‹ Philosophie du droitChapitre 15 sur 47 · X.OGKC. It · texte numérisé non relu

X.OGKC. It

ques, ç'est-à-dîre les législateurs, les homrr>es i^ely^ux, c'est-à-dire les révttateuri. Lés premiers se s<mt faits autetirsde rèligiotis seldn leufs^ propres imaginations^ sécuridàm masipsorumphan^ ùisias^reAigwm^mauthores extiterunt; (feist Nurfaa^ Mahomet qui ont voulu se dofiner «upfès des peuples l'appui et. la sanction de quelque dieu» lui ont attribué lei»rs instituticHis, et ont ainsi confondu la religion avec la pol^que. Les rêvé-* latéurs copntie Abraham , Moïse et Jésus-Christ^ ont y^tahlemesnt apporté sur la terre le royaume de Dieu. ^ Uhi têro per revektioneâl 5upéi*Àalùu rûmi plabtavit religionem Deus^ ibi etiam n r^uuu^ sibi condtdit peculiàre, Subditisqûe suis » leges dedity non làodo circa officia ^irum erga M. selpsum, sed etiam erga se invicem. » Ici Hobbes a sous les yeux évidemment la république hébraïque, et il ajoute : « Manifesfum érgo est in H regno Dei politiam et leges civiles omnes^ reU- » gionis partem esse, ideoque distinctionem do^ » minii temporalis et spîrrtualis in regno Dei M nuUam fuisse. » Dieu-^ sans doute est roi de toute la terre, mais rieïi ne l'empêche de se choisir une nation particulière dont il se &sse le chef; uulta enim iètic ihcongniitàs est.

Après avoir ainsi accepté la révélation, Hobbes revient à de qui, selon lui, est le principe généra-

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tçur de toutes. les religions, c'estè-dire, à la reconnaissance d'un pouvoir surnaturel^ sentiment tellement durable et vivace chez les hommes, qu'il pourra par la suite enfanter des religions nouvelles, s'il *se rencontre des hommes capables de le féconder. « A constitutione religionum appa- » ret etiam modus, quo rursus in principia sua II. prima resolvuntur, nempe in agnitionem divi- » i^itatis, sive potentise supematuralis simplici- » tçr; quœ agnîtio nunquam ita aboleri potest, » quin iode novse.religiones (si cultores acces- M.serint.idonei) germinatura^ sint. » La voilà véritablement ladernière pensée de Hobbes, énoncée comme en passant,. après avoir rendu hommage à la révélation traditionnelle; c'est la prédiction de religions nouvelles qui n'auront^ comme les anciennes, d'autre source que la foi en une cause suprême.

-/Le philosophe reproduit ses doctrines sur le droit, naturel. L'Etat, comme dans le De Cwe, est dépositaire et maître des droits de tous en vertu même de leur consentement : nouvel les excursions sur la démocratie, l'aristocratie et la monarchie ; théorie du pouvoir paternel et despotique ; avantage qu'un Etat peut retirer des corporations ; attributions des magistrats et des officiers; double devoir de l'Etat, de se conserver et de s'agrandir. Hobbes trace une assez courte théorie des

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lois civiles; il les défiiiit ainsi : Lex cMlis unicui- ^ue cm est regulaquâ cwkàs^ t/erbOfVétscnptOy vel alio quocumqùe vùluntatis signo iâoneo, àd dis- Unctionern bomelmatiy idi impèrat. Ônnlnîpotence du législateur; rapports nécessaîres'entrè les lois naturelles et les lois civiles; accord désirable de lat loi et de la' raison j mais toujours soumission complète à la lettre promulguée ; mention des divisions historiques de la législation romaine. Lés peines ont pour objet de porter à Tobéissance en imprimant la terreur; exameb des causes de ruitië et de dissolution du corps social^ le philosophé range 5ous ce chef Tophiion qui veut soumettre aux lais le dépositaire dû pouvoir su prêine, et qui revendique pour chaque citoyen la propriété absolue de ses biens. Il considère ensuite lés' devëirs du souverain ; être juste, foiré de bonnes loîs^ • s'environner de conseillers habiles, ne confier ses armées qu'à des sujets fidèles et primer toujours par sa popularité celle de ses généraux.

