviiîM et lervioes <iMi d'iBJttreB ; la côm^ mattoDl^ it l^nfÊtt , d'origuie , de erorfâKicies ^ etc. } «me iiamle prééMteeiiee toorale qa'on ne peut senger-à ni«r, eonitte celle d^BlBe inétropoie <«rea ooiODÎè ^ de la Co«r de Rome mxr le-mettde ealiM>liqtie y ete^

' L'étendae de la frontière , «a niftuve , ^ e0iifi(^mticm^leiaceidcttsân sol ^ les phidet faites , «etc.

* CfAIes qai formait l'e9prit gtiemier , el 4e r^p«aâeiit dBDS led cAasses bourgeoises , fergamsafton toilifaire *êe teutftioa; en Prusse les dem fcani de 4a Landin^r ae mentent btcc la réserve de guerre à 41^1^00 hettMiiefr.

* La haine de l'étranger , le patriedîsme , raaionr ^ la gknre , de la fiiberttf 9 ete*

'* Ms dépendent de la aian<ière fAas on ittoinè eiviliftfc 4eeit se 'fait ta guerre, de la riehesse indiridaelle » du benbeur delà natiefa , de «es rÉfpperts de ooafianoe^t d^amewT «rvee «on Ooayemenieat.

' Ce n'est pas 'seulement paree-qnf'vne poptflation prias nombreuse oppose natorellèaDent plus d'iriistaeles ft une tentative d'invMion , et dffre plus de facHîtés pour larèpotuser X c'est atnsi parce que tous les peuples ne 'Sont pas également propres à supporter les fittlgues de la guerre. M. de Chambray dit dans ses Btrmivn Ckapitm ds U PKthsophh 4t te GuÊTf , p. S6 , qu'en Prusse , sur leoyoeo jeunes geu^s de 20 ans» OartofiRe sont propres au

aga dépenses

bles.civik compriment le progrès et ^ajôaraen^ Fautre mission des armées c'est de les prévenir par leur contenance , ou de lés apaiser par leur force ; et elle doit aussi se mesurer sur les élé^

service, etqa*en France il n'y en a environ que 56 mille. Ces chiffres pea vent être exacts et invariables sans qu'on ait le droit d'en rien conclure pour l'aptitude respective des deui nations au service : les conditions ne sont pas les mêmes. En Prusse personne n'est di^nsé ^ et notre loi de recrutement admet six cat^rtes de dispenses , dont une (un frère au service ou mort sous les drapeaux) ne laisse pas de s'appliquer à beaucoup de conscrits (nous ne sayons.méme si le releva de M. de Cbanybray n'est pas &it sur les résultats des premières années de la Restaaration j où le nombre des frères dispensés était fort considérable ). Nous ignorons si les conditions de taille sont les mêmes et si elles ont été judicieusement déterminée* ; puis il est certain que , le service étant plus long » et par conséquent plus pénible en France , on y doit prononcer plus d'exemptions pour faiblesse de constitution. Il faut remarquer aussi que l'intérêt mUitaire des Conseib de Révision est diamétralement opposé dans les deux pays: en Prusse il demande une grande sévérité , chaque homme jugé propre au service fait un soldat de plus ; chex nous 9 au contraire , il ne trouve jamais les exemptions assez faciles; l'armée n'en a pas moins son contingent « et il est composé de recrues plus robustes. Ces différences dans les qualités du soldat. et la position de leurs juges contribuent sans aucun doute à la diversité des résultats ,

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mens de désordre intérieur \ sur la solidité que trouve la Constitution dans son équilibre, sa popularité, sa cohérence à tous les intérêts de la patrie, et sur les foyers de résistance que la bourgeoisie opposerait naturellement aux révolutions ^.

