INWBWV
^ recruter dWv^nftliétérQgèoe^qyUw apporteraient le 4é8or4ro et kguerrei oe dirig^U leurs développi^menfi} ^uli^ , en héritiipt du droit 4c9 pmreDS, elle ne rempl^içe. point leur action, lies miflutres ffi§ ae prés^Qtcuat pas. a|ix ^ève& ayec F^o* tpirité qi^e doi^isnt kh &miU^ a^ bien&ttset aoa «mQivr ; leurs paroks n^veilleat point la mèma foi y ni leurs enqoiinig<$fnens la m^me. puissance ^ leurs méçontejptemeos ne s^iiessf^tqu^à la vanité qu^iJs aigrissent Y CHii à IVgueil iju^ilarévol-* t^pt et exagèrent eoc^Mr^, sai»s jamais éosQUVoîr et développer 1^ cçeiur ; le, sepil insltitut^r du senitl* m^nt cVst le sentimmt.l^i-rmèvis* {«^iostructîoa piiiiblIfGflie iresterait donc . forcément au dMVOUS de m tAcbe si^ par 4m. moyans acii?ssoires| k loi no suppléj3|it k rinsuffiisanieenaturelledu mettre ; il lui &ut élever bmt sa dignité et sa fortune , que le resp^t qu^oa accorde à sa place i^renne aux élèves à respecter sa parole , et rattacher incessamment les leçons 4o> Técole ^p%, ^nseîgiiemens de la région; Cest à cette eoBfdition qiae les idée» du mai<re provoqueront Tactivité du sen-timent, sinon elles ne féconderont que la mémoire, et, au lieu de se préparer à sa destination d^homme , Tenfant ne se. formera qu^àla mémoire, d^un écho et à Fpl^^iss^uce d^i|fi i^uffi.
pouTiquis. ^7
B^^ 4if^ilr reconnu la iy»erté de l^enseigDevmut, priu»aitr^;» PÉtat nW point ^fle de se» d^yoûra» U y « dtea temps d'avidité de lucre et de ]^p--élïf| matérielt ouicfli païens dénieraient aur ÎMlitjuA^ai^ 1« salaire et la oonsidération néces^ ^res 9 raqquit de leur tâche' ^; Lee vues dee en^ treprje|^wad?iq8tirueliM publîqoe-aont tôujotirsf eptaehé^'dià Taitiotirdtt.gain.t ce i^Wpaa le progrès intelieotiiel des çnfiuis qu^ls se proposent v m^is ^Q^ pi;ofit péonniaire ^siaméHoré leur dés^ Uijiès. Peu leuc importent ckes résultats réel^ quf n'assur^ont q^e la moiialîté des élèves : kur seule affaire est de fonder la fbrtnne. dé leur é6oIe y Cit ils flattent la Tanité des familles pai; le kux écl^t de déreloppenena puématurée qui étie^ufifent hfi autres, Xto préjugés qu'entretient la société
* Souvent auMi , dans des localités indigentes et peu peuplées f il serait inpossiU^ auit p«reii»'l[iii cèfloprendr^ent leojs devpir^ de k» remplir sans le csnceors de ceux qui n'en auraient p»^ la conacienoe-; leurs seulea ressources ne . pourraiei^t snlEre aux d^kcnses d'une ^cole convenable. Oti a vu «n Ldaade de pauvfes familles établir à leurs jfrais une école de nuit pour des enfaus qi;^e leur misère, obligeait de travailler toute la journée^f Eisunià éducation R0pori9 P« 6| Sêmional Papers i i^i ,. p. 743..
368 OBPBMSBft
sur rédaqàtioii première ,:ilB n^edsaientpoi&t de les redresser, ils. les exploitent ; au liea^le. inax^ cher dans les voies d'une civilisation progressive^ ils.se laissent (rainer à la remorque de Topinion populaire ; ce qu^elle vent par caprice , ils Te^é* entent par calcul : tour, à tour Pobstination de ta routine et Farder des innovations ont droit à leur respect et à leur obéissance* D^ailleurs^ puisque Téduçation est nécessaire à Tavenir desfieiK» pies, rÉtat ne saui:att s^en remettre aU caprice des volontés individuelles : c^est son devoir d'ouvrir lui*méme des écoles et d^entrer eu concurrence avec les spéculateurs \
Sans pouvoir absoudre lés écoleé gratuites de tous les vices qd^on leur a reprochés , on doit reconnaître que quelques pnbliciates les ontsingulièrement exagérés : d^étroites préoccupations
. 1 Lçs fondations particolières sont sujettes à plus d'îiw opnvëaieDS encore; rëducation est essentiellemeiit progressive comme l'hamaiiitë , et les fondations continuent k passe* En vain chaque jour modifie les nëiiessités de rinstructioA , Timportance des langues ehange , de vieilles sciences tombent dans le discrédit et de nouvelles s'ëldvent (TAnatomie comparée , lé Maîgnétisine animal , rÉconomie politique , la Plûlosophie de l'histoire , du Droit I etc. ) , l'enseignement reste immuable.
