CHAPITRE VL !Df la ftbnté ïnts €tvéalte
De toutes les industries, nulle n'est plus nécessiteuse, nulle plus exigeantae que l'agri-
écONOMIQUBS. i63
culture^ l'économie pditique eût-elle proclamé Tavénement des principes » avec leurs conditions d'inflexibilité et de logique , Tagriculture engagerait dans sa cause le trésor et la vie des peuples y et la forcerait encore de respecter ses nécessités.
Ce n'est pas une industrie particulière» exploitée çà et là par qudques spéculateurs , l'agri-^ culture est, pour ainsi parler, générale, et du domaine de TÉtat ; il n'en est pas de ses capi* taux ainsi que des autres, une fois engagés on ne les retire plus , ils sont immobilisés et suivent la fortune de la terre; sa ruine ne frappe donc pas seulement un immense moyen de produi>tioa , elle détI^lit du même Qoup le capital qui s'y était placé sur la foi des lois et des besoins du pays.
L'état relatif de l'industrie manufacturière dépend de ses propres efforts \, un jour suffit pour regagner le pair, pour dépasser même des avances de plusieurs années, là tout est de main d'homme; dans l'agriculture il y a aussi le doigt de Dieu, sa production est limitée par les qua-
' On ne parle qu'en général : il y a des branches naturellement bvorîsées^ qui conservent uiie supériorité constante.
l64 DEPENSES
Utës de première création du sol; les capitaux auxiliaires y exercent une influence de longue venue; un champ vierge n'attend que la semence pour produire; assez étendu pour se reposer et 8e refaire, quand sa fertilité naturelle est épuisée, il rend de meilleurs profits; à moins donc qu'elle ne soit privilégiée par une position supérieure qui n'est pas de son fait, on ne peut la condamner à la libre concurrence qu'en cou* sentant tacitement à sa ruine ; car une industrie opprimée sans résistance possible, une industrie sans espoir est bientôt abandonnée , et cependant ses produits sont de nécessité première^; le producteur étranger se substituera invinciblement à l'agriculture nationale et rendra le pays tributaire de sa charrue. La législation qui reconnaîtra le plus soigneusement cette nécessité, qui l'élevera au dessus de l'arbitraire des hommes et du hasard des choses, quelle qu'elle soit dans ses prescriptions apparentes , au fond
' On peut se contenter d'une qualité inférieure ; M. Golqu'houn estime à 149000,000 la valeur des pommes de terre récoltées en Angleterre ; l'acre qui , avant leur introduction , se louait , dans le comté de Norfolk , i ou 2 schellings , «'est élevé à 1 5 ou 20 ; mais la quantité a des limites Ceitalement irréductibles.
ÉCONOMIQUES. l65
grandira toujours rindépendance et la liberté des nations.
Le premier devoir des gouvememens en fait de subsistances est donc de les assurer à tout prix^ c'est à dire de provoquer obstinément leurs sujets à y su£Eire par eux-mêmes; les grains que l'on importe sont soumis à trop de chances et relèvent encore à cette heure de trop de caprices pour ne pas s'efforcer de les rendre superflus. Une guerre de douane ou de politique les arrêterait ' , une surenchère de quelque autre nation plus riche Ofi plus affamée les détournerait; de nouveaux débouchés commerciaux les séduiraient; pour se fournir des produits que les céréales demanderaient en échange ^ on serait perpétuellement exposé à changer son industrie et à sacrifier celle qui offrait le plus d'avantages naturds^ ou qui avait intéressé plus de capitaux à son avenir ; la subsistance par importation rend doublement tributaire de l'étranger , il faut acheter à son prix et fabriquer à sa fantaisie.
Malgré la proportion du salaire au coût des
' A la fin de la dernière guerre la Norwëge mourait de faim ; elle paie le blé avec fion bois etson fer, et les vaisseaux alliés lui rendaient tout commerce impossible.