Jusqu'ici Hobbes n'a appuyé sa politique que sur^des priiîcîpes purement naturels; mais il veut lui donner la sanction de la parole révélée: « Sed » ad eia, quae diceiida sunt de naturâ et juribus ci- )> vitàtis christianse, cujus cognttio depëtidet magna w ex parte à volmvtàtis divinœ revelationibus su- M pernaturalibus, àdbibendà sun,t princijpia'alia^ » nempè Verbum propheticum/» Alors il consi-

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aère le ppipbre, rQ&tiquîtév ie bat et Fautif ité de^ livres âaints, le?véritâble seàs du règae de Dieu^ sa |>ai*o!e 0t lés prophètes, le$ mird^e^ et leur usage, la nature deTEglisè de Dieti: Il nie qu'il y ait pour tous Lffî'chrétieiid une Ë^seutii* verselle et clttbolique; niais dans chaque Etal

, particulier les chTétiens doivent 4)béir aux Idis de leur pays, et par eonséqnent ne peuvent être soumis à nne wtorité étrangèi*e; Bobines approfondit ici plus expressément la tbéobgie du Ded^èi ainsi il montre la puissance de Dieu personnifiée dans Abrahain^ Moose, les souverains pontifias et les roisdeludas, la sainte influence du Chtist^la nature du pouvcûr ecelésiastiqueé II combat la théologie ultramontaine, 1^ doctrines de Bellàrmm^pontificatus romani contra reges christianoi pugiL Enfin, après avoir énoncé ce qui est néces-

' saire pour entrer dans le royaume des cieux, Fôbéissanœ et la foi> U pénètre enfin dans le royaume de Satan.

L'auteqr du Léviatban à raison de dire que nous sommes ici dans les ténèbres : Sumus ^tg^ etiam nunc in tenebris. Quelle est la pensée de cet étrange fragment? est-ce le jet d'une ironie qui persévère et qui s'acharne? ou bien le ttaisan* frppe et mélancolique écrivain a<*t*il fini par ètn lui-même i$ dupe etlà prcne de ses imaginations bizsin^s et solitaires? <^rfque»*uns de ses con-

ièfiaporains soupçonnmènt qu'il n'était pas sans croira aux esprits. Qum qui'il en soit, Hobbes ' nous apprëûd dans son règne des ténèbres que quatre causes d'erreur nous sont envoyées par Sâfan : d'abord rennemi {inimieus) a éteint pour ûousia lumière des Ecritures^ et nous nous trom- {>on8 en ignoranl: le sens de la parole révélée; ptti^ nous admettons la démonologie des poètes f)ttiensi leurs.fictioo6 et leurs nnages^^ur les idoles, lesapplHritions et lesotebres dès morts ;^ troisièmement nous mâons aux Maintes Ecritures les restes de la rdigion, de la philosophie grecque et surtout les doctrines d'Âmtote; enfin nous S04pah)es séduits pat dès triditions et des histoires £ausseS| tronquée^, tiicèrtaines. Atque ita erramuè aUénii spiritihus éeceptorikhis et dàcttims dœtnoniorum. Je Bf'analyserai point ce livre, que caractérise surtout une double colère contre le pape et cOQtrp Aristole, mt>rceau presque fantastique,, véritable empire des ténèbres.

U sic terairiBe par une tirade véhémente et atiaère où Itobbes s^est complu à concentrer .sa doctiifte et 6âr èolère : « Si cordibus scripsissem »ii|L8tar labfilar^tiirasarum puris, brevior esse N p6tuissem; sulfeelssent enim ea pauca quae^ v^sequttittttri' Homines ^ne lege, proptér jus » omnium in omnia, mut^ caedibus seipsôs ins> tiulmiBre, legèfi ^è poériis et pôehas due* potes-<