d'économie primaient à lenr insa la question de philosophie. Sans doute il j a des pères qui ne comprennent que la valeur marchande de Pinstruction, et ne s^inquiètent plus d^enyojer leurs enfuis à Téoole quand elle est devenue une chose si banale qu^on ne Pachèle pas ; sans doute il y a des instituteurs qui n^ont point la conscience de leurs d^oirs, et négligeraient les progrèsde leurs élèves s^ils n^étaient intéressés par quelque rétribution càsuelle à se concilier la confiance des fa** milles; mais ces considérations tiennent à des circonstances d'exception que le temps modifie et que l^tat maîtrise ^ : leur vérité porterait plus loin qu'on ne Va dit , elle compromettrait dans
> Lcf leçons qa'on ad&ète valent mieux que celles qae Ton. reçoit gratis dans des écoles pnbliqnes. t Philo* strat. De viUSoph. ,lib. i . L'expérience prouve que, lors* que les écoles ne coûtent rien aux parens , ils tiennent moins à ce que leurs enfans 7 soient assidus , et mettent moins 4'în^érét à leurs progrès : PnmUr Rapport fait à la Comfnagnu acmiémi^us , Genève , f83o , p. i4* We af* firm one conséquence of charity schools with us to hâve been a diminution in the quantity of éducation } ChaU mers , ConêiâeratUms on thê tyâtim of parocfual êehooU , p. 14. Les rësalti^ de l'instruction gratuite en Allemagne réptmà^Mkt à toutes ces aUégations.
370 DÊPbNSBd
6è6 condidoDS enentielles rexisCmce de Tédaca^ tiOD pnmairéelle'^nyêine ^
Les etdans nés dans la misère ne sont point déchus par cet accident de naîssanoe-de leur destination d^hommés : des parens. pauvres ne pearent être uti fléani plus funeste à leur famille que si la eoÉra|irlion avait appelé sur eux la vindtcte des lois* A.d^ut dVcoles gratuites 9 il en faudrait ouvrir de charitables^ et se résigner à toas les inconvéniens politiques et moraux qu^entralne après soi tout systèine^de diarité publique. Ici même leur gravité s^accrott encore; la sensibilité des enfans saisit plus vivement les différences que met entne eux la charité de l^tat , et ils ne trouvent point dans leur caractère la force de résister à Forgùeil et à Penvîe, Au lieu d^apprendre à récole la fraternité des hommes, et d^ resserrer les liens de la société par une affection et une bienveillance mutuelles^ ils en rapportent d'amers souvenirs demépris et de haine. La position des maîtres n^est pas moins faussée : ce ne Sont pins des fonctionnaires qui ne relèvent que
I SaM ëeolei gratuites, il y aurait desenfiins instraits^ mais an système nationai d'tfdiMtlîoii ^rait impossible.
de la rddon aàeiàle; ils passent aux {fagè8 des Ah ndlles, Bt fi^cnihtieiiC pas que leur avenir dépend de leur soumimon aux fantaisies et à la vanité des parms qui les paient ^
Une.feis entré en possession de ses fâcuttés ^ lliomttie nuance ptm que par ses piie)Hnes ef-* fatiSj ses instinota ne suffisent plus à se t&dbè; des seeours éOran|fers servent encore d'oeoatton à ses volon^s , nais il n^aècomplit son œuvre qu'en dcNinant lui-même une raiton à seà actions , et n'arrire à leur fin qu^après en avoir calculé les mojois et les obstades : PînitiatîvB de ses pro^ grès appartient déaûrmsis à Pintelligence. Des écoles spéciales^ chai)gées d^exciter et de fêeondet les développemens de Fesprit, sont aussi néces* sairesà la destination monde de lllumsinité. Ùinstituteur s'y reûferme dans un rôle passif de pro-
1 Quand ils sont dans l'entière dépendance des eom-* ■oiiinas ( oMuiflie par éxcnple dans le canton d'fiybergen, an Necrlande, an oMnasy-sont^ils entièrement payéi par la cabsedes communes ) , c'est pire encore t on a sobsti^^ tué l'ackion de qaelqaes intelligeaots grossièrci à Pittler^ ventîon de la raison piriilUqne , et IVm ne siét pas assex: tbvt ce qull y a de tracassicr et de mal dispeté dans l^sprit d'un paysan qid envie soavent le traitement et les loisirs da mattre d'école.
teetion et d'encouragement : il n^impme point d^idées à la foi de ses élèves ; il les met à leor portée ; îL n'éyangéliae aocane yérité^ il apprend à les acquérir toutes. L^ensdgnement secondaire n'a point d^aïutres dangers que Pinsucoès : il doit être libre à quiconque prouve sa science théorique et sa capacité |»*atique \ Plus t|ird on demandera compte à Piotelligenoe de k moralité de ses efforts ; il ne s'agit encore que de son dé^ veloppementy et tout ce qui éveille son activité, tout ce qui ravive son énergie et.soutknt sa p^sévérance, est un élément de succès : Témulation est le nerf d'un, pareil enseignetnent, il n^est complet que dans des collèges publics ^« L'instruo^
. t Une dodble raison Intime ainsi là sorveillaiioe de rÉtat } il lai faut empêcher les maîtres d*asnrper l'eiuei* gnement sapëriear ^ et veiller à ce qa'ik restent aa courant des acquisitions de la science , et des progrès de la pédagogie.
