TOME II
402 QDARAmTE ET ITNIÂMX LETThB.
vait cependant recevoir Fhomme et l'embrasser dans son amour s'il ne se rendait lui-même et libr^aient à Dieu. Il fallait donc que le Verbe-Dieu, qui avait in^ pire la vie à la forme du premier Adam prise de fat terre {inspiravit in faciem ejui spiraculum vitœ* Geaou^ ch. â , V. 7) s'incarnât dans une forme huoaaine prise de la femme, qu'il s'unit à l'humanité, que Dira se At homme pour élever l'homme à Dieu. La satisfiM>> tion était la condition absolue de la rédemption ; ék consistait pour le genre , comme elle consiste enoMe pour l'individu, dans l'acceptation volontaire des conséquences du péché dont la solde est la nM>rt; et l'agneau de Dieu a consenti à subir cette peine dans toute son étendue, il a consenti à porter les: péchés du monde. Le Christ s'est rendu obéissant jusqu'à la mort ; il est mort parce qu'il l'a voulu. La satirfactîra a été rendue pleinement par l'homme-Dieu qui a justifié toute la race , et par là lui a r^idu possible wa retour vers Dieu. Le rétablissement du rapport foncier entre l'homme et Dieu , la restitution de tout l'homme à son principe, la restauration de l'humanité dans son rang et dans ses droits , a été opérée par le Dieu-homme , par le Verbe qui s'est fait chair. Or h satisfaction consistant dans l'acceptation volontaire de la peine du péché , c'est-^-dire des souffrances et de la mort, et Dieu ne pouvant ni souffrir ni mourir, elle est nécessairement de l'homme ; et si elle est de l'homme, le fruit ou le mérite en est à l'homme, au
QUARANTE ET UNIÈME lETTRE. 4^^
genre comme à l'individu , puisque l'unité organique implique ia solidarité de tous ses membres, en sorte que soiTant le langage de l'Eglise il est littéralement Trai de dire que les mérites de Jésus-Christ sont la propriété de l'homme, de l'humalaité, que c'est au Verbe fait chair que l'homme dmt son salut. La réhabilitation du genre, sa réintégration dans ses droits primitifs est l'œuvre divine en tous ceux qui ont cru, qui croient , et qui croiront dans la suite des siècles , ail Rédempteur promis et venu , à son dévoûment, â la vertu et au mérite de son sacrifice ; en tous ceux qui , uni» à lui pmr la foi et la charité , vivront , chacun sdon son rang et sa position dans le monde , comme il a vécu lui-même , et mourront en union avec lui. La satisfaction est de l'homme -Dieu, du Christ; la restauration est du Dieu-homme, de Jésus- Christ, dans lequel les <feux natures , divine et humaine, sont unies sans être confondues.
Je sais que ces vérités paraissent des folies à la rai* son païenne', comme elles sont un scandale aux Juife; elles n'en renferment pas moins la clé de tous les mystères de l'homme , du monde et de la nature. Du reste , voici à l'appui de ce que nous venons de dire quelques passages de S. Paul déjà cités, mais qu'il est bon de mettre souvent sous les yeux de nos amis :
cLe péché, dit l'apôtre des nations, est entré dans «le monde par un seul homme, et la mort par le pé-
4o4 QUAiiAfiTB ET UNIÈHB iBTTHK.
« ché; ainsi la mort est pa;»éô dans tous les homates cpai: un seul h<mime en qui toiid ont: péché. .
cH^s comme O^est par le péché d'An seul q[ue toQs «sont tombés dand laccNodi^natibn, c'est aussi par «la )u3tice d'un seul que tous les hommes reçiMTent «la justification de la vie.