l66 DÉPENSES
grains et Taugmentation correspondante dii pro- Gif la cherté en elle-même affecte toujours la prospérité publique; les pertes par l'intempérie du <^ie), par le d^t des animaux, la subsistance de toute cette population qui ne la paie point avec du travail, la part de la récolte affectée à la reproduction et consommée par le bétail , attei* gnent plus rudement le capital national; ce qu'une année trop abondante laisse sans emploi dans le pays, l'exagération des frais habituels empêche de le placer favorablement à l'étranger, mais on ne s'en est pas moins bien singulièrement préoccupé du fait matériel ^ ; au lieu de l'incriminer, il fallait leneutraliser et l'absoudre; l'élévation des grains est un résultat fatal de la civili^tion. Leur valeur est en rapport avec le salaire, et quand le travail se donne à bon marché, c'est que la demande lui manque; que les capitaux deviennent abondans , l'industrie s'é^ tend, se multiplie, ouvre partout des ateliers à la main-d'œuvre ; les bras sont plus recherchés, mieux payés, l'argent se dispute les terres, leur
' La prospérité de l'inâustrie n'est nuUement en mison du bon marché de la vie ; un Indien peut vivre avec deux sous de riz par jour, et les mousselines apportées d'Angleterre excluent les siennes du marché.
prix élève les fermages , et renchérissement des céréales en est la conséquence nécessaire '. D'ailleurs , s'il est vrai que dans ces derniers temps on ait exagéré hors de toute raison les inccmvéniens et les tendances de la population, son augmentation actuelle reste un fait de sérieuse considération pour l'économie politique^ et la cherté des subsistances la contient dans des bornes prudentes ; elle apprend à mieux sentir la dilli-» culte de la vie ; on met plus de défiance dans ses prévisions de l'avenir, et l'on ne s engage dans le
' U permet d'exploiter les terres qu'on laûsait en. iiiche, paiœ que juaqae4à elles nVnsseat pas ëté d'un rapport suffisant. Depuis le commencement du dernier siècle, on a mis, en Angleterre, plus de six millions d'ancres en culture ; plus de i i/i 2 l'ont été sous le seul rè|;ne de George III {QuaHerly Re^^Uw , n'' 71, p. 4^1). Cest là certainement un immense accroissement de forces productrices. Vainement diraitr-on que le même capital employé dans quelque industrie manufacturière eût produit davantage ; un seul des élémens de la richesse ne doit pas être pris en considération; la consommation eut pu manquer à cet excédant de produits industriels , peut-être tous les autres en auraient>ib été déprédés , tandis que l'agriculture était certaine de Uouver des débouchés à ses récoltes , et ajoutait à l'indépendance de l'Angleterre.
l68 DÉPBNSfiS
mariage que-plus tard , à bon escient, après avoir fait les fonds de toutes les dépenses.
La sûreté d'abondance et la fixité des prix, telles sont les deux grandes fins que doit se proposer la législation des céréales; car, ici, les fluctuations sont plus dangereuses encore, la nécessité ne calcule pas sa dépense ; elles sont plus fréquentes ' , chaque année amène un prix différent ; plus larges ^ , l'encombrement des autres
' Le prix moyen de la semaine finissant le 19 janvier 1 822 fiit , en Angleterre, de 49 sch. 3 d. , et tomba, dans le mois d'octobre de la même année , jusqu'à 38 sch.
* Yoici , d'après le tableau imprimé par ordre du Parlement anglais, le 7 mars 1821, les variations du prii moyen du quarter, l'année désigne les récoltes : 1793, 5o sch. 3 d. ; 1800, 1 13 sch. 7 d. ; i8o3, 56 sch. 6d.; 1812, 125 sch. 5d. ; 1 81 5, 64 sch. 4 d.; 1817, 94 sch. gd. En 1800 , dans le grand marché de Médina de Rio-Seco (royaume de Léon), la fanega se vendait 36 réaux, et en mai 18049 i55; en France^ où la liberté du commerce n'était entravée que par les circonstances et le défaut d'entrepôt ^ on a vu, en 181 7, des diffibrences incroyables s'établir dans les prix de plusieurs provinces; dans quelques cantons de Bourgogne, de Lorraine et de Franche-Comté , le. pain se vendait jusqu'à i fr. 80C. lekil. (Gostaz, Hist, de VAdm,, t. i, p. 419 ^^ 433 ), tandis que , dans le Poitou , il ne valait que 35 à 4o c. (Costaz, fd.,^. 290).
ÉCONOMIQUBS. 169
denrées les abaisse à portée de plus d'acheteurs , une consommation à meilleur marché vient au secours d'une production surabondante, et la disette qui les renchérit resserre la demande; mais quand il s'agit des grains , les limites de cette compensation sont bientôt atteintes , on n'économise guère sur sa faim , et le luxe des appétits n'est pas long à satisfaire.