. s L'enseigneçrant secondaire n'est point nécessaire è la valeur morale del^ndividu^ il n'importe qu'aux progrès^ de rhnmanité , et n'eft indispensable qu'aux classes qui en sont plus spécialement chargées. Le rendre accessible gratuitement aux enfans. pauvres , ce serait créer det besoins que leur fortune ne pourrait satisfaire , et. éloigner des professions ld>orieuses des bras qu'elles réclament. Les Bourses nous semblent suffire pour répare^
t>OLlTlQUEB. 373
tîôn n'est qu^un moyen dWriver à des progi^ès supérieurs, le bat apparent nVdeTaleurqna par ses conséquences^ La question de méthodes ne peut donc rester indifférente } les habitudes que chaque espèce de travail fait contracter à l^esprit^ et les jdées diverses que lui apportent des con-^ naissances différentes , saisissent Thomine d'une puissance plus active ou rembarrassent dans de nouvelles diflicultés.
Loin de développer TintelUgence^ l'éducatioa basée sur les mathématiques la concentre et la dessèche ; le sentiment et la volonté n^ont rien à en attendre, et, à moins d^inconséquence , elles ne s^occupent ni de Fimagination ni de la mémoire ^ . L^objet des mathématiques c^est la quan-
tous les hasards de uaissauce , qui nairaient aux dëveloppemens de la société ; nous voudrions seulement qu'au lieu d'étt*e invariablement fixé , leur nombre dépendît d^s circonstances. Il faut aussi reconnaître qu'une certaine quantité d'élèves littéraires est nécessaire , et que , si le défaut des fortunes ou quelques répugnances nationales éloignaient det» professions qu'ils devaient remplir , il serait du devoir de TÉlat de combler les lacunes eu donnant gratuitement une éducation spéciale. 1 Peut-être serait-il juste de faire une exception pour Tétude de la géométrie , quoiqu'on cherche affaire des Philosophie du Budget, u. 24
^74 mwÉtfSES
thé et la forme <; elles s^arrètent à la surface dcê ohosds sans jamais^^îilq«téterde learsclualitésm «ks rapporta ck lem* «aaenœ^ dles ne st propo* «ent que des notions idéales, et aipprennesta l'esprit à se roidirdans Une kgique inflexibie, et à dédaigner les réalités de la vie» Leurs premiers principes aont dUtmés à priori \ et la actenœy leBt'CODtemie tout entière : à yoîr aiosi les idées s^enchainer Tune à Tautre par une filiation nélees^aire^ on ^habitue à recomaitre rinvinciUe action de la nécessité^ et IW se déprend de ses emy&nces à rintellfg«nce et à la liberté. Par tme tendance naturelle les nurtbémaliquesconduisent fi la fois au fatalisme et à Pinerédulité ; leur plus gnand mérite est d^aider à ia iaiUesse de l'esprit en substituant des signes aux idées et un procédé mécanique à un travail intellectuel, et le but de réducation secondaire est de déployer l'intelligence à force d^exercice et d'efforts.
Souvent, au contraire, renseignement littérai-
afostradîmis de ses flgares concrètes; mais sa forme n'est pas estentieliement mathëmat^ne , «assi s'cfTorce-^t-on -de pins en plus de la remp!iir<>r par l'dnalyse.
1 SiMis les moth^matff^es îl n'y o pas d^obserratîMi possible^ etia >génifrali§atieii n'y aboatitqn*à ties formes
^BtWlCiretDS*
MLlTlQtJBÔ. 375
4re doon^ait à rîmagtnauoo une puissance pré«* maturée , sî les difficultés d'uoa i^me aou¥^U# et rassujaltissement où elle retient la pensée 4ae lui imposaient des entraves. Mais , tout en con^ tenant Tessor de Tesprit, les littératures étrangères rélargissent par les idées différentes qu'elli|i lui révèlent ^ ; et cependant le contraste ne doit point heurter les habitudes ; Pintelligence re-^ pousserait des pensées que désapprouv^rsût la raison, et se fermerait aux sentimens que le coeuip ne comprendrait pas. Le choix des langues d'éda<^ cation ne saurait donc être délaissé au caprice des instituteurs ; là encore Fintervention de TÉtat est nécessaire. Il est des littératures étrangères aux-» quelles la civilisation d^une époque tient par s^ racines , où elle revient se laver de la rouille du temps comme dans une source de vie^; il en est qui , nouiTies dMdées plus substantielles et plus indépendantes, permettent plus de liberté aux ef-
> A côlé de cet avantage , on doit reconnaître un inconvénient très réel ; des ouvrages conçus dans un ordre d'idées antipathiques a la civilisation nationale pour* raient exercer la plu6 dangereuse influence sur des intelligences sans expérieuce et sans convictions.
^ Ainsi , par exemple, les archives du christianisnye sont dans ia, littérature- latine.
forts de rintellîgence, et les récompi nsent par de plus nobles conquêtes ^ ; d^iutres, par la richesse de leur idiome, par hk précision de ses tours. IVclat et l'énergie de ses images, imposent au traducteur des luttes d'imagination où son esprit grandit et se déploie ^. Jadis, dépositaires des tradi-