Ce double but ne s^atteindrait qu^en satisfaisaant à des conditions contradictoires que la théo-

et elles n'exerceraient pins d'iuflnence dans le cas d*nne campagne volontaire , sut* le sol de son pays^ mais les caractères physiques qui individaalisent chaque nation n'en restent pas moins un fait qu'il est impossible de méconnaître. Il y a encore des aptitudes morales qui varient beanconp de peuple à peuple ; toutes les troupes ne supportent pas avec la même facilité les marches y les fatigues, les privations ; toutes ne sont pas aussi naturellement disposées à la cohésion; toutes n'ont pas le même élan dans l'attaque , et ne gardent pas dans les revers une intrépidité aussi persévérante.

1 D^ Jibertés politiques étendues , une mauvaise distribution des richesses et de la population , la déshar* monie entre le droit et la ibree y de grands centres manufacturiers , etc.

a Des mœurs douces , des habitudes esthétiques, des croyances religieuses développées, une hiérarchie sociale étroitement liée, une aristocratie enracinée dans le sol et dans l'histoire , une influence sacerdotale puissante , le morcellement du peuple en partis opposés , etc.

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ne se déclara impuiâsânte à concilier : elle èé* tomûne riikflueiioe qn^eutttieht s&t la vie des peuples leBdiSé^em systèaies d^organisatiûn mi* lltaire , et abandonne leur choix k la nécessité de^ circonstances. Elle sait q[tie , sans devenu menaçante, Parmée ne peut intimider les projets de TeBiiemî et arrêter seis agressions. Il lui faurdm une dîaoipltne sévère qui donne de Punîfé à ses forcés, une obéissance passive cpii Tanime d'un seul et même esprit , une foi aVeugle dans ses chefs qui éxàKe encore son courage par l^attente de la victoire. Elle se séparera du reste du peuple par ses habitudes et ses espérances : la paix rimportunera , cW ua repos sana avance^ nient el sans éelat ; son ambition de gloire ap'^^ pellei*a la guerre, et dans les luttes qui surviendront entre la nation , qui contrarie ses intérêts , et le prince, toujours disposé à les servir ^ on saura d'avance daqs quel plateau elle jettera son

Il nW qu\in moyen de la rettdre amie et, an besoin , gardienne des libertés de la nation : c^est de la composer d^élémens qui portent et conservent sous la tente les besoins et les idées du foyer de la famille. Cest donc avec raison que lesar^ mées mercenaires alarment lessusdeptfbilitésdu

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peuple; ind^sendAntes de son influence et désintéressees dans aea progrès , aucun lien ne les raitacliâ à sa fortUBeç elles ne connaissent que le chef qai les commande et qui les paie ; heureuX' encore si , dans 1<bs conflits ou il peut se trouver engagé avec leur patrie , elles ne désertent pas trailreusement les intérêts qu^il avait confiés àleur fidélité et à leur courage ^ ! Dans Tantiqui-^ té, les esclaves étaient en dehors de la vie huma^ niraife; étrangers à tous les sentimens des ci-toyens , pour autoriser à les armer soldats , il fallait une de ces aveugles nécessités qui , pour sauver le présent, font, perdre tout souci de Pav^ nir. Durant le moyen âge, le christianisme avait bien aboli Tesclavage de Phomme, mais la poli*^ tique maintenait encore dans tonte sa rigueur

^ 11 faut cependant remarquer, à la gloire de l'état militaire, qtt'il développe tellement le sentiment de l'honnenr^ que la trahison y fut toojours fort rare, même parmi les oandottièri. On doit aussi reconnaître qu'il peut se rattadier queiqire grave intérêt politique à la prise à sa sbide dtf treapes étrangères ; sous la Restauration , par exemple, les régimens Suisses étaient la plus puissante gamàtie que l'on pût avoir de la neutralité amie de là Con-> liMévatiDn HelvétiqidLe y peut-être cet avantage n'a-t-il pas- été atsez^ apprécié, et sans lu révolution démocra* tique da 1881 ne serait-an plus è s^en ap«i«eveir.