La fortune de l'agriculture est hors de la puissance de rÊtat; les bizarreries de la température^ la pluie, le soleil, un coup de vent, se jouent de tous les espoirs de la récolte; l'assurer est impossible , les capitaux n'auraient pas le pouvoir de tenir leurs engagemens; puisque les sinistres échappent à notre action, il ne reste plus qu'à les neutraliser par un taux moyen, en étendant le marché dans l'espace ou dans le temps.
Tous les essais tentés jusqu'ici pour répartir l'excès des bonnes récoltes sur le déficit des mauvaises \ sont demeurés bien insuffi-
' L'Egypte , sous radministration de Joseph, la Prusse , etc. Napoléon avait ordonné la construction d'un grenier d'abondance qui est resté inachevé ; M. Lenoir a pris la défense de ce système dans sa brochure sur la Disette, et les moyens de la prévenir.
sans \ etquelques moyensque l'on parvienne à découvrir, le consommateur en sera nécessairement grevé, les achats de l'État l'empêcheront de profiter des récoltes abondantes et dans les années stériles le pri^ du blé s'augmentera de toutes les dépenses de sa conservation ^. Le devoir
' Les silos n'ont pas répondu à l'attente, plusieurs ont été trouvés endommagés , et l'on commence à croire que rliumidité du climat et le défaut d'aoûtage du grain s'opposent à leurs succès ; le roi de Bavière a accordé , en i83o, un privil^e de trois ans au colonel deSausset , pour l'introduction de silos aérifères de son invention , mais nous ignorons quels résultats en ont été obtenus ; M. Fazy-Pasteur a proposé de» tonneaux ou caisses de bois bien goudronnés , M. Clément de grandes tours construites en fer fondu et solidement mastiquées sur toutes les jointures ; plusieurs autres moyens ont été indiqués , mais ils ont tous l'inadmissible inconvénient de charger l'intérêt privé de l'un des devoirs de l'Etat.
* Les frais de gasde-maga^in , de manipulation , les pertes par écliauffemen.t et dessèchement, les dégâts oc* casionés par les d^arançons, par les intempéries de l'air, les transports et chargemens fréquens , nécessités par les avaries des grains , etc. , etc. Le Conseil des Hôpitaux a prouvé au Conseil Général de la Seine qu'à l'expiration de cinq ans , sans y comprendre l'intérêt de l'argent employé aux bâtimens , le quintal de grains , coûtant originairement 24 fr., reviendrait à 4o fr. ^i Cy
social de garder les subsistances de tout acei* dent interdit aux gouvernemens de s'en dé-* charger sur l'intérêt du producteur; il peut mal calculer^ obéir à des nécessités pressantes^ employer le grain à des spéculations qui le détourneraient de sa destination naturelle ' ; il leur faudrait prodiguer des sommes fabuleuses ^ pour établir- partout des approvisionnemens de prévoyance; car, à moin$ d'un grenier par commune^ la population rurale^ que son indigence
et le tac de farine à 85 fr. 67 c. , tandis que le prix moyen serait de 63 fr. 67 c pour les quinze ans de 1807 à 182 1 , et qu'il «'éleva «euleinent, pendant trob ans, à 70. fr.
' Il en nourrit des bestiaux , ou en fait des esprits ; qudlqne abondantes que soient nos récoltes , les importations excèdent constamment les exportations ( M. Gostmz^ HUt, de l'Adm^ , etc., p. 4< ^ ^^ seq.). Et cependant la France produit , année commuoe , environ 320 millions d'Iieetolttres , et il y a un ei^cédant sur la consomtion de 3 p. 0/0 (9,6oo,ooo.'kecto.}i qvû s'élève jusqu'à 1 5 p. 0/0 dans les années les plus productives. Scbon , Statut, eml. Eurap.y p. ao-21.