1 Comme les littëratares romantiques.
9 Noos parloDS ici particulièrement du grec, où tontes les supëriorités se trouvent réunies ; le latin est à la fois dënuë de précision et . d'énergie. Le défaut d mi article défini , et d'une distinction entre le prétérit et les aoristes en fait un des plus pauvres idiomes; son vocabulaire est si incomplet, qu'à chaque instant l'expression manque à la pensée. Dans ses lettres les plus familières , Cicéron lui-même était obligé de rendre ses idées avec des mots dprec», et malgré ses efforts et ses prétentions, il n'a pu dans ses ouvrages philosophiques se dispenser de recourir aux mêmes emprunts. On a voulu trouver un titre de préférence pour la littérature ancienne dans la régularité des langues; mais « pour établir ^'validité, il faudrait sdutenir que cette prétendue régularité est philosophique; c'est-à-dire qu'il existe entre les mots le même rapport qu'entre les idées qu'ils expriment, et nous ne pensons pas qu'aucun admtrateur de l'antiquité soil encore allé jusque là. On argue aussi de l'utilité do latin pour découvrir l'étymologie des mots, et apprendre par principe les formes grammaticales du français. L'étymologie est sans doute fort importante pour la con--
1>0L1TIQ€£6. 377
tiODS de rhistoire et des espérances de TaveDir, les langues mortes avaient Tinitiative de tous les progrès ; mais Tiinportance exclusive quW leur attribuerait aujourd'hui ne terait plus quW mal-* heureux souvenir du passé. Dans Tappel des peuples à une civilisation progressive , tous les rap-^ ports sont successivement modifiés; d'autres besoins amènent des idées différentes et nécessitent de nouveaux développemeûs. Immobiliser Tédu* cation dans des langues désormais sans valeuri ce serait sacrifier à sa forme le succès de son idée ; il Êiut innover dans ses moyens quand on lui demande des résultats diftérens.
naissance des origines, des mœtirs et des idées d'un fetk* pie ; mais lorsque le sens des mots a été faussé par l'usage et le besoin de les approprier à des idée nouvelles^ leur signification primitive n'a plus qu'une valeur ar-^ chéologique , qui nVide en rien à l'activité de l'intelli-^ gence. Quant à la nécessité du latin pour approfondir l'étude du français , elle ne prouverait que la pauvreté de nos grammaires et l'incapacité de nos maîtres : toute langue a des principes et de^ règles qui peuvent s'expliquer clairemi'nt sans le secours d'aucun idiome étranger. L'utilité des études de grammaire comparée est iucon*testable^ mais il n'y a pas une seule langue , si diflîk'eutes que soient son origine et ses formes , qui ne puisse y donner occasion.
Lorsque l'enfant a brisé son maillot , et qu'il est devenu un homme intelligent , l'État lui ouvre les écoles supérieures et entreprend Péduca- Cion de sa raison. Les développemens de aon esprit ne le rendraient point inaccessible à toutes les passions d'un mauvais citoyen; ils le laisseraient ignorant de la tâche de son pays , et des moyens de concourir à son oeuvre ; il n'appartient qu'à la raison générale elle - même de l'initier à la connaissance de son but , et de PaSsocier au mouvement providentiel qui emporte le monde en avant. L'État ne saurait donc abandonner renseignement supérieur à une licence sans unité . et sans principes ; c'est son devoir de préparer les élèves à la vie humanitaire, c'est son droit d'empêcher l'ignorance ou la malveillance de les détourner des idées et des règles que la civilisation leur impose. Ce n'est point entraver l'homme dans sa mission de travailler, par son exemple et sa parole^ au progrès de l'humanité; son apostolat h'à point besoin d'une école officielle où viennent se former des adeptes. Jusqu'à son avènement à l'empire, l'utopie ne fait son chemin dans le inonde qu'en niant les idées reçues et en contestant les Êiits : tant que la raison n'a point trouvé dans une éducation complète la force de dis-
POLITIQOBS. dif^
eerocr rerreur, ce serait folie à l'État de luJ acn corder le droit d attaquer ses croyances par le sophisme et le mensoDge. D'aiUeors tout est lié dans rhistoire, Tavenir d^un peuple est uoe c<m« séquenoQ de son passé; ce n^est point en niéoon«» naissant ses vieilles traditions et ses nécessités ac-» tuelles que Ton traTaille à son progrès ; il feul entrer dans son mouvement d^esprit et s^inspirer de ses tendances* L'enseignement supérieur iiEinove donc aussi dans ses procédés; il n^emprisonne point les élèves dans des écoles fermées r où ne pénétrent qu^une atmosphère factice et des idées de convention- : il leur apprend à devenir citoyens de leur pays, et c^est au grand air de la place publique, au milieu des passions qui bouil-^ lonnent et des intérêts qui se croisait, que leuB rais<Hi peut s^associer à la civilisation nationale^ et leur caractère se former à l'action. S'ils demeuraient isolés dans une vie commune, bientôt ils constitueraient une société à part dans la so* eiété du pays ; une habitude que rien ne com-* battrait plus les rendrait indulgens, souvent méme insensibles aux défauts de leur âge , et dans rintolérance de leurs convictions ils insulteraient à Texpérience , et se feraient une gloire de dé-?,
380 D^PBNSBS
daigner les besoins qui se rattachent au passé ^ Initier Fintelligence à la mission de 1 État , et appeler ]a raison à j concourir, telle est la fin que poursuit partout l'instruction publique , et cette unité de vues exige ^ une conformité de croyances qu'assure seule Téducatton des 'maîtres. Sans écoles normales d^enseignement, Pin- Struction des élèves n^est plus que leur dcvdoppement individuel : au lieu de les réunir dans une civilisation commune, ellelespousse, chacun dans sa voie ; son action morale lui reste eneore , mais elle n^a plus de portée politique. C'est par une loi de sa nature que l'enfant prend sa crois* sauce et sa raison d'homme ; la première tâche de Pinstituteur se borne à seconder ses tendances et ^es efforts ; la bonté de renseignement n'est alors qu'une question de succès , et TÉtat ne
< Pour changer Pesprît des Universités allemandes , il ne faut point d'arrêtés de la Diète , mais de grandes yilles. NoQs né vondrions-cependant pas qa*à l'esclavage de Téducation secondaire succédât brusquement une vie sans contrainte et sans surveillance : de grandes institutions libres , à pen près semblables aux anciens collèges d^Oxford et de Cambridge ^ nous semblent nécessaireë.