agS DÉPENSES

rasservissement du citoyen; et, quand même la tactique du temps se tût accommodée de troupes recrutées à la charrue , la prudence du Gouvernement ne lui eût point permis de remettre son sort et sa force à des mains qu^il avait déshéritées de leur légitime influence \ Mais, à présent que rÉtat reconnaît et sanctionne les droits que confèrent les développemens de la raison, toutes les classes doivent concourir indistinctement à la formation de Tarmée. Non cependant qu^elles puissent s'y amalgamer sans proportion et sans règles : puisqu^on ne rend une collision impossible entre la nation et ses forces militaires qu'yen les animant du même esprit et leur créant les mêmes intérêts, Tordre ne sera suffisamment garanti qu^à la condition que chaque classe gardera dans l'action de Tarmée la part d^influence qu'elle exerce sur les destinées de la société '.

1 Aussi voit-on des révoiaUons dans Tart militaire de-» venir une conséquence des révolations polîtiqnes ^ la Charte de Jean Sans-Terre créa les archers anglais , et Témancipation de la Saisse son infanterie.

3 L'aristocratie politique nécessite une aristocratie militaire fondée sur le même principe ; si l'aristocratie est nobiliaire , l'officier fait ses preaves de noblesse j quand elle repose sur la fortune y il achète son brevet ^

Un mode de recrutement qui ne tiendrait aucun compte de la hiérarchie des différens intérêts, et constituerait démocratiquement les troupes d^nn Etat appuyé sur des prérogatives aristocratiques, irait stupidement à Fencontre de son hut de conservation et de paix : il mettrait les armes h la main d^une révolution, et la provoquerait incessamment a s'en servir.

Rien n^est ainsi plus impolitique que d^enrô^ 1er par la voie du hasard : c'est faire une peine individuelle d'un devoir de citoyen, et abandonner à un sort aveugle les élémens d'une institu* tion dont laraison reconnaît Fimportancesociale ^ • On renonce au seul principe qui pouvait mainte^ nir l'esprit national dans Tarmée ; on lui crée des besoins et des sentimens à part , qu^elle ne parvient à satisfaire qu^en dehors des développemens du peuple, au péril de ses intérêts. En ne levant

>à où elle n*est plus que la reconnaiisance sociale de la «upëriorité de rinteUjgence , il gagne son grade au concours, et acquiert dans des écoles spéciales les moyens de conserver toujours sa prééminence.

^ Nous n'insistons pas sur tout ce qu^il y a de sauvage dans le hasard , et d'inconséquent a l'introduire dans la loi , dont Tessence est de généraliser les accidens et de soumettre les forces aux règles de la raison.

S^8 DVBlfSBS

^'une partie de la cUsse, on feit dépendre rappel de chaque conscrît de la justice des exempt lions : que la législation prétende les prononcer par la lettre judaïque de dispositions matérielles, ou en confie Tapplioation intelligente à un jurj d^équité, elles n'en resteront pap moins soumises à Tarbitraire des membres du Conseil de Révision j il y aura des soupçons et des accusations detpartialité, qui ajouteront encore à la dureté de la loi. Dans ce système de recrutement le service deviendra trop court pour former ces vétérans qui donnent de la cohésion aux armées , et il se prolongera assez. long-*temps pour que les «oU dats perdent la pratique de leur industrie , et retournent dans leurs foyers , appauvris des an* nées les plus productives de la vie , et démoralisés par ces habitudes de paresse et de^désordre qui se partagent Fexistence de garnison. Ils rapportent dans la société tous les mécontentemens d^un malaise quils imputent a son Gouvernement , et une inquiétude de Tavenir qui les dispose encore à tenter quelque révolution pour améliorer leur fortune : car, à un âge où décroit chaque jour laptitude à apprexidre, ils n'ont rien acquis que Pej^ercice des armes et la conscience de la force qu^il leur donne.

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