«£t il n'en est pas delà grâce, comme du pédié; tcar si par le péché d'un seUt plusieurs sont morts, cria' miséricorde, le don de Dieu s'est répandu beau? «coup plus abondamment sur plusieurs par là gràee «d'un seul homfne qui est Jésus-Chri$t; car nom « a^ons. été . condamnés par le |ugement de Dieu pom « un seul péché (coHotmis par le père de la race), :aa «Uieu; que nous sommes justifiés, par la gcâce après ]« plusieurs péchés (parsonnelâ). Que si à cause da «péché d'un seul^ la mort a régné par »n seiil «homme, â plus forte raison ceux qui reçoivent J'a* «bondance de la grâce et du don de la justice^ .règne* «iront dans. la vie par Un. seul homme qui.^si: Jésus* «.Ghrist.» (Rbm. , chap. 5, y. 12, i5*, 16, 17, i&}
QtIAIUMTX*DBinEISlUI UTTItE^
LE MÊME AU MÊME
- iMaintinant que nous sommés convaincus que la réhabilitation de rhomme ne pouvait se faire sans son libre concours^ que la puissi^ce divine ne pou--c vait le sauver sans son consentement et sa coopéri^-^ tion, nous serons plus en état d'apprécier toutes les oonditiçns delà rédemption, et surtout. de com* prenidre pourquoi elle a dà se faire atten4re si long** tâmps et ne s'accomplir que tant de siècles après que le péehé l'avait rendue nécessaire. U y a une distance iimnense entre l'homme tel qu'il fut incontinent après sa chute, et l'homme tel qu'il a dû être pour Décevoir avec, fruit le remède accordé par la misë^r ricorde divine. L'humanité était malade , profonde*^ ment malade , et le médecin habile n'emploie les re^ mèdes positifs qu'après avoir débarrassé les voies par où il doit les introduire dans l'organisme. S'il, néglige ce soin, non*seulement la vertu du médicamieiU est
4o6 QUAKARn-OBUXIÂlIE ISTTU.
enirayée par les impuretés qu'il rencontre , mais encore elle tourne elle-même en poison et augmente le mal au lieu de le détruire. Il a donc fallu que le grand organisme de l'humanité fût en traitement pendant des siècles, afin de l'amener par d^pré à la période de la maladie où il pouvait recevoir le remède, le supporter et se l'assimiler. Or, remarquea&-le bien, ce remède était ce qu'il y a de plus sublime et de plus pur, de plus puissant et de plus efficace dans l'univers. Ce n'était plus seulement une parole, une lumière , une vertu divine donnée à l'homme pour restaurer sa vie; c'était le donateur luinnême , Fauteur de la vie, le Verbe-Dieu qui devait s'unir à l'anmanité, Vabaisser jusqu'à elle pour la relever ya»" qu'à lui.
Cette union mystérieuse et toute d'amour ne pouvait s'opérer immédiatement après la chute ; puisqw l'homme qui devait y concourir ne l'eut pu alors, aveuglé qu'il était par sa faute, bouleversé dains toute son existence , dominé par le mal. Il fallait donc que par une longue expérience de sa faiblesse et de sa misère il vint à se reconnaître lui-même, à compr^idre la nécessité d'un sauveur , d'un libérateur. Il fallait que ce sauveur lui fût promis, prédit, montré de loin; afin qu'à travers les siècles il se di^osât par k désir et par l'espérance à le recevoir ; et qu'insensiblement se formât en lui la capacité de le connaître , de Faimer^ de comprendre sa parole et de la réaliser. Il
QCARANTEtMUXISME JLl^TTRE. 4^7
fallait en un mot que pac le développement mén^ des générations continuellement élaborées par les in-* fluences célestes, et conduites par des moyens providentiels^ l'humanité arrivât au degré de pureté nécessaire pour recevoir le Rédempteur et pour être en état de lui être unie.
Or, par le fait du péché et de Talliance contractée avec le mal , l'homme avait été vicié dans toute son eustence; et c'est pourquoi l'humanité devait être comme refaite , réformée , restaurée dans ses élémens constitutifs et dans leurs rapports, par le fait opposé de la rédemption. Elle devait être régénérée dans son intelligence et dans sa volonté comme dans son corps. Mais pour que cette régénération pût s'opérer par le Yerbe-Dieu, il était nécessaire qu'en chacun de ces trois termes il se fit une épuration préalable, par laquelle le mal primitif diminué , affaibli dans ses effets, présentât moins d'obstacles à l'action du grand remède. L'intelligence humaine devait être assez dégagée des nuages de l'erreur et des illusions du mensonge pour concevoir de nouveau l'idée de sa dépendance de Dieu, l'idée de la loi et du devoir. La volonté humaine devait , à force d'avoir éprouvé la vanité des choses de la terre, en être assez désabusée powr se tourner de nouveau vers Dieu , se soumettre ou du moins désirer se soumettre à la volonté divine , demander avec ardeur l'intelligence de la loi ; et le corps, l'élément physique devait être assez épuré
4o8 QUARAlITB-DBUXlàME: LETTIE.
pour que la vie divine pût y desceftidrey y preAdtie forme » s'y incarner.