POLITIQUES. 3Si
compromet rien en sVn rapportant au discerne-* ment des familles : ce sont les meilleurs juges des progrès de leurs enfans. Dans les écoles se-? condaîres , Tintelligence développe sa force par le travail et de nouvelles associations d'idées ; les leçons n'ont pas encore de valeur intrinsèque ^ elles ne sont qu une occasion de pensées. La seule condition du maître est de savoir et de communiquer sa science : dès qu^il a prouvé sa capacité, PÉtat n^a plus aucune raison.de lui refuser la faculté de monter en chaire \ Mais lorsque, parvenu à l'âge d^adulte, Télève entre dans les écoles supérieures pour y prendre ses degrés de citoyen, la variété de renseignement serait de {^anarchie politique : si le Gouvernement n^est pas une usurpation on un hasard, il faut des maîtres fonctionnaires qui connaissent son idée et travaillent à son succès avec unité et constance. Malgré les efforts d^une philosophie étroite
< Cette liberté qa'il concède n'est point son abdication du droit de former des maîtres. Les fortes études de ses écoles normales réagissent par la concurrence jusque sur l'instruction des professeurs qui n'y entrent point ; tout l'enseignement secondaire en profite , et les lumières de l'intelligence ne sont point indifférentes à la raison : elles éclairent son jugement et sou action.
38i DBPBfISfiS
pour réduire Fhomme à une seule eefieuce^ k p<H litiqae n^ignore point que 8a nature est double 4 et que les rapports d^aatagouisme et d^harmoiue qui en résultent se partagent sa vie. L^édueatîon resterait donc incomplète si elle ne s^occupait de ses deux élémens : le corps n^est point tellem/mt étranger aux destinées de la raison qu^elle puisse demeurer indiffièrente à ses développemens. U y a des périodes de civilisatÂon où les nécessités de la vie physique compriment la vie morale ellemèine j ce n^est que par un travail plus puissant qu'on se rachète des étemelles fatigues où il faudrait s^abrutir, et la gyn^nastique apprend à dou-^ hier sa puissance par son agilité et son adresse ^
1 On trouve dëjà quelques idées sur ia gyDmastiqne dans les écrits de Basedow et de SalzmaDU ; Yieth , Frank , Ëiselein , Gutsmnths , Pestalozzi et Bomemann s'en emparèrent, les uns pour développer sa théorie « les autres pour la mettre en pratique^ mais elle ne devint une véritable science que dans les ouvrages de Jahn (DU deuische Turnkansty 1816) et de Harnisch (Dos Tumen in seitun allêeiiigen Verhàltnissen j idig)* Mous ne connaissons qu'un ouvrage français, publié en 1819, Gymnastique éiénientaire , par M. Ciras , avec un Rapport de M. Bailly. L'établissement dirigé par M. Amoros est trop spécialement militaire pour avoir aucune valeur morale. Le pafs le plus avancé à cet égard eat te Dane**
Llntelligence ne se perfectionne qu^arec le eoncours des organes qui réalisent ses progrès; leur état de souffrance la parai jse ^ leur refus de service Pannule ; et lorsqu'une volonté forte prétend dompter leur résistance, et leur imposer une action trop continue et trop violente , souvent dans la lutte la vie elle-même succombe ^ DWllears la fisûblesse du corps exerce la plus funeste in«fhience sur Fénergiedu caractère; habitué à plier sous les obstacles qu^il rencontre à chaque pas , rhomme les aborde avec moins dïntrépidiCé ; il hésite et recule devant des difficultés morales qu'avec plus de force physique il eiit facilement surmontées : car il y a de la confiance dans la fierté , et , à moins de n'être qu'une crise passagère, si grand que soit le courage, il a besoin de s'appuyer sur un fond d'espérance. L'avenir de
marck , où la gymoastiqae a été introduite par ordonnance royale dans toutes les écoles de villqge ; NotitelU Bévue germanique , T. IV , p. 297, ù la note.
1 11 n'est presque pas d'année où il ne s*en présente quelque eieniple k TÉcole polytechnique, au moment des examens ( Chambre des Députés, séance du & juin i836). On aurait pu espérer qu'une eipérience aussi déplora-ble engagerait le Gouyemement à y établir des exercices forcés de gymnastique.
3iB4 DÉPENSES
la nation n^est pas moins compromis que le dé^ veloppemenC des individus; long- temps encore la guerre restera une spéculation politique , où Ton se préoccupera plus des résultats à conquérir que des droits à défendre. Les richesses d'aune population énervée sembleront une proie facile h des voisins qui savent que la victoire appar-^ tient encore aux bras musculeux ; et , en péné*^ trant violemment dans la vie nationale , de fré-^ quentes intrusions étrangères la détourneront de la voie de civilisation que la Providence lui avait tracée.