» tate sùmma mutiles e$se ; polestatem sine Sitmiê » et opibus in unius personae inanum callatis^ » vocem meram^ neque ad pacem, neque ad d^ » fensionem civlum momenti ullius e$se; etpro- » inde, cives omnes^siii (non imperaritîum) boni » causa ad rem publicgm opibus suis tuebdam » et confirmaudam quantum possunt obiigad; » idque, arbitrio illius cuisummaqi dederint po«n testâtem : quae summa est pi^rtis primse et se^ y> çunda?. Deiode quonif m in scriptoribus sacris » (quarum iectionem Ecclesili nosfra omnibus ^ permisit' et commenda^t) vita seteriia et salas » slngulorum coBftînetur; etunusqtiisque peri- » culo animai praprîae, iUa4. l^it et sibimetîpsi n interpretatur ;>et propterea deq^mm est, ut con- » scientiae eorum poa plunbbs fidei artîciiKs n onerentur, quam, qui sunt b4 sahitem neces*- JD sarii, articulos illos, quinam sint, in parte tertiâ » expUcavi, Postremo in quarta parte, ne pc^lus » a falsis doctoribus seduœretur, consîlia ambi- » tiosa et as£uta adversaiiorumËceleisiœ angticanas D patefeci. » Voilà ce qi;^ ^obbes sefôtooBténté d'ei;poser rapidement; mais s'ilcist wtté daÂs des détails^ dans de^longs développemeBS,c'Qs£ qu'il vit à une époque où la guerre Civile a.^ leihiit des discordes religieu3^> oùnopHWulemealï l'épiscop^t nationsd a di^ru^ mais le rbi^ l^Jois> U religion et la vertu ; teUrni^ent qu'ofti dic^^e

ce malheureux royaume avait pour jamais été abaudonné de l'esprit de justice et de raison : les démocrates victorieux ont constitué la démocratie, bientôt après ils la perdirent, digne récom-p0|ise de leinrs crimes; im tjnran vint asservir l'Angleterre, l'Ecosse et rirlainde, et confondre ceJUei sagesse démocratique tant des hommes du peuple que du clergé. Le peuple, fatigué par la gjiierre^l^s méprisai autant qu'il les avait admirés. Q(^nd le roi légitime fat rétabli sur son trône, ilsdemandèreût pardon, c'estrà-dire qu'ils rétonlujurent leurs îft)lies. On leuç: pardonna par une amnistie universelle, ne sceleribas suis à bonis disHnguerentur. Mais il faut étouffer \^^ mau^ vaises opinions en propageant les bonnes; les esprits ont été infectés p^r la politique et la phî*loiSopbie de i'antiqnité. Il faut donc de tx>utes façons par des prédications, des écrits et des controverses, trav^Uer i^ éteindre cette peste démocr^qne, ifaque utramenium ilhfd democratioum prmdican^o^ scrikendo^ disputando elwmdumest. CnA aux universités à y travailler, et c'est à ellea à prêter au pouvoir royal l'appui qu'elles ont donné autrefois à l'autorité pontificale.

PaîT un juste cbâllmentj ni l^ doctrines ni \m faiseurs ; dâ Hobbes n'eurent^ aucune ii^uence'. Le^ amis de 1^ liberté ren£V€;rfiè<'ent feçilemehi; der perpdoxesdout^attôùrplus, l-di-iginaiité Mi-

/ dite ne pouvait devenir accessible et (amilièlrê / qu'au petit nombre. De leur côté, les soutiens des / Stuarts et de la restauration se scandalisèrent d^ théories qu^ voulait leur fournir un pareil auxiliaire, et qu'on eut plutôt prises pour une satire que pour une apologie du pouvoir. Si Maclnavel , a été immoral sans le savoir, il a du moins balancé les inconvéniens de son siècle par ce génie de$ a£foires et de l'histoire qui feit des ouvrages du secrétaire Téternelle école du politique^ Mâi^ quelle excqse apporter à ces enseignemens dogmatiques de despotisme et de servilité, sans vues po^tivesde l'histoire^ à ces emprunts hypocrites demandés aux Ecritures, à ce matérfalisfàè4[ui ne tt*ouve d'autre utilité à Dieu, que d'enchaîner sansappellaliberté derhotmme?Quand GharlesII revint à Londres, il trouva Hobbes sur sa roule et lui donna sa main à baiser. ''•^

Loc^e au contraire fat, pour ainsi dire, le philosophe de la maison de Hanovre. D$Ux ans aprèd la révolution qui mit Guillaume lit sur le trône, il passa de la métaphysique à la philosophie sociale, et publia$on traité dtxGoui>ernemêntciuiL Métaphysicien, il est inférieur à Descattesy àî Leib*' nitz et à Rant ; il n'a ni là rigueur ni la profondeur de ces milîtres de la pensée. Mais, écrivain moraliste et politique, il a exercé sur TEurÔpa une influence bienCeiisante; dâiàs sa Lettre sut la Tà^

Ié)ran€e% Uii leppemîer donné la leçoti etrexemple de netXe hiunanité pratique dont Voltaire s'est fait, après lui^ le prédicateur populaire. Vous ne trouvez dans son GùuvememerU^ml ni la logique ni r^éloquence du Conthit Social; mais Locke a inspiré ftousseau, et la preisier, Il a ressaisi, au nona de la liberté, 14 doctrine d'un contrat primitif dont Hobbes avait fait sortir le despotisme.