Reraions encwe pour un moment à Tétat de rhomme primitif qui avait acquis la conscienoe de lui-même en même temps que celle de Dieu, par son commerce avec le Verbe dans la première période de sa vie. Il est certain qu'il n'y a pas de consciaBce du moi sans non-moi; que le moi relatif ou créé nejK pose qu'à la suite d'une excitation objective et ne se distingue que par opposition à ce qui n'est pas liuL Or l'agent qui le premier a sollicité la créature humaine et qui par son action l'a révélée à elle-même, élevée à la conscience d'elle-même, cet agent, oe premier objectif, c'est Dieu. L'honmie a eu confr-. cience de Dieu aussitôt qu'il a eu conscience de hiimême, il a connu Dieu dès qu'il s'est connu; bîea plus, il n'a pu se connaître qu'en connaissant asm auteur ; et c'est en ce sens qu'il est très vrai de dire que l'idée de Dieu est innée au genre humain , puis-, qu'elle est identique avec Tidée du moi. Ces deux idées à la fois distinctes et identiques naissent en même temps; elles se développent ensemble, s'obscurcissent et s'affaiblissent simultanément ; elles suivent le même sort à travers les diverses phases du développement humain dans les individus comme dws les nations : aussi voyons-nous qu'en tout temps la connaissance véritable de Thomme a été en raison de la vraie connaissance de Dieu et réciproquement.
Mais si là première actioa qui a attdiKt^l'hoiMEici prknitif la été u^ aetioii toute tlîy<ihe\ le premier fait oti 1^ fait primoftliûl hnmaiti a étéune téactionspoii^ fà^ ' vei^s Dieu , p'uisim acquiescement .libi«rà ish paillé posant la toi ; et sil^idée de Dieu V^tiaornindî supérieur aU'inoi, àététefruitdeicetacquiesoémentv de cette action divine et de cette réaction humaine v il^suît que l'idée de Dieu innée â rhonkmb ,î là pee^ ixAère née dans son esprit, identique avec ia'cons^ eience qu'il a de lui-^inème y ne peut janiaiis se perdrèf m d'effao^r entièrement, pasipfais t[uè l'hommè-àë peut perdre complètementla conscience de tui.rlistui que l'homme ne peut pas plus, en théorie j élûàiinéc ridée de Dieu, qu'il ne peut s'abstraire liii>-même; qu'il ne peut pas plus se défaire du^ ^ouVenir de Dieu et de sa parole que de sa propre conscience. Ainsi , qubi^ qu'il fasse dans la «péèulation ou dans la pratique y dans f établissement et le gouvernement des sociétés eonutie dans la fcmdation ^et- le développement deâ sciences^ cette idée radicale, lûère de toutes tei^aùtresv se trouve toujours au fond sous une forme ou sbuis une- autre ; toujours elle est la pierre angulaire de Téd£ce, sans laquelle il n'y a rien de solide ni de dii*« ràble. L'idée de Dieu comme celle du moi, estdono impérissable dans le genre humain comme dans:Hn-^ dividu ; elle peut être faussée, altérée, défigurée; elle ne peut être anéantie.
Idée de Dieu et souvenir 'de saloi, d'un côté; de
4 1 a Qc ARAimH>xinuiia uetteb.
Yamtte^ oolMcience de lub-méme, de sa liberté , de f abm quil en a fait, et expérience des cottséquenoea foneates de cet abus, voilà le sommaiFe de la scieDoe de l'homme déchu, sdence mixte, science du bien et du mal; et la conscience du moi, identique avec celle d'un non-moi supérieur qui commande à ma libre volonté, fait la conscience morales ce caractèce essentiel de la personnalité humaine. C'est dans la conscience nwrale qu'est le fondement de toute cqptitude; c'est dans la conscience morale que l'homme déchu entend encore la voix de Dieu et y répond librement , en adhérant à ce qu'elle demande ou ea s'y refusant.
L'humanité restait libre après sa chute : elle poi^* vait , sous la conduite providentielle , résister aux sollicitations de la nature inférieure et du mal^ et coBr. courir ainsi activement à son retour vers Dieu, comme elle pouvait s'égarer davantage en poursuivant la Crasse route pu elle était entrée , d'où devait résulter en elle l'd^scurcissement toujours plus épais de l'idée de Dieu , l'affaiblissement de la conscience de sa vraie nature, et par suite le vague , l'incertitude de la conscience morale. G'^st en effet ce <{ue i'faistoire nous montre dans le développement du genre humaio:snif la terre, comme l'esquisse rapide de ces deux voies de l'homme va vous le prouver.
La science de Dieu et de l'homme ou la conscience morale a été conservée plus ou moins purement dans
QUÀRANTHDfiUXliMS UTTIEt 4 > î
les fMFemières famillcai isaue» da premier hommer Plus dure dans lalignée de Seth^ elle s'est obscurcie dans celle de Gaio.