* Le grenier d'abondance de Paris , qui pouvait contenir 80,006 quintaux métriques de grains, avait coâté ao moins six millions de construction , et ses dépenses annuelles montaient à 750,000 fr. ; aussi a-^^t-on été
recommande plus spécialement à leur soHicitude^ ne serait pas soulagée, sans des déplacemens toujours fort coûteux et souvent périlleux, à travers, les crises de la disette et de la panique populaire. Vainement, pour se tenir dans les limites du possible , se bornerait-on à vendre aux pauvres le pain à son prix habituel *; il n'y a point de caractère manifeste qui les indique à la bienfaisance légale , et force leurs concitoyens à reconnaître leur privilège de misère * , et celte
forcé d'y renoncer en 1829 ; suivant un mémoire de M. Rougier-la-Bergerie , il Catudrait , pour l'approvisionnement de Paris seul , près de 60 millions , et les bâtimens occuperaient 7,875 mètres , pcès de deux lieue8..de poste.
' En 1661 , le pain valait huit sous la livre, Louis XIV en. vendit au peuple à deux sous et idemi , et, en 1692 , il en distribuait tousles jours ioa,ooo livres à deux sous; la ville de Paris dépensa i,4oo,ooo fr. , en 1829, pour délivrer à 227,000 indigens du pain à des prix inférieurs au conunerce; en 181 7, elle avait voulu les réduire pour tous les habitans , et quoique la dépense annuelle ne s'élève , pour la consommation entière, qu'à 26 millions 400 mille jBrancs , il lui en avait coûté 26 millions.
' Si l'on n'insiste pas ici sur les malheureux résultats de la charité légale , c'est qu'une large partie de ce livre lui est exclusivement consacrée.
mesure ne serait pas même suffisante % en frappanl ceux qui les emploient ^ la cherté supprimerait entièrement leur travail , ou réduirait son salaire au dessous de leurs plus strictes nécessités. Une fois les greniers pleins^ une année de fécondité ne saurait que faire de ses produits^ et leur yileté ruinerait les agriculteurs; une seconde années de disette les trouverait vides y et les ouvriers à qui l'administration promettait de pourvoir à leur avenir , vivaient» sans souci» sur cette assurance, gaspillant la bonne fortune et n'épargnant, rien pow ses retours; c'est là le tort immense d'un système public d'approvisibnnemens que l'État prenne l'économie privée à sa charge et désintéresse la conduite de sa' responsabilité légitime.
Sans doute» pour atteindre les innovations dans leur principe» on a soutenu que la liberté illimitée du marché ne saurait elle-même obvier à la famine ^» l'allégation manquait de base. La
' Néanmoins y si le déficit de la récolle ël;ait peu conûdérable y les réserves pourraient le combler, et il n'y aurait de disette pour personne.
* Lowe, Preseni state of England, a* édit., p. i5a; Tooke, On highandlow priées, pp. 3a2y 3i3.
.l'74 DÉPENSES
température de TEurope n'est pas si uniforme -jqiîe la récolte fasse défaut partout à la fois ^ et, d'ailleurs^ le temps de la floraison^ l'épocpie de la moisson décident souvent du sort de l'année; les États-Unis sont en dehors de cette prétcsidue unité de température^ et ladifférencedu sol exerce une influence autrement puissante que celle du climat ^ L'objection insoluble à la franchise absolue des céréales, c'est qu'elle peut mettre la subsistance à la merci de l'étranger; les capitaux, découragés par la nature inférieure de la terre ou du soleil, se refuseraient à une concurrence inégale et se détourûeraient de l'agriculture?; il dépendrait d'une coalition de prendre
' n n'y a jamais de disette génçralç , Verri , Méditazioni sulla Economia politica, p. 55, ediz. Livomo, 1 772; Luzac, Richesse de la Hollande, t. i , p. 876, éd. in-4S Those famines wliidi so frequently afOLicted ihe' înÊint republic were seldom^ or never experienced by tlie extensive empire of Rome , the sca^rcity of any single province was immediately relieyed by the plenty of its more fortunate neighbours , Gibbon , Décline and Fally 1. 1 , p. 86.