Des écoles libérales ne se proposent point un but particulier qui primerait la destination humaine; rélève y reste sa fin à lui-même, il n'y apprend point à perdre le sentiment de sa dignité d^hommè pour s'utiliser comme un instrument et acquérir une valeur matérielle dans Fatelier d^un fabricant \ Les moyens d'éducation les plus généraux, ceux-là qui plus promptement élèvent Tenfant à Tintelligence de la vie, et fortifient sa
i C'est le Prieur de Schulsteiu qui , le premier, mit en pratique à Prague ^ eu 1777, les Écoles techniques ou industrielles. Une foule d'auteurs allemands se sont asseï préoccupes du gain matériel pour s'en déclarer partisans } nous citerons entre autres Blasche, Chrîstiani , Herser,
raÎBOti contre les exigences de la sensibilité, ^nt les seuls que doive employer un État conséquent à son principe : Téducation de ses écoles n^est point l'application de rhomme à Tindustrie. A moins de les mulliplier sans nombre, ou dWracher les enfans, dès leurs premières années, aux enseignemens et à la moralité de la famille , ce serait attirer daos quelque profession de$ bras quMle ne réclamait pas, et qui manqueraient aux autres; pour assurer lavenir du peuple, ce serait préparer les consommateurs à la disette et les producteurs à lu misère. Bientôt dans cette particularisation des écoles primaires disparaîtraient les idées et les sentiniens commups qui rattachent tous les citoyens à la Patrie, et les réunissent dans une civilisation commune : on ne serait plus so* ciétaire d'un même État, on deviendrait membre d'une caste industrielle , et , le lendemain , les professions qui trouveraient moins de faveur dans Topinion publique marqueraient an front de la réprobation des Parias.
Meyer , Resewits, Riemann , Steinbart , Trap , Wagemanii, Zedlts, etc. } Curtmanu a raéroe voala \e» appliquer aux femmes. Les Écoles de commerce sont encore pins immorales que les antres; tout y est dirige vers le gain, sans qn'ancune idée généreuse relève rintelligence.
^86 DéKNSBS
Ce nW point interdire à renseignement pri'» maire de pvéwoir les besoins qui attendent les classes inférieures à la sortie des écoles, c^est son deroir de subvenir à toutes les nécessités de la vie. Il fut un temps où Pexercice des arts ne réclamait rien de plus que la force des bras et Ta-^ dresse de ^habitude ; mais aujourd%ui que le savoir et Pintelligence ont pénétré dans toutes les industries, ils ont rendu les procédés plus difficiles et plus ingénieux, ^éducation ne peut plus rester dans les conditions du passé : rardsao qii-elle n^aurait pas préparé à eompreadre les principes de sa profession, et à suivre ses progrès, essaierait en vain de suffire aux exigences de la vie en se résignant à des labeurs sans repos et sans pensée ; une concurrence plus habile lui soutirerait le travail des mains , et primeiait ses •efforts de tous les points du monde. Tout en reSf tant général \ renseignement primaire doit s'é-*
1 Cette génëraiitë de renseignement n*est pas son nui-* foroaité^ puisqu'il n'est pas lui-n^éoie son but , il vent préparer à la vie , et ne saurait négliger l'application des idées ; ainsi , par exemple , il devrait dans les CRm* pagnes remplacer le dessin par un peu d'histoire uata** relie , la technologie par quelques notions d'astronomie, etc. Quand Thorame à main-^d'œuvre est sorti de l'ëoole^
l>OLITiQBBB« 367
Wer et s^étendre : il lui faut exercer à la fois le coî|>8 et Fesprit, doDoer plu8 de facilité pour saisir les idées et plus d^aptitude à les mettre en œuvre. Quand .ils seront entrés dans la vie pra* tique, les élèves appliqueront eux-^mémes les le* çonsde Técole aux industries différentes que leur auront choisies la volonté et la fortune.
La position de chaque pays, son sol et sa température, lui créent des industries naturelles. Ce n'est, point seulement parce qu^il en attend plus de profits que TÉtat leur doit des eiicom*ag&mens ; la Providence rattacha par une harmonie nécessaire la destination humanitaire d'un peupie à ses intérêts véritables : les prendre sous sa protection , cVst protéger la civilisation ellemême. Il ne suffirait point, pcmr développer une industrie, d'accorder des faveurs à- ses produits : cette assistance n'est bonne qu'à la relever d'une
la tâcke da Gouvernement n'est pas terminëe; c'est à lai de le diriger dans le choix d'ane profession , et de fixer avec le maître les oonditionstle l'appr^ntmage. Ses morens d'action snr Tindaslrie et le commerce sont donc immenses , puisqu'il règ^e les bras par sa réparti'^ tion -des apprentis dans les diff<^rentes professions , et les 4capitaQi pmr les crédits qu'accordent on retirent ses Banques.
388 DEPENSEd
aouffinance passagère ; le Gouvernement n'accé^ Icre ses progrès qu'en établissant des écoles de science pratique ^ où se forment des apprentis qui répandent partout la connaissance de procé* dés moins imparfaits. On ne s'en rapporterait à Fmtérêt particulier du soin de faire avancer la technologie que par une de ces illusions complaisantes où se berce volontairement Pesprit de système : Tintérêt des individus est égoïste , il ex« plorte le présent, et ne compromet point les pro«> fits certains pour de longues espérances ^ . Les avantages des écoles modèles ne s^arrèteraient même pas à ces résultats d'avenir, elles rendraient
1 II arrive même souvent que les individus ont un ïu^ térét positif à rendre leur industrie statibnuaire ; ses progrès diminueraient la valeur de leurs instrumens de travail , et les forceraient à engager de nouveaux capi-taux. On ne peut compter non plus sur les théoriciens pour assurer les développemens de l'industrie ^ la pratique essaie el la théorie raboune 3 Tune va de la science aux faits, et l'autre s'efforce de créer des faits qui éten-^ dent le domaine de la science* 11 nous semble inutile d'insister sur l'influence que de pareils établissemens exerceraient sur la connaissance de la vérité } on sait quels progrès la mécanique et la chimie ont dus à la guerre, à la navigation , à rexploitation des mines et aux différentes manufactures.