D'où est yeuue cette diffièrence? Du dédain ou da respect pour k tradyition. La fiu&Sle de Seth s'établis-* sant autour du foyer paternel, resta attachée à la source de la science. C'est par la tradition que Tidée du Dieu un et de sa loi , Tétat primitif d'Adam , sa chute et ses tristes conséquences, Timpossibilité oA est rhcmme de se relever par lui-même , feqnnr d'un libérateur promis; en un mot toutes les croyances qui fondent théoriquement le vrsâ monothéisme , ont été conservées fidèlement dans la race de Seth jusqu'à Noê. Aussi dans ces £aunilles, et par suite de leur foi, l'exercice de la liberté se dirigeait plus souvent vers le bien que vers le mal; la confiance en la parole traditionnelle et Fobéissance à la voix intérieure étaient pins filiales et plus simples; la loi naturelle, telle que l'hooune d'alors pouvait la connaître, était mieux ob^ SOTvée. La conséquence du monoth^sme pratique fut que la conscience morale s'épurait et se fortifiait par fhdutude de bien faire, que l'homme en distingnait mieux la voix dans son intérieur, de celte du moi et de la nature, que sa Uberté se détermmait insenaM*^ Uement, que l'humanité s'âevait au-dessus des in^ fluences terrestres , et que des in(]fêvid»s se prépa*raient à leur insu à devenir princes ou patriarches dai» la fomille, prophètes dans la nation.
4 1 i QU AIAMTMDÈUXIÂIIS lATTU;
; > VôttSiOMinidsseE la généalogie deaipafti&urches et leor htotûire» dans la^u^Iè il faut toi]qoim;iôi^ le progrès de rhumanité se relevant de sa dégradalioii-et^d^sa' sâsère. Ceèt dans Abraham que.ce progrès le 'oiontre de là màmèré la plus sensible; Aiûteielltcerà çdbéaNX de la Ibi;^ à ice père des CTùjans, qu'il fut dit de la part :du Seigneur : «Parce que pour in'obéir tu n'as «ppint épâargiié ton fib. unique. . ^ ^ )éite bénirai et je n multiplierai ta race comolie: les étoUes du ciel; :. Et •f I6utës les nations de là terreserontbénie» dan»cél»t a qui sortira de toi , parce que tu an obéi .ma voix. .9 Viçilê^ ce qui valut à Abraham d'être rchoisi entce tous^ pour étcè Faïeul du Messie sekim là chair; grâce: io-* signe de là part de Dieu^ mils que rie ffls de Thiaié mérita en ^éiasaAt librement â;ia ivoix du Ciel. ' . - La becondè période dn déV^loppeinent régulier dé l'humanité sUr la terre commença lejôur.toû la gloire de l'Eternel ' apparut silr le Sinâï, où la volonté du l^slateur se manifesta au milieu ides signes de sa puissance, où les commmidëmens, et le^ défenses. furent proclamés. Là loi devint alors, visible, compré^ hensible dans son expression, d'ab^d .auk. 13s >d6 Jacob ^ puis; -par eux aux autres peuples. Israël devenu dépôsiCaire de la loi écrite , peuple de Dieu au milieu des nations idolâtres, et formant mfdgré toutes ses imperfectiOiaiiS là nation sajinte ^ Tâite de l'humanité au degré de développemeoiitw elle était alors, Israël ne reconnut d'autre maître que le Dieu de ses
QUAR ANTE-'DEIJUÈME UETTKE. 4 ^ ^
jpèreft^ let cWt pourquoi son gouyemement fut d'd-^ bord^îHU'émâit théocratlque. i : ' ;>nj(a9< religioix c^: le .cultecki .peuple ji|ifi^^eu)t pour fQUiJe^ent.deux^ faits ensei^és et repi^ql^ dojt^tes mapi^res, Vv^n passé ,; laisitre futurv;Le £sât pi^sé était Tétat 4'înnoçeiH:^-et de félicité du prçmiei^ tovptme , .^a infidélité' d^ns l'épreuve, la dette xon^ tractée envers Dieu par: ceUe infidélité;, i|ui exigeait {Kfflr satisfaction la pleine^ ;restitution de. toute son existence è l'auteur de:sa yie» Dé là le çulte.d'inunpl^tÎQn, les :sacrifices p^rpétuels*^ les viçtiqies offi^tfss -^ û^DMimées devant le Seigneur , ^no: des. dou^se tribus consucrée spécialen^^at au service de l'autel pt ,à I9 IM>ii9eFVation des tr^^ditions écrites. Le second fait;, .fiitiw>p0iir le peuple de Pieu, éjtait l'ayènenK^nt ,4^ Messie, la viÇQViei. du libérateur promis^ toujours^ pluâ çl^ubeixieat désigné jquant à la race dont il devait sor^ ^4. au temp9, au lieu où il devait naître et .ag^^, ainsi ^quia par le .caractère distinctif de 4^ peraopi^.et la manière dont il devait accomplir sa mission. Sacer? flofs^ , sacrificeset prophètes , anponcç^perpétu^U^ jde r^i^t de l'homme et de la venue du Messie:, voilà le ipdiaiûsqfie çu L'Çglisede Dieu. , dans, son prêter ^e. vv L'Ég^l^e. était I^ilita^t,e alors commue elle 1'^ ai^ )Owrd'h]Ai , commç elle lesejra jusqu'au jour de sa dçirniè^Q ]iFictoire. Alors , comiiie m<5Ûntenant 9 c'était d^q^ l'pidividub. lutte entre l'homme, spirituel et, l'hoinme animal, et dans la société l'antagçnMme en^re l' hpfni^
4 1 6 QUABANn-nBUXliMS LBTTRK.