* Le mal serait d'autant plus grand que partout le grain importé est dans la plus minime proportion à celui que l'on récolte ; suivant le rapport que M. Beslay fit , en 1820 , à la Chambre des Députés , sur les opérations
BGONOMIQU15. lyS
une naticMi tout entière par le ventre^ et bien que chaque jour la civilisation rende plus impossible un procédé si sauvage ^ l'action du peuple menacé s en trouverait gênée ; car la chimère de la faim est un mal réel^ ses épouvantemeus sont déjà une horrible souffrance^ et puisque la richesse des pays résulte du concours de la production et de la consommation^ il lui importe que }es consommations nécessaires trouvent à s'y satisfaire, et ne soient point réduites à bénéficier la richesse étrangère.
du gottvememenC rdatWes aux subsistances , en i8i5 , 1816 et 1817, lès grains venus de Tétranger n'ont fourni aux besoins du royaume, en i8i5, que pour 1/4 de jour, et, en 181 6, pour un jour i/4; M. Laine , Ministre de l'Intérieur, en 1817, qui trouvait cette évaluation, trop faible, ne la i^orta, dans le Moniteur du. ai août 1817, qu'à 6 jours pour i8i5 et gpour 1816. LaFrance consomme par jour à peu près 239,898 hectolitres, qui ne demanderaient pas rnoin^ de r8,473 tomnei^ax , supposé qu'il n'y eût pas d'avaries ; l'importation de i83o , la plus forte qui se soit faite .depms long-temps , ne monta qu'à 2,002,087 hectolitres, elle n'aurait suffi que pour 9 jours ^ et quand les 669,288 tonneaux qui entrèrent dans nos ports n'eussent été tous chargés que de blé, notre subsistance n'aunût été assurée que pour deux mois.
1 ^6 a>ÉPENSES
Voilà donc deux nécessités en présence , U sûreté de l'abondance, et la nationalité de la subsistance; tout opposées qu'elles soient presque toujours , elles ne peuvent jamais s'éliminer Tune l'autre et s'approprier la loi, il leur faut transiger sous la garantie de l'État; c'est à lui de trouver un prix moyen qui , sans être exa*géré et incertain , permette de cultiver une étendue de terrain ordinairement suffisante au pays, à lui de donner à la prohibition un terme qui laisse les blés étrangers venir au secours du consommateur trop souffrant, et le producteur chercher librement hors frontière un acheteur qui l'indemnise de ses<lépenses. Les fermiers savent mieux alors sur quelle base asseoir leurs spéculations, à moins de circonstances extraordinaires, les prix n'oscillent guère qu'entre les limites de l'importation et de l'exportation *. Sans doute il y a là pour eux un inconvénient grave; la.permission d'importer est illusoire par la condition qu'on y attache, ou c'est un maximum que l'on fixe à l'agriculteur, et dans les années mauvaises il supporte seul le poids de la disette;
' On ne parle que d'im tarif éqiiitableiuent fixé , dans les vrais intérêts du pays.
â ne pouyak reMer^ dans ses rësultato fioanoiers ordinaires qu'en demandant à une production plus faible tout le profit qu'il comptait réaliser avec sa récolte ordinaire^ et rimportation l'eu empêche ; mais la législation l'avait prévenu ; tî'était à lui de calculer les chances de stérililé et de les neutraliser par un. bail de longues années.
Un pareil système ne satisfait pourtant pas toutes les exigences de la question ^; l'étranger sera moins sikr de trouver des débouchés à îes grains qu'avec la liberté en tout état de cause^ et il ne produira que d'après ses prévisions de vente, il n'aventurera pas ses capitaux sur la foi d'un hasard ; fût-il même en mesure de suppléer au déficit, il faudrait attendre que la nouvelle du haut prix eût ouvert le pays aux spéculateurs lointains et que leurs convois de blé fussent livrés à la consommation^ la souffrance aurait le temps de déprimer la population ouvrière ^, et l'incertitude
' VEdinturgh Ret^iew , n* 65 , art. 9 , a prétendu prouver que les lois anglaises sur les céréales imposaient à l'Angleterre y dans les années ordinaires , un fiurdeau de aS millions sterling; dans le n° 9a, p. /^oi jîl Festime encore à 19,200,000 1. st.
* On pourrait éviter plusieurs de ces inconvénieus
dti' secours làisisersfit la panique rexagérer^neore. •Màiè'i! est bbti'^qtt'irtlY »it'poltlt\fe tKti^atîiioii utile s^éc Id Méù 'àlMôlb , il ies^ bon kiue l'oii sa^ ^lie que les restiictioBS de 1^ dètiàbe «t left Hj^isi- 'tlbns dé prSi'flhpoéerit toujours deS éhârges oné* Vèiisèé à la éoélëtë^'oti en sëïit Aiiélix la ùéce^ité de' chercher- ilàWsf le pro^ré^ lés conditions Ae la liberté.