POLiTif^mls. 389
toute erreur dans riotervaatton industrielle de rÉtat impossible : les faits qui doivent éclairer soD action sWriraient à ses observations sans qu^ii fat obligé de les chercher au hasard dans les menson^ officiels d^une enquête contradic* toire*
Tons les jours dans le monde y les opinions et les idées des femmes circonviennent rintelligen-^ ce des hommes et s'infiltrent dans ses convie-* tîons.Dans le mariage, leur frivolité d'esprit et la fragilité de leurs volontés nécessitent un pouvoir dominateur 9 qui bientôt détruit Tamour dans son besoin d^égalité, et dégrade le plus fort par un despotisme abrupt , le plus faible par une o-* béissance d^esclave. Dans la famille, enfin, rin«* consistance, de leur caractère et les erreurs dé leur raison combattent dans son principe Tau** torité que la nature confie aux mères, et démo-* ralisent l'éducation du foyer domestique \ Un
1 L'inégalité de la femme ue vient point d'une su^ përiorité brutale que l'homme aurait usurpée dans le gouvernement des sociétés : à moins de rester une lettre morte, ou le caprice d'un fou , la loi ne doit exprimar que les résultats de l'histoire ; l'émaiicipatioii de la femme ne deviendra l^itime que le ioor où sa libarlé pourra devenir un fait.
Philosophie du Budget, u. K
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système d^iatractiQn publique resterait donc bien misérablement incomplet si , par négli^^ee ou par dédain , il n^embrassait pas Téducation des femmes. Chaque jour apporte à Thomme des oo* casions de redresser les défauts de sou iDStraotion première : pour lui, Texpérience de la vie peut suppléer Ten^ignement des maîtres; tandis que, retenue, loin des exemples et des opinion^ du monde , dans le sanctuaire de la famille , la femme nVjoute qoe des sentimens aux leçons de ses premières années ; et cependant , plus qoe Fautre sexe , elle a besoin dHdées saines et d^appréciations justes : Thomme se fait instituteur, et la femme naît institutrice K Plus qu'à l'autre sexe il lui faut une raison mûrie par la réflexion et fortifiée par de fermes croyances : car les dan^ gers qu'encourt sa moralité se reproduisent h chaque instant, les attaques qui la menacent sont pl^s opiniâtres , et lorsque les entrainemens dhi* ne sensibilité plus active ont décidé sa chute , elle ne trouve rien pour se reprendre sur la pente
t Elle nah antant pour inspirer l'amoor que poar le ressentir; <|«ant à la matemîté , ce n'est qa'nn accident. En disante M"^ de Staël que la femme qnHl estimait le plos était œUe qm avait le pins d*enfant , Napoléon ne faisait qu'une boutade de conquérant.
POLITIQVJBS. 3gi.
de Fabjme ; il ne lui reste aucun ressort qui ravive son courage et loi relève la tète : toutes ses forces étaient engagées dans la lutte , toutes ees vertus <Mit péri dans la défaite.
L^intérèt de la civilisation à la bonne éducation des femmes parlait trop haut pour ne pas provoquer de nomfaceuses théories ^ Les unes ont érigé rignorance en principe , comme si la vertu n^était pas un combat, et la science du mal la conséquence de la vie. D^autres, exclusivement préoccupées de la mission d^amour que la femme remplit dans Fhumanité, ne sMnquiètent que de sa puissance de plaire : elles font des beauxarts la base première de son éducation , et sacrifient sa valeur morale. à des charmes factices qui hd restent inutiles dans ses années de jeunesse et de beauté , où elle plait par nature , et la condamnent ensuite à devenir un fardeau pour ellemême et une fatigante nullité pour les autres ^.
i NoQS n'avoof rien à dire de la pratique empnmtrfe aax tauvaget des bois d'abrotir la femme dans un travail ëe madûne | ou dans la domesticité d'un économe } nons ne noQS occnpons qne des systèmes qui peuvent mettre en avant «ne raison qndeonqne.
^ Ces théories ne trouvent dVxpIlcation que dans Vé^
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Il en est enfin qui ne comprennent le progrèé que dans le développement de TintelUg^ice , et ne voient dans la femme qn^un homme appauvri par un organisme pins imparfait et une sensibilité plus dominante : elles n'ont qu'une pensée, c^est de la relever de cette infériorité relative par la science ^ ; et , dans leur ambition de corriger les erreurs de la nature , elles la dépouillent de la grâce et du charme de son sexe, sans lui donner la force et Tintelligence de Fautre ^. Maïs
goîsme des parens ; ils ne songent qu'à se débarrasser de leurs filles , qu'à les établir; après le uiariage, elles déviennent ce qu'elles peuvent , c'est Taffaire de» maris.
i Nous ne voulons pas accuser l'instructiou littéraire de rendre lei femmes pédantes et afTectées; le reproche ne nous semble pas juste. Si le savoir devenait plus com* mun , elles ne le priseraient plus assez pour s'en faire un sujet d'orgueil et de jactance ostentatoire.