dans le monde ancien ou dans le mpnde modanie, chez les Grecs comme chez les Perses .et les Indous, en France coAime en Allemagne ou alUeura, partent toutes d'un principe commun et aboutissent âui même terme. Leur principe , c'est le besoin de là science qui remonte à l'origine de l'homme , da monde') de la société:» avec la prétentiende s'expli* cfuer cette origine sans le secours de la (tradition ; et leur terme , c'est le panthâsme spéculatif qui. tend nécessairement à se réaliser dans la pratique* ' Que l'homme en eflfet se crme fils du Ciel ou en£Eurt de la terre, qu'il se regarde comme un Dieu ou comme un «^imal, la conséquence est la. môme pour i^â- Conduite ; dans l'un et lautre cas il n'a plus de mo* tif pour résister aux penchans de sa nature terrestre et aux -exigences de son corps , pour ne pas cèdes auisL influences du dehors. Sa liberté s'exercera dooc sàns^règle, sans frein, sans loi. Son cœur étant séduit, entraîné p^r tous les objets qui lui présenteront une apparence de beauté et de bien , ou qui l'exciteront agréablement , il tombera de plus en plus «sous l'em* pirer du princq>e physique , il sera douane par l'instinct ^e l'animalité. 11 perdra la. conscience de ce qu'il est et de ce qu'il doit être , de sa misère et de sa liberté, et avec elle s'affidblira le /sentiment du noTMnoi sujfé' rieur au moi, et celui de la dépendance humaioe. L'idée de Dieu et de son vouloir absolu se c<mfondra dans l'esprit de l'homme avec l'idée du moi relatif et
QUÀRANTE-DEUXlàME LETTRE. 4 ^ 7
de soa youloir propre, Tune et Fautre arec la nature extérieure et sa loi, en sorte que le divin sera absorbé par rhumain , l'humain se perdra dans la matière ; et cependant comme il faut à l'homme qui ne peut oublier entièrement l'idée de Dieu, un objet qui serve de signe ou de représentant à cette idée et dans lequel il puisse mettre sa confiance, il passera du panthéisme au polythéisme , de l'idolâtrie spirituelle à l'idolâtrie matérielle , du culte de l'âme ou de l'esprit du monde au culte des Dieux , des héros , de la nature physique , des animaux , des reptiles , des plantes , des pierres. . • ; car il n'y a rien de si bas qui ne pubse devenir l'objet de son adoration , tant l'homme s'oublie et s'abaisse dans cette voie 1 La dégradation morale va de pair avec l'obscurcissement de l'esprit : l'homme devient brute , insensé en se croyant sage. . . . Relisez le premier chapitre de l'Épitre de S. Paul aux Romains, où le panthéisme, le polythéisme et leurs effroyables suites sont si énergiquement décrits.
Ici, mon cher ami, )e vous renvoie aux lettres que je vous ai adressées il y a quelque temps sur l'histoire de la philosophie. Vous y avez vu les deux directions que l'homme peut prendre, et entre lesquelles il choisit librement, tantôt guidé par le flambeau de la parole divine, tantôt le refusant et ne voulant suivre que la lumière naturelle au milieu des ténèbres du monde. Dans le premier cas , vous vous le rappelez, partout où il y a seulement une trace des