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» Deiy hoc est, Dei asternâ sapîentiâ, quas sesè in » omnibas rébus, et maxime in mente humanâ, n et omnium maxime in Christo Jesu manifesta** » vit, loq^ aliter sentiendum. Nam nemoabsque » hâc, ad statum beatitudinis potest pervenire, » utpotè quae sola docet, quid verum et falsum, » bonum -et malum sit. Et quia, uti ;dixi, haîc 4) sapientia per Jesum Christum maxime manin festata fuit, ideo ipsius discipuli eamdem, .quasi) tenus abipso ipsis fuit revelata, prsedicaverunt, » sesequespiritu.illo Christi.suprà reliquos glo- » riari posse ostenderunt. Ganter umquod qusedam » Ëcclesiaehis addunt, quodDeus naturam huma* >) nam assumpserit, mouui expresse me quid di- )) cant nescire ; imo, ut verum fatear, non minus » absurde mihiloqui videntur, quàm si quis mihi » diceret, quod circulus naturam quadrati în- » duerit *. » Âuxyeuxde Spinosa, leChrist areprésenté plus puissamment qu'aucun autre la sagesse divine et éternelle qui l'avait choisi pour sa ma-' nifestation la plus éclatante; voilà pourquoi ses disciples; qui reçurent de lui la révélation et l'enseignement de cette sagesse, ont pu se glorifier d'avoir en eux plus que les autres hommes l'esprit du Christ; mais, quand certaines églises ajoutent que Dieu a revêtu la forme humaine, le philor
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sophene 6ait plus ce qu'elles veulent dire, et elles ne lui paraissent pas moins absurdes que si elles prêchaient qu'un cercle est un carré. Dans une autre lettre qu'il écrit au même Henri (Mdenburg, il dit que, pour exprimer plus énergiquement la manifestation de Dieu dans le Christ, Jean s'est servi de cette expression orientale : Le Verbe s'est fait chair : « Deus sese maxime in Christo mani-^ » festavit,quod Joannesut efficaciùs exprimeret, » dixit Verbum factum esse carnem *. »
Après avoir défini l'empire de la raison et de la pensée, Spinosa détermine pour ce qui vit dans la nature le droit par la puissance. L'homme, l'animal, se développent suivant leurs facultés, leurs modes, leurs aptitudes et leurs propriétés : tout ce qui existe a le droit de s'étendre et de se manifester jusqu'aux dernières limites de sa virtualité. « Jus uniuscujusque eo usque se exten- » dere quo usque ejus determinata potentia se )) extendit. » Et cette définition du droit par la puissance ne convient pas seulement à l'homme raisonnable. « Nec hic ullam agnoscimus diffe- » rentiam inter ho mines etreliqua naturae indi- » vtd^ua, neque inter homines ratione prseditos et » ic^ter alios qp] veram rationem ignorant^ neque » inter faj^uos, délirantes et sanos. » Aussi le droit
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naturel pour ehaque homme ne se détermine pas par la raison^ mais par les passions et la force. « Jus itaquè naturalé uniuscu jusque hominis non » sanà ratione sed cupiditate et potentîâ deter- » minatur. » Ne tous en étonnez pas, car la na* ture ne se règle pas seulement sur les lois de la raison humaine, mais sur les Conditions infifiies de l'ordre éternel dont Thoninié n'est qu'une faible partie, ordre étemel d'où découlent pour chaque indiyidu les modes de son existence. Et cependant l'homme veut tout ramener à sa mesure et à sa convenance; cette prétention ridicule eist la source de toutes ses erreurs; il se trompe, parce qu'il ne sait pas tout embrasser. « Quidquid ergo » nobis in natura rîdiculum, abstirduin àut ma- » lum videtur, id ifide Vetiit, quod res tantùm ex » parte novimus, tôtiusqtie hàturae ordînem et » cohâBrentiam Miaxiïtiâ èx parte ignoramus, et » qudd ômnia els. uàii nosti*ae rationis dirigi vôlu- » mus,Cum tatheti id, quod tatio maluiti esse dic- » tat, non Ailsiltim sît rfespéctu ordiriis et legum » imiverfeaé haturée, sed tantùm solius nostrae na- » turdé^ lisgufn i^s^èctu. »
Est41 as^é^ iciair que Spinosa noie l'individualité danâsdti pan théisme? L'homme à ses yeux ne {mise sa raison qtie dans le tout : c'est une partie subordonnée de l'harmonie générale. Mais où donc est la personnalité humaine? où donc est la
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raison prppre 4e l'honimt? Attendons un vnoment^ et ^qus verrons Kant et Fichte la rétablir au pren)ier rang.