Le traité de Locke est court, clair et facile. Il enseigne que Lç véritable état de l'homme est l'état social. Apras avbtr flétri i'issehvage, il fonde la propriété sur le travail, mantfestatlon de la personnalité bpn^aipe qui en transnaet les fruits par Pbéritage à ceux (|ui viennent après. La puissance paiernejile^ base dé la famille, est séparée avec un bon $eD$ exact du gouvernement politique.

Quant aux sociétés ellesHoi^ines, la paternité naturelle a pu en être le début historique, mais non pas le foqdement idans la oaliure des choses. Le cooseptemônt ekprè^ ou lacite de' chacun des membres' de rd^sociàtion, voiilà la rtidon pirik^» sophique jde l'état et de sa légitimité, a Cbacim ^ étdnt naturellMient Kbre, et rien n'étantcapablé » de le mettre^Us là sujétiond'auconpouvoirque )i son prot>re conbentemeat, il faotconsidérer ee »qtti peut être une déclaration suffisante d'un

' * rer^f Uamm % trâdneiloii Ae M: l9iiirot.

» homme, pour le rendre sujet aux lois de quel-' » que gouvernement. OndistinguecommunéiDent » entre un consentement exprès et un consente- » ment tacite, et cette distinction importe à notre » sujet...... La difficulté est de savoir ce qui doit

M être regardé comme un consentement tacite et » jusqu'où il oblige et lie, c'est-à-dire, jusqu'où » quelqu'un peut être censé avoit» consenti et s'être y> soumis à un gouvernement, quoiqu'il n'ait pas p proféré une seule parole sur ce sujet. » Locke' démontre que le même acte par lequel quelqu'un unît sa personne à quelque communauté met pareillement ses possessions sous la domination de cette communauté, et qu ainsi,- par le fait même de sa présence, l'individu devient partie intégrante de la société. & la fin principale qiie se proposent ceux qui entrent dans une société est dé jouir de leurs propriétés en sûreté et en repos^laloi fondamentale de tous les Etats sCTa celle qui établira le pouvoiV législatif et en défi-^* nirala nature et l'étendue, te philosophe'sépaVé le pouvoir législatif du pouvoir exécutif, en ayant devant les yeux la constitution de son pays. Il est clair que, dans le chapitre XII an Gouvernement cmlf Locke règle les rapports de ces deux pouvoirs suivant l'économie delà légalité britannique. La supériorité du pouvoir législatif, la permanence du pouvoir exécutif ne sont aulre chose' que le

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fKir.hement et le. roi d'Angleterre; le. philosophe iDdique même en passant la nécessité d'une réformedanslesélectionsqui produisent la Chambre des communes. « Il est arrivé souvent, dit-il, que >vdans les gouvememens où une partie de l'auto- » rite législative représente le penple,et est choisie » par le peuple, cette représentation, dans la suite » des^emps, ne s'est trouvée guère conforme aux » raisoi^s qui l'avaient établie . dès le , commen-* » cément II. est aisé de voir combien grandes » peuvent être Jes absurdités dont serait suivie » l'observation exiacte des coutumes qui ne.se » trouvent plus avoir de proportion avec les raîi) sons qui les ont introduites» Il est aisé de voir » cela, si l'on considère que le simple nom d'une H. fameuse ville, dont il ne reste que quelques » masures, au milieu desquelles il n'y a qu'une » étatble à moutons, et ne se trouve pour habitant qu'un berger, fait envoyer à la grande assemblée » des législateurs j^itant de députés. représenta- » tifs que tout un comté peuplé, puissant et riche. » Les étrangers en sont fort surpris, et il n'y a » personne qui ne confesse que la chose a besoin » de remède. Ge|)endant il est très-difficile d'y » remédier, à cause que la. constitution de l'auto - »Tité législative étant l'acte original et suprême » delà société, lequel a précédé toutes les lois po- I» sîtives qui y ont été faites, et dépend entière*

t^ HOaSHBS.