» Ce n'est pas dire qu'il n'y ait des femmes plus grandes que les hommes par la tête; mais dans un état de société qui ne peut et ne doit exprimer que les rapports des masses , les nobles créatures d'exception sont les martyrs de leur force; les femmes d'élite pâtissent de l'infirmité de leurs sœurs, comme les hoofmes avancés souffrent du devoir de se courber sous des lois en arrière de leurs principes et de leur caractère.
MLITIQUBS. 393
jusqu'ici rien de rationnel n^a légitimé leurs prin«* cipes ni servi d^autorité à leurs règles ^ : elle& ne se scmt point souvenues que tout le mérite de réducation était dans son concours au dévelop* pement naturel des êtres; et, avant d^arréter leurs idées« elles ont négligé de s^enquérir de la destination de la femme.
En la douant de raison, la Providence lui fil un devoir de résister aux suggestions de sa sen-* sibilité et de maîtriser ses exigences ; pour elle comme pour Phomme, c'est dans Paction qu^est Tapprentissage de la vie s car Inaction , c^est la liberté et la force d'agir, c^est le développement d^ la raison et du caractère. Dans leurs devoirs personnels rien nVst diflPérent , et des moyens communs peuvent seuls les conduire au même but; mais Thumanité marche par une double
> Ce grave reproche qae nous adressons & la pensés fondamentale des diffërens systèmes d'Mucation ne nous empêche pas de reconnaître tout ce qa'ii 7 a de vrai , de juste et d'ingénieux , dans une foule de détail» et d*4>bservalions particulières. Nous citerons, avant tous les autres , les ouvrages de Féndon , de Rousseau , de Schwarz^ de M"««Guisot, de Rémuaat, Campan» Necker de Saussure, Hamilton , Edgeworth, Hannidi More, Caroline Rudolphi et Caroline de Woltmann.
Toie à l'accomplissement de ses destinées : par la science elle pénètre duis Fessence des êtres, et reconnaît de nouveaux rapports qui éclairent la raison sur ses devoirs ; par Pamour elle étend la personnalité toujours disposée à se concentrer dans un égoïsme sauvage, et convie les individus et les peuples à une communauté de bienveillance et d^intérèts. Cet amour, dcmt le Créateur confia la fortune aux grâces et à la beauté de la femme , n'est point la passion turbulente qui démange la chair , et passe comme un tourbillon à travers la vie, ne laissant sur sa route que le scandale et le remords; mais un sentiment tou-jours jeune et toujours chasie, un sentiment fon* dé sur des natures homogènes , qui «e fixe dans le mariage et s'y perpétue : aussi n'est-ce point sans une raison profonde que l'opinion fait de la chasteté le plus beau fleuron de la couronne des femmes ; la chasteté c'est la vertu des épouses et le premier lien des familles ^
1 U n'en faut pas moins reconnaître que Fimmense importanoe qa'on attribne à la chasteté ne paisse avoir des inconvéniens poar lesdevoirspersonnelsde la femme. NoUe vertn n'est plos difficile à garder; les attaques les plus vivesi les séductions les plus paissantes la menacent; l'amoar lai*niéme semble conspirer contre elle , et lors-
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Inspirer Pamour, el soumettre ses sentimens i la raison , tous les devoirs de la femme sont là ^ et rédncation des écoles publiques ne saurait la former à les remplir : une obéissance passive de tous les iostans y brise la force du caractère ; des habitudes qui dédaignent de se légitimer par aucune autre raison que le caprice du maître ou la tradition du passé y enlèvent à la volonté jusqu'à la pensée d^agir ^ ; on 7 provoque des progrès apparens qui font honneur au maître, bien plus que des développemens réels qui ne profiteraient qu^aux élèves; Fesprit y grandit aux dépens de la raison , qu^il rétrécit , et du cœur, qu^il dessèche : Téducation n^ a d^autre ressort que rémulation; Pémulation, c^esl-à-d ire l'envie, la vanité et la haine ^ On y prépare les jeunes filles
que la fitiblesse de la femme n'a pa résister k des lattes si violentes , les jngemens du monde lai ont appris à se croire si coupable qu'elle désespère facilement du reste de sa yîe.
1 Cet inconvénient n'existe pas dans les écoles secondairess des jennes gens ; leur caractère se forme beancoop plus tard que celui des jeunes filles.
9 Son influence n'oflre point les mêmes dangers dans les pensionnats de garçons ; leur sensibilité n'est point aussi active, et l'intérêt des idées préoccupe bien davantage leur intelligence.
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aux rertus de l'épouse et de la mère par des a* ffrémens éphémères , plus propres à séduire un libertin pris de vin qu^à intéresser un père de famille ; on les initie à une vie de dévoûment et de modestie en éveillant leur orgueil et leur ambition de distinctions frivoles. Certes, c^est un devoir pour PÉtat de protéger aussi les filles con-* tre Tincurie de leurs parens; mais, s'il leur voulait donner plus que l'éducation du premier âge, il nVurait pas même l'excuse des résultats : son action sur la vie des femmes n'est point dans les enseignemens d'une école; il les moralise par la gravité de mœurs qu'il inspire au« hommes , il développe leurs sentimens par les émotions des beaux-arts , il vient au secours de leur raison en lui prêchant la volonté de Dieu et en fortifiant la foi au dogme par la majesté du culte.
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