Au surplus» Spinosa sera puni de dépouiller ainsi Thomme de son caractère sacré; car je le trpuve sur-l^-cbamp condamné à ce rapprocher de Hobbesï^ nop qu'il partage sa haine contre l'indépend^nce, il a Vâme trop bonne et trop sitqpte ,ppur ipjurier la liberté comme cet Anglais^ et ppi;^r lui rire au nez, parce qu'elle est opprimée par Cromwell : mais^en définissant le droit par 1^ pi^^i^ajpQ^y définition juste et grande quand elle s'applique à la vie organique de tout ce qui respire, il a oubliée après l'avoir posé lui-même en principe^ que ]a puissance de l'homme est l'Intel- j ligence; il fait sortir, compae Hobbes, le droit 1 n4turel de la force matérielle^ et le septiméntde/ )a j^QpiaJ^Uité de l'unique besoin de la sécurité./ Toys les individus feront un pacte dont l'objet f^era ru^illté commune, et dont le plus sûr moyen sera 1^ renoncement fait par chacuii de sa puis*sauce partîofUère au profit de la puissance générale,^ Bac itaque ratione sine ulla paturalis juris^ » repugnantia, societas formari potest, paotum- » que omne summa cum fide semper servari ; si >) niimrum unusquisque omnem, quam habet, .» potenjLiam in societatem transférât, quae adeo )> summum' natura jus in omnia, hoc est, sum-
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» mum imperiom soIa»retinebit, cui unusquisque » vel ex libero aniino^ vel metu sumini supplîcii » parère tenebitur. » L'£tat ainsi fondé, il consti' tuera par ses prescriptions le drdit civil et la justice. « Per jus enim civile privatum nîhil alîud » intelligere possumus^ quàm uniuscujusque li- » bertatem ad sese in suo statu conservandum, » quee edictis summse potestatis determinatur^ » solâque ejus autoritate defenditur..... Justitia }) est animi constantia tribuendi unicuique quôd n ei ex jure civili competit. »
Mais la logique ne mènera pas Spinosa comme Hobbes à l'effroyable absurdité du pouvoir ab- 3olu. Il revient sur cette individualité dont, en commençant, il n'a pas tenu compte. Il reconnaît que l'individu retient, en entrant dans le corps social, une partie de ses droits. « Nemo unquàm » suam potentiam et consequenter neque suum » jusità in alium transferre poterit, ut homo esse » desinat, nec talis ulla summa potestas unquàm » dabitur,quaBomniaitàutvult, exequi possit. » Restriction logiquement inconséquebte, mats arrachée au philosophe par la générosité de ses instincts.
Comme le politique de Malmesbury, Spinosa
\ soumet encore la religion au souverain. Il y au-
\ rait trop de danger à en soustraire l'exercice et
I l'interprétation au chef de l'Etat. Mais il réserve
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la liberté philosophique de penser, qui ne devra * pas s'attaquer aux lois établies et dont le dévelop- j pement doit augmenter au contraire la force de/ l'Etat et de la société. (
Si Platon s'inspire de l'Egypte, si Aristote considère la Grèce et la monarchie d- Alexandre^ Spinosa a les yeux fixés sur la république hébraïque et la constitution de Moïse. Il en étudie les institutions; en démontre l'exccUeDce dans des vues historiques que l'Allemagne a- depuis empruntées à ce grand homme. Mais il ne porte pas la même supériorité dans les détails où il entre sur la monarchie^ l'aristocratie et la démocratie. Il avait dans son Tractatùs theologico-politicus <lépesé* toute la substance de sa métaphysique et de ses applications immédiates* Dans son Tractatus poUticus que la mort l'a contraint d!interrompre, il commence par répéter les principes posés dans le premier ouvrage; ensuite il distin* ^guedenouveau les Etats en monarchie, aristocratie et démocratie ; et là il fait à part la théorie de chacune^ de ces formes sociales. Il n'y épargne 'pas les dispositions arbitraires et les circonstances minutieuses; il s'attache à composer le conseil de la royauté, ne veut pas que les membres aient moins de cinquante ans : particularités du même genre pour l'aristocratie et la démocratie. Tout est sans consistance et sans application di-
recx^^ on çroîr^t; liir^ I91 l9NiïtîdiAit$0 utopîié de Xhon^Q^ Sfcwisu Uae fois de^cepdiii d^30«9a»Hé9 de kk pansée^ Spifio^a ^mble p^dre une partie de sa puissance.
Jek eoiopareraiàPtatⅈ.L*8dîsaîpledeSoc»ate n'a ptst «eulemc^t cet univers à sa <Uspositï<^, lasais il partage en trois mondes; dtstiaets l'em-* t€ffice un^Qrscfle. !;*» terre, treîaièma reflet d'tusie unité primitî¥e^ doit travailler à sa pmficaâon^ à aon ansdndoxnwx, et il t^itli^ redressera limage dct ehl Si l'hoinme pcditîqUe de Platon est dé* pouillé de soi3k indépendance^ du nfmin^ il sâcen<sole par des fH-essentimeos sublimes, vagins aTant-coureors du cbristianisme* L'bonuxie de Spinosa est ^ftcore moma individuel que celui de Platon; partie et instrument d'un vaste orga^ m&m, il n'a qu'à se mouvoir è sa plaee et^ k mn wng* A-t-^il opéré ses mouveeieas avec eisiactitude? on lui déclare qu'au-delà de cq monde il n'y a rîen> car ca monde est Dieu, et ii €^t Dieu lui-même. Uira rejoindre l'Être infini à la condi^ tion,il es^ vrai, de ne ps^ le savoir et de ne piis le sentir. L'homme est assez escigeant pour ne pa3 s'estimer heureux de cette portion de divinité. Quand, à force de s'eiçalt^, il saluerait par le cri d-une abnégation héroïque ce gouffre qui veut l'engloutir, aussitôt aprè^ il retomberait sur lui^ même, reconquis et déchiré par cette individualité
dont la plus chère espérance est de secouer la poussière de cette terre. Spiuosa^ le monde te demande grâce^ ou plutôt il t'échappe; regarde, depuis Moïse qui avait fondé sur la t^re le règne de Dieu ejt dont la théocratie ne promettait rien à l'homme au-delà du présent^ quel progrès s'est accompli? Le christianisme annonce à l'homme que son âme est immortelle et jouira d'une autre vie. Or Thumanité ne reviendra point sur ses pasj elle ne retournera ni au panthéisme^ ni au mosaîsme; elle poursuivra sans relâche la liberté sur la terre et l'immortalité dans les cieux.