n nieat da peuple, nul pouToir înftriêurn'a dnrtl » de l'altérer, n Vient ensuite la théorie de la prérogative royale* Si ie pouvoir exécutif en fait un usage pervers et funeste, le peuple ne saurait renoncer au droit d'examiner s'il ajuste sujet d'ap^ peler au ciel. Sans déclamation et sans colère, Locke établit que Dieu et la nature ne permettent jamais à qui que ce soit de s'abandonner tellement soi*méme,que de négliger sa propre eopsérvation; le même droit appartient aux peuples, et ils s'en servent dans ces extrémités qui i^lament les derniers remède»/ En 1 690, Locke trouvait natui^l de déposer dans son livre la théorie exception^ nelle de l'insurrection'. Son chapitrede la tyrannie n'est qu'une allusion perpétuelle aux Stuai^ts, à l'exercice perfide qu'ils avaient fait du pouvoir pour éluder les lois du royaume et ramener la re^» ligion catholique. Il distingue ensuite la disso^ lution de la société et la dissolution du gouver** nement. Il montre le peuple yirvivanl à la ruine des formes sociales, et ressaisissant le droîtde fonder un pouvoir nouveau qui sache le représenter et le défendre, te Cei^taiomnent Dieu seul nest juge de droit ; mais cela n'empêche pas que » chaque homme ne puisse juger par.soif-inéme » dans le cas dont il s'agit ici, aussi bien que » dans tous les autres, et décider si un autre M homme s'est mis dans l'état de guerre avec loi,

» et s'il a drbit d'appeler au souverain ïuge, D cDmme fit Jephté. » Mais, dans le cours régulier des cboses,^ Locke estime que le peuple,' s^afDt une fois établie et délégué le pouvoir l^l^Iati!!^ ne Saurait le. reprendre, et doit s'en remettre à ses représentans.

^ h Gouvernement ciyil a servi de base au GofUnU Social, si l'ouvrage sur l'éducation a provoqué l'Emile, je ne doute pas non plus que Rousseau n'ait conçu {'épisode de son Vicaire savoyard ^ lisant 1< Christianisme raisfmncAle du philosophe anglais* Il est si vrai que le cbris-*^ tiftoJsvE^ ne h confond aivec aucune Ëglise et auottii gouvernement^ et qu'il puise sa grandeur dans t'ipcfêpendanc^ 4e la pensée, que nous ver*» rons .désormaâs tous les j^losophes vouloir le rameiier à la rajson et ïe réconcilier avec la phi-^ losophie^ L'Angleterre éprouvait après sa révo?lution le besoin qui nous travaille aujourd'hui d'épurer les idées et les sectes religieuses. C'est dans cet esprit que Locke a écrit son Christianisme raisonnable, livre d'une théologie populaire et pratîq^ où il rappelle que le point capital de la reUjg^on chrétienne est de croire que Jésu^-Christ fut le Messie^ et où il indique pourquoi le Christ, dans ses- prédications, ne disait pas pnyertement qu'il était le Messie. Le moraliste anglais a surtout très-bien mis en saillie l'affirmation etl'au-

l^S HOBBES.

torité avec laquelle Jésus a j^nnoncé aux hocDiiie^ la croyance en un seul Dieu, rimportance et l'é-^ tendue des devoirs moraux. Sans doute^ avant le Christ, il y avait eu des sages et des philosophes qui avaient parlé aux hommes de leurs devoirs; « niaise qui a montré aux hommes l'obligation où » ils étaient de les observer exactement, et où a- » t-on jamais vu un pareil code auquel le genre ». humain ait pu recourir comme à une règle in- » faillible, avant que notre Seigneur eût paru » dans le monde*? n Si,' avant la venue de Jésus- Christ^ la dpctrine d'une autre vie n'était pas tout-à-*fait inconnue dans le monde^ elle m'y était ni évidente ni populaire; la vertu devait être sa récompense à elle-même; le Christ seul a révélé d'une manière positive le dogme de l'immortalité; il a promis expressément les récompenses d'une autre vie, et a donné à la morale une sanction claire et solide.

Quand en finissant^ nous jetons un dernier regard sur les deux phi losophes anglais, nous voyons Hobbes, plus original, ne jouir que de cette gloire restreinte qui peut s'attacher aux paradoxes du génie. Il s'est enfermé dans son ironie j on l'y a laissé. Mais Locke, aimant l'homme et l'humanité, écrivant pour l'éclairer et la relever, popularisant

* Christianisme raisonnable, chap* Xïv.

LOCKE. laQ

la tolérance, la morale pratique et la liberté, a exercé sur TEurope une véritable dictature^ et il a bien mérité de la sociabilité bumaine.

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